Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de la Genèse.

Commentaire sur le livre de la Genèse

Samuel Prod'hom

Chapitre 6

Les deux premiers versets de ce chapitre parlent d’une chose étrange, qui ne s’est pas renouvelée dans l’histoire de l’humanité. «Les fils de Dieu virent les filles des hommes, qu’elles étaient belles, et ils se prirent des femmes d’entre toutes celles qu’ils choisirent». Ces fils de Dieu étaient des anges; beaucoup ont cru qu’il s’agissait des fils des croyants. L’expression «fils de Dieu», dans l’Ancien Testament, désigne des anges, jamais des hommes (voyez Job 1:6 — Dan. 3:25). Le mot «homme», aux versets 1, 2 et 4, comme on le voit en note de la Bible, désigne la race humaine, en contraste avec celle des anges. Or les fils des croyants étaient aussi bien de la race humaine que les fils des non-croyants. En Jude 6:7, il est fait allusion à la culpabilité de ces anges. Dieu « a réservé dans des liens éternels, sous l’obscurité, pour le jugement du grand jour, les anges qui n’ont pas gardé leur origine, mais qui ont abandonné leur propre demeure; comme Sodome et Gomorrhe, et les villes d’alentour, s’étant abandonnées à la fornication de la même manière que ceux-là — les anges qui n’ont pas gardé leur origine — et étant allées après une autre chair, sont là comme exemple, subissant la peine d’un feu éternel». On trouve aussi une allusion en 2 Pierre 2:4: «S’il n’a pas épargné les anges qui ont péché, mais, les ayant précipités dans l’abîme, les a livrés pour être gardés dans des chaînes d’obscurité pour le jugement». Tandis que les autres anges déchus sont encore en liberté. Ils sont appelés «les principautés, les autorités, les dominateurs de ces ténèbres, la puissance de méchanceté qui est dans les lieux célestes» (Éph. 6:12). Ceux-là sont toujours actifs pour faire le mal et induire au mal, auxquels nous avons à résister en revêtant l’armure complète de Dieu. Tandis que nous n’avons rien à faire avec ceux qui ont été précipités dans l’abîme, gardés dans des chaînes d’obscurité. Dieu a sans doute agi envers ceux-là de manière qu’un tel péché ne se renouvelât point. La Parole ne nous en dit pas davantage. Les hommes issus de ces unions surnaturelles étaient des «hommes de renom, les vaillants hommes de jadis». Et il y avait aussi des géants sur la terre, un état de choses, fruit du péché, qui, avec la corruption et la violence, ne pouvait être supporté par Dieu plus longtemps. «L’Éternel vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que toute l’imagination des pensées de son cœur n’était que méchanceté en tout temps». Aussi décida-t-Il que les jours des hommes ne seraient plus que de cent vingt ans. «L’Éternel se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre, et il s’en affligea dans son cœur. Et l’Éternel dit: J’exterminerai de dessus la face de la terre l’homme que j’ai créé, depuis l’homme jusqu’au bétail, etc.». Il peut paraître étrange que Dieu se repentit; mais la vraie signification de la repentance n’est pas, comme on le pense en général, regretter d’avoir mal agi. La repentance est un changement de pensées, de disposition à l’égard d’une chose. L’enfant prodigue était repentant lorsqu’il changea de pensées vis-à-vis de son père et de sa conduite, et qu’il revint à la maison paternelle. Dieu avait créé les hommes, pensant à leur bonheur; après le péché, Il les avait supportés. Maintenant, à cause de leur conduite, Il change de pensée, et Il va les détruire.

Noé trouva grâce devant l’Éternel au milieu de cette génération corrompue. Au moment où le déluge vint, tous ceux qui sont énumérés au chapitre 5 étaient morts. Methushélah dut mourir l’année du déluge, et Lémec cinq ans avant.

Il est dit de Noé qu’il était un homme juste, qu’il était parfait parmi ceux de son temps. De même qu’Hénoc, il marchait avec Dieu. Beau témoignage! Un homme juste est celui qui agit selon la pensée de Dieu; il pratique la justice. Pour cela, il faut avoir la vie de Dieu. Dans le Nouveau Testament, un juste est celui que Dieu a justifié. Il ne voit plus aucun péché sur lui, en vertu de l’œuvre de Christ. Par conséquent, il doit pratiquer la justice.

Pendant le siècle qui précéda le déluge, Noé eut trois fils, Sem, Cham et Japheth. Ils n’eurent des enfants qu’après le déluge. Sem eut un fils, Arpacshad, deux ans après le déluge (11:10).

La terre était alors corrompue et pleine de violence. La corruption et la violence sont les deux grands caractères du mal dans tous les temps. Le livre des Proverbes met en garde contre ces deux formes du mal. Voyez, pour la violence, 1:10-19; 2:12-15; 4:14-19, entre autres. La corruption est caractérisée, dans ce livre, par la «femme étrangère», qui est prise comme emblème de ce mal. Elle représente tout ce qui a de l’attrait pour le cœur de l’homme, en dehors de ce qui est selon Dieu, tout ce par quoi l’homme est séduit. Il y a plus de corruption que de violence; cette forme de mal est plus familière au cœur de l’homme naturel. «Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue, car toute chair avait corrompu sa voie». L’homme ne craignant plus Dieu, dans un temps où il n’y avait pas de gouvernement établi au milieu des hommes, comme il le fut plus tard sous Noé, le mal s’accomplissait sans crainte d’être réprimé, malgré qu’il y eût, durant tout ce temps, le témoignage des hommes qui eurent affaire avec Dieu, comme Adam et ses descendants énumérés au chapitre précédent. Lémec, le père de Noé, vécut au moins cinquante ans en même temps qu’Adam. Aussi la patience de Dieu arrivait à son terme. «Dieu dit à Noé: La fin de toute chair est venue devant moi, car la terre est pleine de violence à cause d’eux; et voici, je vais les détruire avec la terre. Fais-toi une arche de bois de gopher». Dieu voulait conserver sa famille, en tout huit personnes, ainsi que des animaux de chaque espèce pour repeupler une terre nouvelle, purifiée par les jugements. Dieu donna à Noé toutes les indications pour construire l’arche. Elle devait être en bois de gopher, sorte de cyprès très résineux et dur, résistant à l’eau. Il devait l’enduire, dedans et dehors, de poix, pour que ses parois fussent parfaitement étanches. La dimension et la division des pièces sont soigneusement ordonnées. Cela faisait un navire d’environ cent trente-cinq mètres de long sur trente deux de large. Tout ce qui était nécessaire pour la nourriture des personnes et des animaux était prévu. Dieu est un Dieu d’ordre, qui s’occupe des plus petits détails concernant les Siens, comme aussi de toutes Ses créatures. Si cette arche de salut pour la famille de Noé était construite sûrement et avec tant de soins, combien plus le grand moyen de salut dont elle est une figure, est-il une chose sûre, pour tous ceux qui désirent en profiter.

Au verset 16, on voit que la fenêtre était placée au-dessus, et non dans les côtés. La raison de cette disposition nous offre un précieux enseignement. Dieu voulait que les regards de ceux qui étaient dans l’arche, durant ce temps terrible de jugement, fussent dirigés vers Lui, et non sur les scènes affreuses qui se produisaient autour de l’arche, lorsque les hommes mouraient à mesure que les eaux s’élevaient, tableau propre à effrayer ceux qui étaient à l’abri. Il en est de même pour nous, lorsque nous passons par des épreuves souvent douloureuses; ce n’est pas sur elles qu’il faut porter les regards, mais sur Dieu, qui demeure au-dessus de la scène et duquel vient le secours, Lui qui «s’assied sur les flots» (Ps. 29:10). Ce mot "flots" est le même que le mot "déluge", au verset 17 de notre chapitre. Dieu domine tout; que les temps soient troublés ou sereins, les ressources de la foi sont en haut, en Dieu Lui-même. C’est ce que Seth avait compris en invoquant le nom de l’Éternel. Voyez aussi le Psaume 11:3-4, déjà cité au chapitre 3.

L’Éternel dit à Noé: «Et j’établis mon alliance avec toi, et tu entreras dans l’arche, toi, et tes fils et ta femme et les femmes de tes fils avec toi. Et de tout ce qui vit, de toute chair, tu feras entrer dans l’arche deux de chaque espèce, pour les conserver en vie avec toi» (v. 18-19). On voit que toute la famille de Noé vivait, lorsque Dieu lui ordonna de construire l’arche (v. 13-21), puisqu’Il la désigne en entier. Les versets 1 à 8 disent ce que Dieu pensait en voyant l’état de ce monde corrompu, alors qu’Il décida que leurs jours ne seraient plus que de cent vingt ans. À ce moment-là, Noé n’avait pas encore de famille. Donc ce n’est pas exact de dire que Noé mit cent vingt ans à construire l’arche.

Comme Hénoc est une figure des saints célestes qui seront enlevés avant les jugements, sans passer par la mort, Noé est une figure du résidu juif qui traversera le temps des jugements sur la terre, pour recommencer un monde nouveau après la destruction des méchants. L’Église, étant céleste, attend d’être enlevée pour être introduite dans sa patrie, tandis que les bénédictions du peuple juif sont terrestres. Les jugements de Dieu, qui doivent purifier la terre actuelle de tout le mal qui s’y trouve, doivent précéder les temps où ils seront mis en possession de leurs bénédictions. Mais le résidu devra traverser ces jugements pour se trouver sur la terre renouvelée et jouir du beau règne du Fils de l’homme.

Noé est appelé, en 2 Pierre 2:5, «prédicateur de justice». Soit en paroles, soit par la construction de l’arche, il annonçait aux hommes ce qui était juste et ce qui allait arriver en conséquence de leur conduite. C’est aussi ce que l’évangile présente aux hommes maintenant. Malgré cela, il est dit, en Matt. 24:39, qu’ils «ne connurent rien, jusqu’à ce que le déluge vînt et les emporta tous». Pour connaître ce que Dieu dit, il faut croire. Noé annonçait un événement qui ne s’était jamais vu; aujourd’hui, on annonce la venue du Seigneur, qui ne s’est jamais vue non plus. Ceux qui ne croient pas ne connaîtront rien jusqu’à ce que cet événement ait eu lieu, alors qu’il sera trop tard. La foi croit ce qui ne se voit pas, ce que Dieu dit. Les avertissements n’ont pas manqué au monde antédiluvien. Il est dit, en 1 Pierre 3:19-20, que Christ, par l’Esprit, au moyen de Noé, a prêché aux esprits qui sont maintenant en prison, c’est-à-dire lorsqu’ils étaient sur la terre, quand la patience de Dieu attendait, dans les jours de Noé, tandis que l’arche se construisait; passage auquel on fait dire que le Seigneur est allé prêcher aux morts pendant qu’Il était dans le sépulcre; d’où l’on déduit que ceux qui meurent peuvent encore recevoir le salut, et que maintenant, il y en a qui, en mourant, vont prêcher aux morts, ce qui est absolument faux. Le temps dans lequel il est possible d’être sauvé est celui qui précède la mort; après, c’est trop tard. En lisant ce passage de Pierre, il faut comprendre que tout ce que Dieu accomplit l’est par Son Esprit. Cet Esprit est appelé l’Esprit de Christ. C’est Christ qui opère par Lui et, pour cela, Il emploie des instruments humains. Pour le monde antédiluvien, Il s’est servi de Noé, «le prédicateur de justice». En 1 Pierre 1:11, il est dit que c’est par l’Esprit de Christ que les prophètes prophétisaient. C’est pourquoi il est dit, dans ce chapitre 3 de 1 Pierre, que Christ, ayant été vivifié par l’Esprit, a, par ce même Esprit, prêché aux esprits qui sont en prison, alors qu’ils étaient sur la terre, pendant que l’arche se construisait, et non depuis qu’ils sont morts.

Disons encore que lorsque Noé est appelé «huitième», en 2 Pierre 2:5, cela ne veut pas dire qu’il était le huitième prédicateur de justice; il y a une virgule entre prédicateur et huitième. Il était le huitième des huit personnes qui entrèrent dans l’arche, telles qu’elles sont énumérées en 1 Pierre 3:20. 

À suivre