Lectures hebdomadaires
Vous trouverez chaque semaine, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de la Genèse.
Commentaire sur le livre de la Genèse
Chapitre 36
Ce chapitre nous donne les générations d’Ésaü, qui est Édom. Il est répété plusieurs fois qu’Ésaü est Édom, le plus grand ennemi du peuple d’Israël. Édom veut dire roux, nom qui fut donné à Ésaü lorsqu’il vendit son droit d’aînesse pour un potage de lentilles (chap. 25), estimant qu’il ne valait pas plus que ce roux-là (v. 30). C’est donc ce roux qui l’a caractérisé, nom qui rappelait constamment une telle profanation (Héb. 12:16). En même temps, cette généalogie représente celle du monde en contraste avec la famille de la foi, le peuple de Dieu, dont la Parole continue de nous occuper en présentant, dans les chapitres suivants, en type, le Seigneur Jésus, dans l’histoire de Joseph. L’histoire du monde doit être terminée et mise de côté pour faire place à Christ. C’est ce qui arrivera à la fin. C’est ce que nous voyons ici dans ce livre de la Genèse, qui nous donne en type et en figure toutes les voies de Dieu telles que les Écritures les révèlent. Nous trouvons dans ces Écritures le monde et la famille de la foi, dans laquelle le Seigneur a pris place au moment voulu de Dieu.
Dès la chute, nous trouvons ces deux classes: le monde, qui a pour origine et caractère la désobéissance à Dieu; et la famille de la foi, qui croit Dieu, ce Dieu qui est venu révéler Ses pensées de grâce dès l’apparition du péché, ce que nous avons vu au chapitre 3. Non seulement le monde est formé par la désobéissance de nos premiers parents, mais aussi par le rejet des moyens de salut que Dieu a donnés à l’homme pécheur depuis la chute. C’est ce qui le caractérise, du commencement de l’histoire de l’homme à la fin, dans toutes les phases de l’histoire de l’homme. Dieu enseigna à Adam et à Ève comment ils pouvaient subsister devant Lui, une fois que le péché fut entré dans le monde. Leurs deux premiers enfants, instruits l’un comme l’autre des pensées de Dieu révélées à leurs parents, présentent les caractères des deux classes de personnes qui ont existé dès lors. Abel, mis à mort par la haine de son frère, est remplacé par Seth, chef de la famille de la foi. Caïn, désobéissant à Dieu et à ses parents, devenu meurtrier, est le fondateur du monde tel qu’il est décrit à la fin du chapitre 4, avec tous les caractères qu’il porte aujourd’hui. Voilà comment fut formé le monde antédiluvien. Une chose que nous avons déjà remarquée en lisant le chapitre 4, et que nous retrouvons dans notre chapitre, c’est que Dieu, lorsqu’Il parle du monde, dit ce qu’il a fait, ses actes, sa grandeur, comme au chapitre 4:17-24. Tandis qu’au chapitre 5, où nous trouvons la famille de la foi, il n’est question que ce qu’Énoch a fait: Il marcha avec Dieu. Mais cela ne brille pas pour le monde; ce n’est pas une action d’éclat, pour l’homme. Mais les grandes choses de ce monde, qui ont de l’apparence pour l’homme, ne sont que vanité; elles finissent toutes. Tandis que les œuvres des croyants, les œuvres de foi, sont inscrites dans le ciel, où elles seront vues éternellement; elles ne se publient pas sur la terre. Dieu en parle quelquefois, lorsque c’est nécessaire, comme dans l’épître aux Hébreux chapitre 11. Mais Dieu parle plutôt de leurs manquements, comme nous l’avons vu avec Jacob, afin que cela nous serve d’instruction. Le monde formé par Caïn, le fils désobéissant, se termina par le déluge.
Lorsqu’un monde nouveau recommença, ce fut avec un homme de Dieu, Noé, et sa famille. De nouveau, au lieu de suivre leur père dans sa marche avec Dieu, un seul se trouve chef de la généalogie des hommes de foi. De la descendance de Cham, le plus coupable, il est parlé de l’un d’eux, «puissant sur la terre», fondateur du royaume de Babel; d’autres, fondateurs de grandes villes (chap. 10:6-20). C’est la grandeur selon le monde qui est rappelée; c’est la puissance sur la terre, dont il ne restera rien. Puis ce qui caractérisa ce monde-là, ce fut l’idolâtrie, Dieu remplacé par les démons (voir Jos. 24:15 — 1 Cor. 10:19-21). Dieu laissa ce monde-là de côté, et Il appela Abraham, afin d’avoir un peuple qui gardât la connaissance du vrai Dieu. Isaac marcha sur les traces de son père, et il eut deux fils: Jacob et Ésaü. Jacob, malgré sa marche peu conséquente avec sa position, avait la foi; il appréciait les bénédictions de Dieu. Ésaü, comme nous l’avons vu, préféra un potage de lentilles à son droit d’aînesse et marcha dans l’impiété. Il avait su qu’Abraham ne voulait pas pour Isaac une épouse d’entre les Cananéennes; mais, comme Caïn, il ne tint pas compte de ce que pouvaient lui enseigner ses parents. Il prit des femmes du pays, de ce peuple sur lequel les jugements de Dieu allaient tomber lorsque son iniquité serait à son comble (chap. 15:16). Hélas! Combien de fois une telle inconséquence ne s’est-elle pas renouvelée dans les familles chrétiennes, où l’on voit des enfants s’unir par le mariage à des personnes du monde, sur lequel les jugements de Dieu sont suspendus depuis qu’il a crucifié Son Fils bien-aimé.
Il est triste de constater que les hommes qui sont chefs de familles d’où est issu le monde, comme Caïn, Cham, Ésaü, sont tous des fils d’hommes de Dieu, auxquels Dieu s’était particulièrement révélé, avec des ressources de grâce suffisantes pour marcher devant Lui. C’est pourquoi ils sont, à double titre, appelés «les fils de la désobéissance» (Col. 3:6); désobéissant à Dieu en désobéissant à leurs parents. Cela fait ressortir combien l’insoumission à la volonté de Dieu est puissante dans le cœur de l’homme. Malgré la position privilégiée des enfants des chrétiens, ils peuvent en sortir pour faire leur propre volonté. Les enfants des chrétiens sont placés avec leurs parents, hors du monde; et, s’ils n’écoutent pas leurs enseignements, ils sortent d’une position privilégiée pour entrer dans le monde, ce qui les rend beaucoup plus coupables que le monde dans lequel ils entrent, et où ils peuvent engendrer toute une génération mondaine. Ils peuvent quelquefois réussir selon le monde, et croire voir en cela une approbation de Dieu; mais pour arriver à quelle fin?
Ésaü crut atténuer sa faute en prenant pour troisième femme une fille d’Ismaël, sous prétexte qu’elle était petite-fille d’Abraham; mais elle n’avait pas de part à l’héritage du fils de la promesse. Ces femmes furent une amertume d’esprit pour Isaac et Rebecca (chap. 26:35). C’est donc de sa descendance que le chapitre 36 nous donne la description, dans laquelle nous avons une figure du monde.
Ésaü ne voit aucune raison de rester dans le pays de Canaan où il aurait dû être étranger; mais, ayant vendu son droit d’aînesse, rien ne le rattachait à cette terre. Il veut être chez lui ici-bas. Il veut habiter la terre, comme ceux sur lesquels les jugements vont tomber (voyez Apoc. 3:10; 13:14; 17:2). Il pouvait dire que ses biens et ceux de Jacob étaient trop grands pour qu’ils demeurassent ensemble; mais c’était son cœur qui le conduisait. Il s’en va dans la montagne de Séhir. Il ne choisit pas la plaine, comme Lot. Il lui faut un lieu fort. Séhir était un pays montagneux, naturellement fortifié et fertile. Là, il s’associe au peuple du pays. Un de ses fils y prend une concubine. De cette liaison est issu Amalek, celui dont il est dit qu’il y aura toujours guerre entre Lui et Amalek (Exode 17:8-16). Amalek est une figure de la chair, qui ne se soumet pas à la loi de Dieu, car aussi elle ne le peut pas (Rom. 8:7). C’est pourquoi il y a toujours guerre entre elle et Dieu. Cette génération fournit un peuple renommé pour sa sagesse et son intelligence (Jér. 49:7). Le monde ne manque pas de force et de sagesse selon la chair; mais, séparé de Dieu et au profit de l’homme, c’est nul et doit passer. Il est dit que l’un d’eux trouva des sources chaudes au désert (v. 24); c’est ce que le désert peut fournir en fait de rafraîchissement. Tandis qu’il faut creuser des puits, comme Isaac, pour avoir les eaux rafraîchissantes que le désert ne fournit pas. Il y a aussi, dans cette généalogie, la nomenclature de chefs et de rois, comme dans celle de Cham; des rois qui régnèrent dans le pays d’Édom, avant qu’un roi régnât en Israël (v. 31). Cette mention est significative; elle ne se limite pas au fait historique que ces rois régnèrent avant que Saül ou David règnent en Israël. Le Roi qui doit régner un jour, c’est Christ; Son royaume ne passera pas en d’autres mains. Lorsqu’il sera terminé, Il le remettra à Dieu le Père (1 Cor. 15:24). Et alors, ce sera l’état éternel. Aujourd’hui, ce sont les hommes qui règnent, qui font leur volonté, des actions d’éclat, de grandes choses qui se publient dans le monde entier. C’est le jour de l’homme, auquel succédera le jour du Seigneur. Lorsque Son règne sera établi, ceux qui ne Lui seront pas soumis seront retranchés chaque matin (Ps. 101:8). Pendant le jour de l’homme, ceux qui sont au Seigneur sont étrangers, comme Lui-même. Leurs œuvres sont des œuvres de foi; elles n’ont pas de valeur pour le monde, pas plus que la marche de trois cents ans du juste Hénoc. Les croyants sont du ciel; c’est en vue du ciel qu’ils travaillent; c’est là-haut que leurs œuvres seront mentionnées.
Deux choses caractérisaient Édom et le monde qu’il représente: C’est la désobéissance à Dieu et la haine pour ceux qui Lui obéissent. Édom a été un des plus grands ennemis d’Israël. C’est pourquoi il n’aura aucune part au règne de Christ (voyez le prophète Abdias — Jér. 49:7-13 — És. 34:12-14). C’est remarquable que son jugement, comme celui de Moab et celui des fils d’Ammon, tous deux descendants de Lot, ennemis du peuple de Dieu, aura lieu par la main du résidu de Juda rentré dans le pays (voyez Dan. 11:41, où ils échappent de la main du roi du nord pour tomber entre les mains du résidu juif — És. 11:14 et Mich. 5:7-9). Comme nous l’avons dit, la généalogie d’Édom clôt une division de la Genèse, pour faire place à l’histoire de Joseph, type de Christ, et de Jacob, pèlerin de la foi comme ses pères.
