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Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur le livre de l'Exode.

 

Le livre de l’Exode (suite)

Edward Dennett

23. Exode 26:31-37 — Le voile magnifique

La structure du tabernacle, telle que nous l’avons considérée dans le chapitre précédent, comprenait le tabernacle proprement dit, c’est-à-dire le lieu saint et le lieu très saint. En dehors, nous le verrons en temps voulu, se trouvait le parvis du tabernacle, qui venait compléter cette division en trois parties. Mais l’intérieur du tabernacle n’en comptait que deux: le lieu saint et le lieu très saint. Jusqu’ici cette division n’a pas été montrée; mais elle ressort maintenant des directives concernant le voile, données dans le passage suivant.

 

23.1. Description du voile

Ch 26: 31-37

1) Plusieurs points différents sont à considérer dans la description du voile. Quant aux matériaux dont il est fait, ils correspondent dans chaque détail à ceux des tapis formant le tabernacle (chap. 26:1). Dans les tapis comme dans le voile, ils présentent Christ: Christ dans ce qu’il est quant à sa nature et à son caractère, Christ dans ce qu’il sera en tant que Fils de l’homme et Fils de David dans les gloires à venir de son règne millénaire, et Christ encore comme Fils de l’homme, revêtu du pouvoir judiciaire suprême. Une différence doit être pourtant relevée. Dans les tapis du tabernacle, le fin coton retors vient en premier; ici, le bleu est nommé d’abord et le fin coton retors en dernier. La raison en est que les tapis présentent Christ en relation avec la terre; ainsi la pureté absolue de sa nature est le premier fait mentionné; tandis que le voile montre Christ plutôt en relation avec le ciel et, par conséquent, le bleu, son caractère céleste, est nommé en tête. La signification du voile nous est donnée dans l’épître aux Hébreux: «Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair» (Héb. 10:19, 20). Nous pouvons en tirer deux déductions: d’abord, de même que le voile dans le tabernacle cachait la scène de la présence et de la manifestation immédiates de Dieu, ainsi la chair de Christ, Christ dans son incarnation, masquait la présence de Dieu à l’œil naturel. Il était Dieu manifesté en chair; mais sa chair était également là pour cacher aux yeux des hommes ce fait surprenant. Et seconde déduction, de même que le voile était la seule voie pour entrer dans le lieu très saint, Christ est le seul chemin pour aller à Dieu. Ainsi, le Seigneur dit à Thomas: «Moi, je suis le chemin, et la vérité, et la vie; nul ne vient au Père que par moi» (Jean 14:6).

 

23.2. Piliers, crochets et bases

Les supports du voile étaient au nombre de trois. Dabord les piliers, puis les crochets et enfin les bases d’argent (v. 32). Les piliers étaient de bois de sittim plaqués d’or comme les ais. Cela symbolise, nous l’avons signalé plus d’une fois, la personne de Christ dans ses deux natures, humaine et divine, comme le Dieu-Homme. Le voile était supporté par ces piliers, nous pouvons en tirer la leçon que tout dans la rédemption dépend de la personne de Christ. S’il n’avait pas été homme, il n’aurait pas pu mourir pour nos péchés; et s’il avait été seulement homme, son sacrifice n’aurait pas pu suffire pour tous les siens. Mais, étant Dieu et homme, il pouvait être la propitiation pour le monde entier (1 Jean 2:2). Toute la valeur aussi de son œuvre découle de sa personne; d’où l’importance de rester fermement attaché au vrai enseignement scripturaire sur ce point et de garder jalousement cette doctrine bénie. Si la vérité quant à la personne de Christ pouvait être ébranlée, tout le système et toute la structure de la rédemption seraient compromis. Aussi l’Esprit de Dieu prend-il soin, on peut même dire prend plaisir à lui rendre témoignage tant par de nombreuses images, formes, figures et types, que par des déclarations catégoriques. Les crochets étaient d’or qui, nous l’avons dit, représente la justice divine. Si donc tout dans la rédemption repose sur la personne de Christ, il est également vrai, comme nous l’indique le fait que le voile était suspendu à ces crochets d’or, que tout dépend aussi de la manifestation de la justice de Dieu en Christ. On peut affirmer d’une manière plus directe encore que Christ tient la place du chemin conduisant vers Dieu en justice divine. Car, puisqu’il a glorifié Dieu sur la terre et a achevé l’œuvre que Dieu lui a donnée à faire, la justice de Dieu s’est manifestée en le ressuscitant d’entre les morts et en le faisant asseoir à sa propre droite. À cause de ce qu’il est, Dieu se doit de le placer et de l’établir dans la position qu’il occupe ainsi.

Les bases étaient d’argent, figure du sang, prix de l’expiation. Cela nous ramène au fondement de tout, l’œuvre que Christ a accomplie sur la croix. Ces deux éléments, le sang et le voile, sont unis dans le passage de l’épître aux Hébreux cité plus haut. Jamais ne doit être oublié le fait que la croix est le fondement de tout, de la bénédiction de l’Église et de celle d’Israël, comme aussi de la réconciliation de toutes choses. Dieu trouve ses délices dans ce qu’est son Fils et dans ce qu’il a fait; cela apparaît clairement dans la description de son sanctuaire où le moindre détail dirige nos regards sur un des multiples aspects de l’œuvre et de la personne de Christ.

 

23.3. La fonction du voile

La place du voile est très importante: «Tu mettras le voile au-dessous des agrafes, et tu mettras là, au-dedans du voile, l’arche du témoignage; et le voile fera séparation pour vous entre le lieu saint et le lieu très saint» (v. 33). Il isolait, comme cela a été expliqué, le lieu très saint dans lequel était placée l’arche du témoignage, le trône de Dieu sur la terre, afin que personne n’y entre, si ce n’est Aaron une fois l’an au grand jour des expiations (Lév. 16). Nous pouvons bien nous demander quelle en était la signification. La réponse doit être donnée dans les termes de l’Écriture: «L’Esprit Saint indiquant ceci: le chemin des lieux saints n’a pas encore été manifesté, tandis que le premier tabernacle a encore sa place» (Héb. 9:8). Si d’une part, le voile comme figure de Christ enseigne la vérité bénie que c’est par Lui seul que nous pouvons avoir accès à Dieu, le voile en lui-même parle d’autre part de séparation, de ce qui est caché. Dieu ne pouvait en fait pas se révéler lui-même pleinement, il ne pouvait aller avec justice au-devant du pécheur ou amener le pécheur à lui avant que la question du péché ne fût abordée et définitivement réglée. C’est ce que Christ a fait et, en conséquence, aussitôt qu’il rendit l’esprit, le voile du temple se déchira en deux depuis le haut jusqu’en bas (Matt. 27). Ainsi le voile, dans le tabernacle, indiquait que le chemin des lieux saints n’avait pas encore été manifesté; il prouvait par là, non seulement que la question du péché n’était pas encore réglée, mais aussi que le peuple était pécheur et, comme tel, impropre à la présence de Dieu. Des dons et des sacrifices étaient offerts pour lui, mais ils ne pouvaient pas rendre parfaits quant à la conscience ceux qui rendaient culte, sinon ils auraient eu un droit inaliénable d’entrer dans les lieux saints. Non, il n’était pas possible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés. Coupables comme ils l’étaient, comment les enfants d’Israël auraient-ils pu entrer dans la présence d’un Dieu saint? Et lui, comment serait-il sorti au-devant d’eux, car Dieu dans sa sainteté est un feu consumant?

 

23.4. Un voile déchiré

L’existence du voile révèle donc le contraste entre la position d’Israël et celle des croyants du temps actuel. Israël était tenu à l’extérieur; il n’avait jamais accès dans le lieu très saint. Moïse, reconnu en grâce comme médiateur, et Aaron, une fois l’an en tant que souverain sacrificateur, étaient seuls autorisés à entrer. Maintenant, tout croyant jouit de ce précieux privilège (voir Héb. 10:19-22). Le voile est déchiré, car «Christ étant venu, souverain sacrificateur des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main, c’est-à-dire qui n’est pas de cette création, et non avec le sang de boucs et de veaux, mais avec son propre sang, est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle» (Héb. 9:11, 12). Le seul lieu où nous pouvons adorer se trouve donc à l’intérieur du voile déchiré, et nous avons une pleine liberté pour entrer, car par une seule offrande Christ a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés.

Un autre contraste ne doit pas être oublié: même lorsque Aaron entrait dans le lieu très saint, il ne se trouvait pas dans la présence de Dieu comme l’est maintenant le croyant. Dieu n’était alors révélé que comme l’Éternel; les croyants le connaissent maintenant comme leur Dieu et Père. Aussi l’apôtre dit-il: «Par lui [Christ] nous avons, les uns et les autres, accès auprès du Père par un seul Esprit» (Éph. 2:18; voir aussi Jean 20:17). Nous sommes remplis d’admiration devant la sagesse de Dieu révélée dans les gloires et les préfigurations de Christ que nous donne le tabernacle. Et nous nous sentons poussés à nous incliner devant Dieu avec adoration et louange lorsque nous découvrons, par contraste avec Israël, la grâce qui nous a introduits dans la pleine jouissance de tout ce qui est représenté ici et de bénédictions plus étendues encore que celles-ci.

 

23.5. Place des saints ustensiles

2) Nous avons ensuite la disposition des saints ustensiles (v. 33-35). Il sera utile de rappeler une nouvelle fois que l’autel de l’encens n’a pas encore été décrit parce qu’il est un symbole d’approche et qu’il appartient par conséquent à la dernière division de cette section. Les ustensiles présentés sont tous des symboles de manifestation. C’est pourquoi nous n’en ferons pas pour le moment un exposé détaillé, mais nous bornerons à quelques brèves remarques sur la disposition des ustensiles dans ce passage. Tout d’abord, l’arche devait être placée dans le lieu très saint, et le propitiatoire sur l’arche du témoignage, avec les «chérubins de gloire ombrageant le propitiatoire». Il n’y avait rien d’autre dans le lieu très saint, parce que, comme cela a déjà été expliqué, c’était la scène de la présence et de la manifestation de Dieu. C’était là que, le grand jour des propitiations, on s’approchait de Dieu demeurant entre les chérubins, avec l’encens pris sur l’autel d’or et avec le sang des sacrifices. C’était là aussi que se tenait Moïse pour recevoir les communications destinées au peuple. Le voile magnifique isolait ce lieu du lieu saint. Le lieu très saint était donc la partie la plus cachée du tabernacle.

En dehors du voile, dans le lieu saint, se trouvait la table des pains de proposition et le chandelier; ce dernier, sur le côté du nord et la table, vers le sud. Pour emprunter le langage d’un autre: «En dehors du voile était la table avec ses douze pains et le chandelier d’or à sept branches. Douze est le nombre de la perfection de l’administration de Dieu dans l’homme; sept, celui de la perfection spirituelle, soit en bien, soit en mal. Ces deux perfections se rencontrent en dehors du voile, tandis que au-dedans était la manifestation la plus immédiate du Dieu suprême; mais il se cachait encore, pour ainsi dire, dans l’obscurité. La table et le chandelier représentaient la nourriture et la lumière: Dieu en puissance lié avec l’humanité, et Dieu donnant la lumière du Saint Esprit. De même il y a douze apôtres attachés au Seigneur dans la chair, et sept églises pour Celui qui a les sept Esprits de Dieu. Les douze tribus étaient pour le moment ce qui répondait extérieurement à cette manifestation. Cela se retrouve dans la nouvelle Jérusalem. Le fond de la pensée était la manifestation de Dieu dans l’homme et par l’Esprit»1. Ces deux vérités sont liées, et la preuve du lien qui les unit est donnée par les positions respectives de la table et du chandelier; la lumière du chandelier rendant en fait toujours témoignage à la vérité incarnée dans la table des pains de proposition.

1 Études sur la Parole de Dieu, par J.N. Darby.

 

23.6. Le rideau

3) La dernière chose en rapport avec cette partie du sujet est le «rideau» pour l’entrée de la tente. Ce «rideau» séparait le parvis du tabernacle du lieu saint et en constituait l’entrée. Il occupait par rapport au lieu saint la même position que le voile magnifique par rapport au lieu très saint. Ainsi, lorsque les sacrificateurs arrivaient du parvis (non encore décrit), ils passaient par ce «rideau» pour entrer dans le lieu saint où ils accomplissaient leur service. Les matériaux dont il était fait correspondent à ceux du voile magnifique. Remarquons toutefois une différence importante: il n’y avait pas de chérubins brodés sur le «rideau». À part cela, il était identique au voile, aussi l’enseignement typique de l’un s’applique-t-il à l’autre.

Que signifie alors l’omission des chérubins? Ils représentent, rappelons-le, le Fils de l’homme dans son caractère judiciaire. Le «rideau», comme le voile, est donc une figure de Christ, mais son caractère judiciaire est soigneusement exclu. La raison en est évidente. Dans le «rideau», Christ est présenté en grâce à ceux qui étaient dehors comme le chemin d’accès à la position et aux privilèges de sacrificateurs, comme le chemin d’accès dans la présence de Dieu sous ce caractère de grâce. Les piliers sont faits de la même matière que ceux du tabernacle, les crochets également; ils parlent aussi de la personne de Christ et de la justice divine, telle qu’elle est accomplie et manifestée en lui, à la droite de Dieu. Mais pourquoi cinq piliers au lieu de quatre? Cela peut venir du fait que le «rideau», c’est Christ dans sa présentation au monde en grâce, et cela introduit la pensée de responsabilité envers l’homme. Les bases étaient d’airain au lieu d’argent. L’airain, comme toujours, correspond à la justice divine éprouvant l’homme en responsabilité. Ce point sera plus amplement développé dans le chapitre suivant; mais il est facile de comprendre que Christ manifesté en grâce, c’est Christ présenté à l’homme responsable et, par conséquent, pierre de touche pour cet homme responsable. Dès le moment cependant où la question de ses péchés est réglée, non seulement devant Dieu mais aussi pour sa propre conscience, l’homme trouve en Christ le chemin d’accès dans la présence de Dieu. Ensuite, tout est fondé sur l’argent, car il se trouve maintenant sur le terrain de l’expiation accomplie; en Christ, il a la rédemption par son sang.

Tout parle de Christ. Il est sans doute difficile de donner une interprétation à certains des plus petits détails; toutefois, si Christ est devant l’âme, quelque rayon de sa gloire ne tardera pas à être discerné. Ayons seulement de la patience et une vraie dépendance, jointes à la vigilance contre l’activité de nos propres pensées, et l’Esprit de Dieu se plaira à nous dévoiler ces ombres.

À suivre

 


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