Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de la Genèse.

Commentaire sur le livre de la Genèse

Samuel Prod'hom

Chapitre 18

L’Éternel apparut à Abraham, qui habitait toujours auprès des chênes de Mamré depuis que Lot avait choisi la plaine du Jourdain. Assis à l’entrée de sa tente, il vit trois hommes qui s’approchaient de lui, et courut au-devant d’eux, et les invita à s’arrêter auprès de lui pour se réconforter, ce qu’ils acceptèrent. Un des trois était l’Éternel, qu’Abraham reconnut aussitôt, quoiqu’Il ne se révélât pas de suite. Il était accompagné de deux anges, tous trois ayant revêtu un corps humain.

L’Éternel venait annoncer à Abraham deux choses importantes: premièrement, la naissance d’Isaac, et les jugements qui allaient tomber sur les villes de la plaine. L’Éternel affirme à Abraham que Sara aurait un fils, l’année suivante. Sara, dans la tente, écoutait cela avec un rire de doute, considérant toujours les choses à vue humaine; tandis qu’Abraham, en entendant la déclaration de l’Éternel au chapitre précédent (v. 17), rit en son cœur d’un rire de satisfaction, en croyant ce que l’Éternel lui disait, puisque c’est ce qui donna le nom de son fils (voir la note de ce verset). Mais, au chapitre 21:6, Sara eut un rire de bonheur, en disant: «Dieu m’a donné lieu de rire; quiconque l’entendra rira avec moi». L’Éternel répondit au rire de Sara en disant: «Y a-t-il quelque chose qui soit trop difficile pour l’Éternel? Au temps fixé, je reviendrai vers toi…, et Sara aura un fils». Se voyant reprise, Sara nia avoir ri, car elle eut peur. Mais l’Éternel lui dit: «Non, car tu as ri». On voit avec quelle condescendance l’Éternel s’entretenait avec Abraham et Sara, supportant leurs doutes durant cette époque dans laquelle Il les formait et fortifiait leur foi; car, malgré ses doutes, Sara avait la foi. En Héb. 11:11, il est dit: «Par la foi, Sara elle-même aussi reçut la force de fonder une postérité, et cela, étant hors d’âge, puisqu’elle estima fidèle celui qui avait promis». Plus tard, lorsque Dieu se fut plus pleinement révélé, Il ne supporta pas l’incrédulité au même degré chez ceux auxquels Il parlait. Zacharie, le père de Jean le baptiseur, fut muet une année pour avoir exprimé un doute lorsque l’ange lui annonça la naissance de son fils (Luc 1:18-22). Ananias et Sapphira moururent pour avoir menti à l’Esprit Saint (Actes 5). Comme nous l’avons déjà remarqué, la responsabilité du croyant est en rapport avec le degré de révélation que Dieu a faite de Lui-même. Pour le chrétien, cette révélation est parfaite. Aussi sa responsabilité est grande, étant en rapport avec un si merveilleux privilège. Abraham avançait donc vers la réalisation de la grande promesse de Dieu. Elle était grande en effet, car Isaac était un type de Christ sur lequel reposait, de la part de Dieu, l’accomplissement de tous les conseils de Dieu pour la terre et les cieux; ce que l’Éternel confirme encore à Abraham, après le sacrifice d’Isaac, chapitre 22:15-18; que l’apôtre rappelle en Gal. 3:16, disant: «et à ta semence, qui est Christ». Christ est le grand sujet de la Parole, depuis qu’Il est annoncé comme Celui qui briserait la tête du serpent jusque dans l’éternité. Après cette communication si importante au sujet du fils de la promesse, vient ce qui concerne le monde.

«Et les hommes se levèrent de là, et regardèrent du côté de Sodome; et Abraham allait… leur faire la conduite». Après la révélation de la grâce vient celle du jugement. Pendant le temps de la grâce, nous jouissons des heureux résultats de la venue du vrai Fils de la promesse; et bientôt, Dieu regardera du côté du monde, envers lequel Il prend patience depuis longtemps, comme Il regarda du côté de Sodome, pour exécuter Ses jugements. L’Éternel dit: «Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire, puisque Abraham doit certainement devenir une nation grande et forte, et qu’en lui seront bénies toutes les nations de la terre? Car je le connais, et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel, pour pratiquer ce qui est juste et droit, afin que l’Éternel fasse venir sur Abraham ce qu’il a dit à son égard». L’Éternel prend deux choses en considération, à l’égard d’Abraham, pour lui dire ce qu’Il va faire: Premièrement, ce qu’il deviendrait selon les promesses qui lui avaient été faites; et deuxièmement, sa conduite fidèle. Ce sont là les grands principes qui doivent gouverner la conduite de tout chrétien, aujourd’hui, pour recevoir les bénédictions de Dieu: Avoir conscience de notre position et de notre glorieuse destinée, et agir en conséquence, individuellement et dans nos maisons. En attendant l’accomplissement des promesses glorieuses, il y a, au milieu de ce monde, la voie de Dieu, qu’il faut suivre en pratiquant ce qui est juste et droit. La marche individuelle des chrétiens et celle de leur maison, découle de la connaissance de leur position céleste; et, si nous sommes conséquents en marchant fidèlement, Dieu nous révélera Ses pensées à tous égards. Dieu devrait pouvoir dire de chacun de nous: «Je le connais, et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel, etc.». Il semble que l’Éternel fasse dépendre l’accomplissement de Ses promesses de la marche d’Abraham, disant: «afin que l’Éternel fasse venir sur Abraham ce qu’il a dit à son égard». Nous avons affaire avec les mêmes principes. Lorsque la Parole présente la responsabilité du croyant, elle parle comme si le salut dépendait de la marche. C’est pourquoi nous trouvons des "si": «Si du moins vous demeurez dans la foi, fondés et fermes, et ne vous laissant pas détourner de l’espérance de l’évangile» (Col. 1:23). «Nous sommes sa maison, si du moins nous retenons ferme jusqu’au bout la confiance et la gloire de l’espérance» (Héb. 3:6, et le reste du chapitre, et le chapitre 4). Lorsqu’il s’agit de la possession du salut, il n’y a pas de "si". La foi saisit l’œuvre que Christ a accomplie, œuvre parfaite; elle se l’approprie. Là, tout est sûr, parce qu’il s’agit de ce que Christ a fait. Mais alors commence la responsabilité de marcher d’une manière qui prouve que l’on possède le salut, que l’on est enfant de Dieu. Si cette marche fait défaut, personne ne peut croire que l’on a la vie de Dieu. Pour faire face à cette responsabilité, il faut se nourrir de la Parole, être occupé du Seigneur, puiser constamment dans la grâce les ressources nécessaires; sans cela, comme il est dit dans ce chapitre 4 aux Hébreux, on parait ne pas atteindre le repos. Quelqu’un a comparé le passage du chrétien dans ce monde à une passerelle jetée au travers d’un fleuve, ayant deux barrières, une se nommant la grâce et l’autre la responsabilité. Il faut les tenir à chaque main pour arriver à l’autre bord. Si l’on ne tient que celle de la responsabilité, on devient légal; on ne peut avancer. Si l’on ne veut que la grâce, l’égoïsme du cœur naturel profiterait de la sécurité qu’elle donne pour se satisfaire, et la marche serait la négation de ce que l’on professe et l’on ne donnerait aucune preuve que l’on arrivera au ciel.

La communion avec Dieu dont Abraham jouissait était si réelle qu’il est appelé «ami de Dieu», en Jacq. 2:23. En És. 41:8, Dieu l’appelle «son ami». En 2 Chr. 20:7, Josaphat, en s’adressant à Dieu, Lui dit: «Abraham ton ami». L’Éternel traitait Abraham en ami, disant: «Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire?». C’est ainsi que le Seigneur agissait avec Ses disciples. Il leur dit: «Je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai ouï de mon Père» (Jean 15:15). Avec l’Église, le Seigneur fait de même. Il ne lui cache pas les jugements qui vont fondre sur ce monde. Elle n’est pas du monde, mais elle doit régner avec son Époux sur ce monde, qui est actuellement dans un si mauvais état; aussi Il lui fait savoir ce qui va arriver. L’Apocalypse commence en disant: «Révélation de Jésus Christ, que Dieu lui a donnée pour montrer à ses esclaves les choses qui doivent arriver bientôt». L’Éternel parle en toute simplicité avec Abraham. Il vient prendre connaissance de la réalité du péché de Sodome et de Gomorrhe avant d’exécuter le jugement, ce qui est Son œuvre inaccoutumée (És. 28:21); tandis qu’Il est toujours prêt à faire grâce, durant Sa longue patience.

«Les hommes se détournèrent de là, et ils allaient vers Sodome», c’est-à-dire les deux anges qui accompagnaient l’Éternel. «Et Abraham se tenait encore devant l’Éternel». Ce patriarche use de la grande liberté que lui donnait l’intimité avec laquelle l’Éternel conversait avec lui pour intercéder en faveur des justes qui pouvaient se trouver dans Sodome, sachant bien que Lot y était. Il en appelle à la justice de Dieu, disant: «Le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste?». De cinquante qu’il supposait y avoir au début de son intercession, il descend à dix et, n’osant aller plus loin, il s’arrête. Hélas! Il n’y en avait pas dix; il y en avait un le juste Lot, qui était «accablé par la conduite débauchée de ces hommes pervers… et tourmentait de jour en jour son âme juste, à cause de leurs actions iniques» (2 Pierre 2:7-8).

Nous voyons en Abraham et Lot les deux extrêmes de la vie que l’on peut rencontrer chez des croyants. Celui qui croit Dieu et dont la foi gouverne la conduite jouit d’une pleine communion avec Dieu, reçoit Ses révélations quant à ses propres bénédictions et celles concernant le jugement du monde; et, jouissant d’une si grande communion avec Dieu, il peut intercéder pour ceux qui ont choisi leur part dans ce monde. Tandis que celui qui, tout en étant appelé un juste, a voulu sa part dans ce monde, n’a autre chose, en fait de vie spirituelle, que de tourmenter son âme en vivant au milieu des pécheurs, et perd tout ce qu’il possède, parce qu’il ne possède que des choses qui se voient. Elles ne sont que pour un temps bien court et disparaissent sous le jugement qui atteint le monde et le détruit. Sérieuse leçon pour nous tous! 

À suivre