Vous trouverez
chaque mercredi, sous cette rubrique, une étude
sur l'évangile selon Jean.
Évangile selon Jean
F.B. Hole
Chapitre 1er, v.
2-13
Le
deuxième verset nous ramène aux deux premières déclarations du verset 1. La
personnalité distincte qui caractérise le Verbe (la Parole) n’est pas une
forme qui a été prise à un moment ultérieur. Il avait une
personnalité éternelle. Au commencement
il était donc «auprès de Dieu», car cette distinction de personnalité se
trouve dans l’essence même de la Déité. Ainsi quatre points ont été établis
au sujet de la Parole: son existence éternelle, sa personnalité distincte,
sa déité intrinsèque, sa personnalité éternelle. Même si nous pouvons
apprendre autre chose au sujet de la Parole, ces quatre points devraient
nous inciter à nous courber dans une humble adoration.
Nous
trouvons un cinquième point au verset 3: il est
l’auteur de la création, et cela au
sens le plus complet. Nous en arrivons maintenant aux choses qui ont été
faites, c’est-à-dire qui sont venues à l’existence. Un mot différent est
utilisé dans les versets 1 et 2. Le Verbe (la Parole) n’est pas venu à
l’existence: il était, car son existence est éternelle. Mais il a créé tout
ce qui est venu à l’existence, puisqu’il a créé «toutes choses». Pour ne pas
laisser la moindre possibilité d’erreur, la seconde partie du verset insiste
sur ce point. Ce langage est remarquable, étant donné la science moderne
«faussement ainsi nommée», si largement vulgarisée, qui s’efforce de tout
expliquer «sans Lui». Les incrédules s’attachent à la théorie de
l’évolution, en dépit d’un manque pitoyable de faits sur lesquels l’appuyer;
les preuves alléguées sont des plus fragiles, parce qu’on l’élimine Lui, en
glorifiant l’homme. Mais en vérité il ne peut être éliminé. Parmi toutes les
choses innombrables qui ont reçu l’existence au commencement, aucune ne l’a
reçue sans lui.
Réfléchissons à cela; nous avons ici l’explication des «cieux qui racontent
la gloire de Dieu» et de la manifestation partielle de Dieu dans la création
(Romains 1:19, 20).
La
Parole a créé toutes choses. Ainsi la création, dans une certaine mesure,
nous donne une fidèle manifestation de Dieu lui-même et de sa pensée. Nous
exprimons nos pensées par des paroles; et la signification de ce grand nom,
PAROLE, est que Celui qui le porte est
l’expression de tout ce que Dieu est. Les versets 1 et 2
montrent ainsi qu’Il EST, lui-même,
absolument tout ce qu’il dit. La création, quand elle a surgi
par la Parole, n’était pas un fouillis vide de sens, mais une proclamation
de la puissance et de la sagesse de Dieu.
Nous
arrivons à un sixième point important avec le verset 4. Le Verbe (la Parole)
a la vie en lui-même. En lui,
la vie n’est pas une chose reçue; la vie, au contraire, a son origine en
lui, il possède la vie dans son essence même. En rapprochant cela de tout ce
qui précède, nous saisissons avec quel soin la divinité intrinsèque de la
Parole est établie et préservée. Les mots employés sont simples et précis;
ils sont cependant chargés d’une plénitude de sens divine. Comme l’épée du
chérubin en Genèse 3:24, ils tournoient çà et là pour garder intacte dans
nos esprits la vérité concernant Celui qui est l’arbre de vie pour l’homme.
Cet Évangile va bientôt nous montrer combien la vie du croyant a
véritablement sa source en lui. Mais le sujet du verset 4 est plutôt: «la
vie était la lumière des
hommes». Cette question est approfondie dans les premiers versets de la
première Épître de Jean. La vie a été manifestée, et par conséquent le Dieu
qui est lumière est apparu dans la lumière; le croyant marche dans cette
lumière.
La
lumière dans laquelle les hommes doivent marcher n’est pas simplement celle
de la création, aussi merveilleuse soit-elle! C’est la lumière qui a été
manifestée dans les mots et les actions de la Parole. Quand la Parole est
apparue, la lumière a brillé; mais c’est dans une scène de ténèbres qu’elle
s’est manifestée. Nous lisons, en Genèse 1, comment la lumière de la
création a jailli dans les ténèbres par la Parole de Dieu; en un instant les
ténèbres ont disparu. Ici nous avons une lumière d’un ordre bien plus élevé.
Elle apparaît au milieu des ténèbres morales et spirituelles qui ne
pouvaient être dissipées que si cette lumière était vraiment reçue. Hélas!
Elle n’a pas été comprise! Cependant bien que les ténèbres demeurent, il n’y
avait pas d’autre lumière pour l’homme que «la vie». Il n’y a pas de
contradiction dans ces affirmations car Jean, comme il le fait souvent,
parle ici de choses abstraites. Il n’est pas encore arrivé au récit
historique des événements.
Mais
comment se fait-il que la vie qui était dans la Parole ait vraiment brillé
dans les ténèbres et soit devenue lumière pour les hommes? La réponse se
trouve au verset 14. Avant d’arriver à ce verset, dans les versets 6 à 13,
nous commençons à voir les choses d’un point de vue historique. Jean le
Baptiseur entre en scène pour faire ressortir l’importance suprême de la
«vraie lumière». Ce Jean n’est qu’un homme, né pour être l’envoyé de Dieu;
sa mission était de rendre témoignage à la lumière. Il est vrai qu’il est
désigné comme «une lampe brillante» dans le verset 35 du chapitre 5, mais le
mot employé là est «lampe» plutôt que «lumière». Jean a brillé comme une
lampe et a témoigné, mais la vraie lumière est Celui qui, «venant dans le
monde, éclaire tout homme». Cela ne signifie pas que tout homme reçoive la
lumière, ce qui contredirait le verset 5. Jésus n’était pas une lumière pour
une partie des hommes seulement, mais il était plutôt comme le soleil qui
rayonne sur le monde entier. Aucune nation ne pouvait avoir le monopole de
la vraie lumière; dès le début, cet Évangile porte donc nos pensées au-delà
des étroites limites d’Israël.
Dans le
reste de ce paragraphe (v. 10-13), de nouvelles déclarations de nature
historique développent et éclaircissent ce qui a été dit aux versets 4 et 5.
Nous avons déjà vu que la Parole est une Personne de la Déité; sa vie a
brillé comme étant la lumière des hommes, même si c’était au milieu des
ténèbres. Il est maintenant ajouté que le monde était le lieu où régnaient
ces ténèbres. Jésus y est entré. Hélas, le monde, qui s’était tellement
éloigné, n’a pas connu Celui qui avait été son Créateur. Dans ce verset
encore il ne s’agit pas d’Israël ou des Juifs, mais du monde. La lumière
répandue par les prophètes pouvait être limitée à Israël, mais non pas le
rayonnement de la vraie lumière.
L’apôtre Jean fait souvent mention du monde dans ses écrits. Il emploie un
mot que nous avons adopté quand nous parlons du «cosmos», qui signifie
l’univers comme un tout ordonné. C’est le sens du mot dans ce verset.
Quelquefois, dans un sens plus restreint, il désigne seulement notre monde.
En tant que Créateur, Jésus avait fait l’univers comme un tout ordonné. À un
moment merveilleux, il est venu dans notre cosmos d’une manière très
particulière. Il est entré dans ce cosmos plus petit et plus restreint qui
s’était perverti et était devenu étranger à cause du péché. Le monde était
si perverti qu’il n’a même pas connu son Créateur.
Ensuite, de façon plus précise, il est effectivement venu dans une partie
assez sombre de ce cosmos où s’est accompli ce que la prophétie indiquait à
son égard. Son propre peuple, Israël, auquel cette prophétie le rattachait,
ne l’a pas reçu. Il a été rejeté car les ténèbres ne pouvaient pas le
comprendre. Mais malgré cela, il y a des exceptions, comme cet Évangile nous
le montrera plus loin. Certains l’ont reçu, croyant en son nom. Ils ne
faisaient pas partie des ténèbres. Leurs yeux ont été ouverts et ils l’ont
reçu; ils ont discerné avec foi la gloire de son nom. Ils ont alors reçu de
lui le droit d’être enfants de Dieu, et non d’être des Juifs meilleurs ou
plus éclairés. Le mot employé ici est sans aucun doute «enfants». Jean a
l’habitude de l’utiliser, plutôt que le mot «fils» qui est davantage employé
par Paul. Le sens est légèrement différent. Il évoque la même relation
heureuse avec Dieu. Le mot «fils» souligne plutôt notre maturité et notre
position dans cette relation. Le mot «enfants» met plutôt en évidence le
fait que nous sommes véritablement nés de Dieu, ayant reçu sa vie.
C’est
ce qui est souligné ici (v. 13). Le Juif se glorifiait d’être de la race
d’Abraham, tout comme aujourd’hui un homme peut être fier d’être né de sang
noble ou même royal. Ces âmes humbles, qui font exception à la règle en
recevant Christ quand il vient, sont nées de Dieu. La volonté de la chair
n’aurait jamais
eu de tels résultats, car la chair
est fondamentalement opposée à Dieu. La volonté de l’homme, même celle du
meilleur d’entre eux, ne pourrait
produire cela: c’est tout à fait en dehors des pouvoirs de l’homme. Leur
naissance venait de Dieu, c’était un acte divin. Celui qu’ils ont reçu par
la foi leur a donné le droit — acte souverain — de prendre la place que leur
a conférée cette naissance.
Comment
se fait-il que les âmes pieuses, dont nous avons un exemple en Luc 1 et 2,
reçoivent le Christ à l’instant où il apparaît? Ce n’est pas parce qu’elles
sont de la descendance d’Abraham. Ce n’est pas non plus parce que la chair
en elles est plus noble et qu’elle les pousse à agir, ou parce qu’elles sont
influencées par la forte volonté d’un homme sage. C’est uniquement parce
qu’elles sont nées de Dieu. C’est un acte divin. Quand nous arrivons au
chapitre 10, nous trouvons la même réalité fondamentale exprimée
différemment. Lorsque le Berger est venu à la bergerie, il y a trouvé des
âmes qui sont «ses propres brebis»; elles ont entendu sa voix et il les a
menées dehors. Il y en a là beaucoup qui sont ses brebis parce qu’elles font
partie de sa nation. Elles ne sont pas ses
propres brebis au sens où le sont Marie de Magdala, les
disciples, la famille de Béthanie, Siméon ou Anne. Ces personnes nées de
Dieu sont celles qui l’ont reçu.
À suivre