Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur l'épitre aux Hébreux.

Epître aux Hébreux

FB Hole

Chapitre versets 20 à chapitre 12 verset 1

12.6 - Ch. 11:20-22. Isaac Jacob et Joseph

Après Abraham, on a la mention d’Isaac, Jacob et Joseph. Dans chacun de ces trois cas, un seul détail de leur vie est mentionné, et dans deux de ces trois cas, ce détail concerne la fin de leur vie. En lisant la Genèse, il est difficile de reconnaître une foi quelconque dans la bénédiction qu’Isaac accorda à ses fils, et il se peut que nous n’en voyions guère dans la manière dont Jacob bénit ses petits-fils ; mais l’œil perçant de l’Esprit de Dieu discerne la foi, et Il la note pour notre encouragement. S’Il n’avait un œil aussi perçant, discernerait-Il de la foi dans les détails de nos vies ? On peut bien se le demander.

Le cas de Joseph est à part. L’Égypte était le pays de sa gloire, mais il savait par la foi que Canaan devait être le pays de la gloire du Messie, c’est pourquoi il commanda qu’en définitive ses os ne reposent pas en Égypte mais en Canaan.

 

12.7 - Ch. 11:23-28

Le verset 23 parle plutôt de la foi des parents de Moïse que de celle de Moïse lui-même. La foi de Moïse occupe les versets 24 à 28. La première grande manifestation de sa foi fut quand il refusa de continuer à vivre dans les splendides circonstances où la providence de Dieu l’avait placé. En face de l’alternative de souffrir avec le peuple de Dieu ou de jouir des plaisirs temporaires du péché, il choisit délibérément la première option. Il choisit de partager le sort du peuple de Dieu, bien qu’il sût que, ceux-ci n’étant alors qu’un peuple d’esclaves opprimés, il n’y avait que de l’opprobre à en attendre. Or il estima cet opprobre comme un trésor, et même un trésor plus grand que ceux de l’Égypte, et les récentes découvertes nous disent quelque chose de la grandeur de ces trésors. L’opprobre que Moïse endura avait le caractère d’opprobre de Christ, dans la mesure où il était une image, certes faible, de l’abaissement infiniment plus grand de Christ quand Il descendit du ciel et s’identifia avec un peuple pauvre et repentant sur la terre, ce que nous voyons par exemple en Matthieu 3:13-27.

Nous avons vu que dans le cas d’Abraham la foi agissait comme un télescope, faisant voir des choses qu’il n’aurait jamais vues autrement. Nous découvrons maintenant dans le cas de Moïse qu’elle agit comme un appareil à rayons X, faisant paraître des choses sous jacentes et lui permettant de voir à travers la gloire clinquante de l’Égypte. Il put ainsi arriver à la vraie racine des choses, et il trouva que la « rémunération » était la seule chose digne d’être considérée. C’est évidemment ce qui le gouverna tout au long de sa carrière remarquable.

En voyant la récompense divine, il était en mesure d’avoir une estimation correcte des trésors de l’Égypte, et il les situa bien au-dessous de l’opprobre de Christ. Si la gloire de l’Égypte ne peut être comparée à l’opprobre de Christ, que sera-t-elle par rapport à la gloire de Christ ? L’œil pénétrant de la foi menait à l’estimation de la foi, et celle-ci à son tour menait au choix de la foi et au refus de la foi.

12.8 - Ch. 11:29-38

De Moïse, nous passons au peuple d’Israël au verset 29, et à Josué au verset 30 (bien qu’il ne soit pas nommé) ; au v. 31 nous arrivons à Rahab, une Gentile, d’une race maudite, qui plus est. S’il n’y avait pas eu ce verset, nous n’aurions jamais discerné que la foi était le motif de ses actions et de ses paroles. En lisant Josué 2, nous aurions pu supposer qu’elle était une femme de faible moralité et sans principe, soucieuse d’échapper au sort qui l’attendait. Mais en fait, ses yeux avaient été ouverts pour voir Dieu. Les Cananéens ne voyaient qu’Israël. « La terreur de votre nom est tombée sur nous », dit-elle, « et tous les habitants du pays se fondent devant vous » (Josué 2:9). Cependant son attitude était celle-ci : « Je sais que l’Éternel vous a donné le pays ». Voilà la foi, et ses actions exprimaient le fait qu’elle osait se mettre du côté du Dieu d’Israël. Cette foi courageuse n’eut pas de la souffrance pour effet, puisque Dieu intervint sur le champ en puissance.

En général, cependant, Dieu n’intervient pas sur le champ, et alors il s’ensuit de la souffrance. Ainsi, après la mention de Rahab, il y a une liste de noms au verset 32, et ensuite d’autres récits des triomphes de la foi, spécialement des souffrances de la foi. Des multitudes de saints dont le monde n’était pas digne, ont traversé toutes les formes imaginables de persécutions et de souffrances. Ils l’enduraient, n’acceptant pas la délivrance qu’ils auraient pu avoir par abjuration ou par des compromis. La foi souffrait, mais elle les fait passer au travers de ces souffrances.

12.9 - Ch. 11:39-40

Le verset 39 nous ramène au point de départ au verset 2. Ils reçurent un bon témoignage quand leur temps fut terminé. Ils sortirent de l’école de Dieu comme un ouvrage achevé. Une indication de la récompense qui les attend pour le jour de la grande « distribution des prix » est fournie par l’affirmation (10:38) que, bien qu’ils aient soufferts de la part du monde, le monde n’était pas digne d’eux. Ils lui étaient infiniment supérieurs.

Et pourtant aucun d’eux ne reçut les choses promises. En temps voulu, selon le sage plan de Dieu, un autre groupe devait être rassemblé et constitué, dont il est parlé dans le « nous » du dernier verset (10:40). Notez le contraste entre le « ils » et le « nous » — entre les croyants de l’Ancien Testament et ceux du Nouveau Testament. Les croyants de jadis avaient beaucoup, mais « quelque chose de meilleur » est réservé aux chrétiens, et nous atteindrons tous ensemble la perfection finale en gloire. La perfection en gloire des croyants de l’Ancien Testament attend que l’église soit complète et que le Seigneur vienne.

Ce verset établit très clairement que le peuple de Dieu se répartit en plusieurs familles. Les saints de l’Ancien Testament en forment une, les chrétiens une autre. Les saints du « siècle à venir », quand l’église aura été enlevée, en formeront une troisième. Nous trouvons divers groupes, ou familles, distingués dans des passages comme Apocalypse 4:9-11 ; 7:3-8 ; 7:9-17 ; 14:1-5 ; 19:7,9. Beaucoup de ce qui les distingue dépend de la révélation de Dieu à la lumière de laquelle ils ont vécu, et du propos de Dieu à leur égard selon lequel est l’appel dont ils ont été appelés. Ici cependant, le contraste est entre ce que Dieu s’est proposé pour les saints qui vécurent avant la venue de Christ, et pour ceux qui ont le grand privilège de vivre après.

Dans le christianisme, ce « quelque chose de meilleur » a été mis au grand jour. En effet le mot « meilleur » est caractéristique de cette épître puisque, comme nous l’avons vu, le grand but de cette épître est de montrer que le vrai christianisme transcende complètement le judaïsme. Nous avons déjà eu devant nous un meilleur apôtre, un meilleur sacrificateur, une meilleure espérance, une meilleure alliance, de meilleures promesses, un meilleur sacrifice, des biens meilleurs, une meilleure patrie et une meilleure résurrection. Parcourez les chapitres et notez ces choses pour vous-mêmes.

13 - Chapitre 12

13.1 - Ch. 12:1

Dès les premiers mots du chapitre 12, nous nous trouvons en face de l’application à nous-mêmes de tout ce qui a précédé au chapitre 11. Tous ces héros de la foi de l’Ancien Testament sont autant de témoins, pour nous, de la vertu et de l’énergie de la foi. Ils nous poussent à courir la course de la foi aujourd’hui, comme eux l’ont fait autrefois.

En 1 Corinthiens 9, la figure d’une course est appliquée au service chrétien ; ici il s’agit de la vie chrétienne. C’est une image très pertinente puisque la course requiert de l’énergie, de la concentration et de l’endurance. Voilà pourquoi nous avons ici l’exhortation à courir avec patience, et la « patience » a ici le sens d’endurance. La vie chrétienne normale ne ressemble pas à un sprint court de 100 mètres, mais plutôt à une course sur une longue distance, pour laquelle l’endurance est le facteur décisif.

Sur ce sujet de l’endurance, des symptômes inquiétants se manifestaient chez ces croyants Hébreux, comme la dernière partie du ch. 10 l’a montré. Le verset 10:36 commence ainsi : « Car vous avez besoin de patience ». Il est alors fait mention de la foi comme du principe énergisant de la vie chrétienne, puis cela est suivi par le long développement sur la foi au ch. 11. Ainsi, ce ch. 11 est une sorte de parenthèse, et au verset 12:1, nous revenons à ce que l’on peut appeler la ligne principale de l’exhortation.

Nous ne pouvons courir la course avec patience que si nous mettons de côté tout fardeau et le péché qui nous enveloppe. Le péché est un obstacle très efficace. Il est comme une entrave dans laquelle on se prend les pieds, et qui fait tomber. Mais les fardeaux sont mentionnés en premier lieu, comme s’ils étaient, après tout, le plus grand obstacle. Beaucoup de choses ne peuvent en aucune façon être cataloguées comme des péchés, mais se révèlent être des fardeaux pour un chrétien sérieux ; pareillement il y a beaucoup de choses tout à fait justes, et permises à des gens ordinaires, mais qu’un athlète doit laisser. Il se dépouille de tout ce qui peut gêner ses progrès pour atteindre le but. Or tout chrétien devrait se considérer comme un athlète spirituel, comme 2 Timothée 2:5 le montre également.

A suivre