Lectures hebdomadaires
Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur l'épitre aux Hébreux.
Epître aux Hébreux
Chapitre 13 versets 7 à 12
14.4 - Ch. 13:7
Le verset 7 nous invite à nous souvenir de nos conducteurs qui nous ont enseigné la parole de Dieu. Pour être un conducteur, il ne suffit pas de présenter la parole de Dieu, mais il faut la mettre en pratique. Quand c’est le cas, la foi devient évidente, et on peut voir « la fin » ou « l’issue » de la conduite, et nous pouvons sans risque être exhortés à imiter leur foi. Observez bien qu’il est dit : Leur foi. C’est très facile de se mettre à imiter les façons de parler et d’agir, et les manies de ceux vers qui nous regardons. Mais, si nous imitons quelque chose, que ce soit la foi qui sous-tend et inspire tout le reste chez eux.
14.5 - Ch. 13:8-10
Au verset 8 aussi, nos pensées sont ramenées vers les choses du début du ch. 1. Nous y avions découvert que les paroles du psaume 102:27 : « Toi, tu es le Même, et tes années ne finiront pas », n’étaient pas adressées à Dieu d’une manière générale, mais s’appliquaient spécifiquement à Celui que nous connaissons comme notre Seigneur Jésus Christ. Cette pensée est amplifiée dans cette grande déclaration que « Jésus Christ est le même, hier, et aujourd’hui, et éternellement ». De qui pourrait-on dire une telle chose si ce n’est de Celui qui était et qui est Dieu ?
Or justement parce que Celui qui est le centre de notre foi demeure le Même, il doit y avoir une constance dans toute la vérité qui est centrée sur Lui. Il ne peut jamais être le centre et le thème de doctrines diverses et étrangères (13:9). Il n’y a pas de place pour cette agitation insatisfaite de l’esprit humain qui court sans cesse après des idées innovantes, aussi contradictoires soient elles. Or la connaissance réelle de Jésus stabilise le cœur, avec grâce ; alors la variété et la nouveauté cessent d’attirer. Le danger qui menaçait directement les Hébreux était l’apport de doctrines étrangères tirées de leur ancienne religion ; c’est à quoi fait allusion le terme « viandes ».
Une certaine proportion des viandes consommées par les Juifs provenait de leurs sacrifices. Lévitique 7 nous montre que non seulement les sacrificateurs, mais aussi, dans certains cas, ceux qui offraient avaient le privilège de manger des parties des sacrifices offerts : c’est ce qui s’appelle manger de l’autel. Combien les Juifs incrédules ont dû souvent railler avec mépris leurs frères croyants de ce qu’ils n’avaient plus maintenant d’autel duquel ils pouvaient réclamer leur part ! Mais le fait est que : « nous avons un autel » ! Or le Juif orthodoxe orgueilleux n’avait pas le droit de manger de cet autel chrétien, s’étant exclu lui-même par sa propre incrédulité.
Quel est l’autel chrétien, et où le trouver ? « Venez à nous », disent les Romanistes (ou Catholiques), « vous le trouverez dans nos grands autels, ornés de crucifix et de cierges, où l’on dit la messe tous les jours ». Les Orthodoxes grecs et les Anglo-Catholiques disent à peu près la même chose. Mais que dit l’Écriture ? Elle dit : « Nous avons un autel… car… Jésus aussi… a souffert hors de la porte » (13:10-12). Les autels des patriarches et des Juifs, les seuls autels faits de mains qui eurent jamais l’approbation de Dieu, n’étaient que des types de la mort de Christ. Nous mangeons de cet autel du fait que la moindre part de toute bénédiction spirituelle que nous pouvons nous approprier vient de là. Nous mangeons Sa chair et buvons Son sang, selon les propres paroles de notre Seigneur en Jean 6, dont l’image ne se réfère pas à la cène du Seigneur, mais plutôt à une appropriation spirituelle de Sa mort. De même que le baptême présente en figure notre ensevelissement avec Christ, ainsi la cène du Seigneur est en figure cette appropriation spirituelle : c’est tout.
Dans la mort de Christ, nous avons notre autel ; or dans Sa mort nous avons aussi l’antitype du sacrifice pour le péché. Selon Lév. 4, si le péché en question était de nature à impliquer toute l’assemblée d’Israël, alors le sang du sacrifice devait être porté dans le lieu saint et on devait en faire aspersion devant le voile, tandis que le corps de l’animal devait être brûlé hors du camp. Notre Seigneur Jésus Christ s’est chargé de toute la question du péché dans toute sa gravité. Son sang a parlé dans la plénitude de son efficacité dans la présence directe de Dieu ; et en toute fidélité au type, notre Seigneur est mort comme Celui qui était rejeté hors de la porte de la ville même qui était le couronnement et la gloire de la religion de l'homme. Nous sommes heureux d’être les bénéficiaires de l’efficacité de Son sang devant Dieu ; ne sommes-nous pas heureux d’être identifiés avec Lui dans le lieu de Son rejet hors du camp ? Nous ne pouvons l’être que si nous sommes effectivement venus là sous l'effet de l'attraction puissante de Son amour !
14.6 - Ch. 13:11-21. Sortir hors du camp
14.6.1 - Sortir de la ville ou sortir hors du camp ?
Le verset 11 nous donne le type ; le verset 12 donne l’accomplissement du type en Jésus souffrant hors de la porte de Jérusalem. Le verset 13 donne l’exhortation basée là-dessus, mais en utilisant de nouveau le vocabulaire du type. Nous ne sommes pas exhortés à sortir de la ville, car nous n’avons pas ici de cité permanente comme le verset 14 le rappelle, mais nous sommes exhortés à sortir hors du camp. Pour le croyant, le monde est devenu un désert.
De plus, si l’exhortation avait été de sortir « hors de la ville », les paroles auraient eu une signification simplement politique pour ces premiers chrétiens Hébreux. Quand Jérusalem fut détruite par les Romains quelques années plus tard, les chrétiens s’enfuirent effectivement de la ville, presque comme un seul homme, mais ce n’est pas ce dont il s’agit ici. Le camp, c’était Israël vu religieusement, Israël groupé autour du tabernacle selon l’ordre divin. Ces Hébreux étaient appelés à sortir du système religieux du judaïsme, et ainsi à porter l’opprobre de Christ. Une seule chose pouvait les inciter à obéir à cet appel : c’était l’amour pour Lui. « Ainsi donc, sortons VERS LUI ».
Si nous lisons attentivement les Actes, nous réalisons que la plupart des croyants juifs n’avaient nullement rompu les liens avec le judaïsme. Ils pensaient continuer avec Christ ET avec le judaïsme. C’était le cas pour beaucoup d’entre eux, et leur caractéristique était d’être « tous zélés pour la loi » (Actes 21:20), plutôt que zélés pour Christ. Quand cette épître fut écrite, l’heure avait sonné pour un changement décisif. Il ne pouvait plus y avoir Christ ET le judaïsme. Il fallait que ce soit Christ OU le judaïsme. S’ils voulaient Christ, alors il fallait sortir vers LUI hors du camp.
Quelques années passèrent, et dans la chute de Jérusalem, le cœur même du judaïsme disparut. Le temple, les autels, les sacrifices, les sacrificateurs, tout fut balayé. Le camp, au sens strict, était parti. Allons-nous supposer que cette exhortation avait dès lors perdu toute sa force ? Nullement, car les Juifs continuèrent à avoir quelque chose de ressemblant à leur religion au moyen de synagogues et de rabbins, et ils ont continué jusqu’à aujourd’hui. Ils ont encore une sorte de camp, bien que ce ne soit pas le camp institué par Dieu à l’origine. Quand un Juif est converti aujourd’hui, cette exhortation l’appelle indiscutablement à sortir du judaïsme vers Christ rejeté, aussi réellement que jamais.
A suivre
