Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de Jonas.

Jonas

Edward Dennett

Chapitre 3

Après la discipline, Jonas reprend le service que l’Éternel voulait

Dès que Jonas est délivré, « la parole de l’Éternel lui est adressée une seconde fois, en ces termes : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie-lui selon le cri que je te dirai ». Car si l’Éternel envoie la tempête contre Son serviteur et le jette dans l’abîme, au milieu des mers, c’est pour le corriger et le restaurer, afin que le prophète soit dans un état d’âme propre pour être un vase de la volonté divine. Il ne chercha donc pas à fuir, mais il se leva et alla à Ninive, selon la parole de l’Éternel. Le Seigneur agit toujours ainsi avec Son peuple. Si nous nous détournons du chemin qu’Il nous trace, nous rencontrerons certainement des châtiments de Sa part, et le but de Sa discipline ne sera atteint que lorsque nous serons disposés, certainement par grâce, à nous engager dans le chemin duquel nous nous sommes détournés. C’est selon le principe énoncé par le psalmiste : « Avant que je fusse affligé, j’errais ; mais maintenant, je garde ta parole ».

Images du Résidu futur

C’est un premier enseignement, mais nous comprenons que la portée typique de ce chapitre a une signification plus profonde. Jonas est, en figure, un homme ressuscité, car il dit : « Du sein du shéol j’ai crié ». L’Éternel avait fait tomber la mort sur lui ; de plus, nous devons garder à l’esprit qu’il est identifié avec le résidu, comme le montre le dernier chapitre. Il y a donc une double signification symbolique. Israël, dans la personne de Jonas, est mis à l’écart, à cause de son infidélité comme vase du témoignage. Si l’on en juge selon l’homme, la lumière est éteinte ; tout espoir pour le monde a disparu à jamais. Lorsque toutes les vagues et les flots de Dieu ont déferlé sur la tête de ceux qu’Il avait choisis comme Ses témoins sur la terre, un témoignage est-il encore possible dans le monde ? Nous pourrions demander avec le psalmiste : « Feras-tu des merveilles pour les morts ? ou les trépassés se lèveront-ils pour te célébrer ? Racontera-t-on ta bonté dans le sépulcre, ta fidélité dans l’abime ? connaitra-t-on tes merveilles dans les ténèbres, et ta justice dans le pays de l’oubli ? » (Ps. 88:10-12).

Jonas type de Christ ressuscité

La réponse à ces questions ne se trouve que dans la mort et la résurrection de Christ. Tout espoir, fondé sur la responsabilité de l’homme, avait disparu ; mais Dieu, dans Sa grâce et Sa miséricorde, a envoyé Son Fils bien-aimé, et quand Celui-ci est venu, Il s’est identifié à Son peuple, et dans Sa compassion, Il est descendu là même où ils gisaient, morts dans leurs fautes et leurs péchés ; Lui-même est mort, se chargeant de toute leur responsabilité, afin de glorifier Dieu là même où eux L’avaient déshonoré. Lui-même a dit : « Comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le fils de l’homme (rejeté) sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ». Mais il était absolument impossible qu’Il soit retenu par la mort, aussi bien si nous considérons la gloire de Dieu ou si nous considérons Ses propres droits ; c’est pourquoi Il ressuscita le troisième jour comme le premier-né des morts, et c’est de Lui, comme ressuscité, que Jonas devient une figure. En tant que ressuscité, Il est (bien qu’Il l’ait toujours été) le témoin fidèle et véritable. Israël étant maintenant mis de côté, Il peut accomplir les desseins de Dieu, en rendant témoignage aux Gentils ; et cela montre, en figure, que le rejet du Juif est la réconciliation du monde (Rom. 11). Les deux choses se trouvent dans ce chapitre – le fait historique de la mission de Jonas, et ce dont cette mission est le type.

Grandeur de Ninive

Jonas, maintenant obéissant, se rend à Ninive ; mais avant de décrire sa prédication, l’Esprit de Dieu attire notre attention sur la grandeur de la ville. Pour Dieu, c’était une ville grande de trois journées de chemin. Tel est le résultat de l’activité de l’homme dans son éloignement de Dieu, s’enorgueillissant de la grandeur, du faste et de la magnificence de ses œuvres qui lui font dire avec Nebucadnetsar : « N’est-ce pas ici Babylone la grande, que j’ai bâtie pour être la maison de mon royaume, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence ? » Enivré de son propre orgueil, il ne se soucie pas, même s’il s’en souvient, que le jugement de Dieu a été prononcé sur toutes ses œuvres. C’est de ce jugement dont Jonas était le porte-parole, proclamant face à la « gloire hautaine » du monde : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée ».

Le message du prophète

Le caractère du message exige notre attention. C’est un message de pur jugement qui n’est accompagné d’aucune miséricorde, même si le peuple se repentait. Cela peut paraître étrange, mais il faut rappeler que la prédication de Jonas ne fait référence qu’au gouvernement de Dieu sur la terre. En règle générale, les prophètes ne considéraient pas l’éternité ; les menaces de jugements, les promesses de bénédictions sous condition d’obéissance ou de repentance, étaient limités à ce monde. La question du jugement lorsque les secrets de tous les cœurs seront révélés, n’entrait pas dans le cadre de leur ministère. Étant liés au royaume, ils ne parlaient que des voies de Dieu, des exigences, de la justice et de Son gouvernement, tels qu’ils sont manifestés sur cette scène.

Un temps d’épreuve complet avant le jugement final

En considérant le côté typique, le message de Jonas a un autre sens. Le nombre quarante a une signification particulière dans la Parole de Dieu, comme on peut le voir dans les quarante années d’errance d’Israël dans le désert, la tentation de notre Seigneur pendant quarante jours dans le désert, etc. Il indique une période complète de mise à l’épreuve. Dans ce passage, en voyant les choses ainsi et en gardant à l’esprit que Ninive représente le monde – spécialement le monde qui s’exalte orgueilleusement contre Dieu, il est simplement annoncé qu’après avoir été pleinement testé et de toutes manières, le monde sera détruit. C’est la croix de Christ qui est le point culminant de la mise à l’épreuve de Dieu quant au monde ; c’est pourquoi notre Seigneur a dit : « maintenant est le jugement de ce monde ». Un jugement irrémédiable a été prononcé sur lui à la mort de Christ, car Dieu a ainsi démontré ouvertement, devant tous, le caractère désespéré du mal et du monde qui a accepté la domination effective de Satan en crucifiant le Fils de Dieu.

Il est vrai que, pour le moment, Dieu retient l’exécution du jugement, car dans la mort de Christ a été posé le fondement sur lequel Dieu pouvait, en toute justice, offrir le salut à ce même monde dans sa condition coupable et perdue, et accomplir Ses propres conseils de grâce en rédemption. Mais le jugement n’a pas été révoqué ; il ne pouvait pas l’être à cause de la gloire de Dieu ; il a seulement été suspendu, parce que le Seigneur « est patient envers nous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance. Or, le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elle seront brulées entièrement » (2 Pierre 3:9-10). Oui, cela est toujours vrai : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée ».

Dieu est cru et un jeûne général est proclamé

L’effet de la prédication fut merveilleux. Il est dit : « Et les hommes de Ninive crurent Dieu, et proclamèrent un jeûne, et se vêtirent de sacs, depuis les plus grands d’entre eux jusqu’aux plus petits ». Cela commença par le roi qui, en entendant la parole, « se leva de son trône, et ôta de dessus lui son manteau, et se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre ». De plus, avec ses nobles, il publia un décret selon lequel ni homme, ni bête, ni gros ou menu bétail ne goûterait quoi que ce soit ; ils ne devaient ni manger ni boire de l’eau. En un mot, un jeûne universel fut proclamé. Tous devaient se couvrir d’un sac, crier à Dieu avec force, et se détourner de la méchanceté de leurs voies, dans l’espoir que Dieu se détournerait de Son ardente colère, afin qu’ils ne périssent pas (v. 5-9.).

Remarquons qu’ils crurent Dieu. En Jonas 1, les marins crient à l’Éternel, parce que la gloire de l’Éternel en relation avec les Juifs avait été manifestée dans Ses jugements. Ici, il s’agit du monde dans sa relation avec Dieu comme tel, ce qui explique la différence. Et comme dans ce chapitre, on est sur la base de relations dans la création, le bétail est également mentionné ; car la création entière (ce qui inclut le bétail) sera un jour délivrée de la servitude de la corruption pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu (Rom. 8).

La repentance prêchée à l’époque et aujourd’hui : son refus prouve l’état des cœurs

Le Seigneur fait allusion à la repentance de Ninive d’une manière frappante : « Des hommes de Ninive se lèveront au jugement de cette génération, et la condamneront, car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, et voici, il y a ici plus que Jonas » (Matt. 12:41). C’était une preuve de la dureté de cœur de ceux à qui le Seigneur était venu prêcher la repentance parce que le royaume des cieux s’était approché (Matt. 4:17), et une preuve de leur insensibilité à Ses appels, bien que ceux-ci étaient appuyés par les miracles qu’Il faisait au milieu d’eux. Les Ninivites étaient païens ; les Juifs étaient le peuple élu de Dieu, et Celui qui était venu chez les Siens était leur propre Messie, l’Éternel, le Sauveur ! Mais ils restèrent sourds à Ses supplications (Matt. 23:37) Quelle démonstration plus claire pouvait-il y avoir de la dépravation totale de leurs cœurs ?

« Les hommes de cette génération » sont-ils meilleurs ? alors qu’en plus le ministère de la réconciliation continue (2 Cor. 5) ! Par la tendre miséricorde de Dieu, il est toujours proclamé : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée » ; or qui y prête attention ? Quelques-uns ici et là, par grâce, mais la masse, le monde, est aussi insensible aujourd’hui qu’aux jours de notre Seigneur. En outre, supposons qu’un messager de Dieu se tienne aujourd’hui au milieu des plus grandes villes avec le message de Jonas, comment serait-il reçu ? Ne serait-il pas considéré comme un fou ou un insensé ? Oh, si l’on comprenait mieux que la lumière et les privilèges accordés augmentent la responsabilité et la condamnation quand la lumière est rejetée et que les privilèges sont méprisés ! Ce beau spectacle de la repentance de Ninive préfigure le temps où les nations serviront le Seigneur d’un seul accord !

Le jugement arrêté, Dieu « se repent »

Le chapitre se termine par l’action de Dieu suite à la repentance de Ninive – « Et Dieu vit leurs œuvres, qu’ils revenaient de leur mauvaise voie ; et Dieu se repentit du mal qu’Il avait parlé de leur faire, et Il ne le fit pas ». Nous voyons encore une fois ce qu’il y a dans le cœur de Dieu envers les hommes – Il ne prend pas plaisir à la mort des méchants. C’est pourquoi, s’Il proclame le jugement, c’est dans le but de les détourner de leur mauvaise voie. Les habitants de Ninive ne savaient pas ce qu’Il ferait. Ils se contentèrent de dire : « Qui sait ? Dieu reviendra et se repentira ». Dieu répondit à cette faible foi, comme Il le fait toujours, et les épargna de la destruction. Il est évident que lorsqu’il est dit qu’Il s’est repenti, ce n’est qu’une façon humaine de parler. Son but était de produire la repentance de la part de Ninive ; et ceci étant fait, Il pouvait, conformément à Ses voies en gouvernement, montrer Sa compassion et Son pardon. Quel grand encouragement pour un pécheur que ce récit !

« Celui qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui ». Mais ensuite, béni soit Son nom, il est aussi écrit : « Celui qui entend ma parole, et qui croit Celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie ». (Jean 5:24).

À suivre