Lectures hebdomadaires

Vous trouverez chaque vendredi, sous cette rubrique, un commentaire sur ,'évangile selon Marc.

Évangile selon Marc

F.B. Hole

Chapitre 9, versets 1 à 29

Ces paroles ont dû être un grand coup pour les disciples, si peu qu’ils en aient saisi la portée. C’est pourquoi le Seigneur, tenant compte de cela dans la tendresse qu’il avait pour eux, se met à leur donner toute assurance nécessaire quant à la réalité de la gloire à venir. Ils avaient espéré que le royaume de Dieu viendrait avec puissance et gloire de leur vivant, et cette illusion étant dissipée, ils risquaient facilement de tirer hâtivement cette conclusion qu’il ne devait pas venir du tout. Alors les trois disciples qui semblent être au premier plan parmi eux sont menés à l’écart sur une haute montagne, afin qu’ils soient témoins de la transfiguration du Seigneur. Là, ils voient le royaume de Dieu venant avec puissance, non pas dans sa plénitude, mais comme un échantillon. Il leur est accordé d’en avoir la vision à l’avance.

Dans le premier chapitre de sa seconde épître, Pierre nous montre l’effet que cette scène a eu sur lui. Il avait été témoin oculaire de la majesté de Christ, et par cela il savait que sa puissance et la promesse de sa venue n’étaient pas une fable ingénieusement imaginée, mais un fait glorieux, et ainsi la parole prophétique était rendue «plus ferme», ou était «confirmée». Il savait, et nous pouvons savoir, que pas un iota ou un seul trait de lettre de ce qui a été annoncé, concernant la gloire du royaume à venir de Christ, ne manquera.

Cette scène de la transfiguration elle-même était une prophétie. Christ doit être le centre resplendissant de la gloire du royaume, comme il l’a été au sommet de la montagne. Les saints seront avec lui dans des conditions célestes, tout comme l’étaient Moïse et Élie, certains d’entre eux ensevelis puis ressuscités et appelés par Dieu comme Moïse, d’autres enlevés au ciel sans mourir comme Élie. Dans le royaume il y aura également des saints en bas sur la terre, jouissant de bénédictions terrestres dans la lumière de la gloire céleste, comme les trois disciples étaient conscients qu’ils avaient une bénédiction, durant cette brève vision. Cela se passa «après six jours», et six personnes seulement étaient présentes; donc tout était à une échelle réduite et incomplète, cependant l’essentiel s’y trouvait.

Pierre, prêt à parler comme toujours, laisse échapper ce qu’il croit être un compliment, mais qui en réalité est tout autre chose. Cette scène de gloire ne pouvait pas se prolonger sur la terre, et ni Christ, ni même Moïse et Élie, ne pouvaient être mis dans les limites étroites de tentes terrestres. Mais plus grave que cette erreur était la pensée que Jésus n’était que le premier parmi les plus grands des hommes. Il n’est pas le premier parmi les grands, mais «le Fils bien-aimé» du Père, parfaitement unique, sans aucune commune mesure, au delà de toute comparaison. On ne peut pas, dans la même seconde, parler de quelqu’un d’autre et de lui. Il est à part. C’est ce que déclare la voix du Père, ajoutant que Jésus est celui qu’on doit écouter.

La voix du Père a été très rarement entendue par des hommes. Le Père a parlé au baptême de Christ, et à nouveau maintenant il parle, lors de sa transfiguration, ajoutant cette fois-ci: «Écoutez-le». Depuis lors, sa voix n’a jamais été entendue par les hommes de façon intelligible. Le Fils est le porte-parole de la divinité et c’est lui que nous devons écouter. Dieu a parlé autrefois par les prophètes, Moïse et Élie; maintenant il a parlé en son Fils bien-aimé. Cela exclut Pierre, ainsi que Moïse et Élie, ce qui est important quand nous nous souvenons de ce que le système catholique romain a fait de Pierre et de sa prétendue autorité. Dans cette circonstance, Pierre a montré de nouveau qu’il était encore exactement comme l’homme dont la vue était brouillée et qui voyait des hommes comme des arbres qui marchaient.

La voix du Père n’a pas plus tôt exalté son Fils bien-aimé, que toute la vision disparaît, et qu’il ne reste plus que Jésus avec les trois disciples. Les saints disparaissent, mais Jésus reste. Ces mots: «Ils ne virent plus personne, sinon Jésus seul» ont beaucoup d’importance. Si nous tendons vers cela dans notre vie spirituelle, nous ne serons plus semblables à un homme qui voit les hommes tels des arbres qui marchent, mais nous serons comme a été cet homme après avoir été touché une seconde fois, nous verrons toutes choses clairement. Jésus occupera tout notre champ de vision en ce qui nous concerne, et tout ce qui est de l’homme sera éclipsé.

Tout cela a été révélé aux disciples, comme nous le montre le verset 9, en vue d’un temps où sa mort et sa résurrection seront accomplies. C’est seulement alors qu’ils comprendront tout cela, illuminés par le Saint Esprit, et qu’ils pourront efficacement s’en servir pour témoigner. Mais avant, ils ne comprennent même pas ce que «ressusciter d’entre les morts» signifiait vraiment, comme le montre le verset suivant. La résurrection des morts ne les aura pas intrigués de façon particulière; c’est cette résurrection «d’entre» les morts, qui a eu lieu pour la première fois avec Christ, qui soulève de telles questions. La première résurrection des saints, la résurrection de vie, est du même ordre. N’y en a-t-il pas beaucoup qui s’appellent chrétiens, et qui se posent aujourd’hui bien des questions à ce sujet?

La question des disciples quant à Élie et l’annonce de sa venue est naturellement née dans leur esprit à la suite de la scène de la transfiguration. Le Seigneur s’en sert pour diriger encore une fois leurs pensées vers sa propre mort. En ce qui concerne la première venue du Seigneur, le rôle d’Élie avait été joué par Jean le baptiseur, et sa mise à mort indiquait bien ce qui devait arriver à celui qui était plus grand que lui et dont il était le précurseur.

La scène sur la haute montagne se termine rapidement, mais il n’en est pas ainsi des scènes de péché, de misère et de souffrance de l’humanité qui remplissent les plaines en bas. Il fallait que, des hauteurs, ils descendent aux abîmes, pour trouver les autres disciples qui ont perdu la bataille et qui sont très inquiets en l’absence de leur Maître. Dès que Jésus apparaît, les foules sont saisies d’étonnement, et tous les regards quittent les disciples affolés pour se porter sur le Maître, serein, et qui, à lui seul, peut répondre à tout. L’instant d’avant, les scribes avaient posé des questions embarrassantes aux disciples; maintenant c’est Jésus qui interroge les scribes, invite le père troublé à la confiance et montre qu’il suffit à tout.

Heureux le saint qui peut apporter quelque chose de la grâce et de la puissance de Christ dans ce monde troublé! Toutefois, il nous faudra attendre sa venue et le royaume, pour voir pleinement accompli ce que cette scène annonce. Alors seulement il transformera le monde entier, et fera passer son peuple éprouvé et troublé, de la défaite et de l’inquiétude au calme de sa présence, dans une victoire complète et manifestée.

Il y avait eu une manifestation particulière de la gloire de Dieu dans la scène paisible au sommet de la montagne, tandis qu’au pied de la montagne la sombre puissance de Satan s’était déployée avec toute la confusion qu’elle apporte. Un garçon possédé du démon, un père déçu et égaré par la douleur, des disciples abattus après leur échec, des scribes qui ne répugnent pas à exploiter en leur faveur cette circonstance. Le Seigneur arrive au milieu de tout cela et tout est changé.

D’abord il met le doigt là où se trouvait la racine de l’échec. Ils étaient une génération incrédule. La racine était l’incrédulité. Cela était vrai pour ses disciples comme pour les autres. Si leur foi avait pleinement saisi qui il était, ils n’auraient pas été déconcertés par cette épreuve, pas plus que lorsqu’il s’était agi de nourrir les multitudes. Ils étaient encore comme l’homme du chapitre 8, avant de voir toutes choses clairement.

Mais maintenant le Maître lui-même est au milieu d’eux et sa parole est: «Amenez-le moi». Cependant, lorsque le jeune garçon a été amené, le premier résultat est décevant, car le démon le jette à terre dans des convulsions terribles. Mais tout cela arrive pour servir les desseins du Seigneur, car d’un côté cela ne fait que rendre plus manifeste le terrible état dans lequel se trouvait ce garçon, juste avant qu’il soit délivré, et d’autre part cela sert à mettre en évidence les sentiments et les pensées de ce père angoissé. Son cri: «Si tu peux quelque chose, assiste-nous, étant ému de compassion envers nous», révèle qu’il manque de foi dans la puissance de Jésus, en même temps qu’il n’est pas très sûr de sa bonté.

La réponse de Jésus est: «Le «Si tu peux», c’est: «Crois!» Ce qui revient à dire: Il n’y a pas de «si», de mon côté à moi, le seul «si» qui intervient ici est de ton côté. Ce n’est pas: «si je peux faire quelque chose», mais «si tu peux croire». Cela met tout dans la vraie lumière et l’homme le voit en un éclair. En voyant il croit, tout en confessant son incrédulité passée.

Ayant suscité la foi dans cet homme, le Seigneur agit. Son but n’est pas de faire sensation parmi le peuple. Si cela avait été le cas, il aurait attendu que la foule se rassemble. Son but évidemment est d’affermir la foi du père et de tous ceux qui ont des yeux pour voir. Le démon doit obéir, bien qu’il fasse tout le mal qu’il peut avant de relâcher sa proie. Ce déploiement de puissance démoniaque, après tout, ne fait que donner occasion à un plus grand déploiement de puissance divine. Non seulement le garçon est complètement délivré, mais il est aussi délivré pour toujours, puisque le démon reçoit l’ordre de ne plus entrer en lui.

Ayant ainsi manifesté la puissance et la bonté de Dieu, le parfait Serviteur ne recherche pas la popularité parmi les foules, mais se retire dans une certaine maison. Là, dans la tranquillité, ses disciples lui demandent la raison de leur échec, et reçoivent la réponse du Seigneur. Nous ne devrions pas cesser de poser leur question, lorsque nous expérimentons notre faiblesse en présence de l’ennemi. En le faisant, nous recevrons sans aucun doute la réponse même qu’ils ont reçue, comme nous la trouvons au verset 29. Le Seigneur avait déjà déclaré qu’à la racine de leur impuissance, il y avait l’incrédulité. Maintenant il désigne deux autres choses. Non seulement la foi est nécessaire, mais aussi la prière et le jeûne.

La foi indique un esprit de confiance en Dieu, la prière un esprit de dépendance envers Dieu, le jeune un esprit de séparation pour Dieu, sous la forme d’abstinence de choses légitimes. Voilà les choses qui mènent à la puissance dans le service de Dieu. Leurs contraires, incrédulité, confiance en soi, complaisance envers soi-même sont les choses qui amènent à la faiblesse et à l’échec. Ces paroles de notre Seigneur jouent le rôle d’un projecteur sur nos nombreux manquements dans notre service pour lui. Qu’à leur lumière nous considérions nos voies.

À suivre