Lectures hebdomadaires
Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur l'épitre aux Hébreux.
Epître aux Hébreux
Chapitre 10 versets 15 à 22
11.4 - Ch. 10:15-18
Il a souvent été souligné que, dans la première partie d’Hébreux 10, il est d’abord fait mention de la volonté de Dieu, et ensuite de l’œuvre de Christ, et enfin du témoignage du Saint Esprit. L’œuvre de Christ pour nous a posé la base pour l’accomplissement de la volonté de Dieu à notre égard, et pour que nous ayons l’assurance des deux, il y a l’Esprit qui nous rend témoignage (10:15).
Comment pouvons-nous savoir, en tant que croyants mis à part pour Dieu, que nous avons été rendus parfaits à perpétuité ? Seulement en nous appuyant sur un témoin inattaquable. Et où trouver un tel témoin ? Supposez que nous mettions nos sentiments à la barre des témoins d’un tribunal, et que nous les soumettions à un interrogatoire contradictoire sur ce point. Pouvons-nous aboutir à quelque certitude ? Nullement, car ils ne disent jamais la même histoire deux fois de suite. Si certaines fois, ils semblent témoigner que nous sommes justes devant Dieu, d’autres fois ils témoignent exactement en sens inverse. Nous devons les éliminer de la barre des témoins comme absolument non fiables.
Mais le Saint Esprit condescend à prendre la place de Témoin, et Lui est totalement fiable. Ce n’est pas ici Son témoignage en nous comme en Romains 8:16. Il est vu ici comme nous rendant témoignage de l’extérieur, et il est immédiatement fait référence à ce qui est écrit en Jérémie 31. Les paroles de Jérémie étaient les paroles de l’Esprit, ses écrits les écrits de l’Esprit. Le témoignage de l’Esprit qu’Il nous rend se trouve dans la Parole de Dieu écrite. Le fond de Son témoignage en faveur du croyant c’est : « je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités ».
Certains de nos lecteurs manquent-ils d’assurance ? Êtes-vous en proie aux doutes et aux craintes quant à votre salut ? Ce dont vous avez besoin, c’est de recevoir le témoignage de l’Esprit avec une « pleine assurance de foi », comme le dit le verset 22. Peut-il y avoir un témoin plus fiable à vous présenter que celui de Dieu, le Saint Esprit ? Non ! Son témoignage pourrait-il vous être présenté sous une forme plus solide et plus satisfaisante que dans les Écritures de vérité, qu’Il a inspirées. Nous nous permettons d’affirmer : « Impossible ! ».
Supposez que Dieu vous envoie un ange vous annonçant la nouvelle de votre pardon. Cela règlerait-il tout ? Pour un petit moment, peut-être. Car les anges apparaissent un peu de temps, puis disparaissent et vous ne les voyez plus ; le souvenir de sa visite s’atténuerait vite, et le doute reviendrait assaillir votre esprit sur ce qu’il a dit exactement. S’il vous était accordé une merveilleuse irruption de joie, cela vous conviendrait-il ? Elle passerait vite, et serait suivie d’une dépression correspondante, car quand la mer est houleuse, on ne peut pas toujours surfer sur les crêtes des vagues. Suggérez n’importe quel autre moyen de vous donner de l’assurance, et notre réponse sera que, même s’il est plus spectaculaire que les Écritures, vous n’aurez jamais rien de comparable aux Écritures au point de vue fiabilité. Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas recevoir le témoignage de l’Esprit Saint sous cette forme, vous ne le recevrez sous aucune forme.
Le témoignage rendu par l’Esprit est que nos péchés sont complètement pardonnés, et qu’il n’y a plus de sacrifices pour le péché. Au verset 2, il était posé la question suivante : « Autrement n’eussent-ils pas cessé d’être offerts ? » [=les sacrifices juifs pour le péché n’auraient pas cessé d’être offerts s’ils avaient été capables de rendre parfaits ceux qui rendent culte]. Au verset 18, nous apprenons que le seul sacrifice de Christ nous ayant rendus parfaits, et le Saint Esprit lui rendant témoignage, il n’y a plus d’autre sacrifice pour le péché. Quand ces versets ont été écrits, les sacrifices Juifs étaient encore offerts à Jérusalem, mais ils étaient sans valeur en tant que sacrifices pour le péché, et très peu après ils ont cessé d’avoir lieu. Les armées romaines sous Titus, qui détruisirent Jérusalem et éparpillèrent complètement les Juifs, étaient vraiment les armées de Dieu (voir Matt. 22:7) dont Il se servait en jugement pour rendre les sacrifices dorénavant impossibles. Et pourtant une très grande partie du christianisme continue à se prosterner devant ce qu’ils appellent « le sacrifice de la messe ». Combien ce péché est grand ! Pire réellement que le péché de perpétuer les sacrifices juifs, si cela avait été possible.
11.5 - Ch. 10:19-22
Le verset 19 place devant nous le grand résultat qui fait suite au sacrifice parfait de Christ : nous avons « une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints ». Aucun Juif, pas même le souverain sacrificateur, n’avait la pleine liberté d’entrer dans les lieux saints faits de mains ; nous, nous avons la liberté d’entrer dans les lieux saints qui ne sont pas faits de mains, — en esprit maintenant, et avec une présence réelle quand le Seigneur viendra. Le converti Hébreux lisant cela se devait se dire de suite : « Cela doit signifier que nous sommes constitués sacrificateurs dans un sens bien plus élevé que ne l’ont jamais été les membres de la famille d’Aaron ». Et il aurait raison ! Bien que dans cette épître, il ne nous soit pas dit précisément que nous sommes sacrificateurs, la vérité énoncée l’implique clairement. Dans 1 Pierre 2, la vérité de la sacrificature chrétienne est clairement affirmée, et c’est aussi une épître adressée à des Hébreux convertis.
Notre « pleine liberté » (ou « hardiesse ») est basée sur le sang de Jésus, puisque par Sa chair, par le moyen de Sa mort, Il a ouvert pour nous un nouveau chemin vivant pour accéder à la présence de Dieu ; mais nous L’avons aussi, Lui Jésus, comme Souverain Sacrificateur vivant dans la présence de Dieu. C’est ce que le verset 21 mentionne, mais là Il n’est pas simplement appelé un souverain sacrificateur, mais un « un Grand Sacrificateur établi sur la maison de Dieu ». Nous avons vu précédemment dans l’épître qu’Il était appelé à la fois Sacrificateur et Fils, et il était alors ajouté : « Nous sommes Sa maison » (3:6). Nous sommes la maison de Dieu, la famille sacerdotale de Dieu, et au-dessus de nous se trouve ce grand Souverain Sacrificateur, le Seigneur Jésus Christ, et nous avons plein accès à Dieu. Le verset 22 nous exhorte à profiter de ce privilège, et à nous approcher.
Nous avons à nous approcher « avec un cœur vrai, en pleine assurance de foi ». Ces deux choses sont ce qu’on peut appeler les qualifications morales nécessaires que nous devrions avoir. Nous pouvons bien être convertis, mais nous ne pouvons pas jouir de la présence de Dieu s’il n’y a pas cette foi simple dans l’œuvre de Christ, et dans le témoignage du Saint Esprit quant au règlement complet de la question de nos péchés, qui produit une pleine assurance dans nos esprits. Nous ne pouvons jouir de cette présence que si nos cœurs sont vrais, c’est-à-dire marqués par la sincérité sous l’effet de la vérité, et sans artifice.
La deuxième partie du verset 22 revient à ce que nous avons comme fruit de la grâce de Dieu — et non à ce que nous devrions avoir. Nous avons une pleine liberté par le sang de Jésus, nous avons un grand Souverain Sacrificateur sur la maison de Dieu, nous avons les cœurs purifiés par aspersion et le corps lavé, comme le dit le verset 22.
Ces deux choses peuvent présenter une petite difficulté à nos esprits, mais sans doute les allusions étaient très claires pour le lecteur Hébreu à l’origine. Aaron et ses fils avaient le corps complètement lavé d’eau pure, et ils étaient aussi aspergés de sang avant de commencer leurs fonctions et obligations sacerdotales. Maintenant nous avons les réalités dont cela était le type. La vérité de la mort de Christ a été appliquée à nos cœurs, nous donnant une conscience purifiée, ce qui est le contraire d’une mauvaise conscience. Nous sommes aussi venus sous l’action purificatrice de la Parole de Dieu, qui nous a renouvelés jusque dans les sources les plus profondes de notre être. C’est à cela que le Seigneur Jésus faisait allusion juste avant d’instituer la cène dans la chambre haute quand Il disait : « Celui qui a tout le corps lavé (baigné) n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il est tout net » (Jean 13:10). Le mot utilisé par le Seigneur signifie baigné, lavé complètement, comme les sacrificateurs lors de leur consécration. Mais même ainsi, ils avaient encore besoin de se laver les mains et les pieds chaque fois qu’ils entraient dans le sanctuaire.
Dieu merci, nous avons reçu la nouvelle naissance qui correspond à ce lavage d’eau pure. Le « cœur vrai », dont il est parlé précédemment dans ce verset, correspond étroitement au lavage des mains et des pieds qui était nécessaire chaque fois que le sacrificateur entrait dans le lieu saint.
Mais, ayant tout cela, approchons-nous. Saisissons-nous de ce grand privilège d’accéder à Dieu, utilisons-le et jouissons-en. C’est le grand trait qui devrait nous caractériser. Nous sommes ceux qui sont introduits dans cette proximité, ayant une liberté sans restriction de nous approcher de Dieu, en tout temps, bien que sans doute il y a des occasions où nous jouissons spécialement de ce privilège, comme par exemple quand nous nous réunissons en assemblée pour la cène ou l’adoration. Cependant ce n’est aucunement restreint à de telles occasions, — ce qui est clair si nous nous souvenons que cette épître ne parle pas de l’assemblée ni de ses fonctions ; pour trouver de l’instruction à ce sujet, nous devons nous tourner vers la première épître aux Corinthiens.
La présence de Dieu devrait réellement être le lieu d’habitation de nos cœurs, le lieu que nous fréquentons continuellement en esprit. Il ne s’agit pas ici d’y avoir recours avec nos besoins pour y présenter nos prières ; nous avons considéré ce point avec la fin du chapitre 6. Ici c’est plutôt que nous nous approchons dans la jouissance de tout ce que Dieu est, tel que révélé en Jésus, en communion avec Lui, et dans un esprit d’adoration. Nous nous approchons, non pour obtenir quelque profit de Lui, mais parce que nous trouvons de l’attrait en Lui.
A suivre
