Lectures hebdomadaires
Vous trouverez chaque semaine, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de la Genèse.
Commentaire sur le livre de la Genèse
Chapitre 35
La discipline que Dieu avait exercée envers Jacob jusqu’ici l’avait amené au point où Il peut lui dire: «Lève-toi, monte à Béthel, et habite là, et fais-y un autel au Dieu qui t’apparut comme tu t’enfuyais de devant la face d’Ésaü, ton frère» (v. 1). Maintenant que Jacob était ramené dans le pays de son père, Dieu veut qu’il jouisse de Sa communion et qu’il habite dans Sa présence. Béthel était la maison de Dieu, le lieu où le culte doit être rendu, où l’autel doit être dressé. Depuis que le péché a séparé l’homme de Dieu, nous voyons continuellement la grâce de Dieu active pour amener l’homme en Sa présence, car il n’y a de bonheur que dans la présence de Dieu. Lorsque Dieu appela Son peuple hors d’Égypte, c’était afin d’habiter au milieu de lui. Au chapitre 23 du Lévitique, l’Éternel convoque le peuple à des fêtes solennelles pour qu’il jouisse de Sa présence. Par le sacrifice de Christ, en vertu duquel Dieu déchira le voile qui Le cachait à l’homme en Adam, l’entrée dans Sa présence nous fut acquise parce que le péché était ôté. En attendant d’en jouir dans l’éternité glorieuse, nous en jouissons déjà maintenant par la foi. Nous devons habiter là; c’est dans la conscience de cette présence et dans la jouissance de la communion avec Dieu que notre vie doit s’écouler. C’est ce que Dieu voulait pour Jacob.
L’invitation de venir à Béthel pour y habiter et Lui rendre culte lui fit comprendre immédiatement deux choses. L’une, que cette présence était incompatible avec le péché. L’autre, que ce n’est pas lui seul qui doit habiter là, mais sa famille toute entière, car elle forme un tout avec son chef quant au témoignage qu’il doit rendre et aux privilèges dont il doit jouir dans ce monde; chose très sérieuse, à laquelle tout chef de famille doit être rendu attentif. Devant Dieu, sa maison est sur le même pied que lui. Jusqu’ici, Jacob n’avait pas compris cela et il ne s’était guère préoccupé de l’état moral de sa famille. Ne jouissant pas de la communion avec Dieu, il ne pouvait pas parler de Lui à ses enfants; mais maintenant qu’il a eu affaire avec Dieu pour lui-même, il comprend qu’il ne peut séparer de lui cette famille que Dieu lui a donnée et que, pour cela, elle doit être dans un état pratique de sainteté qui convienne à Dieu. Non seulement sa famille, mais tous ceux qui étaient avec lui, devaient se purifier. C’était ce qu’Abraham avait compris dès le début. Son serviteur Éliézer était en pleine communion avec lui pour marcher selon Dieu. Jacob donna l’ordre à toute sa maison d’ôter du milieu d’eux les dieux étrangers, de se purifier et de changer de vêtements; trois choses nécessaires pour habiter dans la présence de Dieu. Les dieux étrangers représentent tout ce qui, dans le cœur, prend une place qui appartient à Dieu. Lui seul est digne de la posséder en entier. On ne peut jouir de la communion avec Dieu en réservant une place dans son cœur pour d’autres objets. Il faut se purifier, en jugeant tout le mal avec lequel nous sommes si facilement familiers. Il faut changer de vêtements. Le vêtement est toujours l’emblème de la profession; c’est quelque chose d’extérieur, mais qui doit résulter d’un état intérieur. Si le cœur est purifié du mal par la possession de la vie divine, cela se montrera dans la vie extérieure. Mais avoir la profession de servir Dieu sans la vie qui la produit, et sans un état intérieur qui juge le mal, c’est de l’hypocrisie, ce que veut dire le nom vulgaire de mômier que le monde donne aux chrétiens, ne connaissant pas que ce que le chrétien manifeste, s’il est fidèle, provient de la possession d’une vie nouvelle, qui produit le changement dont il est témoin. Il croit que c’est de l’hypocrisie parce qu’il ne possède pas cette vie. Avec les dieux étrangers, tous donnèrent les anneaux qui étaient à leurs oreilles; ornements chez les peuples orientaux, mais auxquels leur superstition attribuait quelques effets bienfaisants ou contraires. Nous voyons figurément, en tout cela, que ce qui appartient à la chair doit être jugé entièrement, pour jouir de la présence de Dieu. Jacob cacha tous ces objets sous un térébinthe près de Sichem, le lieu dans lequel ses fils avaient si gravement compromis le témoignage qu’ils devaient rendre devant le monde. Ils partirent de Sichem sous la protection du Dieu qu’ils venaient d’offenser si gravement. Dieu mit Sa frayeur sur les villes qui les entouraient, en sorte qu’on ne les poursuivit pas. C’est toujours la grâce qui est active, sans laquelle nous n’aurions rien.
Arrivé avec tous les siens à Luz d’autrefois, qui est Béthel, Jacob bâtit un autel qu’il appela El-Béthel, ce qui veut dire: Dieu, la maison de Dieu. Il avait réellement conscience de la présence de Dieu dans ce lieu, et de ce qui y convenait; tandis que, lorsqu’il y passa, lorsqu’il s’enfuyait de devant son frère, cette présence l’effrayait.
«Et Debora, la nourrice de Rebecca, mourut; et elle fut enterrée au-dessous de Béthel, sous un chêne dont le nom fut appelé Allon-Bacuth», ou chêne des pleurs. À quelque degré de progrès que nous soyons parvenus, par la bonté de Dieu, il y en a toujours à faire, jusqu’à ce que nous arrivions dans la gloire, semblables à Christ. C’est ce que Jacob allait réaliser figurément par la mort de Debora, la nourrice de Rebecca, sa mère. Depuis son départ avec Éliézer (24:59), il n’a jamais été question de cette femme. Pourquoi apparaît-elle là, après avoir été passée sous silence durant si longtemps? Tout l’enseignement que nous avons à tirer de la vie de cette femme se trouve dans son enterrement. Elle avait été la nourrice de Rebecca, ce qui est très significatif. Jacob avait été le fils préféré de sa mère (25:28); il vivait dans les tentes. Il avait suivi les conseils de Rebecca (27:6-17 et 43). Son caractère s’était formé sous l’influence de sa mère qui, étant de la famille de Bethuel, ressemblait donc à Laban son frère. Debora était venue de Charan avec Rebecca, et l’avait nourrie des habitudes de la famille de son père autant que de lait, dans son enfance. Or Jacob, préféré de sa mère, avait été formé d’après les principes de la maison de Bethuel, principes d’après lesquels il avait agi jusqu’à ce jour, manière de faire qu’il devait juger avant d’aller plus loin. C’est le jugement de cela qui est figuré par la mort et l’enterrement de la nourrice de Rebecca. Nous pouvons juger bien des fautes dont nous nous sommes rendus coupables, rejeter les idoles, changer de vêtements; mais si nous n’enterrons pas ce que représente la nourrice, ces mêmes faits reparaîtront tôt ou tard; c’est-à-dire juger toute une manière de faire, des mauvaises habitudes qui sont, comme on le dit très justement, une seconde nature. On a besoin d’être délivrés de penchants naturels, de tant de choses que l’on met sur le compte du caractère, etc. Il faut enterrer tout cela, juger le mal, non à sa surface, mais à sa racine, comme le Seigneur le voulut pour Pierre, au chapitre 21 de l’évangile de Jean. Il faut cela afin d’empêcher le retour de tel ou tel procédé, pour que rien dans la vie ne déshonore le Seigneur et empêche de jouir de Sa communion. Debora fut enterrée au-dessous de Béthel, sous le chêne des pleurs, car il en coûte de falloir abandonner tant de choses avec lesquelles la vie s’est formée, et qui paraissent naturelles et indispensables.
«Et Dieu apparut encore à Jacob, à son retour de Paddan-Aram, et le bénit» (v. 9). «Et Dieu lui dit: Ton nom est Jacob; ton nom ne sera plus appelé Jacob, mais Israël sera ton nom. Et il appela son nom Israël». Maintenant, Dieu pouvait librement bénir Jacob. Il faut se souvenir que, pour recevoir la bénédiction de Dieu, il faut être dans un état pratique où le mal est jugé, et où il se juge à mesure que l’on découvre quelque chose qui vient de la nourrice. Dieu renouvelle à Jacob que son nom sera Israël; Il le fait, maintenant qu’il est capable de marcher à la hauteur de son titre: vainqueur de Dieu. Puis Dieu lui révèle le Sien. Au chapitre 32, lorsque Jacob demanda à celui qui luttait avec lui: «Quel est ton nom?», il ne le lui dit pas, parce qu’il n’était pas en état de recevoir cette déclaration. Maintenant qu’il l’est, Dieu n’attend pas qu’il le Lui demande. Il lui dit: «Je suis le Dieu Tout-puissant; fructifie et multiplie». Il lui renouvelle les promesses lui annonçant une postérité nombreuse et la possession du pays, comme Il l’avait dit à Abraham et à Isaac. Puisque ces patriarches devaient vivre en étrangers dans le pays que leur postérité devait obtenir un jour, ils devaient croire au Dieu Tout-puissant pour accomplir Ses promesses. C’est pourquoi Dieu se révélait à eux comme le Tout-puissant (Gen. 17:1). Le chrétien connaît Dieu comme Père, révélé comme tel en Son Fils Jésus Christ. Cette révélation lui suffit, en attendant d’être dans la maison du Père; et, pour les besoins de la route, il se confie en son Père, qui est le Dieu Tout-puissant.
Après que Dieu eut mis Jacob en état d’être en communion avec Lui, il monta d’auprès de lui; et Jacob érigea une stèle au lieu où il avait parlé avec Lui, y répandit une libation, y versa de l’huile et l’appela Béthel. Car il avait réalisé toute la signification de Béthel: la maison de Dieu.
Un événement pénible attendait Jacob. Car, une fois que l’on est en communion avec Dieu et que la foi est active, Dieu peut nous faire passer par des épreuves de foi, parce que toutes les peines par lesquelles nous passons ne sont pas des épreuves de foi. Les peines que nous éprouvons comme conséquence de nos fautes ne sont pas des épreuves de foi; toutes les souffrances que le monde endure ne sont pas des épreuves de foi. Car l’épreuve de l’homme a été terminée à la croix. Si ce que le monde souffre ne l’amène pas au Sauveur, cela ne lui sert de rien; tandis que toutes choses travaillent ensemble au bien de ceux qui aiment Dieu, quel que soit le genre de tribulation par laquelle il passe.
Étant sur le chemin qui conduit à Éphrath, qui est Bethléem, la ville où naquit Jésus, Rachel mourut en enfantant Benjamin. Dans sa douleur, elle l’appela Ben-Oni, ou fils de ma douleur; mais Jacob, par une foi instinctive, l’appela Benjamin, ou fils de ma droite; type du Fils qui prendra possession du pays par l’exercice des jugements (voyez chap. 49:27). Joseph, comme nous le verrons, est le type de Christ rejeté par ses frères. Donc Rachel, figure d’Israël dans le passé, meurt en donnant le jour à celui qui, étant un type du vrai Fils de la droite de Dieu, mettra le peuple en possession de son héritage. Après avoir enterré Rachel, Jacob continua sa route avec la ferme assurance de l’accomplissement des promesses du Tout-puissant.
Le verset 22 annonce la triste conduite de Ruben, qui n’indigne pas ses frères comme la conduite de Sichem à l’égard de leur sœur. Il est dit simplement: «Et Israël l’apprit». On voit, au chapitre 49:4, comment il apprécie ce péché. En conséquence, Ruben perdit son droit de premier-né (1 Chr. 5:1), qui fut donné aux fils de Joseph. Comme la Parole de Dieu est la vérité, elle dit tout ce dont l’homme est capable, afin de faire ressortir la grâce de Dieu envers de tels êtres.
La mort d’Isaac, âgé de cent quatre-vingt ans, est mentionnée à la fin de ce chapitre. Elle clôture moralement l’histoire de Jacob jusqu’à ce jour, afin de laisser la place à l’histoire de Joseph, beau type de Christ, et à l’histoire de Jacob comme homme de foi. Chronologiquement, Isaac ne mourut que plusieurs années après que Joseph eut été vendu par ses frères. Mais la Parole de Dieu ne donne pas toujours les faits historiques dans l’ordre dans lesquels ils se sont passés; puis elle ne nous donne, de ces faits historiques, que ce qui est nécessaire pour recevoir par eux ce que Dieu veut nous enseigner, et non pour que nous connussions simplement une histoire qui nous aurait intéressés. Si la Parole se tait sur tant de choses que nous aimerions savoir, nous devons d’autant plus rechercher quel est l’enseignement que l’Esprit de Dieu veut nous donner dans les récits qui nous sont rapportés, avec un désir toujours plus grand de connaître la pensée de Dieu.
«Jacob vint vers Isaac, son père, à Mamré, à Kiriath-Arba, qui est Hébron, où Abraham et Isaac avaient séjourné». C’est là qu’Isaac mourut, âgé et rassasié de jours. Ésaü et Jacob l’enterrèrent.
Ce chapitre 35 clôt l’histoire de Jacob jusqu’à ce jour. L’histoire de Rachel, type de la nation juive, est aussi terminée, de même que celle d’Isaac. Dans le chapitre suivant vient l’histoire du monde, par la généalogie d’Ésaü, ou Édom. Après commencera l’histoire de Joseph, ce beau type de Christ, rejeté par ses frères et élevé à la gloire, uni pendant ce temps à une épouse gentile, figure de l’Église, Épouse de Christ prise d’entre les gentils, avant qu’il se révèle à ses frères repentants, types du résidu juif futur auquel le Seigneur se révélera après l’enlèvement de l’Église.
