Lectures hebdomadaires

Commentaire sur le livre de la Genèse

Samuel Prod'hom

Chapitre 1:1-19

Introduction

Genèse signifie origine, commencement. Ce livre nous donne non seulement le commencement des choses créées, mais on y trouve, en principes, types, figures, tout le contenu de la révélation divine. Quelqu’un a dit: La Genèse présente tous les grands principes élémentaires qui se trouvent développés dans l’histoire des relations de Dieu avec l’homme, dont les livres suivants donnent le récit.

Le premier verset nous apprend qu’au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Le premier verset de l’évangile de Jean nous parle du même commencement, mais pour dire que Celui qui est le sujet de cet évangile, le Fils de Dieu, la Parole, était, lorsque tout ce qui existe a commencé, puisque c’est Lui qui a tout créé (v. 3; Héb. 1:2). Dans la première épître de Jean, 1:1, il est aussi question d’un commencement: celui de la manifestation de la vie éternelle dans le Fils de Dieu, sur la terre. Il fallait ramener la foi des saints à ce commencement, parce qu’ils étaient exposés à un enseignement qui prétendait donner, sur le Seigneur Jésus, des lumières plus grandes que l’enseignement des apôtres. Ils niaient aussi Sa venue en chair. Alors, comme aujourd’hui, si l’on veut avoir la vérité, il faut retourner au commencement.

Chapitre 1:1-19

«Au commencement Dieu créa les cieux et la terre». Nul ne peut savoir quelle est la date de ce commencement. Par la déclaration divine, nous apprenons que l’univers n’a pas toujours existé. Dieu l’a créé au moment qui Lui convenait. Cette création peut remonter à des millions d’années. Les découvertes géologiques constatent qu’il y a eu de grands bouleversements à des époques diverses, qui produisirent des transformations dans le globe terrestre, ce qui est vrai. Mais on ne peut en conclure, comme quelques-uns le font, que le récit biblique de la création n’est pas vrai parce que l’origine de la terre doit remonter à des temps bien plus considérables que quatre mille ans A. C. La Parole est exacte; elle déclare qu’au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Elle passe sous silence ce qui eut lieu entre ce moment et le récit qui commence au verset 2. Cela ne fait pas partie de la révélation que Dieu voulait nous donner de Lui-même. La Parole de Dieu ne nous dit pas tout ce que nous aimerions savoir, mais elle dit ce que Dieu désire que nous apprenions de Lui-même, pour notre bonheur présent et éternel. C’est ce que nous devons y chercher.

De toute éternité, Dieu avait établi des conseils qui avaient pour objet Son Fils, le Fils de l’homme, expression des bénédictions éternelles que Dieu destinait aux hommes. Il est dit que «Sa propre grâce nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles» (2 Tim. 1:9); il nous a «élus en Christ avant la fondation du monde» (Éph. 1:4), et beaucoup d’autres passages des Écritures. Dieu n’a pas trouvé bon de manifester Ses conseils et de les accomplir, dans les temps qui ont précédé le verset 2 de notre chapitre. Il a attendu le moment qu’Il trouvait convenable. Mais Il avait besoin d’un terrain pour exécuter les plans qu’Il avait conçus de toute éternité, où toutes Ses voies envers l’homme pouvaient se dérouler, et sur lequel devait se dresser la croix du calvaire, fondement de tout ce qu’Il avait décidé, pour la gloire de Son Fils et le bonheur de l’homme, sur une terre nouvelle et sous des cieux nouveaux. Il voulut cette terre, une des plus petites planètes qu’Il avait créées dans cet univers infini, selon ce principe que Dieu, parce qu’Il est Tout-puissant, se plaît à accomplir de grandes choses par des moyens peu apparents. Mais dans quel état trouva-t-Il cette terre? Elle était désolation et vide, et il y avait des ténèbres sur la surface de l’abîme. Évidemment, Dieu ne l’avait pas créée ainsi; tout ce qu’Il fait est parfait. Nous ignorons quel était son état primitif. Dieu n’a pas trouvé bon de nous le dire; occupons-nous de ce qu’Il nous dit. Si tout était désolation, vide et ténèbres, l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux. L’Esprit, par lequel Dieu opère tout ce qu’Il lui plaît, était là, attendant d’être actif, pour la préparer comme Dieu la voulait, pour y recevoir l’homme, Adam, figure de Celui qui devait venir plus tard. Dieu est la source de tout; le Fils, la Parole; et l’Esprit, l’agent, dans tout ce que Dieu accomplit.

La première chose à faire, dans un état ténébreux, est d’y introduire la lumière. C’est ce que Dieu fit au verset 3: «Que la lumière soit. Et la lumière fut». Il en va de même pour la conversion d’un pécheur. Par le péché, il est dans les ténèbres morales, ténèbre lui-même; mais l’Esprit de Dieu, qui est aussi présent au milieu de l’état actuel de ce monde, peut introduire la lumière dans son cœur. L’homme, qui prétend n’avoir fait tort à personne, n’avoir rien à se reprocher, est dans les ténèbres. Mais Dieu veut opérer en lui; Son Esprit agit par des circonstances diverses qui le rendent attentif à la Parole, qui introduit la lumière dans son cœur, en lui dévoilant son état de péché et de perdition, et lui présente la grâce. Il l’accepte; il est sauvé; il devient lumière dans le Seigneur.

«Dieu vit la lumière, qu’elle était bonne; et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres» (v. 4). Il n’y a pas de mélange possible entre la lumière et les ténèbres. Le Seigneur est venu, la lumière du monde; mais les ténèbres ne l’ont pas comprise. Elles sont restées ce qu’elles sont; et les hommes, qui préfèrent les ténèbres à la lumière, y demeureront éternellement.

Ce que Dieu fit, dans ce verset 4, établit un principe que nous voyons en activité tout le long de la Parole: la séparation de la lumière et des ténèbres, du bien et du mal. Dès que Dieu a opéré dans une âme, elle est en communion avec Lui, qui est lumière. Dès lors, sa vie doit s’écouler dans la séparation de ce qui n’est pas selon Dieu. Lorsque Dieu se forma un peuple terrestre, Il le sépara des autres nations. Lorsqu’Il appela l’Église, elle sortit, moralement et pratiquement, du monde, et aurait dû en demeurer séparée, comme tout croyant doit l’être. Cette séparation sera pleinement accomplie et définitive dans l’état éternel, où les justes seront dans la glorieuse lumière de la présence de Dieu, et les méchants dans les ténèbres de dehors.
«Et Dieu appela la lumière Jour; et les ténèbres, il les appela Nuit». Le jour et la nuit sont des expressions employées au propre et au figuré, tout le long de la Parole, pour indiquer ce qui vient de la nature de Dieu, qui est lumière, et ce qui n’en est pas. Quelle grâce merveilleuse qu’il puisse être dit des croyants: «Vous êtes tous des fils de la lumière et des fils du jour; nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres» (1 Thes. 5:5). C’est le résultat de l’œuvre de Dieu, opérant une nouvelle création qui existe au milieu de la première, qui est dans les ténèbres à la suite du péché.

«Il y eut soir, et il y eut matin: — premier jour». Ordinairement, nous commençons la journée par le matin, et elle se termine par le soir. Cette manière de compter — qui n’était pas celle des Juifs, puisque leur journée commençait à six heures du soir — est bien en rapport avec l’activité de l’homme, qui ne peut produire, moralement, que ce qui est ténébreux. Alors Dieu intervient, y introduit le jour après la nuit. Dieu agit de même avec cette création, quelqu’ait pu être la cause des ténèbres. Bientôt, après la longue nuit morale, fruit du péché de l’homme, se lèvera le «matin sans nuages» du jour éternel, «jour de Dieu», qui demeurera à jamais dans sa fraîcheur première. Il en est de même avec la vie et la mort. À cause du péché, la mort vient en premier: «Dieu fait mourir, et il fait vivre» (1 Sam. 2:6). La vie vient en dernier lieu. Le dernier mot appartient toujours à Dieu.

Après la lumière, l’ordre est introduit. Au second jour, Dieu dit: «Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux». Il est probable que sur la surface des eaux s’étendaient des brouillards épais, ou nuages, que Dieu fit élever en les séparant par l’étendue, ce qui forma la couche atmosphérique qui entoure la terre, où se trouve l’air nécessaire à la vie humaine. Dieu appela l’étendue Cieux. Il est question de trois cieux dans la Parole. Le premier se trouve au verset 1, l’univers; le second au verset 8, l’atmosphère qui entoure la terre; le troisième, où Paul a été transporté, la demeure de Dieu.

Le troisième jour, Dieu continue l’arrangement de la terre, en vue d’y placer l’homme. Il ne le voulait pas dans les eaux, ni dans les airs. Il commanda au sec de paraître, qui se souleva du milieu des eaux dans des proportions voulues, pour que l’homme y habitât. Dieu appela le sec: Terre, et le rassemblement des eaux: Mer. Au Ps. 104, nous lisons: «Tu l’avais couverte de l’abîme comme d’un vêtement, les eaux se tenaient au-dessus des montagnes: À ta menace, elles s’enfuirent; à la voix de ton tonnerre, elles se hâtèrent de fuir: — Les montagnes s’élevèrent, les vallées s’abaissèrent, au lieu même que tu leur avais établi; — Tu leur as mis une limite qu’elles ne dépasseront point; elles ne reviendront pas couvrir la terre» (v. 6-9). C’est-à-dire que tout a été mesuré exactement par la sagesse de Dieu, dans des proportions qui rendaient la terre habitable. Dieu dit: «Tu viendras jusqu’ici et tu n’iras pas plus loin, et ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots» (Job 38:11). Puis, à la parole de Dieu, la terre produisit l’herbe, la plante portant de la semence, selon son espèce, et l’arbre produisant du fruit, ayant sa semence en soi, selon son espèce (v. 11, 12). Dieu eut soin que les espèces se conservassent et se reproduisissent d’elles-mêmes. C’est ce qui eut lieu jusqu’à maintenant. Quand les hommes ont voulu croiser les espèces, cela donna des résultats stériles.

Comme il devait y avoir nuit et jour, Dieu voulut qu’ils fussent séparés; Il fit le grand luminaire, pour dominer le jour, le Soleil, et le petit luminaire, pour dominer la nuit, la Lune, le quatrième jour. En même temps, le mouvement de ces astres devait servir pour signes et pour saisons déterminées, et pour marquer les jours et les années. Dieu voulut que l’homme puisse compter le temps qui s’écoule, surtout pour que l’on puisse compter le temps où devait venir l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, la semence de la femme promise au chapitre 3. Dieu fit aussi les étoiles, ces multitudes étincelantes que nous voyons briller dans la nuit. Nous savons qu’il y a des étoiles qui sont des centres de lumière beaucoup plus grands que notre soleil, et des innombrables planètes qui n’ont pas de lumière en elles-mêmes, comme la Terre et la Lune. Mais la Parole de Dieu ne nous occupe pas de cela; elle se sert du langage du plus simple observateur de la nature. En élevant les yeux par une belle nuit, on voit briller les étoiles, sans se préoccuper de leur nature et de leurs dimensions. La Parole de Dieu est écrite pour les simples, les croyants. Elle ne présente pas les faits au point de vue scientifique; mais elle ne les contredit pas. Elle ne s’oppose qu’au raisonnement de l’incrédulité.

La Parole désigne quelquefois le soleil et les étoiles dans un sens symbolique. Dans l’Apocalypse surtout, le soleil est le symbole de l’autorité supérieure, et les étoiles des autorités subalternes. En Apoc. 6, les étoiles qui tombèrent du ciel représentent les rois qui, dans leur état normal, dépendent de Dieu, de qui ils tiennent leur autorité, pour diriger les peuples avec la lumière reçue de Lui. Mais, ayant abandonné Dieu, ayant apostasié, ils ne reçoivent plus cette lumière; ils sont déchus de leur position élevée, et sont vus tombant du ciel.

Chapitre 1:20 à 2:3

La lumière, l’atmosphère, la terre, les mers existaient. La végétation avait surgi du sol. Le soleil répandait lumière et chaleur, et la lune éclairait la nuit, sous un ciel étoilé. Mais, sur cette terre magnifiquement préparée, il n’y avait pas d’êtres vivants. Alors Dieu dit, le cinquième jour: «Que les eaux fourmillent d’une pullulation d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre devant l’étendue des cieux». Dieu les créa selon leurs espèces; Il les bénit, disant: «Fructifiez, et multipliez, et remplissez les eaux dans les mers, et que l’oiseau multiplie sur la terre». Au verset 21, Dieu distingue les grands animaux des eaux d’avec la quantité innombrable des petits qui fourmillent dans les mers. Ainsi que les oiseaux, ils sont créés pour se reproduire. Dieu n’en créera pas de nouveaux.

Au sixième jour, Dieu dit: «Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, le bétail, et tout ce qui rampe, et les bêtes de la terre selon leur espèce». Et, comme Il le dit de Son œuvre de chaque jour, «Dieu vit que cela était bon». Toutes Ses œuvres sont parfaites, ce qui exclut toute idée d’évolution ou de perfectionnement par la main de l’homme.

Il fallait sur cette belle création un chef, un dominateur; elle n’avait pas été formée en vue des anges, mais en vue de l’homme, que Dieu créa aussi, le même jour. Pour le créer, Dieu procéda autrement que pour les animaux. Il n’est pas dit: Dieu fit, mais: «Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance». La Trinité prend conseil d’elle-même pour introduire, sur la terre, le chef-d’œuvre de Sa création, fait à l’image de Dieu, pour dominer sur tout ce qu’Il venait de créer: Adam, l’homme provisoire, figure de Celui qui devait venir, le dernier Adam (Rom. 5:14), l’homme qui, un jour, dominera sur toutes les œuvres de Dieu, selon le Psaume 8 cité en Héb. 2:6-8: «Qu’est-ce que l’homme que tu te souviennes de lui, ou le fils de l’homme que tu le visites?». En contemplant les merveilles de l’univers céleste, comment est-ce que l’homme apparaît, homme déchu, misérable à cause du péché, quoiqu’il ait été créé à l’image de Dieu? À cette question, Dieu répond: «Tu l’as fait de peu inférieur aux anges, et tu l’as couronné de gloire et d’honneur; tu l’as fait dominer sur les œuvres de tes mains; tu as mis toutes choses sous ses pieds: Les brebis et les bœufs, tous ensemble, et aussi les bêtes des champs, l’oiseau des cieux, et les poissons de la mer, ce qui passe par les sentiers des mers» (Ps. 8:5-8). Ce n’est pas en l’homme mortel, dégradé par le péché, que l’on a la pensée de Dieu au sujet de l’homme. Elle est dans le dernier Adam, homme de Ses conseils, glorifié. Mais, pour devenir chef de la création, Il a dû venir dans ce monde et y mourir — être fait «inférieur aux anges, à cause de la passion de la mort» (Héb. 2:9). Mais Dieu L’a ressuscité et glorifié, et c’est là où Dieu montre ce qu’est l’homme selon Ses pensées, auquel les croyants seront un jour rendus semblables. Dans cette position de Fils de l’homme, le Seigneur dominera sur toute la création durant le règne millénaire. C’est en considérant le Seigneur comme Fils de l’homme dans la gloire que l’on comprend que le premier Adam n’était qu’une figure de Celui auquel Dieu pensait de toute éternité.

Pour qu’Adam dominât sur cette création, Dieu le créa à Son image et à Sa ressemblance. L’image est la représentation d’une chose. Une certaine statue représente la justice; mais on peut dire qu’elle lui ressemble. Mais, puisqu’Adam représentait Dieu dans la création, il devait aussi Lui ressembler. Cette ressemblance n’est pas physique, puisque Dieu est esprit; elle devait se manifester dans sa manière d’agir. Dieu a montré Sa bonté envers Ses créatures; Il a placé l’homme sans péché, pour agir comme Lui, qui avait fait toutes choses bien. Hélas, nous ne savons que trop que le péché est entré et a dénaturé l’homme, au point qu’il s’est avili plus que la bête. Mais, s’il a perdu l’image de Dieu et Sa ressemblance, il est toujours responsable d’agir selon la pensée de Dieu. Le chrétien est responsable, vis-à-vis de Dieu son Père, parce qu’il est Son enfant; et l’homme est responsable vis-à-vis de Dieu, son Créateur. L’homme doit toujours être considéré selon la pensée de Dieu lorsqu’Il le créa. Et nous devons agir envers tout homme d’après cette considération, quelque dégradé qu’il puisse se présenter. Dieu maintient cela malgré la chute. Lorsqu’un monde nouveau recommence, après le déluge, la raison que Dieu donne pour défendre que le sang de l’homme soit répandu, c’est qu’il a été fait à l’image de Dieu. En élevant la main contre l’image de quelqu’un, on l’élève contre celui qu’elle représente. Jacques montre aussi la gravité qu’il y a de maudire quelqu’un, parce que l’homme a été fait à la ressemblance de Dieu (3:9). Il est bon de se souvenir que, pour avoir la pensée de Dieu sur une chose et pour agir en conséquence, il faut remonter à son origine; c’est le seul moyen de demeurer dans le vrai, à tous égards, au milieu du désordre que le péché a amené dans ce monde.

Le verset 27 répète: «Et Dieu créa l’homme à son image; il le créa à l’image de Dieu; il les créa mâle et femelle». Il est question, dans ce chapitre, du fait de la création. Nous verrons, au chapitre suivant, comment Dieu opéra pour créer l’homme et la femme. «Et Dieu les bénit; et Dieu leur dit: Fructifiez, et multipliez, et remplissez la terre et l’assujettissez». Évidemment, le péché et ses conséquences ont bien entravé l’accomplissement de cet ordre de Dieu, qui subsiste toujours. Car la terre est loin d’être remplie, et l’on invoque des raisons toutes opposées à la pensée de Dieu pour ne pas augmenter la population.

Malgré le péché, l’homme exerce toujours la domination sur tout être vivant (voir 9:2-10). Jacques dit: «Toute espèce de bêtes sauvages et d’oiseaux, de reptiles et d’animaux marins, a été domptée par l’espèce humaine»; hélas, pour dire que la langue est pire que les bêtes sauvages: Elle ne peut se dompter.

La bonté de Dieu, que l’homme doit imiter, se voit dans la manière dont le Créateur a pourvu à la nourriture de tous les êtres vivants qu’Il avait formés (v. 29-30). À l’homme, Il a donné la semence des plantes, les céréales diverses, les fruits des arbres; aux bêtes de la terre, les plantes vertes. Après la chute, l’homme dut manger l’herbe des champs, comme la bête. Après le déluge, la chair fut ajoutée à son alimentation. On voit la miséricordieuse bonté de Dieu, qui tient compte de l’affaiblissement physique que le péché valut à l’homme pour lui donner une nourriture plus substantielle.

«Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici, cela était très bon. Et il y eut soir, et il y eut matin: — le sixième jour». Puisque Dieu constate que tout ce qu’Il avait fait était très bon, il est évident que la perfection à tous égards existait alors.
On a beaucoup parlé sur la durée des six jours de la création. La science veut que chaque jour soit une période plus ou moins longue où les choses se modifièrent, pour arriver naturellement au résultat énoncé dans notre chapitre. Nous n’avons pas à nous occuper de cela, mais à accepter ce que Dieu dit: qu’il y eut soir et matin six fois de suite. Que ce soit un jour de vingt-quatre heures ou une période, ce n’est pas à nous de le décider; nous devons accepter ce que Dieu dit et le croire, sans discuter. Il est vrai que l’expression jour désigne souvent des périodes portant divers caractères: le jour de la grâce, le jour du jugement, le jour du Seigneur, etc. Pour cette acception du mot jour, la Parole est claire; nous savons à quoi nous en tenir. Mais ne cherchons pas à savoir ce qu’elle ne dit pas.

Les trois premiers versets du chapitre 2 font partie du sujet du chapitre premier. Dieu, ayant achevé toute Son œuvre, se reposa le septième jour. «Et Dieu bénit le septième jour, et le sanctifia; car en ce jour il se reposa de toute son œuvre que Dieu fit en la créant». Il n’est pas dit qu’il y eut soir et matin, ce septième jour; car il n’y a pas de soir au repos de Dieu; quoique, depuis l’entrée du péché, Dieu recommença à travailler, d’une autre manière, en vue d’une nouvelle création. Dieu se reposa parce qu’Il avait achevé Son œuvre, et non comme nous, qui nous reposons parce que nous sommes fatigués. Dieu ne se fatigue pas. Le repos après le travail est le repos sabbatique. En Soph. 3:17, «Dieu se reposera dans son amour», alors que tout ce que Son amour voulait, pour le bonheur de l’homme sur la terre et dans les cieux, sera accompli. Et, grâce merveilleuse, Il veut introduire le pécheur pardonné, justifié, semblable à Christ, dans Son propre repos. «Ayant cru, nous entrons dans le repos» (Héb. 4:3).

Jusqu’à Israël, Dieu n’imposa pas l’observation du repos le septième jour. Mais, lorsqu’Il racheta un peuple de l’Égypte, au milieu duquel Il voulut habiter, Il institua le sabbat, montrant par là qu’Il voulait que l’homme participât à Son repos; ce qui ne fut pas possible, sur le pied de sa responsabilité. Le Seigneur, venu pour introduire le repos sur la terre, fut rejeté, et passa le jour du dernier sabbat dans le sépulcre. Puis, le premier jour de la semaine, premier jour d’un ordre de choses céleste pour le croyant, Il ressuscite, laisse de l’autre côté de la tombe, ou dans la tombe, tout le système légal et ce qui caractérise l’homme en Adam, et introduit en Lui, sur le terrain de la rédemption, l’homme nouveau. En sorte que c’est le premier jour de la semaine, jour du Seigneur, qui est mis de côté par le chrétien, non par un ordre légal, mais par le fait même de la résurrection de Christ, motif qui a plus de puissance sur le cœur que le troisième commandement du décalogue.
Il est dit qu’un jour, devant Dieu, est comme mille ans, et mille ans comme un jour (2 Pierre 3:8). Il est fort probable que les six jours de la création correspondent aux six millénaires qui précèdent le millenium, où la création jouira de ce merveilleux sabbat. Durant ces six mille ans, Dieu aura travaillé, au milieu des conséquences du péché, pour amener le repos de la création avant de la détruire, et pour former les habitants de la nouvelle terre. Il s’est écoulé un peu plus de deux mille ans, pendant que l’homme était sans loi; environ deux mille sous la loi; et bientôt deux mille sous la grâce. Avant que le septième millénaire commence, il doit s’écouler le temps que doivent durer les jugements apocalyptiques. Mais aucune date n’a été donnée à l’Église pour attendre le Seigneur; les temps et les saisons sont en rapport avec la terre. Nous devons attendre le Seigneur aujourd’hui.

Chapitre 2:3-25

Dans le chapitre premier, Dieu est nommé seul — Élohim. Dans le chapitre 2, Il est appelé Éternel Dieu. Éternel, ou Jéhovah, est le nom que Dieu prend en relation avec l’homme, Celui qui a toujours existé et qui demeure le même. C’est le nom que Dieu prend en rapport avec Son peuple, lorsqu’Il l’appela hors d’Égypte (voir Exode 6:2, 3). À Abraham, Il se fait connaître comme le Tout-puissant, qui accomplirait les promesses qu’Il lui avait faites (17:1). En ne comprenant pas pourquoi Dieu prend divers noms dans les Écritures, des théologiens ont prétendu que le Pentateuque avait été formé par la compilation de divers documents retrouvés au cours de l’histoire du peuple juif, écrits par divers auteurs, les uns ayant employé le nom d’Élohim, et les autres celui de Jéhovah, ce qui est pure fantaisie. Élohim désigne le Dieu suprême; Jéhovah, Son nom en relation avec l’homme; comme celui de Père, le nom de relation avec Ses enfants. Quant au Pentateuque, il a été écrit par Moïse, comme Dieu nous le dit, et non à la date que les hommes ont bien voulu lui donner.

Les versets 4 à 7 présentent l’œuvre de Dieu: les cieux et la terre, et la végétation, alors qu’il n’y avait pas d’homme pour cultiver la terre, qui était arrosée par une vapeur qui sortait de la terre. C’est alors que Dieu fit l’homme, non comme les animaux, qui surgirent à Sa parole, mais pris de la poussière de la terre, façonné par les mains de Dieu, qui souffla en lui une respiration de vie; et il devint une âme vivante. C’est ce qui le distingue des autres animaux et le met en rapport avec Dieu; de là sa responsabilité vis-à-vis de Dieu le Créateur, et la durée éternelle de son existence. Ce qui vient de Dieu ne peut être anéanti. L’âme détachée du corps, c’est la mort de celui-ci; mais l’esprit retourne à Dieu, ne meurt pas. Il se retrouvera dans un corps par la résurrection, un homme qui sera éternellement heureux dans la présence de Dieu, ou qui souffrira éternellement loin de Sa présence, suivant qu’il aura cru Dieu ou pas. Par le souffle de Dieu, Adam devint une âme vivante, ce que rappelle l’apôtre Paul, en 1 Cor. 15. Mais le dernier Adam est un esprit vivifiant, communiquant la vie de résurrection au croyant qu’Il venait de racheter (Jean 20:23), et à quiconque croit.

Sur cette terre, l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, mot qui signifie plaisir ou charme, dans lequel croissait tout arbre agréable à voir et bon à manger. Dieu avait donné à l’homme la faculté d’apprécier ce qui est agréable et bon. Il voulait qu’il trouvât, sur cette terre, ce qui répondait à ses goûts. Cette faculté existe encore chez l’homme. Il cherche à jouir; mais, séparé de Dieu par le péché, il cherche cette jouissance non seulement dans la nature, mais dans la satisfaction de sa volonté et, par conséquent, dans le péché. La nature existe encore, avec ses beautés que l’on peut admirer. Cependant, cette belle création soupire et est en travail, ayant été assujettie à la vanité par Adam pécheur, mais dans l’espérance qu’elle sera affranchie de la servitude de la corruption pour jouir d’une pleine liberté, qu’elle obtiendra lorsque les enfants de Dieu apparaîtront en gloire avec le Seigneur (lisez Rom. 8:18-23).

Au milieu de ce merveilleux jardin, l’Éternel Dieu avait planté l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Adam était responsable d’obéir; en le faisant, il pouvait manger de l’arbre de vie, et vivre à toujours. De ce jardin d’Éden sortait un fleuve qui se divisait en quatre rivières pour aller fertiliser la terre. Dieu donnait à cette première création des sources de bien-être matériel qui étaient le reflet de ce qu’Il établirait pour le bonheur des hommes sur la terre renouvelée et, spirituellement, dans l’éternité. C’est en Christ que se trouve la source des bénédictions que Dieu avait devant Lui pour le bonheur éternel de l’homme. En Ézé. 47, nous voyons des eaux sortant de dessous le seuil de la maison de l’Éternel; elles s’en vont en une double rivière vivifier ce qui se trouvait dans les eaux de la mort. Des deux côtés de cette rivière croîtront, comme en Éden, «toutes sortes d’arbres dont on mange» (v. 12). Nous retrouvons, en Zac. 14, lorsque le Seigneur vient avec tous les saints, que des eaux vives sortent aussi de Jérusalem, une moitié vers la mer Morte et l’autre vers la Méditerranée. Pour cela, la configuration du pays sera changée. Finalement, nous voyons, en Apoc. 22:1, 2: «Un fleuve d’eau vive, éclatant comme du cristal, sortant du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de sa rue, deçà et delà, était l’arbre de vie, portant douze fruits, rendant son fruit chaque mois; et les feuilles de l’arbre sont pour la guérison des nations», comme en Ézé. 47:12. Il s’agit, dans tous ces passages, des bénédictions millénaires sous le règne de Christ. Dans l’état éternel, il n’y a rien à guérir ni à assainir. Tout sera parfait et définitif. Le Seigneur sera le centre duquel jailliront les bénédictions éternelles, sur ceux qu’Il aura rendus parfaits et glorifiés. Tout sera repos, paix, amour et lumière.

Quant à l’Éden terrestre, qu’en reste-t-il? Les deux premiers fleuves n’existent probablement plus. Le Tigre — Hiddékel — et l’Euphrate sont encore — du moins, il semble que ce sont les mêmes, car d’immenses changements doivent être résultés du déluge. «Les choses qui se voient sont pour un temps; celles qui ne se voient pas sont éternelles». Ce sont celles-là que Dieu avait en vue.

«Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder» (v. 15). Par cette déclaration et celle du verset 5: «Il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol», nous voyons combien est erronée la pensée assez commune que le travail est la conséquence du péché. Ce qui est résulté du péché, c’est la peine que donne le travail (3:17-19). Le travail fait partie de l’état normal de l’homme; malgré la peine qu’il donne, il est sain, et préserve du mal. Tout homme qui s’en prive volontairement désobéit à Dieu. L’indépendance et la révolte de l’homme, actuellement, se montrent dans le besoin que l’on éprouve de ne pas travailler ou, du moins, aussi peu que possible. Le chrétien a le grand privilège de faire tout, «en parole ou en œuvre, au nom du Seigneur Jésus, rendant grâces par lui à Dieu le Père» (Col. 3:17). Adam devait cultiver et garder le jardin. Hélas, le péché ne lui a pas permis de le garder; il en a été chassé (3:23-24).

Au verset 16, le commandement de l’Éternel Dieu met à l’épreuve l’homme innocent, responsable d’obéir. «Tu mangeras librement de tout arbre du jardin; mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas; car, au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement». La vie bienheureuse de l’homme, dépendant de son obéissance, qu’il soit innocent ou coupable, est impossible. Dans l’innocence, Adam ne put supporter la responsabilité d’obéir, lorsqu’il n’y avait qu’un commandement à observer. Sous la loi, l’homme le put encore moins, lorsqu’il y en avait dix. Dans son état naturel, l’homme est incapable d’obéir à Dieu. Dans ce cas, tous sont perdus et coupables. Qui peut avoir la vie? Le dernier Adam vient dans ce monde et, par Sa mort, satisfait aux exigences de la justice divine; Il ressuscite, et devient le véritable arbre de vie pour quiconque croit à Son œuvre expiatoire. Il est l’Esprit vivifiant ceux pour lesquels Il est mort.

L’homme innocent ignorait le bien et le mal. Tout était bien, en lui et autour de lui. Mais le bien n’était pas en contraste avec le mal comme maintenant. L’homme innocent n’avait pas été créé pour vivre dans le bien avec la connaissance du mal. Pour cela, il faut avoir la nature divine. Le dernier Adam est venu dans ce monde souillé, nous a montré comment l’homme obéissant peut marcher dans le bien au milieu du mal; et, en vertu de Sa mort, il donne au croyant la vie divine qui, sous l’action de l’Esprit de Dieu, le rend capable de marcher dans la sainteté au milieu du mal, en obéissant à la Parole.

Pour le bonheur complet de l’homme, Dieu voulut lui donner une aide. Il dit: «Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une aide qui lui corresponde». L’Éternel Dieu fit venir vers Adam tous les animaux des champs et les oiseaux des cieux, pour voir comment il les nommerait. Cette œuvre que Dieu confiait à Adam montre quelle capacité avait celui qu’Il avait créé, à Son image et à Sa ressemblance, chef de cette création. Son intelligence devait être très grande. Il discernait, sans doute, quel nom leur convenait. Le premier homme et ses descendants, surtout avant le déluge, devaient être doués d’une intelligence et d’une force extraordinaires. Dans nos temps civilisés, on parle avec mépris de l’homme primitif, ainsi que des animaux, pour célébrer la capacité de l’homme à améliorer ce que Dieu a fait! On ne se rend pas compte que, s’il dut y avoir développement, chez des hommes et des animaux, c’est relativement à ce qu’ils étaient devenus, depuis la chute et à travers les âges, et en dehors des centres plus ou moins civilisés, tels que le christianisme les a trouvés.

La vue de tous ces animaux, tout parfaits qu’ils fussent, fit constater à Adam ce que Dieu savait bien, c’est qu’il n’y avait pas d’aide qui lui correspondit, pour son cœur et son intelligence.

Dans la formation de la femme, nous nous trouvons placés devant les conseils de Dieu quant à Son Fils, pour lequel Il voulait une Épouse. Son Fils n’avait pas besoin d’une aide, mais Son amour avait besoin d’un objet pour Son cœur, dont Il jouira éternellement, d’une Épouse avec laquelle Il régnera sur cette terre restaurée. La manière dont Dieu opéra pour donner à Adam une épouse est une figure bien connue de la manière dont Christ obtint Son Épouse céleste; avec cette grande différence, que ce n’est pas pendant un sommeil que le Seigneur accomplit cette œuvre merveilleuse, mais en endurant l’abandon de Dieu, en subissant le jugement qu’elle avait mérité. Cette Épouse céleste fait aussi partie de Lui-même (Éph. 5:29-30). Une autre différence, c’est que le Seigneur travaille maintenant à sanctifier et à purifier Son Épouse, si facilement distraite de Lui et indépendante, jusqu’au moment où Il se la présentera à Lui-même, «n’ayant ni tache, ni ride, ni rien de semblable, sainte et irréprochable», résultat de Son amour inlassable.

Lorsque Dieu eut formé la femme de la côte de l’homme qu’Il lui prit pendant son sommeil, Il la lui présenta. Aussitôt, il comprit qu’il avait devant lui l’aide qui lui correspondait. Cette fois, dit-il, «celle-ci est os de mes os et chair de ma chair; celle-ci sera appelée femme, parce qu’elle a été prise de l’homme». L’Esprit de Dieu ajoute: «C’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair». Règle divine; règle divine qui doit être maintenue à tout prix pour être heureux. Dieu a établi l’homme comme chef, dans quelque domaine que ce soit, et responsable. Lorsqu’il se marie, il devient chef, ou tête, de sa famille; pour agir comme tel, il doit dépendre de Dieu seul. Sa femme n’est pas une rivale, mais une aide précieuse, objet des soins de l’amour de son mari, l’un et l’autre vivant sous la dépendance de Dieu. Le mariage est l’état normal de l’homme, pour autant que les conséquences du péché le permettent. Mais, pour l’accomplir, il doit, comme Adam, dépendre de Dieu pour recevoir, de Sa main, l’aide qui lui convient, et ne pas se laisser gouverner par des considérations mondaines et charnelles.

La nudité est la figure de l’état naturel de l’homme devant Dieu à la suite du péché; état dont l’homme a honte, dans la mesure où il apprécie le mal à la lumière de Dieu. Par la foi, le croyant est revêtu de Christ, comme nous le verrons en figure au chapitre 3. Dans l’innocence, sans péché, Adam et Ève n’avaient point honte de leur nudité.

Chapitre 3:1-7

En quelques versets, l’état d’innocence est décrit, au chapitre 2. Dès le chapitre 3, toute la Bible nous présente l’histoire de l’homme pécheur, mais aussi l’intervention de Dieu en grâce pour accomplir Ses desseins éternels.

Il fallait la finesse du serpent pour s’introduire sur cette scène de bonheur où Dieu avait placé l’homme et tout ruiner. Pour cela, Satan s’est servi du serpent, le plus fin de tous les animaux; comme, plus tard, il a souvent pris le caractère du lion, la violence. Le serpent est plus redoutable que le lion, car il peut opérer sans être aperçu. C’est la forme sous laquelle il agit actuellement dans la chrétienté, sans être discerné.

Le serpent s’adressa à la femme, sachant que, par elle, il arriverait plus facilement à l’homme, que Dieu avait établi chef, et dont il avait reçu les ordres positifs. Il se rendait compte que l’amour pour sa femme lui ôterait la force de lui déplaire, en lui refusant ce qu’elle lui offrirait. On remarque d’emblée que Satan ne cite pas exactement ce que Dieu avait dit. Il présente la défense de manger en premier lieu: «Quoi, Dieu a dit: Vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin?»; tandis que Dieu avait dit: «Tu mangeras librement de tout arbre du jardin; mais, etc.». C’était déjà une manière indirecte de montrer Dieu sous le caractère de quelqu’un qui commençait par les priver d’une bonne chose. À son tour, la femme, qui aurait dû lui répondre en lui citant textuellement les paroles de Dieu, après lui avoir dit qu’ils mangeaient du fruit des arbres du jardin, elle dit: «Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n’en mangerez point, et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez»; alors que Dieu avait dit: «Tu mourras certainement». De peur voulait dire que ce n’était pas très sûr. Avec cette déclaration affaiblie, Satan s’enhardit, et prend alors la parole affirmative de Dieu pour dire le contraire: «Vous ne mourrez point certainement»; ce qu’il n’eût pas osé faire, si la femme lui avait cité textuellement les paroles de l’Éternel. Nous voyons par cela l’importance de recevoir et de citer textuellement la Parole de Dieu et de la laisser agir en soi avec toute son autorité. Elle est écrite avec les expressions positives par lesquelles Dieu donne Sa pensée, c’est-à-dire la vérité, n’en déplaise à ceux qui ne la reçoivent pas comme telle, prétextant que Dieu s’est servi d’hommes faillibles, comme si eux-mêmes, qui veulent la corriger, n’étaient pas aussi des hommes faillibles. Sans s’en douter peut-être, ils ne font que répéter la question insidieuse et diabolique: «Quoi, Dieu a dit?», pour dépouiller l’Écriture de l’autorité divine qu’elle doit exercer sur le cœur et la conscience. Dans toute l’histoire de l’Église, jamais Satan n’a usé de son caractère de serpent autant que maintenant, en conduisant des hommes qui exercent une influence religieuse à modifier ce que Dieu a dit, en affaiblissant les droits de Sa justice, en présentant l’exercice de Son amour en dehors de l’œuvre expiatoire du Seigneur, une grâce qui ne règne pas par la justice, faisant de Dieu un être si bon qu’Il ne pourrait supporter de voir l’homme dans le malheur éternel, et abaissant au niveau de l’homme la mesure du bien et du mal; tout cela, de la part de l’ennemi, avec le dessein caché de perdre l’homme. Le meurtrier se présente premièrement comme menteur, disant: «Vous ne mourrez point certainement; car Dieu sait qu’au jour où vous en mangerez vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal». C’était dire que Dieu se réservait pour Lui-même des avantages merveilleux, dont Il les privait, et dont ils jouiraient s’ils l’écoutaient. Cette insinuation de Satan, étant reçue, introduisit dans le cœur de l’homme la défiance à l’égard de Dieu, qui demeure invétérée chez tous, jusqu’au moment où Dieu y fait pénétrer quelques rayons de Sa grâce. Après tant de manifestations de la bonté de Dieu dans l’Ancien Testament qui auraient dû convaincre l’homme du mensonge de Satan, Dieu vint Lui-même, dans la personne de Son Fils, manifester Son amour infini, non envers un homme innocent, mais envers l’homme coupable. Dans l’évangile selon Jean, nous trouvons environ soixante fois le mot aimer et amour. Si Satan a dit: «Vous ne mourrez point certainement», Jésus se présente Lui-même pour mourir à la place du coupable.

La connaissance du bien et du mal ne servait de rien à l’homme innocent, puisqu’il pouvait vivre dans le bien, alors qu’il n’y avait point de mal à connaître dans cette belle création. Cette connaissance n’était donc pas désirable; mais les paroles du tentateur furent écoutées. «Et la femme vit que l’arbre était bon à manger, et qu’il était un plaisir pour les yeux, et que l’arbre était désirable pour rendre intelligent; et elle prit de son fruit et en mangea; et elle en donna aussi à son mari pour qu’il en mangeât avec elle, et il en mangea». La femme vit. Nous voyons qu’il faut éviter de porter les regards, aussi bien que la main, sur une chose défendue. C’est par les yeux que la convoitise se satisfait premièrement; et «la convoitise, ayant conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort» (Jacq. 1:15). Ève ne voulut pas être seule dans la désobéissance. Combien de fois n’a-t-elle pas été imitée par ceux qui disent: Il n’y a pas que moi qui fasse ainsi. Elle voulut que son mari en mangeât avec elle. Satan sut s’y prendre pour arriver à Adam, en se servant de sa femme; lui-même n’aurait pas eu le même succès. Cependant, il fut le grand coupable parce qu’il était responsable d’obéir à Dieu. Il devait reprendre sa femme, avec l’autorité qu’il avait de la part de Dieu. Ce que Satan avait dit arriva: Leurs yeux furent ouverts, non sur des choses désirables, apanage de Dieu seul, comme Satan le faisait croire, mais sur leur nudité, sur leur état de péché, vu aussitôt dans sa laideur; vue qu’ils ne purent supporter, et qu’ils cherchèrent aussitôt à cacher à leurs propres yeux au moyen de feuilles de figuier. Voilà l’homme tombé, irrémédiablement perdu sans l’intervention du médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tim. 2:5-6).
Moralement, le monde fut constitué par les trois genres de convoitises qui se présentèrent aux regards de la femme. «Tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, et la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie», est du monde (1 Jean 2:16). Le cœur de l’homme est détourné de Dieu, dont il est séparé par le péché, pour être alimenté par ces trois convoitises, qui jamais ne le satisfont. Lorsque le Seigneur, le dernier Adam, descendit sur cette scène, au milieu des ravages du péché, Satan se présenta comme en Éden avec ces trois genres de convoitises, pour chercher à Le détourner du chemin de l’obéissance dans lequel Il était entré en disant: «Je viens pour faire, ô Dieu, ta volonté». Jésus répondit chaque fois en citant la Parole: «Il est écrit», et «Il est encore écrit» (Matt. 4 et Luc 4). Il a réduit au silence le tentateur, en nous montrant comment nous pouvions résister à un tel ennemi, afin de pouvoir marcher dans le bien avec la connaissance du mal.

Contrairement à Adam, Jésus n’avait pas à regarder comme un objet à ravir d’être égal à Dieu (Phil. 2:6), car Il était Dieu. Le premier Adam, qui n’était qu’un homme, voulut s’élever à être comme Dieu, en abandonnant l’obéissance qui doit caractériser l’homme; et il tomba, entraînant toute sa race dans la désobéissance. Le Seigneur étant Dieu, le Fils, devint homme pour obéir à Dieu. Satan l’incita à agir comme Dieu, usant de Son pouvoir pour transformer des pierres en pain, ordre qu’Il n’avait pas reçu de Son Père. Il lui répondit par des passages qui s’appliquaient à l’homme, et non à Dieu. Dans cette position, au lieu de s’élever, Il s’est abaissé Lui-même, étant devenu obéissant jusqu’à la mort de la croix. Il descendit dans la mort, où notre désobéissance nous avait conduits, afin de nous en délivrer. C’est pourquoi Dieu l’a haut élevé, et Lui a donné un nom au-dessus de tout nom. Le premier Adam voulut être ce qu’il n’était pas. Son ambition, son orgueil, le perdirent; c’est dès lors ce qui a caractérisé toute sa race. S’élever, vouloir autre chose que ce que Dieu lui donne, sont les principes en activité, jusqu’au moment où l’homme, arrivé à l’apogée des progrès du mal, se présentera comme Dieu, dans Son temple, à Jérusalem (2 Thes. 2:4).
Ce sont ces principes, introduits par la chute, qui ont été en activité, aujourd’hui plus que jamais. L’homme n’est jamais satisfait; il cherche constamment à s’élever, à améliorer sa situation, à s’accorder de nouvelles facilités à tous égards. Et, quand il les a obtenues, il n’est pas satisfait; il lui en faut d’autres. En sorte que le progrès, tant vanté de nos jours, résulte de la convoitise, qui n’est jamais satisfaite. Il y a cent ans, nos ancêtres vivaient sans les avantages modernes; ils étaient plus satisfaits, plus heureux, moins agités qu’on ne l’est actuellement. Une seule chose peut satisfaire le cœur: C’est la connaissance de Dieu, révélé en Son Fils bien-aimé; mais, pour cela, il faut être né de nouveau. Alors on peut être content de ce qu’on a présentement.
La connaissance promise par Satan fit de l’homme un être conscient du bien et du mal, mais sans capacité pour éviter le mal. Il acquit, par ce fait, la conscience, faculté de discerner le bien du mal, mais qui n’en est pas la mesure. Pour l’avoir, il faut qu’elle soit éclairée par la Parole de Dieu. Elle n’est pas, comme on l’entend dire souvent, quelque chose de divin dans l’homme, qu’il faut cultiver, pour l’élever à Dieu. Cette faculté, au lieu de l’élever à Dieu, lui en donne la frayeur, car elle lui dit qu’il L’a offensé. Il Le fuit, même lorsqu’Il l’appelle pour lui faire grâce. Il préfère se justifier lui-même en accusant Dieu, comme nous le voyons dans les versets 12 à 13. Cette constatation du mal le pousse à le cacher, à lui-même et aux autres; ce qu’Adam et sa femme firent, en se faisant des ceintures de feuilles de figuier, figure de la religion de la chair, de la propre justice, par laquelle l’homme cherche à faire taire la voix de sa conscience, tandis qu’il est loin de Dieu. On a dit que la religion de la chair était suffisante tant qu’on n’en avait pas besoin. Lorsqu’il faut paraître devant Dieu, elle ne sert de rien.

Puisque la conscience n’est pas la mesure du bien et du mal, nous comprenons l’importance, pour le chrétien, d’être éclairé, en toutes choses, par la Parole de Dieu. Il faut progresser dans la connaissance de ce qui convient à Dieu. Il ne faut pas se fier à sa conscience, qui peut se cautériser, si l’on ne vit pas constamment dans le jugement de soi-même. Pendant un temps, on ne vit pas constamment dans le jugement de soi-même. Pendant un temps, on peut être libre de faire telle ou telle chose en bonne conscience; mais, en progressant dans la connaissance de Dieu, la lumière nous éclaire de plus en plus, et nous voyons que ce qui ne nous gênait pas jusque là n’était pas selon Dieu. Il faut travailler à maintenir une bonne conscience, s’y exercer comme l’apôtre Paul le faisait, «devant Dieu et devant les hommes», en vivant dans la présence de Dieu et dans Sa communion. Alors on ne dira pas: Quel mal y a-t-il à faire ceci ou cela? Poser la question, c’est la résoudre affirmativement. Pourquoi ne pas montrer le bien qu’il y a? Si on ne le fait pas, c’est qu’il n’y en a pas.

La conscience est le point vulnérable chez le pécheur; c’est par là que Dieu peut l’atteindre, au moyen de Sa Parole. Une fois qu’elle l’a convaincu de péché, qu’il a compris que la religion de la chair, les feuilles de figuier, ne peuvent pas cacher ses péchés, aux yeux de Dieu, il accepte la justice dont Dieu veut le revêtir, Christ Lui-même. Il peut alors se tenir devant Dieu avec une bonne conscience, puisqu’elle est déchargée de tous ses péchés. C’est ce que nous verrons plus loin.

Chapitre 3:8-24

Adam et Ève, entendant la voix de l’Éternel Dieu qui se promenait dans le jardin au frais du jour, se cachèrent au milieu des arbres du jardin. Ayant acquis une conscience, elle leur faisait comprendre que le péché était incompatible avec la présence de Dieu avec lequel, dans l’innocence, ils pouvaient avoir librement des rapports. Maintenant, ils Le fuient. L’Éternel appela l’homme et lui dit: «Où es-tu?». Question solennelle, qui établit le fait que Dieu prend connaissance de ce que fait l’homme, et qu’il faut avoir affaire avec Lui une fois ou l’autre, en grâce ou en jugement. Cette question se pose à chacun aujourd’hui, en vue de son salut. Un jour, cette même voix fera sortir de leurs sépulcres ceux qui n’auront pas répondu à la voix de la grâce, pour paraître, avec tous leurs péchés devant le grand trône blanc alors qu’il n’y aura plus d’arbres pour se cacher, les cieux et la terre ayant disparus.

À Adam, Dieu dit: «Où es-tu?». Il n’était plus dans la position où Dieu l’avait placé. Il était séparé de Dieu par le péché. À Caïn, Il dira: «Qu’as-tu fait?». Ces deux questions sont en rapport avec les deux côtés de la condition de l’homme pécheur: sa position et sa culpabilité. L’homme est perdu parce qu’il est un enfant d’Adam pécheur; il est coupable à cause de ce qu’il a fait. Un petit enfant naît perdu; en grandissant, il péchera et deviendra coupable. Adam répondit: «J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché». Les feuilles de figuier étaient inutiles. Adam ne dit pas: J’étais nu, et j’ai caché ma nudité; mais: Je suis nu. Nous l’avons déjà dit: La religion de la chair, la propre justice, ne sert de rien, lorsqu’il faut paraître devant Dieu. L’homme admet bien qu’il a fait quelques péchés, mais il a sa mesure pour en apprécier la gravité; il ne se préoccupe pas de ce que Dieu en pense. Pour lui faire accepter le salut, Dieu commence par lui montrer ce qu’est le péché à Ses propres yeux. «L’Éternel Dieu dit: Qui t’a montré que tu étais nu? As-tu mangé de l’arbre dont je t’ai commandé de ne pas manger?». Dieu s’adresse à l’homme parce que c’est lui qui est responsable. Mais, au lieu de reconnaître sa faute, il cherche à se justifier en la rejetant sur sa femme et, indirectement, sur Dieu, disant: «La femme que tu m’as donnée pour être avec moi, — elle m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé». C’était dire: Si Tu ne m’avais pas donné cette femme, cela ne serait pas arrivé. Tel est le cœur naturel. Lorsque le mal vient en évidence, au lieu de l’avouer franchement, il cherche à en rejeter la faute sur autrui, même sur Dieu. Le péché a complètement perverti les pensées de l’homme; tout en lui est faussé, malgré la conscience. Dans l’innocence, Adam reconnaissait en Dieu la bonté qui l’avait placé au sein de cette belle création, ayant complété son bonheur par le don d’une épouse. Maintenant, ce Dieu lui apparaît comme la cause de son malheur dans ce qu’Il lui avait donné de meilleur. Dieu est un objet de terreur pour l’homme; et pourtant, rien n’a changé, en Lui, à son égard. Tel est l’homme aujourd’hui. Christ a dû venir pour établir la vérité à tous égards: ce qu’est Dieu, l’homme, le monde, le bien, le mal.

Dieu s’adresse à la femme, en disant: «Qu’as-tu fait?». Elle répondit: «Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé». Au serpent, Dieu ne pose pas de question; Il lui dit: «Parce que tu as fait cela, tu es maudit par-dessus tout le bétail et par-dessus toutes les bêtes des champs; tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie; et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa semence». De tous les animaux, le serpent est le seul, dans le millenium, qui ne jouira pas de la restauration de la création. En És. 65, après la description de la terre millénaire, sous laquelle les animaux carnassiers retourneront à leur état primitif: «Le lion mangera de la paille comme le bœuf», il est dit: «et la poussière sera la nourriture du serpent» (v. 25). Le serpent est un animal dont la vue même produit l’effroi. Mais Dieu ne s’arrête pas au jugement de l’animal dont le diable s’est servi; Il lui annonce que la semence de la femme lui brisera la tête, et que lui lui brisera le talon. C’est la grâce qui apparaît, dans toute sa beauté, dès que le péché est introduit et que l’homme s’est placé sous le pouvoir de Satan. «Car on est esclave de celui par qui on est vaincu» (2 Pierre 2:19). Cette semence de la femme est le Fils de Dieu, devenu homme, ici-bas pour délivrer l’homme du pouvoir de Satan, en subissant à sa place le jugement de Dieu. En Héb. 2:14-15, il est dit: «Puis donc que les enfants ont eu part au sang et à la chair, lui aussi semblablement y a participé, afin que, par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable; et qu’il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort, étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude». Mais cette victoire ne pouvait être remportée sans que cette semence de la femme, l’Agneau de Dieu, endurât les souffrances indicibles de la croix. Par la désobéissance, Satan avait perdu l’homme; et, par Son obéissance, le Fils de l’homme l’a sauvé. Satan voulait la mort de l’homme; le Fils de l’homme l’a subie. En vertu de cette œuvre, Satan n’a aucun pouvoir sur le croyant. C’est à Satan, non à Adam, que Dieu annonce la venue de Celui qui lui ôterait son pouvoir. À Adam, il n’est fait aucune promesse; la grâce lui sera offerte en vertu de l’œuvre qui a rendu possible le salut de l’homme qui avait péché. Toutes les promesses reposent sur le dernier Adam.

On voit, dans l’histoire de l’homme jusqu’à Christ, tous les efforts que Satan accomplit pour empêcher l’apparition de la semence de la femme. Il a poussé l’homme au mal afin que Dieu le détruisît par le déluge; mais Dieu a déjoué ses plans en sauvant Noé. Plus tard, comme le libérateur devait venir de la famille de David, il chercha maintes fois à l’éteindre, entre autres par la méchante Athalie, qui voulut faire périr toute la race royale. Nous voyons, jusqu’à la destruction des petits enfants de Bethléem et la croix, tous ses vains efforts pour empêcher l’exécution de la sentence prononcée sur lui en Éden. C’est aussi en vue de la naissance du Christ et de l’établissement de Son règne que Dieu eut soin de donner les dates, tout au long de l’Ancien Testament, afin que l’on sût quand viendrait le Libérateur; car la venue du Fils de Dieu et Sa glorieuse personne constituent le point culminant, le grand sujet de toute la révélation divine. Il n’est pas donné de dates dans le Nouveau Testament, puisqu’il commence par la naissance du Seigneur. Le temps que l’Église passe sur la terre ne fait pas partie des temps prophétiques. Après son enlèvement, ces temps-là recommenceront à compter; il n’en reste que la dernière semaine de Daniel 9 à accomplir, proprement la dernière demi-semaine, mentionnée dans Apoc. 12:6, 14; 13:5 — Dan. 7:24; 9:27; 12:11.

À la femme, Dieu annonce les conséquences de sa désobéissance durant sa vie. Adam, parce qu’il a écouté la voix de sa femme plutôt que la voix de Dieu, qui s’était adressé à lui formellement, devra travailler péniblement un sol maudit, qui lui fera germer des épines et des ronces. Il mangera l’herbe des champs, comme les bœufs, c’est-à-dire les légumes, non plus seulement des fruits, comme dans l’innocence. Il mangera son pain à la sueur de son front, jusqu’à ce qu’il retourne à la poussière d’où il a été pris. Tant pour l’homme que pour la femme, les conséquences du péché sous lesquelles ils étaient désormais, se bornent à la vie présente; tout homme les endure, même les chrétiens. Mais cela ne concerne pas les conséquences éternelles du péché. Celles-là, Christ les portera, en détruisant le pouvoir de Satan, pour ceux qui croient; et ceux qui ne croient pas les porteront eux-mêmes éternellement; mais ce n’est pas ce dont il s’agit, ici. Ce qui concerne l’éternité est traité dans le Nouveau Testament, quoiqu’il y en ait des allusions dans l’Ancien.

Après avoir entendu que la semence de la femme écraserait la tête du serpent, Adam appela sa femme Ève, mot qui vient du verbe hébreu vivre; parce que, dit-il, elle est la mère de tous les vivants. Il comprit que la délivrance viendrait de là et que, malgré la mort qui serait leur partage, la vie proviendrait de la semence de la femme. Ce passage fait comprendre qu’Adam avait la foi. Il crut Dieu, qui introduirait la vie au sein de la mort qu’il venait d’attirer sur l’homme.

Si l’homme était incapable de cacher son état aux yeux de Dieu, ni de rien changer aux conséquences du péché qu’il allait subir toute sa vie, il appartenait à Dieu de faire le nécessaire pour qu’il pût subsister devant Lui. «L’Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des vêtements de peau, et les revêtit»; figure bien connue de la justice divine, de Christ Lui-même, dont le pécheur est revêtu lorsqu’il croit en l’efficacité de la mort du Sauveur. Si Adam et Ève ne moururent pas sitôt après avoir péché, une victime mourut à leur place, et fournit à Dieu le vêtement dont Il les revêtit, puisqu’ils ne pouvaient se le procurer eux-mêmes. Nous voyons donc ici l’évangile apparaître, dans toute sa beauté, au moment où l’homme perdait la vie et où s’effondrait, par le péché, tout son bonheur en rapport avec la création première et sa relation d’innocence avec Dieu. Le péché de l’homme a toujours fait ressortir la grâce de Dieu. C’est à la croix, où la culpabilité de l’homme atteignit son point culminant, que Dieu manifesta la plénitude de Son amour pour lui. Aussi comprend-on que le sort de ceux qui refusent la grâce sera terrible, dans l’éternité, et quelle reconnaissance éternelle Lui doivent ceux qui sont sauvés.

Il restait encore une chose à faire, résultant du changement que le péché avait amené et de la bonté de Dieu envers l’homme pécheur. L’arbre de vie demeurait encore dans le jardin; et, si l’homme en avait mangé, il aurait vécu à toujours, mais portant les conséquences du péché, ce qui eût été affreux. Pour empêcher qu’il ne prît de cet arbre, l’Éternel Dieu le chassa hors du jardin d’Éden, pour labourer le sol d’où il avait été pris; «et plaça à l’orient du jardin d’Éden les chérubins et la lame de l’épée qui tournait çà et là, pour garder le chemin de l’arbre de vie». Là encore apparaît la bonté de Dieu, qui laisse entrevoir l’accomplissement de Ses pensées éternelles de grâce. Si l’accès à l’arbre de vie, dans le paradis terrestre, était rigoureusement défendu par l’épée des chérubins, afin de ne pas perpétuer une race de pécheurs qui auraient gémi indéfiniment sous les conséquences du péché, c’est parce que Dieu voulait ouvrir le chemin du paradis céleste en donnant la vie éternelle, nécessaire pour jouir du bonheur dans la présence de Dieu, dans un monde nouveau. Pour cela, il fallut que le Seigneur rencontrât l’épée du jugement de Dieu, lorsqu’Il se présenta chargé de nos péchés, pour ouvrir le chemin du ciel aux coupables, au travers de la mort. Nous lisons en Zacharie (13:7): «Épée, réveille-toi contre mon berger, contre l’homme qui est mon compagnon, dit l’Éternel des armées; frappe le berger, et le troupeau sera dispersé; et je tournerai ma main sur les petits». Le Seigneur avait conduit Ses brebis jusqu’aux portes de la mort, qu’il fallait traverser pour entrer au paradis céleste, dont l’entrée était gardée par l’épée de la justice inflexible du Dieu juste et saint. Mais Il ne pouvait les conduire plus loin sans porter à leur place le jugement qu’elles avaient mérité. Dans ce moment suprême, le troupeau fut dispersé, comme Jésus le dit aux Siens: «Vous me laisserez seul». Mais, sitôt l’œuvre accomplie, la tête du serpent écrasée, le Seigneur apparaît aux Siens, de l’autre côté de la mort, souffle en eux l’esprit de vie de résurrection, et devient le centre de leur rassemblement, pour le temps et l’éternité. 

Chapitre 4

Ce chapitre contient tous les principes qui, dès lors, ont caractérisé le monde jusqu’à nos jours: la religion de la chair, en Caïn; celle de Dieu, en Abel; la haine religieuse qui va jusqu’au crime; l’homme chassé de la présence de Dieu, qui organise le monde pour y jouir sans Dieu; puis la famille de la foi, en Seth, qui reconnaît ce qu’est l’homme devant Dieu, mortel (Énosh), et invoque le nom de l’Éternel.

La postérité d’Adam commence avec Caïn. Ève crut, sans doute, qu’il était la semence de la femme qui devait briser la tête du serpent, car elle dit: «J’ai acquis un homme avec l’Éternel». Elle fit la triste expérience qu’il n’en était rien. Car si le vainqueur de Satan était bien de la semence de la femme, il ne devait pas être de la race adamique, un homme mortel. Quoique la mère des vivants, lorsque son second fils naquit, elle l’appela Abel, vanité. C’est ce qu’est le monde; c’est l’expérience qu’en fit Salomon, après avoir joui de tout ce qui se trouve sous le soleil. Ève ne s’attendait pas à en faire une si douloureuse expérience. Abel paissait le menu bétail, et Caïn labourait la terre; deux occupations très légitimes et honorables. Ces deux fils avaient dû apprendre de leurs parents quels rapports l’homme pouvait avoir avec Dieu à la suite du péché, au moyen d’une victime. Caïn n’en tint pas compte. Ces deux fils avaient chacun leur religion, mot qui veut dire: relié à Dieu. Caïn la pratiquait à sa manière, et Abel selon les enseignements de Dieu. Dès lors jusqu’à maintenant, ces deux modes divisent les hommes en deux camps, quelle que soit la forme de leur culte. Ce qui caractérise la religion de Caïn, c’est de ne pas tenir compte du fait que le péché a séparé l’homme de Dieu, et de vouloir s’approcher de Lui sans tenir compte de Sa sainteté et de Sa justice, avec ses propres pensées, les fruits de son labeur, provenant d’une terre maudite. Abel, au contraire, avait appris que pour s’approcher de Dieu, la mort d’une victime devait intervenir. Il présente «des premiers-nés de son troupeau, et de leur graisse». Il avait pensé à ce qui était agréable à Dieu, et non à ce qui lui était agréable. Dans tous les sacrifices institués en Israël, la graisse était la part exclusive de l’Éternel; elle représente ce que Lui seul était capable d’apprécier dans la victime, type du Seigneur s’offrant à Dieu. Aussi, «l’Éternel eut égard à Abel et à son offrande; mais à Caïn et à son offrande, il n’eut pas égard». Abel était identifié à son offrande, pour être agréé de Dieu. Il en est de même du croyant. Il est dit, en Héb. 10:10: «Nous avons été sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus Christ faite une fois pour toutes». Abel était pécheur, comme Caïn; ce n’est pas en cela que se trouve la différence, mais dans le moyen de s’approcher de Dieu. C’est Christ qui donne au croyant toute sa valeur. «Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu». Rien n’irrite autant l’homme que de voir un de ses semblables accepter la grâce de Dieu. Sa conscience lui dit qu’il a raison, mais son orgueil refuse de faire comme lui et l’excite à la haine. Cependant, la grâce était à la disposition de Caïn comme d’Abel, comme elle est aujourd’hui à la disposition de chacun. C’est ce que l’Éternel lui dit: «Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu?». Il n’avait aucune raison de s’irriter; le remède à son état ne se trouvait pas là. Dieu le lui offre: «Si tu fais bien, ne seras-tu pas agréé?». Fais comme ton frère, tu seras agréé à cause de la victime. «Si tu ne fais pas bien, le péché est couché à la porte». Le péché, ici, est le même mot, dans l’original, que le sacrifice pour le péché. La victime pour le péché est tellement identifiée avec le péché qu’elle porte, qu’ils ne font qu’un, aux yeux de Dieu. Il est dit du Seigneur «qu’il a été fait péché pour nous» (2 Cor. 5:21). Cette victime était couchée à la porte, prête à être acceptée. C’est l’évangile tel qu’il s’adresse à tous aujourd’hui. Beaucoup veulent rendre culte à Dieu avec leurs propres ressources, et ils ne peuvent être agréés. Au lieu de s’irriter contre ceux qui obéissent à la Parole, ils n’ont qu’à accepter le sacrifice de Christ, par lequel ils seront agréés. Le verset suivant est un peu difficile à comprendre: «Et son désir sera tourné vers toi, et toi tu domineras sur lui». Son et lui se rapportent à Abel. Caïn venait de se placer dans un état d’infériorité vis-à-vis de son frère; mais s’il faisait bien, comme Abel, il serait maintenu, vis-à-vis de lui, avec ses droits de premier-né: Son désir serait tourné vers lui, comme celui de la femme vers son mari.

Caïn, comme tant d’âmes aujourd’hui, n’a pas voulu profiter du moyen qui lui était offert pour être agréé de Dieu. Il a nourri la haine qui était dans son cœur et le tua. Le premier sang humain répandu l’a été pour une cause religieuse. La plus grande partie du sang qui a été répandu depuis l’a été pour la même cause. Même dans les questions politiques, la religion y était mélangée, le plus souvent. C’est à cet endroit-là que l’homme est le plus susceptible; il veut avoir raison, alors que la conduite de celui qui est dans le vrai le juge.

Caïn répond avec arrogance à l’Éternel, lorsqu’Il lui dit: «Où est ton frère?»: «Suis-je, moi, le gardien de mon frère?»; mais pour entendre cette parole solennelle: «Qu’as-tu fait?». Question qui fait ressortir sa culpabilité, comme celle adressée à Adam: «Où es-tu?», sa position d’homme perdu. L’Éternel lui dit: «La voix du sang de ton frère crie de la terre à moi». Le sang, c’est la vie, qui n’appartient qu’à Dieu. Le sol avait été maudit à la suite du péché d’Adam; maintenant, ce sol qui a reçu le sang d’Abel maudit Caïn: «Et maintenant, tu es maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. Quand tu laboureras le sol, il ne te donnera plus sa force; tu seras errant et vagabond sur la terre». Caïn reconnaît que sa peine est grande, trop grande pour qu’il en porte le poids. Mais il ne cherche pas la miséricorde de la part de Dieu; il désire ne pas en subir de trop grandes conséquences. C’est ce qui préoccupe les hommes aujourd’hui, plus que d’accepter le pardon que Dieu leur offre. Caïn a tué son frère; pourquoi ne serait-il pas tué par celui qui le rencontrerait? Il veut se mettre à l’abri de cela. Il dit à l’Éternel: «Quiconque me trouvera me tuera». L’Éternel lui répond: «C’est pourquoi quiconque tuera Caïn sera puni sept fois. Et l’Éternel mit un signe sur Caïn, afin que quiconque le trouverait ne le tuât point». Il habita au pays de Nod, ce qui signifie "vagabond". Maudit, loin de la présence de Dieu, vagabond, telle est la condition de l’homme, qui a organisé le monde pour y trouver sa satisfaction loin de Dieu; et, aujourd’hui, ayant en plus sur la conscience d’avoir mis à mort le Fils de Dieu.

Il y a, dans l’histoire de ces deux hommes, un côté typique. Abel est un type de Christ, et Caïn du peuple juif, coupable d’avoir mis à mort le Seigneur, l’homme parfait, agréé de Dieu. À la suite de ce meurtre, les Juifs ont été chassés de leur pays, et sont vagabonds au milieu des nations. Mais ils sont marqués de Dieu, et ils ne peuvent être anéantis; ceux qui leur feront du mal seront punis sept fois plus. C’est ce qui arrivera aux nations, à la fin, qui s’assembleront contre ce peuple restauré; elles seront détruites. Jusque-là, ils portent les conséquences d’avoir répondu à Pilate: «Que son sang soit sur nous et sur nos enfants». Dans Son gouvernement, Dieu rétribue le mal où que ce soit qu’il se trouve, qu’il soit chez les nations, les Juifs ou Ses enfants.

Les versets 17 à 24 résument l’organisation de ce monde par l’homme chassé de devant Dieu, sur une terre maudite, dont les principes sont les mêmes aujourd’hui. Les hommes, comme Caïn, ont pris leur parti d’être séparés de Dieu, après avoir mis à mort Son Fils. Ils ont cherché et cherchent à faire d’un tel monde un lieu de plaisir.

Caïn eut un fils. Les incrédules croient trouver la Bible en défaut lorsqu’elle parle de la femme de Caïn, alors qu’il n’y avait que deux hommes sur la terre. Mais la Bible n’explique pas tout aux raisonneurs. Il n’est parlé que de Caïn et d’Abel, parce que c’est eux dont l’Esprit de Dieu avait besoin pour révéler les pensées de Dieu. Dans les généalogies présentées au chapitre 5, les hommes qui y sont nommés sont ceux qui forment la généalogie du Christ, sans qu’ils soient nécessairement le premier-né, comme nous le voyons avec Seth. Après les avoir mentionnés, il est dit: «Et il engendra des fils et des filles»; avant aussi bien qu’après. Sans soulever la question si Adam a eu d’autres fils, pendant les cent trente ans qui précédèrent la naissance de Seth, on peut bien affirmer qu’il eut des filles; et que c’est l’une d’elles qui fut la femme de Caïn. Il n’y avait pas d’autres femmes alors. Donc il eut un fils qu’il appela Hénoc. Il bâtit une ville et l’appela du nom de son fils. La ville est l’œuvre de l’homme; Dieu ne l’avait pas placé là. C’est là où l’homme a accumulé les distractions, les jouissances mondaines, qui le distraient de ses peines et de Dieu Lui-même. Elle est l’expression de ce qu’est l’homme. Caïn l’appela du nom de son fils. Nous voyons le même principe aujourd’hui, où l’on donne fréquemment des noms d’hommes aux rues, afin de perpétuer le souvenir de l’homme; tandis que, dans le millenium, tout parlera du Dieu Tout-puissant. Les générations de Caïn sont nommées, au nombre de sept, nombre complet représentant toute la génération méchante qui a précédé le déluge. On y trouve Lémec, l’homme à la volonté propre, qui met de côté l’institution de Dieu quant au mariage; il prit deux femmes. Jabal, un des fils de l’une, fut père de ceux qui habitent sous des tentes et ont du bétail, ce qui est nécessaire pour alimenter les habitants de la ville. Son frère Jubal fut père de ceux qui manient la harpe et la flûte. Tubal-Caïn, fils de l’autre femme, introduisit les arts; il fut forgeur de tous les outils d’airain et de fer. Avec la musique et les arts, on peut satisfaire les désirs du cœur naturel et se passer de Dieu. C’est maintenant la parole de Lémec qui fait autorité; il la fait valoir à ses femmes, justifiant sa violence et sa vengeance; et, dit-il, si Caïn est vengé sept fois, Lémec le sera soixante-dix-sept fois. Aujourd’hui, n’en est-il pas de même? L’homme met sa parole, ses pensées, au-dessus de celles de Dieu. Mais, au milieu de cela, il y a la famille de la foi. Ève eut un autre fils qu’elle appela Seth, assigné, ou mis à la place d’Abel. Elle trouve en lui une consolation; mais la vraie consolation est trouvée par Seth, auquel naquit un fils qu’il appela Énosh, ce qui veut dire: homme mortel. Il reconnaît que, si Abel est vanité, son successeur est mortel; aucune espérance ne peut reposer sur une telle race. Que faire? Les ressources sont en Dieu: «Alors on commença à invoquer le nom de l’Éternel». Dès que l’homme reconnaît son état misérable et irrémédiable, il élève les regards de la foi vers Dieu, en qui se trouvent toutes les ressources. En Joël 2:32, il est dit: «Quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera sauvé». Et, au Psaume 11: «Si les fondements sont détruits, que fera le juste? L’Éternel a son trône dans les cieux; ses yeux voient, ses paupières sondent les fils des hommes». Sur la terre, tout est néant, mortel et vanité; mais les ressources de Dieu sont à la disposition de la foi. Elles ont eu leur pleine manifestation dans le don de Son Fils unique, la semence de la femme qui, par Son œuvre à la croix, a satisfait Dieu à l’égard du péché, et a rendu possible l’accomplissement des conseils éternels de Dieu envers l’homme, afin que, dans les siècles à venir, Il puisse «montrer les immenses richesses de sa grâce, dans sa bonté envers nous dans le Christ Jésus». 

Chapitre 5

Ce chapitre contient la généalogie du Seigneur, d’Adam à Noé, durant les mille six cent cinquante-six ans qui précédèrent le déluge. Nous retrouvons les noms de ces dix patriarches dans la généalogie de Luc 3:23-26, qui est celle du Fils de l’homme, qui remonte à Adam par Marie. Celle de Matthieu étant celle du Messie, fils de David, fils d’Abraham, ne remonte qu’à ce dernier. C’était la généalogie de Joseph, celle qui est officielle. Depuis David, les ancêtres sont différents. En Luc, ils se rattachent à ce roi par Nathan (2 Sam. 5:14) et, en Matthieu, par Salomon.

De tous ces hommes de Dieu, rien n’est dit quant à leur marche, si ce n’est d’Hénoc; tandis qu’au chapitre 4, il est dit ce que firent les descendants de Caïn. C’est ici-bas que l’on énumère ce que les hommes de ce monde ont fait. Après leur mort, rien ne paraîtra devant Dieu que leurs péchés, au jour du jugement. Tandis qu’il n’est pas nécessaire de dire, dans ce monde, ce qu’ont fait les croyants; c’est Dieu qui en prend connaissance et qui le manifestera en Son jour. On remarque cela dans les oraisons funèbres. Pour quelqu’un du monde, on fait l’éloge de ce qu’il a fait et de ce qu’il a été. Pour un chrétien, on parle plutôt de ce que le Seigneur a fait pour lui.

Comme nous l’avons remarqué précédemment, on voit, par ce qui est dit d’Adam aux versets 3 à 5, comment il faut comprendre les généalogies. C’est celui qui entre dans la généalogie du Seigneur qui est nommé, qu’il soit le premier-né ou non. Si l’on n’avait que ce qui est dit d’Adam dans ce chapitre, on croirait que Seth était son premier-né. C’est celui que Dieu reconnaît qui a la primauté sur les autres. Au chapitre 11:26, il est dit que Térakh engendra Abram, Nakhor et Haran, alors qu’Abram était beaucoup plus jeune que ses frères.

Au verset 1, il est dit que Dieu créa Adam à Sa ressemblance; et, au verset 3, il est dit qu’Adam engendra un fils à sa ressemblance. Il ne pouvait en être autrement; c’était un homme pécheur, dont nous avons tous porté l’image. Mais, par la grâce de Dieu, «comme nous avons porté l’image de celui qui est poussière, nous porterons aussi l’image du céleste» (1 Cor. 15:49).

La première chose qui frappe en lisant ce chapitre, c’est qu’après avoir donné le nombre des années de ces hommes, si grands qu’ils soient, il est dit chaque fois, sauf pour Hénoc, «Et il mourut». Quelle qu’en soit la durée, la vie se termine par la mort. «Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché» (Rom. 5:12). Cette série de morts est interrompue par Hénoc, qui «fut enlevé pour qu’il ne vît pas la mort; et il ne fut pas trouvé, parce que Dieu l’avait enlevé; car, avant son enlèvement, il a reçu le témoignage d’avoir plu à Dieu» (Héb. 11:5). Il marcha avec Dieu trois cents ans, et «il ne fut plus, car Dieu le prit». Quel beau témoignage, au milieu d’un monde où «toute chair avait corrompu sa voie» (6:12). Marcher avec Dieu, c’est marcher où Dieu marcherait dans un tel milieu, où le Seigneur a marché ici-bas, étant la manifestation de Dieu dans un homme; une marche caractérisée par la sainteté, l’amour, la vérité, la fidélité, la patience, etc. On voit comment Dieu pouvait se faire connaître de ces hommes dans ce temps-là. Dans toux ceux que ce chapitre énumère, il dut y avoir beaucoup de choses à la gloire de Dieu, mais qui n’entraient pas dans ce qui constitue la Parole de Dieu. Mais, si elle ne nous donne pas des détails qui nous eussent intéressés, elle éclaire la scène par des vérités fondamentales. Toute cette descendance de Seth est caractérisée par ce qui est dit au dernier verset du chapitre précédent: «Alors on commença à invoquer le nom de l’Éternel». Ayant compris que l’homme est mortel, invoquer le nom de l’Éternel implique non seulement le salut: «Quiconque invoquera le nom de l’Éternel sera sauvé» (Joël 2:32), mais une marche dans la séparation de tout ce qui est incompatible avec ce nom, car le nom est l’expression de la personne qui le porte. Cette invocation est aussi liée au culte et à toute une vie de piété. «Je te sacrifierai des sacrifices d’actions de grâces, et j’invoquerai le nom de l’Éternel» (Ps. 116:17; voir aussi le verset 13). On l’invoque aussi dans la détresse (v. 3 et 4 du même psaume). Sans doute qu’Hénoc réalisa cette proximité de Dieu d’une manière toute particulière. En marchant avec l’Éternel, on apprend à Le connaître plus intimement. Si Seth avait compris l’état de l’homme mortel en nommant son fils Énosh, lui et ses descendants, comme Adam et Abel, avaient aussi compris que les ressources sont en Dieu et que, par la foi, ils avaient part à une vie qui aurait sa manifestation dans un jour glorieux à venir. En marchant avec Dieu, Hénoc avait compris cela et, dans l’intimité de cette marche, Dieu lui avait révélé la fin de toute la méchanceté des hommes et les jugements à venir. Nous lisons en Jude 14 et 15: «Or Énoch aussi, le septième depuis Adam, a prophétisé de ceux-ci, en disant: Voici, le Seigneur est venu au milieu de ses saintes myriades, pour exécuter le jugement contre tous, et pour convaincre tous les impies d’entre eux de toutes leurs œuvres d’impiété qu’ils ont impiement commises et de toutes les paroles dures que les pécheurs impies ont proférées contre lui». Ainsi, de tout temps, Dieu fait connaître Ses pensées à celui qui vit près de Lui et Lui est fidèle, soit pour l’avenir des méchants, soit pour celui des justes. «Les choses qui se voient sont pour un temps». On ne peut être en communion avec Dieu au milieu de ces choses-là sans qu’Il révèle à la foi «les choses qui ne se voient pas, et qui sont éternelles» (2 Cor. 4:18). Nous nous faisons une faible idée de tout ce que ces croyants de l’Ancien Testament avaient compris dans leurs rapports avec Dieu, nous qui avons la révélation écrite et complète de la part de Dieu. En se trouvant en rapport avec Dieu, ils se trouvaient en relation avec l’éternité. En parlant l’Énoch, en Héb. 11:6, il est dit: «Il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le recherchent». Là, le mot est exprime l’éternité de Son être, «Je suis». Le croyant sait que tout passe ici-bas, mais, ayant affaire avec le Dieu éternel et possédant la vie éternelle, c’est ce qui gouverne sa conduite pour plaire à Dieu, sachant qu’il en trouvera la rétribution dans l’avenir éternel. C’est ce que les saints des économies précédentes pouvaient avoir compris aussi bien que nous.

La prophétie d’Hénoc était peut-être en rapport avec le déluge, qui vint huit à neuf cents ans plus tard; mais elle dépasse de beaucoup la prédiction de cet événement. On voit, par cette citation de Jude et plusieurs autres, que les Juifs possédaient une histoire plus complète du passé que ce que nous rapportent les écrits inspirés, mais qui, tout en étant vraie, n’avait pas son utilité dans la révélation des pensées de Dieu, sauf les quelques faits qui nous sont rapportés dans le Nouveau Testament. Jude en cite un autre dans le verset 9: la contestation de Michel avec le diable au sujet du corps de Moïse. En 2 Tim. 3:8, on trouve le nom des magiciens qui résistèrent à Moïse. Dans l’intimité des pensées de Dieu et de la connaissance qu’il avait de l’avenir, Hénoc est une figure de l’Église, qui marche avec Dieu en dehors d’un monde qui mûrit pour le jugement. Il fut enlevé pour ne pas voir la mort, comme les saints qui vivront quand le Seigneur viendra; tandis que Noé est une figure d’Israël, qui traverse les jugements qui fondent sur le monde après l’enlèvement de l’Église, pour recommencer un monde nouveau sous le règne de Christ.

Lémec était aussi un homme enseigné de Dieu pour appeler son fils Noé, ce qui signifie: consolation, repos. Le sol avait été maudit; il ne donnait plus sa force. La méchanceté des hommes augmentant, la peine pour obtenir le rendement de la terre était grande, et probablement qu’il ne pleuvait pas, avant le déluge. On soupirait après un changement. Il en est de même aujourd’hui; on soupire après une amélioration de l’état de choses actuel. Les uns pensent qu’il faut prêcher l’évangile par toute la terre pour rendre le monde en état de jouir du règne de Christ; les autres travaillent eux-mêmes à produire le soulagement désiré par des moyens humains opposés à Dieu, tels que le communisme, le fascisme et tant d’autres théories vaines. Tandis que la Parole nous apprend qu’il arrivera comme aux jours de Noé, par l’exercice des jugements prédits déjà par Hénoc et dont le Nouveau Testament nous donne tous les détails. L’Église va être enlevée, et les jugements tomberont sur cette terre pour la purifier de toutes ses souillures, afin d’établir, sous le règne de Christ, le repos de la création qui a été assujettie à la vanité par le péché de l’homme.

Comme nous l’avons déjà vu, ce chapitre nous donne le commencement de la généalogie du Christ, en permettant de compter le temps qui s’écoule en indiquant les âges des hommes. Tandis qu’aucune date n’est donnée avec la descendance de Caïn, pas plus qu’avec celle d’Ésaü au chapitre 36. À mesure que l’on avance dans la révélation de Dieu, l’annonce de la venue de Christ se précise, ainsi que celle de l’établissement de Son règne, montrant ainsi l’importance de ce merveilleux événement. Ésaïe nous dit que c’est d’une vierge qu’Il naîtra (7:14). Michée dit où Il naîtra, à Bethléem (5:2). En Daniel, il est dit à quelle date Il viendra, qu’Il sera rejeté, et ensuite, quand Il établira Son règne (chap. 9).

À cause de tant d’interprétations prophétiques erronées qui ont cours aujourd’hui, nous allons examiner brièvement ce que la Parole enseigne sur cet important sujet, en Daniel 9:20-27. 

Les soixante-dix semaines de Daniel

Le prophète Daniel avait compris, par le prophète Jérémie, que le temps de la captivité de Babylone arrivait à son terme (Jér. 25:11). En conséquence, il s’humilie, dans ce chapitre 9, de tous les péchés du peuple qui avaient été la cause de sa déportation. Comme les prophéties qui annonçaient les jugements du peuple étaient souvent suivies de sa restauration et des bénédictions du règne du Messie, Daniel pouvait penser qu’au retour du peuple dans son pays, ces bénédictions s’accompliraient. On voit que c’est cette bénédiction qu’il avait en vue au verset 20, en présentant sa «supplication devant l’Éternel, mon Dieu, pour la sainte montagne de mon Dieu». La sainte montagne désigne Jérusalem et le temple, sur la montagne de Sion. Comme il parlait encore, Dieu lui envoie l’ange Gabriel «pour éclairer son intelligence» (v. 22). Il lui dit: «Au commencement de tes supplications la parole est sortie, et je suis venu pour te la déclarer, car tu es un bien-aimé. Comprends donc la parole, et sois intelligent dans la vision» (v. 23). Or si Daniel était rendu intelligent par cette vision, comment ne le serions-nous pas, maintenant que nous possédons l’Esprit de Dieu qui nous conduit dans toute la vérité (Jean 16:13)? Voici la déclaration: «Soixante-dix semaines ont été déterminées sur ton peuple et sur ta sainte ville, pour clore la transgression, et pour en finir avec les péchés, et pour faire propitiation pour l’iniquité, et pour introduire la justice des siècles, et pour sceller la vision et le prophète, et pour oindre le saint des saints» (v. 24). Les six faits mentionnés dans ce verset concernent Israël et l’introduction du règne de Christ. Clore la transgression, en finir avec les péchés, faire propitiation pour l’iniquité, qui ont caractérisé toute l’histoire de ce peuple. Sceller la vision et le prophète, c’est l’accomplissement final de toute vision et prophétie. Introduire la justice des siècles, c’est la justice qui caractérisera le règne de Christ. Oindre le saint des saints est l’établissement définitif du temple de Jérusalem pour le millenium. Avec ces soixante-dix semaines, il faut compter un jour pour une année, soit quatre cent quatre-vingt-dix ans. Voici de quand part cette date: «Et sache, et comprends: Depuis la sortie de la parole pour rétablir et rebâtir Jérusalem, jusqu’au Messie, le prince, il y a sept semaines et soixante-deux semaines; la place et le fossé seront rebâtis, et cela en des temps de trouble» (v. 25). Cette date commence environ quatre-vingt ans plus tard, l’an 455 A. C., lorsque Néhémie, qui était échanson du roi Artaxerxès, reçut de ce roi l’autorisation d’aller rebâtir la ville et la muraille de Jérusalem (Néh. 2). Donc quatre cent quatre-vingt-dix ans à partir de cette date, le règne de Christ doit commencer. La première objection à cela, c’est qu’il y a plus de dix-neuf siècles que le Seigneur est venu, et Son règne n’est point établi. Il doit donc y avoir erreur. Absolument pas! Voici pourquoi: Lorsque le Seigneur a été rejeté, Son royaume ne pouvait pas s’établir. Alors l’Église a été suscitée; elle est céleste, étrangère sur la terre; elle attend d’être enlevée pour être avec son Époux, le Seigneur, et revenir avec Lui lorsqu’Il établira Son règne sur la terre. Le temps qu’elle passe sur la terre ne compte jamais dans la prophétie. C’est une parenthèse dans l’histoire de la prophétie, qui ne concerne que la terre, et non ce qui est céleste. Ainsi, malgré les dix-neuf siècles écoulés depuis la mort de Christ, les quatre cent quatre-vingt-dix ans ne sont pas entièrement accomplis. Le verset 25 en donne l’explication: «Jusqu’au Messie, le prince, il y a sept semaines — ou quarante-neuf ans — et soixante-deux semaines — ou quatre cent trente-quatre ans»; en tout, quatre cent quatre-vingt-trois ans. Ces sept semaines, qui précèdent les soixante-deux, indiquent le temps durant lequel la ville et le fossé seront rebâtis, au temps de Néhémie, en des temps troublés par les ennemis du peuple. Au bout des soixante-neuf semaines, ou quatre cent quatre-vingt-trois ans, «le Messie sera retranché et n’aura rien». «Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous»; «Nous n’avons point d’autre roi que César», disent les Juifs. Mais il reste encore une semaine à accomplir. Dès le moment où le Messie est rejeté, tout demeure en suspens. Le peuple juif est rejeté par Dieu. L’Église est introduite pour un temps indéterminé, qui prend fin par la venue du Seigneur pour l’enlever et ressusciter ceux qui se sont endormis en Lui. Après cela, les temps recommenceront à compter. Ainsi, le temps que l’Église passe sur la terre s’écoule entre la soixante-neuvième semaine et la soixante-dixième. Quatre cent quatre-vingt-trois ans sont accomplis, et sept ne le sont pas encore.

Le verset 26 donne l’explication de ce qui se passera comme conséquence du rejet du Messie. «Et après les soixante-deux semaines — précédées des sept — le Messie sera retranché et n’aura rien; et le peuple du prince qui viendra, détruira la ville et le lieu saint, et la fin en sera avec débordement; et jusqu’à la fin il y aura guerre, un décret de désolations». Ceci est arrivé quarante ans après la mort du Seigneur. Les armées romaines, sous Titus, ont détruit la ville et le temple, et ont emmené captif le peuple qui n’avait pas été mis à mort. Mais Titus n’était pas le prince qui viendra. L’empire romain, quatrième empire des gentils, a cessé d’exister depuis longtemps; il a reçu une plaie mortelle qui doit être guérie (Apoc. 13:3). Il doit se reconstituer — ce dont nous voyons les préliminaires aujourd’hui — pour être détruit par le Fils de l’homme (chap. 7). Il aura à sa tête celui qui est appelé «le prince qui viendra», celui dont la prophétie s’occupe. Au chapitre 7:24, il est désigné par «un autre roi, qui surgira après eux», qui commettra tout ce qui est dit au verset 25 de ce chapitre 7. En même temps que la reconstitution de l’empire romain, les Juifs rentreront dans leur pays — ce qui commence aussi actuellement — et ils auront pour roi l’Antichrist. Ce futur chef de l’empire romain fera «une alliance avec la multitude, pour une semaine», la dernière des soixante-dix. La multitude désigne les Juifs apostats. Mais, au milieu de la semaine, alors qu’il reste encore trois ans et demi à accomplir, ce roi impie, d’accord avec le roi des Juifs, l’Antichrist, ne veut pas qu’on adore plus longtemps l’Éternel dans Son temple, et se fait adorer lui-même. «Il fait cesser le sacrifice et l’offrande», c’est-à-dire le culte rendu à l’Éternel que les Juifs fidèles avaient rétabli. C’est l’apostasie juive. Mais une pareille iniquité attirera sur le peuple juif un jugement terrible et final, décrit en ces termes: «Et à cause de la protection des abominations il y aura un désolateur; et jusqu’à ce que la consomption et ce qui est décrété soient versés sur la désolée» (v. 27). L’abomination désigne une idole, ou l’idolâtrie (Deut. 27:26). La protection des abominations désigne le fait que les Juifs admettent et protègent l’idole, l’image de la bête (voir Apoc. 13:14, 15), qui est adorée dans le temple à la place de Dieu. À cause de cela, il y a la verge de Dieu, par un désolateur appelé l’Assyrien, ou roi du nord dans beaucoup de prophètes. Il vient fondre sur le peuple apostat, lui fait subir un châtiment effrayant, accomplissant «la consomption de ce qui est décrété sur la désolée»; expression qui veut dire: l’accomplissement final de tous les jugements qui ont été décrétés sur Jérusalem — «la désolée» — et le peuple juif. Alors le Seigneur arrive et détruit tous Ses ennemis, et établit Son règne de paix. Les soixante-dix semaines, ou quatre cent quatre-vingt-dix ans, sont accomplies. Il faut se souvenir qu’il n’y a point d’autres dates données, dans la Parole, pour désigner les événements prophétiques.

À la fin de Daniel, on trouve deux autres dates: mille deux cent quatre-vingt-dix jours, soit trente de plus que la demi-semaine, et mille trois cent trente-cinq, encore quarante-cinq jours de plus. Ces dates indiquent le temps paisible du commencement du règne, après les jugements exercés par le Seigneur. C’est pourquoi il est dit: «Bienheureux celui qui attend et qui parvient à mille trois cent trente-cinq jours! Et toi — Daniel — va jusqu’à la fin; et tu te reposeras, et tu te tiendras dans ton lot, à la fin des jours». Daniel aurait son lot, non pas tout de suite, comme il aurait pu le penser, mais à la fin, lorsque le Seigneur aurait établi Son règne. Il en jouirait depuis le ciel avec tous les saints glorifiés.

Entre l’enlèvement de l’Église et le commencement de la dernière demi-semaine, il s’écoule un temps indéterminé, mais pas long, durant lequel le retour des Juifs s’achève; le règne de l’Antichrist commence; l’empire romain se reconstitue; ces deux peuples font alliance, ce qui commence, selon Dan. 9:27, la soixante-dixième semaine. Mais c’est la seconde moitié de cette semaine qui est importante pour la prophétie, surtout dans l’Apocalypse, où elle est désignée par quarante-deux mois, au chapitre 11:2 et 13:5; un temps, deux temps et la moitié d’un temps, au chapitre 12:14; mille deux cent soixante jours, chapitre 12:6. En Apocalypse, la première moitié de cette semaine n’est pas nommée. La seconde a son importance, à cause du grave péché qui établit une idole et, par elle, un homme à la place de Dieu, dans Son temple, ce qui provoque la terrible persécution du résidu pieux, appelée «la grande tribulation», dont le Seigneur avertit les disciples, en Matt. 24:15-28 et Marc 13:14-27. Ce résidu sera délivré lors de la venue du Fils de l’homme, et sera le vrai Israël avec lequel le règne commencera. 

Les temps indiqués en Daniel 9 se répartissent ainsi:

  • À partir du décret d’Artaxerxès, en Néh. 1
  • Reconstruction de Jérusalem, sept semaines, soit 49 ans
  • De ce temps-là au rejet du Messie, 62 semaines, ou 434 ans
  • Intervalle de la durée de l’Église (…)
  • Dernière semaine, après l’enlèvement de l’Église 7 ans

     soit 490 ans.

Chapitre 6

Les deux premiers versets de ce chapitre parlent d’une chose étrange, qui ne s’est pas renouvelée dans l’histoire de l’humanité. «Les fils de Dieu virent les filles des hommes, qu’elles étaient belles, et ils se prirent des femmes d’entre toutes celles qu’ils choisirent». Ces fils de Dieu étaient des anges; beaucoup ont cru qu’il s’agissait des fils des croyants. L’expression «fils de Dieu», dans l’Ancien Testament, désigne des anges, jamais des hommes (voyez Job 1:6 — Dan. 3:25). Le mot «homme», aux versets 1, 2 et 4, comme on le voit en note de la Bible, désigne la race humaine, en contraste avec celle des anges. Or les fils des croyants étaient aussi bien de la race humaine que les fils des non-croyants. En Jude 6:7, il est fait allusion à la culpabilité de ces anges. Dieu « a réservé dans des liens éternels, sous l’obscurité, pour le jugement du grand jour, les anges qui n’ont pas gardé leur origine, mais qui ont abandonné leur propre demeure; comme Sodome et Gomorrhe, et les villes d’alentour, s’étant abandonnées à la fornication de la même manière que ceux-là — les anges qui n’ont pas gardé leur origine — et étant allées après une autre chair, sont là comme exemple, subissant la peine d’un feu éternel». On trouve aussi une allusion en 2 Pierre 2:4: «S’il n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais, les ayant précipités dans l’abîme, les a livrés pour être gardés dans des chaînes d’obscurité pour le jugement». Tandis que les autres anges déchus sont encore en liberté. Ils sont appelés «les principautés, les autorités, les dominateurs de ces ténèbres, la puissance de méchanceté qui est dans les lieux célestes» (Éph. 6:12). Ceux-là sont toujours actifs pour faire le mal et induire au mal, auxquels nous avons à résister en revêtant l’armure complète de Dieu. Tandis que nous n’avons rien à faire avec ceux qui ont été précipités dans l’abîme, gardés dans des chaînes d’obscurité. Dieu a sans doute agi envers ceux-là de manière qu’un tel péché ne se renouvelât point. La Parole ne nous en dit pas davantage. Les hommes issus de ces unions surnaturelles étaient des «hommes de renom, les vaillants hommes de jadis». Et il y avait aussi des géants sur la terre, un état de choses, fruit du péché, qui, avec la corruption et la violence, ne pouvait être supporté par Dieu plus longtemps. «L’Éternel vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que toute l’imagination des pensées de son cœur n’était que méchanceté en tout temps». Aussi décida-t-Il que les jours des hommes ne seraient plus que de cent vingt ans. «L’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il s’en affligea dans son cœur. Et l’Éternel dit: J’exterminerai de dessus la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, etc.». Il peut paraître étrange que Dieu se repentit; mais la vraie signification de la repentance n’est pas, comme on le pense en général, regretter d’avoir mal agi. La repentance est un changement de pensées, de disposition à l’égard d’une chose. L’enfant prodigue était repentant lorsqu’il changea de pensées vis-à-vis de son père et de sa conduite, et qu’il revint à la maison paternelle. Dieu avait créé les hommes, pensant à leur bonheur; après le péché, Il les avait supportés. Maintenant, à cause de leur conduite, Il change de pensée, et Il va les détruire.

Noé trouva grâce devant l’Éternel au milieu de cette génération corrompue. Au moment où le déluge vint, tous ceux qui sont énumérés au chapitre 5 étaient morts. Methushélah dut mourir l’année du déluge, et Lémec cinq ans avant.

Il est dit de Noé qu’il était un homme juste, qu’il était parfait parmi ceux de son temps. De même qu’Hénoc, il marchait avec Dieu. Beau témoignage! Un homme juste est celui qui agit selon la pensée de Dieu; il pratique la justice. Pour cela, il faut avoir la vie de Dieu. Dans le Nouveau Testament, un juste est celui que Dieu a justifié. Il ne voit plus aucun péché sur lui, en vertu de l’œuvre de Christ. Par conséquent, il doit pratiquer la justice.

Pendant le siècle qui précéda le déluge, Noé eut trois fils, Sem, Cham et Japheth. Ils n’eurent des enfants qu’après le déluge. Sem eut un fils, Arpacshad, deux ans après le déluge (11:10).

La terre était alors corrompue et pleine de violence. La corruption et la violence sont les deux grands caractères du mal dans tous les temps. Le livre des Proverbes met en garde contre ces deux formes du mal. Voyez, pour la violence, 1:10-19; 2:12-15; 4:14-19, entre autres. La corruption est caractérisée, dans ce livre, par la «femme étrangère», qui est prise comme emblème de ce mal. Elle représente tout ce qui a de l’attrait pour le cœur de l’homme, en dehors de ce qui est selon Dieu, tout ce par quoi l’homme est séduit. Il y a plus de corruption que de violence; cette forme de mal est plus familière au cœur de l’homme naturel. «Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue, car toute chair avait corrompu sa voie». L’homme ne craignant plus Dieu, dans un temps où il n’y avait pas de gouvernement établi au milieu des hommes, comme il le fut plus tard sous Noé, le mal s’accomplissait sans crainte d’être réprimé, malgré qu’il y eût, durant tout ce temps, le témoignage des hommes qui eurent affaire avec Dieu, comme Adam et ses descendants énumérés au chapitre précédent. Lémec, le père de Noé, vécut au moins cinquante ans en même temps qu’Adam. Aussi la patience de Dieu arrivait à son terme. «Dieu dit à Noé: La fin de toute chair est venue devant moi, car la terre est pleine de violence à cause d’eux; et voici, je vais les détruire avec la terre. Fais-toi une arche de bois de gopher». Dieu voulait conserver sa famille, en tout huit personnes, ainsi que des animaux de chaque espèce pour repeupler une terre nouvelle, purifiée par les jugements. Dieu donna à Noé toutes les indications pour construire l’arche. Elle devait être en bois de gopher, sorte de cyprès très résineux et dur, résistant à l’eau. Il devait l’enduire, dedans et dehors, de poix, pour que ses parois fussent parfaitement étanches. La dimension et la division des pièces sont soigneusement ordonnées. Cela faisait un navire d’environ cent trente-cinq mètres de long sur trente deux de large. Tout ce qui était nécessaire pour la nourriture des personnes et des animaux était prévu. Dieu est un Dieu d’ordre, qui s’occupe des plus petits détails concernant les Siens, comme aussi de toutes Ses créatures. Si cette arche de salut pour la famille de Noé était construite sûrement et avec tant de soins, combien plus le grand moyen de salut dont elle est une figure, est-il une chose sûre, pour tous ceux qui désirent en profiter.

Au verset 16, on voit que la fenêtre était placée au-dessus, et non dans les côtés. La raison de cette disposition nous offre un précieux enseignement. Dieu voulait que les regards de ceux qui étaient dans l’arche, durant ce temps terrible de jugement, fussent dirigés vers Lui, et non sur les scènes affreuses qui se produisaient autour de l’arche, lorsque les hommes mouraient à mesure que les eaux s’élevaient, tableau propre à effrayer ceux qui étaient à l’abri. Il en est de même pour nous, lorsque nous passons par des épreuves souvent douloureuses; ce n’est pas sur elles qu’il faut porter les regards, mais sur Dieu, qui demeure au-dessus de la scène et duquel vient le secours, Lui qui «s’assied sur les flots» (Ps. 29:10). Ce mot "flots" est le même que le mot "déluge", au verset 17 de notre chapitre. Dieu domine tout; que les temps soient troublés ou sereins, les ressources de la foi sont en haut, en Dieu Lui-même. C’est ce que Seth avait compris en invoquant le nom de l’Éternel. Voyez aussi le Psaume 11:3-4, déjà cité au chapitre 3.

L’Éternel dit à Noé: «Et j’établis mon alliance avec toi, et tu entreras dans l’arche, toi, et tes fils et ta femme et les femmes de tes fils avec toi. Et de tout ce qui vit, de toute chair, tu feras entrer dans l’arche deux de chaque espèce, pour les conserver en vie avec toi» (v. 18-19). On voit que toute la famille de Noé vivait, lorsque Dieu lui ordonna de construire l’arche (v. 13-21), puisqu’Il la désigne en entier. Les versets 1 à 8 disent ce que Dieu pensait en voyant l’état de ce monde corrompu, alors qu’Il décida que leurs jours ne seraient plus que de cent vingt ans. À ce moment-là, Noé n’avait pas encore de famille. Donc ce n’est pas exact de dire que Noé mit cent vingt ans à construire l’arche.

Comme Hénoc est une figure des saints célestes qui seront enlevés avant les jugements, sans passer par la mort, Noé est une figure du résidu juif qui traversera le temps des jugements sur la terre, pour recommencer un monde nouveau après la destruction des méchants. L’Église, étant céleste, attend d’être enlevée pour être introduite dans sa patrie, tandis que les bénédictions du peuple juif sont terrestres. Les jugements de Dieu, qui doivent purifier la terre actuelle de tout le mal qui s’y trouve, doivent précéder les temps où ils seront mis en possession de leurs bénédictions. Mais le résidu devra traverser ces jugements pour se trouver sur la terre renouvelée et jouir du beau règne du Fils de l’homme.

Noé est appelé, en 2 Pierre 2:5, «prédicateur de justice». Soit en paroles, soit par la construction de l’arche, il annonçait aux hommes ce qui était juste et ce qui allait arriver en conséquence de leur conduite. C’est aussi ce que l’évangile présente aux hommes maintenant. Malgré cela, il est dit, en Matt. 24:39, qu’ils «ne connurent rien, jusqu’à ce que le déluge vînt et les emporta tous». Pour connaître ce que Dieu dit, il faut croire. Noé annonçait un événement qui ne s’était jamais vu; aujourd’hui, on annonce la venue du Seigneur, qui ne s’est jamais vue non plus. Ceux qui ne croient pas ne connaîtront rien jusqu’à ce que cet événement ait eu lieu, alors qu’il sera trop tard. La foi croit ce qui ne se voit pas, ce que Dieu dit. Les avertissements n’ont pas manqué au monde antédiluvien. Il est dit, en 1 Pierre 3:19-20, que Christ, par l’Esprit, au moyen de Noé, a prêché aux esprits qui sont maintenant en prison, c’est-à-dire lorsqu’ils étaient sur la terre, quand la patience de Dieu attendait, dans les jours de Noé, tandis que l’arche se construisait; passage auquel on fait dire que le Seigneur est allé prêcher aux morts pendant qu’Il était dans le sépulcre; d’où l’on déduit que ceux qui meurent peuvent encore recevoir le salut, et que maintenant, il y en a qui, en mourant, vont prêcher aux morts, ce qui est absolument faux. Le temps dans lequel il est possible d’être sauvé est celui qui précède la mort; après, c’est trop tard. En lisant ce passage de Pierre, il faut comprendre que tout ce que Dieu accomplit l’est par Son Esprit. Cet Esprit est appelé l’Esprit de Christ. C’est Christ qui opère par Lui et, pour cela, Il emploie des instruments humains. Pour le monde antédiluvien, Il s’est servi de Noé, «le prédicateur de justice». En 1 Pierre 1:11, il est dit que c’est par l’Esprit de Christ que les prophètes prophétisaient. C’est pourquoi il est dit, dans ce chapitre 3 de 1 Pierre, que Christ, ayant été vivifié par l’Esprit, a, par ce même Esprit, prêché aux esprits qui sont en prison, alors qu’ils étaient sur la terre, pendant que l’arche se construisait, et non depuis qu’ils sont morts.

Disons encore que lorsque Noé est appelé «huitième», en 2 Pierre 2:5, cela ne veut pas dire qu’il était le huitième prédicateur de justice; il y a une virgule entre prédicateur et huitième. Il était le huitième des huit personnes qui entrèrent dans l’arche, telles qu’elles sont énumérées en 1 Pierre 3:20. 

À suivre