Lectures hebdomadaires

Jonas

Edward Dennett

Chapitre 1

Caractères du livre

Le livre du prophète Jonas est un livre à part. Sa particularité est qu’il ne contient aucune prophétie. À part le message à Ninive – si on peut l’appeler une prophétie – il n’y a pas trace de ce que Jonas communiquait habituellement. Le fait qu’il ait exercé son ministère ressort clairement d’un seul passage où nous lisons que Jéroboam, fils de Joas, roi d’Israël, « rétablit la frontière d’Israël, depuis l’entrée de Hamath jusqu’à la mer de la plaine, selon la parole de l’Éternel, le Dieu d’Israël, qu’Il avait dite par Son serviteur Jonas, le prophète, fils d’Amitthaï, qui était de Gath-Hépher » (2 Rois 14:25). Aucune autre prophétie n’a été conservée.

En examinant ce livre, nous voyons qu’il ne présente que l’histoire personnelle de Jonas, ou plutôt de sa conduite quand l’Éternel le chargea d’aller crier contre Ninive parce que leur méchanceté était montée jusqu’à Lui. Le livre a donc, pourrait-on dire, le caractère d’une parabole instructive pour nous, prenant comme type « Jonas et son infidélité, et le jugement qui s’en est suivi ». C’est ce caractère qui, à toutes les époques, a rendu ce livre si intéressant dans ses diverses applications.

Les faits

Les faits sont très simples et connus. Envoyé par l’Éternel pour prêcher contre Ninive, Jonas s’enfuit et descend à Joppé ; il trouve un bateau sur le point d’appareiller pour aller à Tarsis ; il paie le prix de sa place et s’embarque « pour aller avec eux à Tarsis, de devant la face de l’Éternel ». Fuir Dieu, telle était la vaine pensée du prophète, comme c’est encore souvent le cas de beaucoup d’enfants de Dieu. L’Éternel envoya une tempête sur la mer, de sorte que le navire était près de chavirer. Face à la mort, les marins terrifiés crièrent chacun à son dieu, et tentèrent d’alléger le navire en jetant leur cargaison par-dessus bord. Pendant ce temps, Jonas, à cause duquel cette «grande tempête» s’était levée, dormait profondément, étant étrangement insensible à la situation. Le capitaine lui fit prendre conscience du danger par ces mots solennels : « Que fais-tu, dormeur ? Lève-toi, crie à ton Dieu ! Peut-être Dieu pensera-t-il à nous, et nous ne périrons pas ». L’équipage, ayant l’idée – sans doute éveillée par la puissance divine – que la cause de la tempête était liée à quelque pécheur parmi eux, procéda alors à un tirage au sort. Dieu était derrière la scène, et Il dirigea le sort qui tomba sur Jonas. Ils lui demandèrent alors la cause du mal qui s’abattait sur eux, quelle était son occupation, d’où il venait, quel était son pays et son peuple. Jonas leur dit toute la vérité, et même qu’il s’enfuyait de devant la face de l’Éternel. Ils furent saisis de crainte en apprenant que Dieu s’occupait d’eux à cause du prophète, et ils demandèrent ce qu’il fallait lui faire. Jonas leur répondit aussitôt que leur seule sauvegarde était de le jeter par-dessus bord. Avec une réelle bonté, ils ne voulurent pas le faire et essayèrent de regagner la terre ; mais ce fut impossible. Aussi, après avoir prié l’Éternel pour ne pas être tenu coupable de sang innocent, ils prirent Jonas et le jetèrent à la mer. L’effet fut immédiat : la mer cessa de se déchaîner. Impressionnés par ce qu’ils avaient vu, ils craignirent beaucoup l’Éternel, offrirent un sacrifice à l’Éternel et firent des vœux. En outre, l’Éternel prépara un grand poisson pour engloutir Jonas. Et Jonas resta dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits.

Telle est la vue d’ensemble du premier chapitre, et nous allons voir maintenant sa signification.

Jonas type de la nation juive

Israël témoin de Dieu, et le monde ennemi du peuple de Dieu. Mission d’Israël

Tout d’abord, Jonas est un type de la nation juive vue sous un caractère particulier. Ninive, il n’y a guère de doute, est un symbole du monde, de la gloire hautaine du monde qui ne reconnaît que sa propre importance – le monde, ennemi juré du peuple de Dieu simplement par orgueil. Comme tel, il était soumis au juste jugement d’un Dieu saint. Israël, en revanche, était le luminaire de Dieu sur la terre, chargé par conséquent de rendre témoignage à Celui et pour Celui qui, par grâce, l’avait appelé, l’avait séparé des autres nations de la terre, et avait fait d’eux Son peuple, et habitait au milieu de Lui entre les chérubins.

Il est écrit en Ésaïe : « Fais sortir le peuple aveugle qui a des yeux, et les sourds qui ont des oreilles. Que toutes les nations soient réunies ensemble, et que les peuples se rassemblent ! Qui d’entre eux a déclaré cela, et nous a fait entendre les choses précédentes ? Qu’ils produisent leurs témoins et qu’ils se justifient, ou qu’ils entendent, et disent : C’est la vérité ! Vous êtes mes témoins, dit l’Éternel, vous et mon serviteur que j’ai choisi, afin que vous connaissiez, et que vous me croyiez, et que vous compreniez que moi je suis le Même : avant moi aucun Dieu n’a été formé, et après moi il n’y en aura pas. Moi, moi, je suis l’Éternel, et hors moi il n’y en a point qui sauve » (Ésaïe 43:8-11). C’était la position donnée par Dieu à Israël au milieu du monde. Dans la mesure où Dieu, l’Éternel avec qui ils avaient été mis en relation, était un Dieu juste « qui a les yeux trop purs pour voir le mal, et qui ne peut contempler l’iniquité », leur mission était de crier contre Ninive (le monde), parce que sa méchanceté était venue jusque devant l’Éternel.

Naufrage moral au lieu de témoignage

Comment ont-ils rempli leur mission ? La conduite de Jonas fournit la réponse. Il s’est levé pour fuir à Tarsis de devant la face de l’Éternel. C’est, en un mot, l’histoire d’Israël en tant que messager de Dieu. Ils aimaient bien que leurs privilèges les exaltent au-dessus des nations environnantes. Cela favorisait leur orgueil ; mais c’était tout autre chose d’accepter la responsabilité de leur position. Rien n’est plus triste que de retracer leur histoire à cet égard, de leur rédemption hors d’Égypte jusqu’à la destruction du temple par Nebucadnetsar. La lumière qu’ils possédaient n’a servi qu’à ce qu’ils s’exaltent et s’attribuent une propre justice, jusqu’à ce que Dieu soit finalement contraint – pour ainsi dire – de s’éloigner d’eux. Non seulement ils ont fui la face de l’Éternel plutôt que de remplir leur mission envers le monde, mais ils ont sombré moralement plus bas que les nations contre lesquelles ils étaient appelés à témoigner. Voir par exemple Jér. 32:25-35 ; Éze. 8 et 9 et 16:44-49, etc. L’Éternel a dit, en effet, par Jérémie : « Courez ça et là par les rues de Jérusalem, et regardez et sachez et cherchez dans ses places si vous trouvez un homme, s’il y a quelqu’un qui fasse ce qui est droit, qui cherche la fidélité, et je pardonnerai à la ville. Et s’ils disent : L’Éternel est vivant ! en cela même, ils jurent faussement » (Jér. 5:1-2).

L’amitié du monde qui amène les châtiments de Dieu

En fuyant de devant la face de l’Éternel à Tarsis, Jonas est donc une image juste d’Israël fuyant Dieu plutôt que d’annoncer Son message au monde. Dans le bateau qui partait de Joppé, offrant au prophète un moyen tout prêt pour la fuite, on peut peut-être voir la façon dont Israël s’est dégradé moralement : Le navire était le moyen de commercer avec les nations ; c’est donc par le commerce qu’ils se sont familiarisés avec les nations du monde ; ils ont alors conformé leurs habitudes et leurs manières aux leurs, et ils ont ainsi perdu leur puissance de témoignage. Comme le prophète, Israël a tourné le dos à l’Éternel au lieu de se tenir devant Lui, et ils ont refusé les avertissements de Sa grâce et de Sa longue patience, et du coup ils sont tombés sous Son châtiment et Son jugement. Dans notre chapitre, ceci est représenté par le grand vent envoyé sur la mer par l’Éternel, et par la grande tempête, de sorte que le navire était sur le point de se briser. Mais la nation coupable était si insensible que les spectateurs, c’est-à-dire, les marins, étaient effrayés et, de peur, criaient chacun à son dieu devant la terrible tempête ; mais ils restaient comme endormis, sans être dérangés par le rugissement de la tempête qui menaçait de les détruire.

Israël devient une occasion de jugement, mais à la fin les nations se tournent vers l’Éternel

Il n’est pas nécessaire d’entrer dans les détails de ce récit typique, tant il expose clairement les relations de Dieu avec Son ancien peuple, sur la base de sa responsabilité comme luminaire dans le monde. Cependant, deux autres points doivent être mentionnés :

● L’infidélité d’Israël entraine aussi les Gentils dans les jugements de Dieu. Au lieu d’être un canal de lumière et de bénédiction, Israël devient une occasion de jugement.

● Deuxièmement, après que la colère du Dieu saint a visité Son peuple, que la cause en a été découverte et que la tempête s’est apaisée, les Gentils se tournent vers le l’Éternel et reconnaissent Sa puissance et Sa gloire.

« Les hommes craignirent beaucoup l’Éternel, et offrirent un sacrifice à l’Éternel, et firent des vœux ». Il en sera de même après l’apparition du Seigneur. « C’est pourquoi attendez-moi, dit l’Éternel, pour le jour où je me lèverai pour le butin. Car ma détermination c’est de rassembler les nations, de réunir les royaumes pour verser sur eux mon indignation, toute l’ardeur de ma colère ; car toute la terre sera dévorée par le feu de ma jalousie. Car alors, je changerai la langue des peuples en une langue purifiée, pour qu’ils invoquent tous le nom de l’Éternel pour le servir d’un seul cœur » (Soph. 3:8-9).

Serviteur de Dieu qui fuit sa mission

Qui fuit-il et où fuit-il ?

La deuxième application de cette histoire concerne le serviteur. En tant que prophète, Jonas était un serviteur de l’Éternel et, comme nous l’avons souligné, il était chargé d’une mission spéciale envers le monde. Son message, conforme à cette dispensation, était un message de jugement, et non de grâce ou de miséricorde. Or il fuyait, non l’opposition de ceux vers qui il était envoyé, mais Celui qui lui avait donné sa mission. Beaucoup de serviteurs, oubliant la source de leur force et le secret de leur sécurité, n’ont pu faire face à la puissance de l’ennemi dans sa forteresse. Or, c’est dans le monde que Jonas a cherché à se cacher de devant Celui qui l’avait appelé à être Son serviteur ! Élie fuyait Jézabel, mais Jonas, répétons-le, fuyait l’Éternel.

Contraste avec le Seigneur Jésus

En cela, il contraste absolument avec notre Seigneur, le témoin fidèle qui a pu dire : « C’est mes délices, ô mon Dieu, de faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au dedans de mes entrailles. J’ai annoncé la justice dans la grande congrégation ; voici, je n’ai point retenu mes lèvres, Éternel ! tu le sais. Je n’ai point caché ta justice au dedans de mon cœur ; j’ai parlé de ta fidélité et de ton salut ; je n’ai point caché ta bonté et ta vérité dans la grande congrégation » (Ps. 40:8-10).

Les effets de ne pas communiquer ce qu’on doit

En revanche, Jonas s’est enfui plutôt que d’annoncer le message de son Dieu ; en fait, la responsabilité du témoignage est toujours le plus grand test. Dans le cas du Seigneur, Son témoignage Lui a suscité la haine farouche du monde (Jean 7:7). Jonas a failli dans ce test, et peut-être à d’autres égards également. La possession de la vérité, si on ne la communique pas, produit toujours l’exaltation de soi et un orgueil pharisaïque ; et quand ces choses sont nourries dans le cœur, il y aura toujours de l’indifférence, voire du mépris pour le bien-être des autres. Jonas était Juif, et Dieu Lui-même l’avait séparé du monde, mais ce n’était pas une raison pour que le cœur de Jonas soit sans pitié à l’égard du monde. Mais c’était ainsi, et son état réel apparaît maintenant dans une désobéissance ouverte à l’Éternel.

Comment on se fait illusion sur soi-même

Il est également important de noter les illusions qu’une âme en mauvais état peut se faire. Jonas confessa aux marins qu’il craignait l’Éternel, le Dieu du ciel et de la terre, qui avait fait la mer et la terre, et pourtant il pensait se cacher à Ses yeux. Mais si le serviteur essaye d’oublier Dieu, Dieu n’oublie pas Son serviteur ni ne lui permet de ne pas respecter Son autorité. C’est pourquoi Il le poursuit par Sa tempête ; Il envoie un grand vent, non pas pour détruire son serviteur, mais pour lui faire prendre conscience du danger de sa position. Oui, Dieu aime trop Ses serviteurs pour les voir se rebeller. Mais tandis qu’Il poursuit Jonas, celui-ci dort au milieu des manifestations de Sa présence et de Sa puissance. Quel contraste avec la scène sur la mer de Tibériade où s’était levé une tempête pendant laquelle Celui qui avait fait la mer dormait sur un oreiller ! Dans le premier cas, la tempête ne s’est apaisée que lorsque Jonas a été jeté à la mer ; dans le second, le Seigneur, réveillé par ses disciples apeurés, manifesta Sa gloire et Sa puissance en ordonnant au vent de se taire et à la mer de se calmer.

Dieu ne permet pas que Son nom soit profané

La manière dont Dieu agit envers Jonas, dans ce chapitre, illustre un principe très important. Quand Israël n’a pas sanctifié mais profané le nom de Dieu, Dieu a déclaré qu’Il sanctifierait Son propre nom (voir Ézé. 36:16-23). Il en va de même pour Ses serviteurs. S’ils ne Le glorifient pas dans le témoignage qui leur a été confié, Il se glorifiera en eux par des châtiments. Ainsi, dans ce chapitre, Jonas s’est révélé être un serviteur infidèle, incapable de défendre le nom de l’Éternel devant un monde orgueilleux et méchant. Dieu est alors intervenu, Il a fait voir Son bras et s’est occupé de Jonas ; et c’est ce jugement même, qui a produit la louange envers Lui dans le cœur des païens. C’est un principe très important, qui devrait nous enseigner que s’il nous est fait l’honneur d’être des serviteurs, nous ne sommes en aucun cas nécessaires à l’accomplissement des desseins de Dieu. Comprendre cela nous rendra très humbles, tout en faisant jaillir de nos cœurs la louange pour le privilège précieux d’être associés en quelque manière à Ses conseils divins.

Application à l’église

En conclusion, il nous serait utile de nous demander deux choses.

● Premièrement, dans quelle mesure l’histoire d’Israël présentée dans ce récit, est-elle une figure de l’Église dans sa position comme luminaire ? Hélas ! la réponse à cette question est consignée dans le message aux sept églises (Apoc. 2 et 3).

● Deuxièmement, comme serviteurs du Seigneur, sommes-nous plus fidèles que Jonas ? Beaucoup d’entre nous n’ont-ils pas sombrés, comme lui, dans un profond sommeil, alors que les signes du jugement à venir se font déjà entendre ? Que le Seigneur nous réveille à la réalité de notre condition, afin que nous ne restions plus insensibles au danger imminent que court un monde sans Dieu. 

Chapitre 2

Après la discipline, Jonas reprend le service que l’Éternel voulait

Dès que Jonas est délivré, « la parole de l’Éternel lui est adressée une seconde fois, en ces termes : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie-lui selon le cri que je te dirai ». Car si l’Éternel envoie la tempête contre Son serviteur et le jette dans l’abîme, au milieu des mers, c’est pour le corriger et le restaurer, afin que le prophète soit dans un état d’âme propre pour être un vase de la volonté divine. Il ne chercha donc pas à fuir, mais il se leva et alla à Ninive, selon la parole de l’Éternel. Le Seigneur agit toujours ainsi avec Son peuple. Si nous nous détournons du chemin qu’Il nous trace, nous rencontrerons certainement des châtiments de Sa part, et le but de Sa discipline ne sera atteint que lorsque nous serons disposés, certainement par grâce, à nous engager dans le chemin duquel nous nous sommes détournés. C’est selon le principe énoncé par le psalmiste : « Avant que je fusse affligé, j’errais ; mais maintenant, je garde ta parole ».

Images du Résidu futur

C’est un premier enseignement, mais nous comprenons que la portée typique de ce chapitre a une signification plus profonde. Jonas est, en figure, un homme ressuscité, car il dit : « Du sein du shéol j’ai crié ». L’Éternel avait fait tomber la mort sur lui ; de plus, nous devons garder à l’esprit qu’il est identifié avec le résidu, comme le montre le dernier chapitre. Il y a donc une double signification symbolique. Israël, dans la personne de Jonas, est mis à l’écart, à cause de son infidélité comme vase du témoignage. Si l’on en juge selon l’homme, la lumière est éteinte ; tout espoir pour le monde a disparu à jamais. Lorsque toutes les vagues et les flots de Dieu ont déferlé sur la tête de ceux qu’Il avait choisis comme Ses témoins sur la terre, un témoignage est-il encore possible dans le monde ? Nous pourrions demander avec le psalmiste : « Feras-tu des merveilles pour les morts ? ou les trépassés se lèveront-ils pour te célébrer ? Racontera-t-on ta bonté dans le sépulcre, ta fidélité dans l’abime ? connaitra-t-on tes merveilles dans les ténèbres, et ta justice dans le pays de l’oubli ? » (Ps. 88:10-12).

Jonas type de Christ ressuscité

La réponse à ces questions ne se trouve que dans la mort et la résurrection de Christ. Tout espoir, fondé sur la responsabilité de l’homme, avait disparu ; mais Dieu, dans Sa grâce et Sa miséricorde, a envoyé Son Fils bien-aimé, et quand Celui-ci est venu, Il s’est identifié à Son peuple, et dans Sa compassion, Il est descendu là même où ils gisaient, morts dans leurs fautes et leurs péchés ; Lui-même est mort, se chargeant de toute leur responsabilité, afin de glorifier Dieu là même où eux L’avaient déshonoré. Lui-même a dit : « Comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le fils de l’homme (rejeté) sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ». Mais il était absolument impossible qu’Il soit retenu par la mort, aussi bien si nous considérons la gloire de Dieu ou si nous considérons Ses propres droits ; c’est pourquoi Il ressuscita le troisième jour comme le premier-né des morts, et c’est de Lui, comme ressuscité, que Jonas devient une figure. En tant que ressuscité, Il est (bien qu’Il l’ait toujours été) le témoin fidèle et véritable. Israël étant maintenant mis de côté, Il peut accomplir les desseins de Dieu, en rendant témoignage aux Gentils ; et cela montre, en figure, que le rejet du Juif est la réconciliation du monde (Rom. 11). Les deux choses se trouvent dans ce chapitre – le fait historique de la mission de Jonas, et ce dont cette mission est le type.

Grandeur de Ninive

Jonas, maintenant obéissant, se rend à Ninive ; mais avant de décrire sa prédication, l’Esprit de Dieu attire notre attention sur la grandeur de la ville. Pour Dieu, c’était une ville grande de trois journées de chemin. Tel est le résultat de l’activité de l’homme dans son éloignement de Dieu, s’enorgueillissant de la grandeur, du faste et de la magnificence de ses œuvres qui lui font dire avec Nebucadnetsar : « N’est-ce pas ici Babylone la grande, que j’ai bâtie pour être la maison de mon royaume, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence ? » Enivré de son propre orgueil, il ne se soucie pas, même s’il s’en souvient, que le jugement de Dieu a été prononcé sur toutes ses œuvres. C’est de ce jugement dont Jonas était le porte-parole, proclamant face à la « gloire hautaine » du monde : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée ».

Le message du prophète

Le caractère du message exige notre attention. C’est un message de pur jugement qui n’est accompagné d’aucune miséricorde, même si le peuple se repentait. Cela peut paraître étrange, mais il faut rappeler que la prédication de Jonas ne fait référence qu’au gouvernement de Dieu sur la terre. En règle générale, les prophètes ne considéraient pas l’éternité ; les menaces de jugements, les promesses de bénédictions sous condition d’obéissance ou de repentance, étaient limités à ce monde. La question du jugement lorsque les secrets de tous les cœurs seront révélés, n’entrait pas dans le cadre de leur ministère. Étant liés au royaume, ils ne parlaient que des voies de Dieu, des exigences, de la justice et de Son gouvernement, tels qu’ils sont manifestés sur cette scène.

Un temps d’épreuve complet avant le jugement final

En considérant le côté typique, le message de Jonas a un autre sens. Le nombre quarante a une signification particulière dans la Parole de Dieu, comme on peut le voir dans les quarante années d’errance d’Israël dans le désert, la tentation de notre Seigneur pendant quarante jours dans le désert, etc. Il indique une période complète de mise à l’épreuve. Dans ce passage, en voyant les choses ainsi et en gardant à l’esprit que Ninive représente le monde – spécialement le monde qui s’exalte orgueilleusement contre Dieu, il est simplement annoncé qu’après avoir été pleinement testé et de toutes manières, le monde sera détruit. C’est la croix de Christ qui est le point culminant de la mise à l’épreuve de Dieu quant au monde ; c’est pourquoi notre Seigneur a dit : « maintenant est le jugement de ce monde ». Un jugement irrémédiable a été prononcé sur lui à la mort de Christ, car Dieu a ainsi démontré ouvertement, devant tous, le caractère désespéré du mal et du monde qui a accepté la domination effective de Satan en crucifiant le Fils de Dieu.

Il est vrai que, pour le moment, Dieu retient l’exécution du jugement, car dans la mort de Christ a été posé le fondement sur lequel Dieu pouvait, en toute justice, offrir le salut à ce même monde dans sa condition coupable et perdue, et accomplir Ses propres conseils de grâce en rédemption. Mais le jugement n’a pas été révoqué ; il ne pouvait pas l’être à cause de la gloire de Dieu ; il a seulement été suspendu, parce que le Seigneur « est patient envers nous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance. Or, le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elle seront brulées entièrement » (2 Pierre 3:9-10). Oui, cela est toujours vrai : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée ».

Dieu est cru et un jeûne général est proclamé

L’effet de la prédication fut merveilleux. Il est dit : « Et les hommes de Ninive crurent Dieu, et proclamèrent un jeûne, et se vêtirent de sacs, depuis les plus grands d’entre eux jusqu’aux plus petits ». Cela commença par le roi qui, en entendant la parole, « se leva de son trône, et ôta de dessus lui son manteau, et se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre ». De plus, avec ses nobles, il publia un décret selon lequel ni homme, ni bête, ni gros ou menu bétail ne goûterait quoi que ce soit ; ils ne devaient ni manger ni boire de l’eau. En un mot, un jeûne universel fut proclamé. Tous devaient se couvrir d’un sac, crier à Dieu avec force, et se détourner de la méchanceté de leurs voies, dans l’espoir que Dieu se détournerait de Son ardente colère, afin qu’ils ne périssent pas (v. 5-9.).

Remarquons qu’ils crurent Dieu. En Jonas 1, les marins crient à l’Éternel, parce que la gloire de l’Éternel en relation avec les Juifs avait été manifestée dans Ses jugements. Ici, il s’agit du monde dans sa relation avec Dieu comme tel, ce qui explique la différence. Et comme dans ce chapitre, on est sur la base de relations dans la création, le bétail est également mentionné ; car la création entière (ce qui inclut le bétail) sera un jour délivrée de la servitude de la corruption pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu (Rom. 8).

La repentance prêchée à l’époque et aujourd’hui : son refus prouve l’état des cœurs

Le Seigneur fait allusion à la repentance de Ninive d’une manière frappante : « Des hommes de Ninive se lèveront au jugement de cette génération, et la condamneront, car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, et voici, il y a ici plus que Jonas » (Matt. 12:41). C’était une preuve de la dureté de cœur de ceux à qui le Seigneur était venu prêcher la repentance parce que le royaume des cieux s’était approché (Matt. 4:17), et une preuve de leur insensibilité à Ses appels, bien que ceux-ci étaient appuyés par les miracles qu’Il faisait au milieu d’eux. Les Ninivites étaient païens ; les Juifs étaient le peuple élu de Dieu, et Celui qui était venu chez les Siens était leur propre Messie, l’Éternel, le Sauveur ! Mais ils restèrent sourds à Ses supplications (Matt. 23:37) Quelle démonstration plus claire pouvait-il y avoir de la dépravation totale de leurs cœurs ?

« Les hommes de cette génération » sont-ils meilleurs ? alors qu’en plus le ministère de la réconciliation continue (2 Cor. 5) ! Par la tendre miséricorde de Dieu, il est toujours proclamé : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée » ; or qui y prête attention ? Quelques-uns ici et là, par grâce, mais la masse, le monde, est aussi insensible aujourd’hui qu’aux jours de notre Seigneur. En outre, supposons qu’un messager de Dieu se tienne aujourd’hui au milieu des plus grandes villes avec le message de Jonas, comment serait-il reçu ? Ne serait-il pas considéré comme un fou ou un insensé ? Oh, si l’on comprenait mieux que la lumière et les privilèges accordés augmentent la responsabilité et la condamnation quand la lumière est rejetée et que les privilèges sont méprisés ! Ce beau spectacle de la repentance de Ninive préfigure le temps où les nations serviront le Seigneur d’un seul accord !

Le jugement arrêté, Dieu « se repent »

Le chapitre se termine par l’action de Dieu suite à la repentance de Ninive – « Et Dieu vit leurs œuvres, qu’ils revenaient de leur mauvaise voie ; et Dieu se repentit du mal qu’Il avait parlé de leur faire, et Il ne le fit pas ». Nous voyons encore une fois ce qu’il y a dans le cœur de Dieu envers les hommes – Il ne prend pas plaisir à la mort des méchants. C’est pourquoi, s’Il proclame le jugement, c’est dans le but de les détourner de leur mauvaise voie. Les habitants de Ninive ne savaient pas ce qu’Il ferait. Ils se contentèrent de dire : « Qui sait ? Dieu reviendra et se repentira ». Dieu répondit à cette faible foi, comme Il le fait toujours, et les épargna de la destruction. Il est évident que lorsqu’il est dit qu’Il s’est repenti, ce n’est qu’une façon humaine de parler. Son but était de produire la repentance de la part de Ninive ; et ceci étant fait, Il pouvait, conformément à Ses voies en gouvernement, montrer Sa compassion et Son pardon. Quel grand encouragement pour un pécheur que ce récit !

« Celui qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui ». Mais ensuite, béni soit Son nom, il est aussi écrit : « Celui qui entend ma parole, et qui croit Celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie ». (Jean 5:24).

Chapitre 3

Après la discipline, Jonas reprend le service que l’Éternel voulait

Dès que Jonas est délivré, « la parole de l’Éternel lui est adressée une seconde fois, en ces termes : Lève-toi, va à Ninive, la grande ville, et crie-lui selon le cri que je te dirai ». Car si l’Éternel envoie la tempête contre Son serviteur et le jette dans l’abîme, au milieu des mers, c’est pour le corriger et le restaurer, afin que le prophète soit dans un état d’âme propre pour être un vase de la volonté divine. Il ne chercha donc pas à fuir, mais il se leva et alla à Ninive, selon la parole de l’Éternel. Le Seigneur agit toujours ainsi avec Son peuple. Si nous nous détournons du chemin qu’Il nous trace, nous rencontrerons certainement des châtiments de Sa part, et le but de Sa discipline ne sera atteint que lorsque nous serons disposés, certainement par grâce, à nous engager dans le chemin duquel nous nous sommes détournés. C’est selon le principe énoncé par le psalmiste : « Avant que je fusse affligé, j’errais ; mais maintenant, je garde ta parole ».

Images du Résidu futur

C’est un premier enseignement, mais nous comprenons que la portée typique de ce chapitre a une signification plus profonde. Jonas est, en figure, un homme ressuscité, car il dit : « Du sein du shéol j’ai crié ». L’Éternel avait fait tomber la mort sur lui ; de plus, nous devons garder à l’esprit qu’il est identifié avec le résidu, comme le montre le dernier chapitre. Il y a donc une double signification symbolique. Israël, dans la personne de Jonas, est mis à l’écart, à cause de son infidélité comme vase du témoignage. Si l’on en juge selon l’homme, la lumière est éteinte ; tout espoir pour le monde a disparu à jamais. Lorsque toutes les vagues et les flots de Dieu ont déferlé sur la tête de ceux qu’Il avait choisis comme Ses témoins sur la terre, un témoignage est-il encore possible dans le monde ? Nous pourrions demander avec le psalmiste : « Feras-tu des merveilles pour les morts ? ou les trépassés se lèveront-ils pour te célébrer ? Racontera-t-on ta bonté dans le sépulcre, ta fidélité dans l’abime ? connaitra-t-on tes merveilles dans les ténèbres, et ta justice dans le pays de l’oubli ? » (Ps. 88:10-12).

Jonas type de Christ ressuscité

La réponse à ces questions ne se trouve que dans la mort et la résurrection de Christ. Tout espoir, fondé sur la responsabilité de l’homme, avait disparu ; mais Dieu, dans Sa grâce et Sa miséricorde, a envoyé Son Fils bien-aimé, et quand Celui-ci est venu, Il s’est identifié à Son peuple, et dans Sa compassion, Il est descendu là même où ils gisaient, morts dans leurs fautes et leurs péchés ; Lui-même est mort, se chargeant de toute leur responsabilité, afin de glorifier Dieu là même où eux L’avaient déshonoré. Lui-même a dit : « Comme Jonas fut dans le ventre du cétacé trois jours et trois nuits, ainsi le fils de l’homme (rejeté) sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre ». Mais il était absolument impossible qu’Il soit retenu par la mort, aussi bien si nous considérons la gloire de Dieu ou si nous considérons Ses propres droits ; c’est pourquoi Il ressuscita le troisième jour comme le premier-né des morts, et c’est de Lui, comme ressuscité, que Jonas devient une figure. En tant que ressuscité, Il est (bien qu’Il l’ait toujours été) le témoin fidèle et véritable. Israël étant maintenant mis de côté, Il peut accomplir les desseins de Dieu, en rendant témoignage aux Gentils ; et cela montre, en figure, que le rejet du Juif est la réconciliation du monde (Rom. 11). Les deux choses se trouvent dans ce chapitre – le fait historique de la mission de Jonas, et ce dont cette mission est le type.

Grandeur de Ninive

Jonas, maintenant obéissant, se rend à Ninive ; mais avant de décrire sa prédication, l’Esprit de Dieu attire notre attention sur la grandeur de la ville. Pour Dieu, c’était une ville grande de trois journées de chemin. Tel est le résultat de l’activité de l’homme dans son éloignement de Dieu, s’enorgueillissant de la grandeur, du faste et de la magnificence de ses œuvres qui lui font dire avec Nebucadnetsar : « N’est-ce pas ici Babylone la grande, que j’ai bâtie pour être la maison de mon royaume, par la puissance de ma force et pour la gloire de ma magnificence ? » Enivré de son propre orgueil, il ne se soucie pas, même s’il s’en souvient, que le jugement de Dieu a été prononcé sur toutes ses œuvres. C’est de ce jugement dont Jonas était le porte-parole, proclamant face à la « gloire hautaine » du monde : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée ».

Le message du prophète

Le caractère du message exige notre attention. C’est un message de pur jugement qui n’est accompagné d’aucune miséricorde, même si le peuple se repentait. Cela peut paraître étrange, mais il faut rappeler que la prédication de Jonas ne fait référence qu’au gouvernement de Dieu sur la terre. En règle générale, les prophètes ne considéraient pas l’éternité ; les menaces de jugements, les promesses de bénédictions sous condition d’obéissance ou de repentance, étaient limités à ce monde. La question du jugement lorsque les secrets de tous les cœurs seront révélés, n’entrait pas dans le cadre de leur ministère. Étant liés au royaume, ils ne parlaient que des voies de Dieu, des exigences, de la justice et de Son gouvernement, tels qu’ils sont manifestés sur cette scène.

Un temps d’épreuve complet avant le jugement final

En considérant le côté typique, le message de Jonas a un autre sens. Le nombre quarante a une signification particulière dans la Parole de Dieu, comme on peut le voir dans les quarante années d’errance d’Israël dans le désert, la tentation de notre Seigneur pendant quarante jours dans le désert, etc. Il indique une période complète de mise à l’épreuve. Dans ce passage, en voyant les choses ainsi et en gardant à l’esprit que Ninive représente le monde – spécialement le monde qui s’exalte orgueilleusement contre Dieu, il est simplement annoncé qu’après avoir été pleinement testé et de toutes manières, le monde sera détruit. C’est la croix de Christ qui est le point culminant de la mise à l’épreuve de Dieu quant au monde ; c’est pourquoi notre Seigneur a dit : « maintenant est le jugement de ce monde ». Un jugement irrémédiable a été prononcé sur lui à la mort de Christ, car Dieu a ainsi démontré ouvertement, devant tous, le caractère désespéré du mal et du monde qui a accepté la domination effective de Satan en crucifiant le Fils de Dieu.

Il est vrai que, pour le moment, Dieu retient l’exécution du jugement, car dans la mort de Christ a été posé le fondement sur lequel Dieu pouvait, en toute justice, offrir le salut à ce même monde dans sa condition coupable et perdue, et accomplir Ses propres conseils de grâce en rédemption. Mais le jugement n’a pas été révoqué ; il ne pouvait pas l’être à cause de la gloire de Dieu ; il a seulement été suspendu, parce que le Seigneur « est patient envers nous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance. Or, le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; et, dans ce jour-là, les cieux passeront avec un bruit sifflant, et les éléments embrasés seront dissous, et la terre et les œuvres qui sont en elle seront brulées entièrement » (2 Pierre 3:9-10). Oui, cela est toujours vrai : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée ».

Dieu est cru et un jeûne général est proclamé

L’effet de la prédication fut merveilleux. Il est dit : « Et les hommes de Ninive crurent Dieu, et proclamèrent un jeûne, et se vêtirent de sacs, depuis les plus grands d’entre eux jusqu’aux plus petits ». Cela commença par le roi qui, en entendant la parole, « se leva de son trône, et ôta de dessus lui son manteau, et se couvrit d’un sac, et s’assit sur la cendre ». De plus, avec ses nobles, il publia un décret selon lequel ni homme, ni bête, ni gros ou menu bétail ne goûterait quoi que ce soit ; ils ne devaient ni manger ni boire de l’eau. En un mot, un jeûne universel fut proclamé. Tous devaient se couvrir d’un sac, crier à Dieu avec force, et se détourner de la méchanceté de leurs voies, dans l’espoir que Dieu se détournerait de Son ardente colère, afin qu’ils ne périssent pas (v. 5-9.).

Remarquons qu’ils crurent Dieu. En Jonas 1, les marins crient à l’Éternel, parce que la gloire de l’Éternel en relation avec les Juifs avait été manifestée dans Ses jugements. Ici, il s’agit du monde dans sa relation avec Dieu comme tel, ce qui explique la différence. Et comme dans ce chapitre, on est sur la base de relations dans la création, le bétail est également mentionné ; car la création entière (ce qui inclut le bétail) sera un jour délivrée de la servitude de la corruption pour jouir de la liberté de la gloire des enfants de Dieu (Rom. 8).

La repentance prêchée à l’époque et aujourd’hui : son refus prouve l’état des cœurs

Le Seigneur fait allusion à la repentance de Ninive d’une manière frappante : « Des hommes de Ninive se lèveront au jugement de cette génération, et la condamneront, car ils se sont repentis à la prédication de Jonas, et voici, il y a ici plus que Jonas » (Matt. 12:41). C’était une preuve de la dureté de cœur de ceux à qui le Seigneur était venu prêcher la repentance parce que le royaume des cieux s’était approché (Matt. 4:17), et une preuve de leur insensibilité à Ses appels, bien que ceux-ci étaient appuyés par les miracles qu’Il faisait au milieu d’eux. Les Ninivites étaient païens ; les Juifs étaient le peuple élu de Dieu, et Celui qui était venu chez les Siens était leur propre Messie, l’Éternel, le Sauveur ! Mais ils restèrent sourds à Ses supplications (Matt. 23:37) Quelle démonstration plus claire pouvait-il y avoir de la dépravation totale de leurs cœurs ?

« Les hommes de cette génération » sont-ils meilleurs ? alors qu’en plus le ministère de la réconciliation continue (2 Cor. 5) ! Par la tendre miséricorde de Dieu, il est toujours proclamé : « Encore quarante jours, et Ninive sera renversée » ; or qui y prête attention ? Quelques-uns ici et là, par grâce, mais la masse, le monde, est aussi insensible aujourd’hui qu’aux jours de notre Seigneur. En outre, supposons qu’un messager de Dieu se tienne aujourd’hui au milieu des plus grandes villes avec le message de Jonas, comment serait-il reçu ? Ne serait-il pas considéré comme un fou ou un insensé ? Oh, si l’on comprenait mieux que la lumière et les privilèges accordés augmentent la responsabilité et la condamnation quand la lumière est rejetée et que les privilèges sont méprisés ! Ce beau spectacle de la repentance de Ninive préfigure le temps où les nations serviront le Seigneur d’un seul accord !

Le jugement arrêté, Dieu « se repent »

Le chapitre se termine par l’action de Dieu suite à la repentance de Ninive – « Et Dieu vit leurs œuvres, qu’ils revenaient de leur mauvaise voie ; et Dieu se repentit du mal qu’Il avait parlé de leur faire, et Il ne le fit pas ». Nous voyons encore une fois ce qu’il y a dans le cœur de Dieu envers les hommes – Il ne prend pas plaisir à la mort des méchants. C’est pourquoi, s’Il proclame le jugement, c’est dans le but de les détourner de leur mauvaise voie. Les habitants de Ninive ne savaient pas ce qu’Il ferait. Ils se contentèrent de dire : « Qui sait ? Dieu reviendra et se repentira ». Dieu répondit à cette faible foi, comme Il le fait toujours, et les épargna de la destruction. Il est évident que lorsqu’il est dit qu’Il s’est repenti, ce n’est qu’une façon humaine de parler. Son but était de produire la repentance de la part de Ninive ; et ceci étant fait, Il pouvait, conformément à Ses voies en gouvernement, montrer Sa compassion et Son pardon. Quel grand encouragement pour un pécheur que ce récit !

« Celui qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui ». Mais ensuite, béni soit Son nom, il est aussi écrit : « Celui qui entend ma parole, et qui croit Celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie ». (Jean 5:24).

À suivre