Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de la Genèse.

Commentaire sur le livre de la Genèse

Samuel Prod'hom

Chapitre 1:1-19

Introduction

Genèse signifie origine, commencement. Ce livre nous donne non seulement le commencement des choses créées, mais on y trouve, en principes, types, figures, tout le contenu de la révélation divine. Quelqu’un a dit: La Genèse présente tous les grands principes élémentaires qui se trouvent développés dans l’histoire des relations de Dieu avec l’homme, dont les livres suivants donnent le récit.

Le premier verset nous apprend qu’au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Le premier verset de l’évangile de Jean nous parle du même commencement, mais pour dire que Celui qui est le sujet de cet évangile, le Fils de Dieu, la Parole, était, lorsque tout ce qui existe a commencé, puisque c’est Lui qui a tout créé (v. 3; Héb. 1:2). Dans la première épître de Jean, 1:1, il est aussi question d’un commencement: celui de la manifestation de la vie éternelle dans le Fils de Dieu, sur la terre. Il fallait ramener la foi des saints à ce commencement, parce qu’ils étaient exposés à un enseignement qui prétendait donner, sur le Seigneur Jésus, des lumières plus grandes que l’enseignement des apôtres. Ils niaient aussi Sa venue en chair. Alors, comme aujourd’hui, si l’on veut avoir la vérité, il faut retourner au commencement.

Chapitre 1:1-19

«Au commencement Dieu créa les cieux et la terre». Nul ne peut savoir quelle est la date de ce commencement. Par la déclaration divine, nous apprenons que l’univers n’a pas toujours existé. Dieu l’a créé au moment qui Lui convenait. Cette création peut remonter à des millions d’années. Les découvertes géologiques constatent qu’il y a eu de grands bouleversements à des époques diverses, qui produisirent des transformations dans le globe terrestre, ce qui est vrai. Mais on ne peut en conclure, comme quelques-uns le font, que le récit biblique de la création n’est pas vrai parce que l’origine de la terre doit remonter à des temps bien plus considérables que quatre mille ans A. C. La Parole est exacte; elle déclare qu’au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. Elle passe sous silence ce qui eut lieu entre ce moment et le récit qui commence au verset 2. Cela ne fait pas partie de la révélation que Dieu voulait nous donner de Lui-même. La Parole de Dieu ne nous dit pas tout ce que nous aimerions savoir, mais elle dit ce que Dieu désire que nous apprenions de Lui-même, pour notre bonheur présent et éternel. C’est ce que nous devons y chercher.

De toute éternité, Dieu avait établi des conseils qui avaient pour objet Son Fils, le Fils de l’homme, expression des bénédictions éternelles que Dieu destinait aux hommes. Il est dit que «Sa propre grâce nous a été donnée dans le Christ Jésus avant les temps des siècles» (2 Tim. 1:9); il nous a «élus en Christ avant la fondation du monde» (Éph. 1:4), et beaucoup d’autres passages des Écritures. Dieu n’a pas trouvé bon de manifester Ses conseils et de les accomplir, dans les temps qui ont précédé le verset 2 de notre chapitre. Il a attendu le moment qu’Il trouvait convenable. Mais Il avait besoin d’un terrain pour exécuter les plans qu’Il avait conçus de toute éternité, où toutes Ses voies envers l’homme pouvaient se dérouler, et sur lequel devait se dresser la croix du calvaire, fondement de tout ce qu’Il avait décidé, pour la gloire de Son Fils et le bonheur de l’homme, sur une terre nouvelle et sous des cieux nouveaux. Il voulut cette terre, une des plus petites planètes qu’Il avait créées dans cet univers infini, selon ce principe que Dieu, parce qu’Il est Tout-puissant, se plaît à accomplir de grandes choses par des moyens peu apparents. Mais dans quel état trouva-t-Il cette terre? Elle était désolation et vide, et il y avait des ténèbres sur la surface de l’abîme. Évidemment, Dieu ne l’avait pas créée ainsi; tout ce qu’Il fait est parfait. Nous ignorons quel était son état primitif. Dieu n’a pas trouvé bon de nous le dire; occupons-nous de ce qu’Il nous dit. Si tout était désolation, vide et ténèbres, l’Esprit de Dieu planait sur la face des eaux. L’Esprit, par lequel Dieu opère tout ce qu’Il lui plaît, était là, attendant d’être actif, pour la préparer comme Dieu la voulait, pour y recevoir l’homme, Adam, figure de Celui qui devait venir plus tard. Dieu est la source de tout; le Fils, la Parole; et l’Esprit, l’agent, dans tout ce que Dieu accomplit.

La première chose à faire, dans un état ténébreux, est d’y introduire la lumière. C’est ce que Dieu fit au verset 3: «Que la lumière soit. Et la lumière fut». Il en va de même pour la conversion d’un pécheur. Par le péché, il est dans les ténèbres morales, ténèbre lui-même; mais l’Esprit de Dieu, qui est aussi présent au milieu de l’état actuel de ce monde, peut introduire la lumière dans son cœur. L’homme, qui prétend n’avoir fait tort à personne, n’avoir rien à se reprocher, est dans les ténèbres. Mais Dieu veut opérer en lui; Son Esprit agit par des circonstances diverses qui le rendent attentif à la Parole, qui introduit la lumière dans son cœur, en lui dévoilant son état de péché et de perdition, et lui présente la grâce. Il l’accepte; il est sauvé; il devient lumière dans le Seigneur.

«Dieu vit la lumière, qu’elle était bonne; et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres» (v. 4). Il n’y a pas de mélange possible entre la lumière et les ténèbres. Le Seigneur est venu, la lumière du monde; mais les ténèbres ne l’ont pas comprise. Elles sont restées ce qu’elles sont; et les hommes, qui préfèrent les ténèbres à la lumière, y demeureront éternellement.

Ce que Dieu fit, dans ce verset 4, établit un principe que nous voyons en activité tout le long de la Parole: la séparation de la lumière et des ténèbres, du bien et du mal. Dès que Dieu a opéré dans une âme, elle est en communion avec Lui, qui est lumière. Dès lors, sa vie doit s’écouler dans la séparation de ce qui n’est pas selon Dieu. Lorsque Dieu se forma un peuple terrestre, Il le sépara des autres nations. Lorsqu’Il appela l’Église, elle sortit, moralement et pratiquement, du monde, et aurait dû en demeurer séparée, comme tout croyant doit l’être. Cette séparation sera pleinement accomplie et définitive dans l’état éternel, où les justes seront dans la glorieuse lumière de la présence de Dieu, et les méchants dans les ténèbres de dehors.
«Et Dieu appela la lumière Jour; et les ténèbres, il les appela Nuit». Le jour et la nuit sont des expressions employées au propre et au figuré, tout le long de la Parole, pour indiquer ce qui vient de la nature de Dieu, qui est lumière, et ce qui n’en est pas. Quelle grâce merveilleuse qu’il puisse être dit des croyants: «Vous êtes tous des fils de la lumière et des fils du jour; nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres» (1 Thes. 5:5). C’est le résultat de l’œuvre de Dieu, opérant une nouvelle création qui existe au milieu de la première, qui est dans les ténèbres à la suite du péché.

«Il y eut soir, et il y eut matin: — premier jour». Ordinairement, nous commençons la journée par le matin, et elle se termine par le soir. Cette manière de compter — qui n’était pas celle des Juifs, puisque leur journée commençait à six heures du soir — est bien en rapport avec l’activité de l’homme, qui ne peut produire, moralement, que ce qui est ténébreux. Alors Dieu intervient, y introduit le jour après la nuit. Dieu agit de même avec cette création, quelqu’ait pu être la cause des ténèbres. Bientôt, après la longue nuit morale, fruit du péché de l’homme, se lèvera le «matin sans nuages» du jour éternel, «jour de Dieu», qui demeurera à jamais dans sa fraîcheur première. Il en est de même avec la vie et la mort. À cause du péché, la mort vient en premier: «Dieu fait mourir, et il fait vivre» (1 Sam. 2:6). La vie vient en dernier lieu. Le dernier mot appartient toujours à Dieu.

Après la lumière, l’ordre est introduit. Au second jour, Dieu dit: «Qu’il y ait une étendue entre les eaux, et qu’elle sépare les eaux d’avec les eaux». Il est probable que sur la surface des eaux s’étendaient des brouillards épais, ou nuages, que Dieu fit élever en les séparant par l’étendue, ce qui forma la couche atmosphérique qui entoure la terre, où se trouve l’air nécessaire à la vie humaine. Dieu appela l’étendue Cieux. Il est question de trois cieux dans la Parole. Le premier se trouve au verset 1, l’univers; le second au verset 8, l’atmosphère qui entoure la terre; le troisième, où Paul a été transporté, la demeure de Dieu.

Le troisième jour, Dieu continue l’arrangement de la terre, en vue d’y placer l’homme. Il ne le voulait pas dans les eaux, ni dans les airs. Il commanda au sec de paraître, qui se souleva du milieu des eaux dans des proportions voulues, pour que l’homme y habitât. Dieu appela le sec: Terre, et le rassemblement des eaux: Mer. Au Ps. 104, nous lisons: «Tu l’avais couverte de l’abîme comme d’un vêtement, les eaux se tenaient au-dessus des montagnes: À ta menace, elles s’enfuirent; à la voix de ton tonnerre, elles se hâtèrent de fuir: — Les montagnes s’élevèrent, les vallées s’abaissèrent, au lieu même que tu leur avais établi; — Tu leur as mis une limite qu’elles ne dépasseront point; elles ne reviendront pas couvrir la terre» (v. 6-9). C’est-à-dire que tout a été mesuré exactement par la sagesse de Dieu, dans des proportions qui rendaient la terre habitable. Dieu dit: «Tu viendras jusqu’ici et tu n’iras pas plus loin, et ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots» (Job 38:11). Puis, à la parole de Dieu, la terre produisit l’herbe, la plante portant de la semence, selon son espèce, et l’arbre produisant du fruit, ayant sa semence en soi, selon son espèce (v. 11, 12). Dieu eut soin que les espèces se conservassent et se reproduisissent d’elles-mêmes. C’est ce qui eut lieu jusqu’à maintenant. Quand les hommes ont voulu croiser les espèces, cela donna des résultats stériles.

Comme il devait y avoir nuit et jour, Dieu voulut qu’ils fussent séparés; Il fit le grand luminaire, pour dominer le jour, le Soleil, et le petit luminaire, pour dominer la nuit, la Lune, le quatrième jour. En même temps, le mouvement de ces astres devait servir pour signes et pour saisons déterminées, et pour marquer les jours et les années. Dieu voulut que l’homme puisse compter le temps qui s’écoule, surtout pour que l’on puisse compter le temps où devait venir l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, la semence de la femme promise au chapitre 3. Dieu fit aussi les étoiles, ces multitudes étincelantes que nous voyons briller dans la nuit. Nous savons qu’il y a des étoiles qui sont des centres de lumière beaucoup plus grands que notre soleil, et des innombrables planètes qui n’ont pas de lumière en elles-mêmes, comme la Terre et la Lune. Mais la Parole de Dieu ne nous occupe pas de cela; elle se sert du langage du plus simple observateur de la nature. En élevant les yeux par une belle nuit, on voit briller les étoiles, sans se préoccuper de leur nature et de leurs dimensions. La Parole de Dieu est écrite pour les simples, les croyants. Elle ne présente pas les faits au point de vue scientifique; mais elle ne les contredit pas. Elle ne s’oppose qu’au raisonnement de l’incrédulité.

La Parole désigne quelquefois le soleil et les étoiles dans un sens symbolique. Dans l’Apocalypse surtout, le soleil est le symbole de l’autorité supérieure, et les étoiles des autorités subalternes. En Apoc. 6, les étoiles qui tombèrent du ciel représentent les rois qui, dans leur état normal, dépendent de Dieu, de qui ils tiennent leur autorité, pour diriger les peuples avec la lumière reçue de Lui. Mais, ayant abandonné Dieu, ayant apostasié, ils ne reçoivent plus cette lumière; ils sont déchus de leur position élevée, et sont vus tombant du ciel.

À suivre