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Epître aux Galates

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, une étude sur l'épître aux Galates.

 

Épître aux Galates (suite)

William Kelly

Chapitre 5

1. Jean 8 — L’homme religieux et la liberté chrétienne

Il est bon de remarquer les différentes manières dont le Saint Esprit se sert pour présenter la liberté qui est la part du croyant maintenant. En Jean 8:32-36, elle est attribuée au Fils, et au Fils de Dieu agissant par la vérité; les deux (le Fils et la vérité) sont en contraste avec la loi. Tout le chapitre est effectivement très frappant à cet égard. Nous y trouvons d’une part le cas d’une femme surprise en flagrant adultère (Jean 8), et d’autre part l’homme ne se faisant aucun scrupule à se servir de cette affaire dans un but égoïste: notons-le bien, c’était l’homme religieux! Cet homme se place du côté qu’il suppose être de Dieu, pour juger la faute la plus grave, la plus claire et la plus positive, et cela sans miséricorde ni jugement de soi-même. Bien plus: il voudrait se servir du cas de péché et de honte de cette personne, — ainsi que de la loi de Dieu, — pour s’élever lui-même et revendiquer une justice qu’il n’a pas, et en outre pour déshonorer le Fils de Dieu. Telle est la thèse de ce chapitre 8 de Jean, qui fait ressortir ensuite triomphalement la gloire de Christ. Il n’est point venu pour ternir la loi, mais il y avait avec Lui une gloire qui l’emporte de beaucoup (2 Cor. 3:10), une gloire qui était venue, une gloire devant laquelle la dignité de la loi pâlissait; et Christ l’a manifestée très clairement. Il n’a pas proféré une seule parole pour rabaisser la loi, ce qui assurément n’aurait pas été de Dieu, mais il en a quand même démontré la totale impuissance pour répondre à l’état du pécheur, sinon par la destruction, et une destruction allant bien au-delà de ce à quoi s’attendent ceux qui citent la loi. La loi détruit la main coupable qui la manie, aussi bien que celui contre qui elle est dirigée. Elle est à deux tranchants dans son caractère, quand Christ parle; et ceux qui en appelaient à la loi contre la femme adultère déconcertée, furent forcés d’en sentir toute l’acuité. Ce furent eux, non pas elle, qui se retirèrent de la présence de Christ couverts de confusion; mais, remarquez bien, il ne s’agissait pas de Christ se servant de la loi, mais de Christ, lumière divine, agissant sur la conscience. Il exposa pleinement la folie et le péché qu’il y avait à recourir à la loi. Il montra que celui-là seul qui serait sans péché pouvait justement jeter le premier la pierre. La loi n’avait jamais soulevé une telle question. Mais Christ introduit une puissance, et une portée, et un caractère scrutateur qui n’avaient jamais brillé auparavant, et qu’on ne peut voir maintenant qu’en Lui et par Lui. La loi disait simplement: tu ne feras pas cela; mais cela ne voulait pas dire: «Que celui de vous qui est sans péché». Or qui était l’homme sans péché? Celui-là seul qui n’était pas venu pour condamner. La loi pouvait dénoncer, mais il n’y avait personne pour l’accomplir. Si sa sentence avait été exécutée, ils auraient tous été des hommes morts — tous laissés pareillement sous la condamnation de la loi, quoique pour des causes différentes. Ils se retirent dans une confusion sans espoir; et la femme est laissée en la présence du Fils, qui brille par la parole de Dieu comme lumière sur l’âme.

Dans tout le chapitre de Jean 8, ceux qui se tenaient sur le terrain de la loi, sont manifestés comme étant esclaves du péché. Ils pouvaient se vanter d’être enfants d’Abraham, mais ils ne faisaient pas ses œuvres. Par contre Abraham, qui n’avait même pas connu cette loi dont ils se vantaient, avait connu, lui, le jour de Christ; il avait vu la lumière de Dieu, et avait tressailli de joie de voir ce jour-là. Et voilà que, lorsque l’homme orgueilleux et coupable est banni de la présence de Christ, Celui-ci se présente à cette personne en apparence plus coupable, sans rien d’autre que la miséricorde. Cela découle de Ses droits divins comme Fils de Dieu, utilisant la parole de Dieu et non la loi. La loi, au contraire, condamne et tue toujours, et ne peut que mettre l’âme dans la servitude. Mais c’est la prérogative de Christ, et de Christ seul, de donner la vraie liberté. C’est le Fils qui affranchit. La liberté que nous recevons découle de Sa parole — et par conséquent, c’est par la foi, parce que «la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu» (Rom. 10:17). Ces choses vont toujours ensemble — le Fils de Dieu opérant par la parole, et celle-ci reçue par la foi dans l’âme.

 

2. Chapitre 5:1-12 — La circoncision et la loi ne contribuent pas à la justification

Chapitre 5:1-3 — Impossible d’ajouter à l’œuvre de Christ — Loi morale et loi cérémonielle sont indissociables

Mais il y a un autre point de vue — qu’il appartenait spécialement à l’apôtre Paul de présenter — c’est que Christ a accompli une œuvre en vertu de laquelle ceux-là mêmes qui étaient sous la loi sont entièrement retirés de son domaine. Quant à ceux qui précédemment n’étaient pas sous la loi, c’est-à-dire les Gentils, s’ils repassent sous le joug de la loi en aucune manière, ils pèchent contre les grâces dont ils sont les objets. C’est là où l’apôtre Paul est arrivé dans notre épître: «Tenez-vous donc fermes», dit-il, dans la liberté dans laquelle Christ nous a placés en nous affranchissant, «et ne soyez pas de nouveau retenus sous un joug de servitude» (5:1). Rappelons-nous aussi que parmi les Galates le caractère de la servitude n’était pas tant ce qu’on appelle la loi morale, mais plutôt la loi cérémonielle. Je sais bien que beaucoup croient cette dernière beaucoup plus grave que la première. Mais c’est le contraire: l’assujettissement du chrétien à la loi morale dénote un écart beaucoup plus profond de la vérité que s’il s’agissait de la loi cérémonielle; parce que, comme tout chrétien doit le sentir, la loi cérémonielle tire toute sa signification et toute sa valeur du fait qu’elle présente Christ en type. Ce n’était pas le cas des dix commandements, qui ne sont pas un type de Christ, mais l’exigence directe de Dieu à l’égard de la force et de la justice de l’homme, s’il en a. On peut donc comprendre qu’un chrétien vienne à s’embarrasser de types et d’ombres. Un esprit raisonneur pourrait dire: Est-il possible de penser que la circoncision, sur laquelle Dieu a tant insisté avec Israël, doive être abandonnée maintenant? Si elle n’a jamais eu aucune valeur, pourquoi fut-elle prescrite à la semence d’Abraham? Si au contraire elle était tellement pleine de sens et impérative, pourquoi cela aurait-il cessé maintenant? D’ailleurs Christ n’enseigne-t-il point qu’elle n’était pas de Moïse, mais des pères? (Jean 7:22).

Tout cela peut fournir une plate-forme plausible pour les sentiments et les arguments humains; mais l’apôtre était conduit par le Saint Esprit à traiter la question de l’introduction de la moindre amorce de loi. Prenez la circoncision, le type de la mortification de notre nature: tout croyant y a part dans la mort de Christ. Mais les croyants auraient pu dire: Il faudrait qu’il y en ait aussi la reconnaissance extérieure: pourquoi ne pas retenir le rite qui nous relie à Abraham, Isaac et Jacob? Nous sommes faibles et oublieux; pourquoi ne pas maintenir ce que «les anciens» appréciaient tant, tout en jouissant aussi de ce qui est nouveau dans la bénédiction? L’apôtre traite ce sujet d’une manière décisive dans cette épître. Quel que soit l’usage auquel Dieu ait appliqué la circoncision avant Christ, il disparaît maintenant. «Christ nous a placés dans la liberté en nous affranchissant; tenez-vous donc fermes, et ne soyez pas de nouveau retenus sous un joug de servitude. Voici, moi Paul, je vous dis que si vous êtes circoncis, Christ ne vous profitera de rien» (5:1-2) — c’est-à-dire, si vous étiez circoncis après cela: il n’était pas question de ceux qui l’étaient auparavant. Mais si, comme chrétiens, ils recherchaient la circoncision, Christ ne leur profiterait de rien. Il ne veut pas dire que, si quelqu’un avait fait l’erreur énorme d’être circoncis, il ne pourrait être pardonné; mais que s’ils se soumettaient maintenant à cette ordonnance comme un complément nécessaire à leur justification, l’efficace de Christ était rendue nulle pour eux. Ainsi, non seulement Christ est un Sauveur parfait, mais il est un Sauveur exclusif. Essayer d’ajouter à Christ, c’est en réalité détruire le salut par Christ.

Ce principe est très important; parce que vous verrez que l’ignorance trouve toujours la ressource de dire: Eh bien! nous retenons tous la même chose à un certain degré; la seule différence entre nous, c’est que je crois quelque chose de plus que vous. Oui, mais ce «quelque chose de plus», éteint la foi et annule la valeur de Christ. Si vous introduisez quoi que ce soit que vous estimiez devoir faire vous-même, — devoir faire comme moyen d’être «justifié devant Dieu», — l’apôtre donne cet avertissement: «Voici, moi Paul, je vous dis... Christ ne vous profitera de rien» (5:2). De rien: voyez la circoncision instituée autrefois par Dieu avec une solennité particulière, menaçant de mort celui qui ne s’y soumettrait pas (Gen. 17:14), et voilà maintenant ce même Dieu qui y met fin entièrement, une fois qu’Il a donné Christ. La circoncision avait rempli sa fonction, mais la réintroduire, c’était obscurcir, déshonorer, et même détruire l’œuvre de Christ. En figure, Dieu avait montré par elle, que le vieil homme devait être traité comme une chose vile et morte. Mais Christ est venu, et il n’y a maintenant aucun exercice de discipline sur le vieil homme, — seulement «une nouvelle création». L’idée de mêler quelque chose fait pour la vieille création, avec la nouvelle création, comme moyen de justification, est une profonde offense à l’Esprit de Dieu. «Voici, moi Paul, je vous dis que si vous êtes circoncis, Christ ne vous profitera de rien; et je proteste de nouveau à tout homme circoncis, qu’il est tenu d’accomplir toute la loi» (5:2-3). Vous pouvez distinguer entre la partie cérémonielle, dont la signification est si bénie, et la partie morale, par laquelle, vous l’admettez, l’homme ne peut être justifié; mais vous ne savez pas ce que vous faites. Vous ne pouvez pas séparer la circoncision de la loi. Dieu a incorporé ce rite si formellement dans toute la structure de la loi que, bien qu’elle ait existé auparavant, elle est devenu ensuite une partie intégrante de la loi, et s’y est amalgamée si intimement, que vous ne pouvez plus séparer le rite de tout le système légal. Si vous reconnaissez une partie quelconque du rituel comme ce à quoi vous êtes assujetti, vous êtes responsable à l’égard de tout le système légal en général; vous êtes sous une obligation quant à tout ce qu’il demande. Et je désire attirer solennellement votre attention sur ce point: vous êtes «tenu d’accomplir toute la loi» (5:3).

 À suivre

 


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