Lectures hebdomadaires
Vous trouverez chaque semaine, sous cette rubrique, un commentaire sur le livre de la Genèse.
Commentaire sur le livre de la Genèse
Chapitre 29 à 30:21
Toute l’histoire de Jacob est une illustration de la manière dont Dieu exerce la discipline envers les Siens. Nous devons subir les conséquences de nos manquements; c’est inévitable. Mais Dieu s’en sert pour faire notre éducation spirituelle. Nous Le voyons derrière la scène, dirigeant les circonstances en faveur de Jacob, ne poursuivant qu’un but d’amour, pour tout amener à bonne fin. Cette histoire de Jacob est très instructive pour nous, qui lui ressemblons à tant d’égards malgré une connaissance infiniment plus grande de Dieu que n’avait pas ce patriarche, ce qui augmente beaucoup notre responsabilité. Nous pouvons souvent L’invoquer, comme au psaume 84:8: «Éternel, Dieu des armées! écoute ma prière; Dieu de Jacob! prête l’oreille». Jacob avait vu l’Éternel des armées se tenant sur l’échelle et il avait été l’objet de Ses soins fidèles. Nous Le connaissons comme notre Dieu et notre Père; à plus forte raison pouvons-nous nous confier en Lui.
Jacob atteignit le pays des fils de l’orient, et il rencontra près d’un puits des hommes qui purent le renseigner au sujet de Laban. Sur ces entrefaites arriva Rachel, qui venait abreuver le bétail de son père. Ils firent connaissance. Jacob, expatrié dans de pénibles circonstances, est ému en rencontrant un membre de la famille de son père et de sa mère. Rachel courut raconter à son père qu’elle avait rencontré Jacob, et Laban le fit entrer dans sa maison.
Cette rencontre ressemble à celle que fit Éliézer près d’un siècle auparavant, mais avec une grande différence. Éliézer, nous l’avons remarqué, marchait conduit par l’Éternel, avec la conscience de Sa présence et jouissant de Sa communion. Sa rencontre avec Rebecca auprès de la fontaine est une réponse à sa prière (chap. 24:11-25). Se voyant exaucé (v. 26-27), il se prosterne devant l’Éternel et Lui rend grâces. Lorsqu’il reçoit la réponse de Bethuel au sujet de Rebecca, il se prosterne encore devant l’Éternel avant de manger. Tandis que Jacob, effrayé par la présence de l’Éternel à Béthel, ne peut y demeurer ni la faire intervenir. Mais, s’il arrive directement à la famille de sa mère, comme Éliézer l’avait fait, c’est qu’il était l’objet du service des anges qu’il avait vus, montant et descendant sur l’échelle, et de la fidélité de l’Éternel qui lui avait dit: «Je suis avec toi; et je te garderai partout où tu iras». De son côté, aucune communion, pas de prières, pas d’actions de grâces. Il est l’objet inconscient, dans une grande mesure, de la bonté et de la fidélité de Dieu. Les voyages de ces deux hommes, dans des circonstances semblables, illustrent clairement la marche du croyant qui réalise toujours la présence de Dieu et qui demeure sous Sa dépendance, et celle d’un croyant, aussi objet des soins de Dieu, mais inconscient de Sa présence et de Sa bonté qui le suivent pas à pas. Outre cela, il y a le fait que Jacob était sous la discipline de Dieu, conséquence de ses manquements. Mais la présence de l’Éternel à Béthel et l’assurance de Ses promesses auraient dû l’amener à la confession de ses fautes, et le placer dans une dépendance intelligente de son Dieu, qui l’aurait gardé dans Sa paix et dans la fidélité tout le long de son pèlerinage. Car si, en étant sous la discipline du Seigneur, sous les conséquences de nos manquements, nous avons à confesser nos péchés, nous pouvons jouir de Sa communion et être en paix.
Un mois s’était écoulé depuis l’arrivée de Jacob chez Laban, lorsque celui-ci lui dit: «Parce que tu es mon frère, me serviras-tu pour rien? Dis-moi quel sera ton salaire?»; paroles qui semblent provenir d’un cœur bienveillant et désintéressé. Mais, comme la suite le prouvera, Laban, type de l’homme du monde, fort intriguant en vue de ses avantages matériels, veut, au contraire, tirer un parti avantageux de son frère. Mais il avait affaire avec un ressortissant de la même famille, ayant les mêmes dispositions naturelles; et ce ne fut dès lors qu’une série de marchés, qui auraient toujours été défavorables à Jacob, malgré son habileté et les ruses de sa nature commerçante, si la main de Dieu n’avait pas dirigé les circonstances en sa faveur.
Jacob aimait Rachel, et il offrit à Laban de le servir sept ans pour l’obtenir en mariage, ce que Laban accepta. Les sept ans parurent comme peu de jours, tant il aimait Rachel. Ce temps accompli, Jacob fit la pénible expérience de ce que dit la Parole en Matt. 7:2: «De la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré». Laban le trompa en lui donnant Léa pour femme au lieu de Rachel, sous prétexte que ce n’était pas la coutume, dans le pays, de donner la plus jeune avant l’aînée. Mais Léa étant moins belle que sa sœur, Laban était plus sûr de la marier; mais, au-dessus de cette considération, il avait calculé qu’il obtiendrait encore sept années de travail de Jacob, puisqu’il aimait Rachel. Combien ce procédé indigne devait reporter les pensées de Jacob au jour où il supplanta son frère en trompant son père. Il se résigna à en porter les conséquences en travaillant encore sept ans pour avoir la femme qu’il aimait, que Laban lui donna aussitôt. On remarque, dans toute cette histoire de Jacob, qu’il acceptait les circonstances pénibles par lesquelles il passait sans murmurer; ce qui fait voir que, malgré tout, il reconnaissait la main de Dieu en discipline, comme conséquence de ses fautes.
En donnant ses filles à Jacob, Laban donna à chacune une servante, qui contribuèrent toutes deux à former la postérité de Jacob. Dieu le permit ainsi. Du verset 31 au verset 24 du chapitre 30, nous avons l’histoire détaillée de la naissance des onze fils de Jacob, dont Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issacar et Zabulon par Léa, qui enfanta aussi Dina; Dan et Nephthali de Bilha, servante de Rachel; Gad et Aser de Zilpa, servante de Léa; puis finalement Joseph, de Rachel, la femme aimée, mais qui était stérile. Joseph est un type de Christ; comme celle d’Isaac, sa naissance eut lieu par l’intervention de Dieu. Benjamin, qui est aussi un type du seigneur, naquit plus tard, près de Bethléem (chap. 35:16-20).
Il y a quelque chose de pénible dans le récit de la formation de cette famille, une sorte de lutte avec la nature, sauf pour Joseph, que Rachel reçut en réponse à ses prières (v. 22). Tout se ressent des circonstances dans lesquelles Jacob se trouvait.
Il est difficile de tirer un enseignement de la manière dont ces naissances ont eu lieu; ou plutôt, nous ne sommes pas capables de le découvrir. Un frère qui a écrit sur ce sujet dit que les fils de Léa représentent Israël dans le temps où il a habité dans le pays; ceux des servantes le représentent dans son état actuel de servitude au milieu des nations; et ceux de Rachel dans son état futur, sous les bénédictions promises aux pères.
