Lectures hebdomadaires
Epître aux Hébreux
Chapitre 1
1 - Introduction
Quelques mots préliminaires avant de commencer à considérer le texte en détail.
Bien que dans la version anglaise autorisée du Roi Jacques le titre de ce merveilleux traité soit « Épître de Paul aux Hébreux », son auteur a pourtant été conduit par l’inspiration de l’Esprit à omettre à la fois son nom et celui de ceux à qui il écrivait. Pourtant on y retrouve partout le témoignage qu’elle était adressée à des croyants Hébreux, et d’après un certain nombre de petites allusions, il est quasiment sûr qu’elle a été écrite par Paul. S’il en est ainsi, il s’agit de l’épître aux croyants Juifs que Pierre mentionne dans sa seconde épître comme ayant été écrite par « notre bien-aimé frère Paul » (2 Pierre 3:15).
Au cours de la lecture de cette épître, nous verrons qu’elle a été écrite parce qu’une certaine lassitude avait envahi ces croyants ; ils avaient les mains lassées et les genoux défaillants dans la course chrétienne, et ces symptômes inquiétants faisaient craindre que cette tendance à reculer aille jusqu’à l’apostasie déclarée pour quelques-uns d’entre eux.
Nous verrons aussi qu’il sera par-dessus tout insisté sur l’immense supériorité du christianisme sur le judaïsme, bien que ce dernier fasse appel à la vue, et le christianisme à la foi seulement. Par ailleurs cette épître les appelait aussi à rompre les derniers liens qui les rattachaient au système juif périmé, auquel ils avaient tendance à se raccrocher comme les Actes des Apôtres le montrent : Cette épître a dû être écrite quelques années seulement avant la cessation de l’imposant rituel du Judaïsme lors de la destruction de Jérusalem.
Il ne faut pas sous-estimer l’importance de cette épître pour le temps actuel. Des multitudes de croyants de nos jours, bien que faisant partie des nations et donc nullement liées au judaïsme, sont encore asservies à des formes perverties du christianisme, qui consistent très largement en des formes, des cérémonies et des rituels, lesquels sont eux-mêmes des imitations du rituel juif ordonné autrefois par Dieu pour tout le temps précédant la venue de Christ. Il se peut que la plupart de nos lecteurs soient maintenant libérés de ces systèmes, par la grâce de Dieu, et pourtant la plupart d’entre nous ont eu plus ou moins à faire avec eux, et en ont été influencés presque sans s’en rendre compte.
Si notre foi est ravivée par la lecture de cette épître, si nos yeux spirituels sont renouvelés à la vue des immenses gloires de Christ, et de la réalité de toutes ces vérités spirituelles fondées sur Lui, nous retrouverons de la vigueur pour courir « avec patience la course qui est devant nous » (Héb. 12:1).
2 - Chapitre 1
2.1 - Ch. 1:1-2a
L’épître s’ouvre de manière très majestueuse. L’épître aux Hébreux est le seul livre de la Bible commençant par le mot DIEU. Nous sommes immédiatement mis en face du fait extraordinaire que Dieu, qui avait parlé autrefois aux pères d’Israël par des prophètes, a maintenant parlé, en plénitude divine et de manière définitive, dans Son Fils. Notez simplement en passant que le verset 1 témoigne que l’épître est adressée aux Hébreux, car l’expression « aux pères » n’aurait aucun sens pour quelqu’un des nations.
Dieu étant un Dieu vivant, on ne peut que s’attendre à ce qu’Il parle. Avant la venue du péché, Il parlait librement à Adam, face à face ; après la chute Il ne s’est adressé qu’à des hommes choisis qui devinrent donc Ses porte-parole. Les prophètes avaient juste à dire ce qu’Il leur donnait, et souvent ils ont prononcé des paroles dont la signification complète leur était cachée, selon ce que nous dit 1 Pierre 1:10-12. Quand le Seigneur Jésus est venu accomplir la rédemption, Dieu a fait connaître toutes Ses pensées. Il n’a pas simplement parlé par Lui, comme un porte-parole, mais en Lui. La distinction ne ressort pas de la version autorisée anglaise, mais elle le devrait, car la préposition du verset 2 n’est pas « par » mais « dans ». Cette distinction est importante car elle préserve d’emblée le caractère unique de notre Seigneur. Quand le Fils parlait, c’était Dieu qui parlait, pour la simple raison que le Fils était Dieu.
2.2 - Ch. 1:2b
Ayant mentionné le Fils, le Saint Esprit se met à déployer Sa gloire, non seulement la gloire qui est essentiellement la Sienne comme Dieu et comme Créateur, mais aussi celle qui est la Sienne en raison de l’œuvre de la rédemption. Ceci conduit à une digression longue mais très nécessaire, jusqu’à la fin du chapitre, tant et si bien que ces versets pourraient être mis en parenthèses. Nous devrions donc, après le mot « Fils » (1:2), passer directement au début du ch. 2, pour avoir le sens complet : « Dieu … nous a parlé dans le Fils … C’est pourquoi nous devons porter une plus grande attention ». Ce n’est qu’en arrivant au v. 3 du ch. 2, qu’on découvre la direction et le thème principal de ce discours Divin. C’était « un si grand salut qui a commencé par être annoncé par le Seigneur ». Quand Dieu formulait Ses commandements aux hommes, il suffisait que les anges Le servent, et qu’un homme comme Moïse soit Son porte-parole. Maintenant que ce grand salut est le thème, le Fils Lui-même s’avance pour parler.
Cependant le thème direct du ch. 1 est la gloire unique du Fils. Dès qu’Il est mentionné, nos pensées sont emportées vers le moment où Sa gloire sera pleinement manifestée, puis elles sont ramenées vers le moment où cette gloire apparut en premier, en rapport avec les créatures. D’un côté, Il est l’Héritier, non seulement du trône de David, mais de « toutes choses », et cette expression recouvre les choses qui sont dans les cieux, et non pas seulement celles qui sont sur la terre. D’un autre côté, quand les mondes furent faits, c’est Lui qui les a faits. Dieu a effectivement créé, selon Genèse 1:1, mais quand les Personnes divines sont distinguées, comme dans ce passage d’Hébreux 1, la création n’est pas attribuée au Père, mais au Fils. Le Fils, que nous connaissons comme notre précieux Seigneur Jésus, fut l’Acteur tout-puissant dans ces scènes de création dont la splendeur est inconcevable.
2.3 - Ch. 1:3
Le v. 3 place devant nous trois grandes choses Le concernant. D’abord nous avons ce qu’Il est, le resplendissement de la gloire de Dieu et l’expression exacte de tout ce que Dieu est. Deuxièmement, il nous est dit ce qu’Il a fait. Par Lui-même Il a accompli l’œuvre qui fait la purification des péchés. Comment Il l’a faite, cela n’est pas dit pour le moment, mais nous savons que ce fut par la mort de la croix. Troisièmement, il nous est dit où Il est. Il s’est assis à la droite de la Majesté dans les hauts lieux, c’est-à-dire qu’Il est assis à la place du pouvoir suprême, d’où tout sera administré en son temps. Combien il est merveilleux que ces trois choses aillent ensemble ! L’efficacité de l’œuvre qu’Il a accomplie dépendait de qui Il était et de ce qu’Il était ; tandis que la preuve et la démonstration de l’efficacité de Son œuvre ressortent du lieu où Il est, dans le fait qu’Il est assis à la place du pouvoir suprême. Si un croyant en Jésus est encore tourmenté par des doutes et des inquiétudes quant à la question de savoir s’il est réellement et effectivement purifié de ses péchés, qu’il regarde par la foi à ce trône dans les cieux où Jésus est assis, et qu’il ne doute plus !
Au verset 3 nous trouvons aussi le fait merveilleux que le Fils est le Soutien de toutes choses. Le verset précédent L’avait placé devant nous comme le Créateur de toutes choses, et comme l’Héritier de toutes choses. Maintenant nous découvrons qu’Il soutient et maintient toutes choses par la parole de Sa puissance. On parle quelquefois des lois de l’univers, on observe le fonctionnement de la loi de la gravitation, bien qu’on en ignore l’origine et la cause. Il se peut même qu’avant peu il nous faille entendre la science versatile modifier et renverser tout ce qu’elle avait affirmé auparavant au sujet de ces lois. Eh bien, qu’il en soit ainsi ! Nous savons que LA LOI de l’univers est la parole de Sa puissance, et c’est là tout ce qui compte réellement. Toutes les lois que nous pouvons observer, ou croire observer, sont très secondaires, et si les têtes pensantes des spéculations scientifiques renversaient soudainement leurs déclarations, nous ne changerions pas d’un cheveu.
Reprenons ceci brièvement. Le Fils est le Créateur, le Soutien et l’Héritier de toutes choses. Il est en outre l’Expression exacte de tout ce que Dieu est (l’empreinte de Sa substance), étant Dieu Lui-même ; et étant cette expression exacte, Il s’est avancé pour être d’une part le Divin Porte-parole, et d’autre part le Rédempteur. S’Il s’était borné à parler, nous aurions tous été terrifiés, mais comme Il a à la fois fait la purification de nos péchés et parlé, nous pouvons recevoir avec joie la révélation qu’Il a faite.
2.4 - Ch. 1:4
Au verset 4, Il est mis en contraste avec les anges, et ce contraste ne fait pas simplement l’objet d’une courte allusion : le thème est développé très longuement, jusqu’à la fin du chapitre. Et il y a bien CONTRASTE à tous égards. En disant cela, nous soulignons l’un des aspects caractéristiques de cette épître. En avançant dans l’épître, nous trouverons continuellement des références à l’ancien ordre de choses établi quand la loi fut donnée à Moïse. Ces choses anciennes et matérielles avaient une certaine ressemblance avec les choses nouvelles et spirituelles établies et introduites par le Seigneur Jésus, et elles étaient destinées à servir de modèles ou de types. Mais quand on met ces types en face des réalités qu’ils typifient, on voit alors l’immensité du contraste. Comme les cieux sont hauts au-dessus de la terre, ainsi l’antitype dépasse le type. Dans notre épître la ressemblance est considérée comme allant de soi, et l’accent est mis sur le contraste.
On pourrait cependant se demander pourquoi le contraste avec les anges est tant développé, et même poursuivi au chapitre suivant ? Quelle en est la raison ? Eh bien, tous les Juifs savaient que les anges avaient joué un rôle important en rapport avec le don de la loi par Moïse, bien qu’il en soit peu parlé dans l’Exode. Les paroles d’Étienne relatées en Actes 7:53, le montrent tout comme le verset Héb. 2:2. Ce déploiement d’anges pouvait donner, dans l’esprit des gens, un appui très fort à Moïse et à la loi qu’il leur apportait. Et voilà maintenant apparaître parmi les hommes le Divin Porte-parole, même si pour eux il n’est encore que Jésus de Nazareth, un Homme humble et méprisé. Il n’y a aucune beauté en Lui qui nous Le fasse désirer, ni Lui ni Ses paroles, et il n’y a aucun déploiement d’anges pour L’accréditer. Il était donc de la plus haute importance d’insister sur la vraie gloire de Sa personne comme étant infiniment au-dessus de tous les anges. S’il avait été ouvertement servi par des myriades de myriades d’anges, cela ne Lui aurait rien donné de plus.
Il est dit deux choses au verset 4 — d’une part qu’Il a un nom plus excellent que les anges par héritage, et d’autre part qu’Il est devenu plus excellent qu’eux. Les mots « étant devenu » peuvent aussi être traduits par « étant fait » ou « prenant une place ». L’expression « Il a hérité d’un nom plus excellent que les anges » se réfère à Sa supériorité en raison de Sa gloire dans la Déité. L’autre expression (Il est devenu plus excellent) se réfère à la place qu’Il occupe maintenant dans Son humanité comme Celui qui a accompli la rédemption. Et remarquez que Sa supériorité est déclarée de manière égale dans les deux cas, comme cela ressort des mots « d’autant plus… que ». Relisez le verset pour vous-même, et vous verrez.
2.5 - Ch. 1:5-14 — Sept citations de l’Ancien Testament
Ces faits comme le verset 4 les pose, sont soutenus et prouvés par une série remarquable de citations de l’Ancien Testament, allant du verset 5 à la fin du chapitre. Remarquons simplement la suite du raisonnement.
2.5.1 - Le contenu des versets
Les versets 5 et 6 contiennent trois citations donnant les déclarations de Dieu quand Il introduit le Seigneur Jésus parmi les hommes. Ces citations soutiennent de manière décisive ce qui est dit au verset 4, spécialement l’affirmation qu’Il est plus excellent que les anges par héritage.
Au verset 7, nous avons une citation qui déclare simplement la nature des anges et la raison de leur existence. Par nature, ce sont des esprits, et ils sont des administrateurs pour servir la volonté Divine. Le contraste porte à la fois sur ce qui précède et ce qui suit.
Les versets 8 à 12 donnent deux citations de déclarations de Dieu à Christ ; les deux fois c’est en tant qu’homme que la déclaration Lui est adressée, et pourtant Il est salué comme Dieu et comme le Créateur.
Au verset 13 il y a la citation du décret qui L’a exalté à la droite de la Majesté en haut, et il nous est affirmé que ceci n’a jamais été dit aux anges. Ceux-ci ne sont que des esprits, et ils sont heureux, selon la volonté divine, de servir ces créatures si humbles, autrefois pécheurs déchus, mais destinées à être héritiers du salut. Tout ceci, et particulièrement les versets 9 à 13, nous montre qu’Il est plus excellent que les anges dans la mesure où Il a pris une place tellement plus élevée que la leur.
2.5.2 - Les citations
Dans ces versets, il y a en tout sept citations de l’Ancien Testament : l’une concerne les anges et six concernent Christ. Ces dernières proviennent du psaume 2:7, de 2 Samuel 7:14 (ou 1 Chr. 17:13), des psaumes 97:7 et 45:6-7 et 102:25-27 et 110:1, et chacune mérite d’être étudiée séparément.
La première citation (Ps. 2:7) est profondément intéressante en ce qu’elle montre que, même comme homme né dans le temps, Il est le Fils de Dieu. Ces paroles anticipent la naissance d’une vierge, dont l’accomplissement est annoncé en Luc 1:35. On peut dire que ce passage donne les paroles de Dieu à Christ lors de Son incarnation.
La deuxième citation (1 Chr. 17:13 et 2 Sam. 7:14) est remarquable en ce qu’elle montre combien le Saint Esprit a toujours Christ en vue. En lisant 2 Samuel 7, on pourrait penser que ces paroles ne se réfèrent qu’à Salomon. D’une manière immédiate, c’est bien Salomon qui était en vue, comme le montre le contexte qui suit ; mais au-delà de Salomon, c’est bien Christ qui est en vue.
La troisième citation (Ps. 97:7) donne le décret concernant Christ au moment de Sa réintroduction dans le monde en puissance et en gloire ; non pas lors de Sa première venue, mais lors de Sa seconde venue. Selon le psaume, le « Lui » est clairement l’Éternel. En Hébreux 1, le « Lui » est clairement Christ. Qu’est-ce que cela nous enseigne ? Remarquez aussi que le terme « dieux » peut être utilisé pour quiconque représente Dieu, que ce soit des anges comme ici, ou des hommes comme dans le psaume 82:6, que le Seigneur cite en Jean 10:34.
La quatrième citation est celle du psaume 45, avec ce qui est dit au Fils par Dieu au début du règne millénaire. Il est un Homme, car Dieu est Son Dieu, mais les paroles qui lui sont adressées le traitent comme Dieu. Comme Homme, Il a des compagnons, et pourtant Il possède un bonheur qui est au dessus d’eux — combien nous en sommes heureux !
La cinquième citation, celle du psaume 102:25-27, nous donne la parole divine qui Lui a été adressée au moment de Son extrême humiliation et de sa profonde affliction — on peut presque dire, au jardin de Gethsémané. Celui qui est retranché au milieu de Ses jours, est déclaré être le puissant Créateur, qui finalement consumera ou changera tout ce qui a besoin d’être changé dans la création, mais qui, quant à Lui-même, demeure éternellement le même.
La sixième citation provient du psaume 110:1. Elle tourne nos pensées vers Christ comme le Ressuscité, et nous donne la parole que Dieu Lui adressait alors qu’Il montait aux cieux. Nous sommes ainsi conduits au lieu où se trouve Christ, et nous sommes préparés à Le voir là, et à apprendre la signification de Sa séance en gloire quand nous en arriverons au ch. 2.
2.5.3 - Le but de ces citations
Tout ce merveilleux déploiement de l’excellence de notre précieux Sauveur a pour but que nous soyons marqués par la grandeur de Celui en qui Dieu nous a parlé. Il est, selon l’expression du ch. 3:1, « l’Apôtre … de notre confession ». Un apôtre est un « envoyé », quelqu’un qui vient à nous de la part de Dieu, nous apportant un message divin. Notre Seigneur Jésus est ainsi venu nous apporter la révélation divine complète ; seulement Il est Lui-même Dieu. Ce fait élève immédiatement tout ce qu’Il nous a dit à un niveau bien au dessus de tout ce qui a été dit auparavant. Les prophètes d’autrefois, étaient pleinement inspirés par Dieu, et par conséquent, tout ce qu’ils avaient dit était digne de foi et doit s’accomplir, mais ils ne pouvaient jamais nous communiquer la révélation que nous avons en Christ.
Les Hébreux avaient été introduits dans la merveilleuse lumière de cette révélation. Et nous aussi, grâces à Dieu !
A suivre
Chapitre 2
3 - Chapitre 2
3.1 - Ch. 2:1-4
Voyant que Dieu s’est adressé Lui-même à nous en Christ, qui est bien supérieur non seulement à Moïse, mais aussi à ces anges des mains desquels Moïse reçut la loi, nous devrions faire bien plus attention à tout ce qui a été dit. Le second chapitre commence donc ainsi, et il est impossible d’en éluder la force solennelle. Il ne fallait nullement badiner avec la parole de Dieu prononcée par les anges, comme Israël s’en est aperçu avant d’aller bien loin dans la traversée du désert. Que dire alors de la parole qui nous est parvenue dans et par le Fils de Dieu !
Le premier verset est rendu en français par : « de peur que nous ne nous écartions ». « Laisser échapper les choses entendues » signifierait un manque de mémoire ou de la négligence, mais « s’en écarter » peut même aller jusqu’à l’apostasie. De même au verset 3 le mot « négliger » contient l’idée de ne pas se soucier du grand salut de Dieu alors qu’on fait partie des chrétiens professants ; ce n’est pas simplement négliger l’évangile qui nous a été prêché. Par ces mots donc, nous avons le premier des avertissements solennels contre l’apostasie qui seront répétés tout au long de l’épître ; néanmoins l’utilisation de ces mots en rapport avec l’évangile est tout à fait justifiée. Si celui qui fait profession de christianisme n’échappera en aucune façon, encore moins échapperont ceux qui ne prêtent aucune attention à l’évangile quand ils l’entendent.
Cependant nous voyons aux versets 2 et 3 qu’il est bien plus grave de faire peu cas du salut de Dieu que de transgresser Sa loi, car il n’y a pas de plus grand péché que de mépriser la grâce de Dieu. Autrefois Moïse avait été l’envoyé, et avait reçu mission d’annoncer le salut hors d’Égypte à leurs pères, puis il a dûment accompli ce salut. La grandeur de notre salut se voit dans le fait que Celui qui l’a annoncé est le Seigneur, dont la gloire a été placée devant nous au ch. 1, et dans le fait que les apôtres qui confirmèrent Son message après Son exaltation aux cieux, étaient eux-mêmes accrédités par de grandes manifestations de puissance divine dans l’énergie du Saint Esprit qui leur avait été donné. Plus tard nous trouverons que le Seigneur Jésus a agi comme l’Apôtre en annonçant le grand salut, mais que tout a été accompli par Lui comme Garant, Médiateur et comme Sacrifice.
3.2 - Ch. 2:5
Dans notre chapitre, l’accent est mis sur Sa sacrificature. Pour le moment, un nouvel ordre de choses est encore à établir, ce dont parle le verset 5 comme « le monde habité à venir ». Tous les Juifs attendaient qu’un nouvel ordre de choses soit introduit par la venue du Messie. Or dans ce monde à venir les anges ne seront pas l’autorité suprême, bien qu’ils auront certains services y à rendre comme d’autres passages le montrent. Ce monde à venir sera intégralement soumis à Christ comme Fils de l’homme, selon la prédiction du 8, quand le Seigneur revêtira sa grande autorité (Il sera sacrificateur sur son trône ; Zach. 6:13).
3.3 - Ch. 2:6-9
La citation du psaume 8 va de la fin du verset 6 à la première phrase du verset 8. Dans le reste du verset 8 et au verset 9, nous avons une explication inspirée sur la manière dont cette citation s’applique au temps actuel. La citation commence au moment où David, après avoir contemplé les merveilles de l’univers, demande ce que vaut l’homme. Il utilise un mot hébreu signifiant « un homme fragile » ou « un homme mortel ». Eh bien, que vaut-il ? Rien, évidemment. Alors, que sera-t-il dit du Fils de l’homme ? Ah, là l’histoire n’est pas la même. Même dans le psaume 8, David a changé de mot, en remplaçant « homme mortel » par « Fils d’Adam » ; et nous savons que le Seigneur l’était justement, comme on le voit en Luc 3:38. Il est digne de tout. Bien qu’Il ait été fait autrefois un peu moindre que les anges, il doit être couronné de gloire et d’honneur, et avoir la domination absolue, avec toutes choses assujetties sous Ses pieds.
Il est très remarquable que la citation s’arrête juste au point où, dans le psaume, certaines expressions paraissent se mettre à restreindre le « toutes choses » mises sous ses pieds aux choses qui sont sur la terre et dans la mer. La vision des choses dans l’Ancien Testament n’allait pas au-delà de cela. Dans notre chapitre par contre, au moment où l’on passe de la citation à l’explication, un domaine bien plus vaste est envisagé. Nous sommes certains qu’il faut attribuer au petit mot « toutes » sa pleine valeur, sans la moindre ombre de restriction. Cherchez dans tout l’univers, et vous ne trouverez rien qui ne Lui soit assujetti. Dans ce monde à venir, l’homme, dans la personne du Fils de l’homme, sera absolument à la position suprême.
C’est un fait des plus merveilleux et glorieux, illustrant le fait que Dieu voit toujours la fin dès le commencement, et n’est jamais pris au dépourvu ni détourné de Son propos dans tout ce à quoi Il met la main. Dieu n’a jamais créé les anges pour dominer : Il les a créés pour servir. La seule créature dont nous sachions qu’elle ait été faite pour dominer, c’est l’homme. C’est de lui seul qu’il est dit : « Faisons l’homme… et qu’ils dominent … Et Dieu créa l’homme » (Gen. 1:26-27). L’homme a failli : il a cessé de gouverner la création inférieure en aucun sens propre ; il a même cessé de se gouverner correctement lui-même. Le propos de Dieu a-t-il échoué pour autant ? Non seulement il n’a pas échoué, mais quand le FILS DE L’HOMME apparaîtra dans Sa gloire, le propos Divin sera alors établi avec une plénitude et une gloire encore plus grandes et dont personne ne pouvait rêver quand Adam fut créé, sauf Dieu. Au lieu d’échouer, Dieu a triomphé de la manière la plus glorieuse.
Certains peuvent se dire : C’est possible, mais on n’en voit guère de signes dans le monde actuel. C’est vrai. Nous ne voyons pas encore que toutes choses soient assujetties à Christ. Même ceux qui professent Le suivre ne montrent guère de signes qu’ils Lui sont réellement assujettis. C’est un fait que nous vivons à une époque où il y a très peu de signes visibles, sauf si nous possédons le genre de vue télescopique que donne la foi.
C’est la foi qui voit. Ce sujet sera développé plus en détails au ch. 11, spécialement dans les versets 8 à 22, et 27. Ces grands hommes d’autrefois ont pénétré par la foi dans le monde invisible, sans pourtant jamais voir ce qui brille devant nous — pour autant que nous ayons vraiment la vue perçante de la foi. Nous voyons Jésus, autrefois humilié, mais maintenant couronné de gloire et d’honneur au plus haut des cieux. Les Hébreux possédaient-ils la puissance de vue télescopique de la foi, pénétrant jusqu’à Jésus couronné de gloire, et jusqu’aux choses qui sont au-dessus du soleil ? Et nous, l’avons-nous ? Si oui, nous ne négligerons pas le grand salut ; nous ne nous laisserons pas aller, ni ne glisserons vers l’apostasie. Regardant à Jésus, nous courrons la course chrétienne avec l’énergie donnée de Dieu.
Mais que signifie cette expression du psaume 8 selon laquelle le Fils de l’homme a été fait « un peu moindre que les anges » ? N’avons-nous pas lu au premier chapitre qu’Il est « devenu d’autant plus excellent que les anges » ? Il y a bien là une contradiction apparente.
Ces passages où semblent apparaître des contradictions sont bien utiles s’ils nous amènent à faire le point et à réfléchir. En les plaçant dans leur contexte, et en méditant sur eux, nous découvrons des harmonies et des enseignements que nous n’aurions pas vus autrement. Voyons ce qu’il en est du passage placé devant nous. Au ch. 1, l’accent est mis sur la Déité de notre Seigneur, en relation avec Son Apostolat. Pourtant Il est devenu un Homme, de sorte que Dieu est Son Dieu. Mais si l’on considère que c’est DIEU qui est devenu homme, Il est nécessairement « plus excellent que les anges ».
Au chapitre 2, l’accent est mis sur l’humanité du Seigneur Jésus. Il est devenu homme en vue de souffrir la mort. L’homme a été créé ainsi : esprit, âme et corps, de sorte qu’il peut mourir, par séparation de la partie spirituelle de son être d’avec son corps. À cet égard, l’homme a été créé un peu inférieur aux anges. Or le Fils de Dieu est devenu le Fils de l’Homme dans un sens si réel que, comme homme, Il a pris sur Lui la condamnation à mort, et Il est mort pour les hommes. De ce point de vue, « Il a été fait un peu moindre que les anges », car les anges ne meurent jamais.
Dans ces merveilleux versets, on trouve une expression six fois répétée : trois fois au verset 8, une fois au verset 9 et deux fois au verset 10. C’est l’expression « toutes choses », et ce n’est qu’à la fin du verset 9 qu’elle est traduite différemment. Le Seigneur Jésus a goûté la mort pour « tout », ou pour « chacun » [voir la note dans la traduction J.N. Darby], non pas seulement pour les Juifs. Actuellement, « tout » Lui est assujetti, mais c’est seulement dans le monde à venir que nous le verrons effectivement.
3.4 - Ch. 2:10-11
Au verset 10, nous trouvons le second but en vue dans les souffrances et la mort de Christ. Non seulement, Il a fait propitiation pour « tout », mais par là Il s’est qualifié (si l’on peut dire) pour la position qu’Il avait à prendre selon le propos de Dieu. Dieu a institué un nouveau pèlerinage. Autrefois Il s’était servi de Moïse et Josué pour amener le peuple d’Égypte en Canaan. Maintenant Il a entrepris l’œuvre puissante d’amener plusieurs fils à la gloire, — des fils rassemblés d’entre toutes les nations. Il n’échouera pas dans cette glorieuse entreprise car premièrement, Lui qui l’a initiée, a toutes choses à Sa disposition, et deuxièmement Celui à qui cette entreprise a été confiée comme Chef, est le Christ ressuscité. Il a subi toutes les souffrances possibles ici-bas pour avoir une pleine connaissance expérimentale de toutes les douleurs qui affligent ceux qui sont maintenant les fils en chemin pour la gloire.
N’est-ce pas merveilleux que le Seigneur Jésus ait condescendu à devenir le Chef de notre salut ? Bien que ce soit merveilleux, c’est un fait. Étant mort et ressuscité, Il s’est placé à la tête de la grande famille des rachetés qui est rassemblée d’entre les nations et amenée à la gloire. Ce sont les sanctifiés dont parle le verset 11 — c’est-à-dire ceux qui sont mis à part pour Dieu — mais Il est Celui qui sanctifie. Ils sont mis à part pour Dieu en vertu de leur relation avec Lui.
Notre relation avec Lui est très proche et intime, au point qu’il peut être dit que « Celui qui sanctifie et ceux qui sont sanctifiés sont tous d’un ». Tous d’un : qu’est-ce que cela signifie ? Cela ne nous est pas dit. Mais puisqu’il est dit ensuite : « C’est pourquoi il n’a pas honte de les appeler frères », il semble que la pensée est que Lui et eux sont de la même lignée, de la même vie et de la même nature. Le jour est arrivé où nous savons, selon les propres paroles du Seigneur en Jean 14:20, que Lui est dans le Père, que nous sommes en Lui, et Lui en nous ; et le jour est aussi venu où, selon Jean 17:19, Il s’est sanctifié Lui-même pour nous dans le ciel afin que nous soyons sanctifiés par la vérité.
3.5 - Ch. 2:12-13
Trois passages de l’Ancien Testament sont cités aux versets 12 et 13 afin de montrer à quel point nous sommes complètement identifiés avec Lui, et Lui avec nous, et aussi que cet immense privilège était prédit, bien que non réalisé, dans les temps précédant Sa venue. Le premier des trois est spécialement remarquable. Il vient de la dernière partie du psaume 22, juste à l’endroit où la prophétie passe de Sa mort à Sa résurrection, et le mot « congrégation » est traduit par le mot « assemblée ». L’assemblée (c’est-à-dire l’ » ecclesia », ceux qui sont appelés en dehors) est ce à quoi nous appartenons tous, et ici elle est tout à fait identifiée avec les « plusieurs fils » et les « sanctifiés » des versets précédents.
3.6 - Ch. 2:14-17a
Mais s’il fallait que nous soyons identifié avec Lui de cette manière merveilleuse, il était d’abord nécessaire qu’en grâce, Il s’identifie avec nous dans notre besoin, et c’est ce qu’Il a fait en toutes choses à part le péché. Il n’est pas venu sauver des anges, mais des hommes. Par conséquent il n’a pas revêtu la nature des anges, mais celle des hommes, et en particulier celle de la semence d’Abraham, car comme nous le savons, le Seigneur est issu de Juda. Le mot « prend » utilisé au v. 16 signifie « se saisir de », et on a dit que « ce mot est constamment utilisé pour ‘se charger d’une personne pour l’aider’, mais aussi dans d’autres sens ». Quelle grâce étonnante quand nous voyons qu’elle impliquait qu’Il ait part au sang et à la chair, ce qui est le lot commun de l’humanité, mais Lui l’a fait afin de pouvoir mourir.
Le verset 14 est tout aussi clair là-dessus que le verset 9. Seule la mort pouvait régler la situation tragique où nous nous trouvions. La mort est possible pour l’homme puisqu’il participe au sang et à la chair. Son sang peut être versé, et sa chair se corrompre, et son esprit revenir à Dieu qui l’a donné — tout choses qui sont impossibles aux anges. La mort est en fait apparue comme la sentence divine sur tous les hommes à cause du péché ; et Satan, après avoir incité l’homme à désobéir au commencement, manie maintenant le pouvoir de la mort sur les consciences des hommes, en les effrayant et en les tenant par-là en esclavage. Qu’est-ce qui pourrait détruire (c’est à dire annuler ou anéantir ou rendre impuissant) le diable et le pouvoir qu’il manie ? Une chose seulement. Rien d’autre que la MORT ne pouvait annuler la mort. Et seule la mort d’un HOMME pouvait annuler la mort pour les hommes. Tout ceci a été accompli. Le Chef de notre salut, en prenant part au sang et à la chair, est devenu un vrai Homme et est mort pour nous.
« La chair et le sang » est une expression qui décrit l’état et la condition de l’humanité, sans référence à la question du péché. Quand Adam est sorti tout frais émoulu des mains du Dieu Créateur, il participait à la chair et au sang, mais son humanité était innocente. Il chuta, et lui et sa postérité restèrent participant au sang et à la chair, mais c’était la chair et le sang d’une humanité déchue. Notre précieux Seigneur Jésus a participé au sang et à la chair, et Son humanité est l’essence même de la sainteté.
3.7 - Ch. 2:17-18
Cependant il convenait pour Lui qu’en toutes choses Il soit fait semblable à ceux dont il avait pris la cause en main, comme le déclare le verset 17. C’est une déclaration très forte, et la réalité qu’elle présente sera un thème d’émerveillement et d’adoration pendant toute l’éternité. Pensez un peu combien il Lui aurait plu de s’abaisser et de sauver Ses créatures pécheresses et avilies sans leur être du tout fait semblable. Mais cela n’aurait pas convenu à Son amour, même si cela avait pu avoir lieu en respectant Sa justice. Participant au sang et à la chair, Il voulait leur ressembler en toutes choses. Il devait être tenté et souffrir, selon le verset 18, et entrer ainsi dans toutes leurs expériences sauf celles impliquant le péché, et cela en vue de devenir le Souverain Sacrificateur de Son peuple.
Tout au long de la dernière partie de ce chapitre, le Seigneur est présenté sous le même jour. Que ce soit comme Chef de notre salut, comme Celui qui sanctifie, ou comme Souverain Sacrificateur, Il est vu se tenant pour nous devant Dieu — et non pas pour Dieu devant nous comme c’est le cas quand il est question de son Apostolat. En tant que Souverain Sacrificateur, Il agit dans les choses qui concernent Dieu, et en même temps Il est capable de nous secourir dans nos tentations. Envers nous Il est toujours miséricordieux, tout en maintenant toujours les propos de Dieu et Sa gloire avec la plus parfaite fidélité. Tant qu’il en est ainsi, Sa gloire personnelle et Sa prééminence sont pleinement établies. Il n’a pas honte de nous appeler frères, mais nulle part nous ne sommes encouragés à retourner la phrase, et à se servir du même terme de frères pour Le désigner, comme certains le font parfois.
Avant de terminer ce chapitre, remarquez combien tout est coulé dans un moule convenant parfaitement à des esprits juifs. Chaque point est corroboré par des citations de l’Ancien Testament, montrant combien ce qui est maintenant établi en Christ avait été prévu et annoncé. Ceci pouvait ne rien vouloir dire pour quelqu’un des nations, mais c’était très significatif pour des Juifs. En outre la vérité est formulée en des termes susceptibles de leur rappeler immédiatement la manière par laquelle leur ancienne religion avait donné des types de ces biens à venir. La fin du verset 17 en est une illustration, où il est parlé de l’œuvre du Seigneur Jésus comme faisant « propitiation pour les péchés du peuple ». Pourquoi le dire ainsi ? Pourquoi ne pas avoir dit : « pour nos péchés », ou « pour les péchés des hommes » ? Parce qu’alors la vérité n’aurait pas été aussi frappante pour des esprits juifs. Telle qu’elle est présentée, cette fin du v. 17 tournait de suite leurs pensées vers l’activité bien connue d’Aaron et de ses successeurs, au grand jour des propitiations, selon Lév. 16, qui était un type frappant de l’œuvre de Christ.
Aucun livre du Nouveau Testament ne jette plus de lumière sur l’Ancien Testament que l’épître aux Hébreux ; et aucun ne montre plus clairement toute la nécessité pour nous de lire et de comprendre l’Ancien Testament. Si nous lisons l’épître aux Hébreux en la détachant de ce contexte, il est très facile de s’égarer dans des notions erronées.
A suivre
Chapitre 3 - versets 1 à 6
4 - Chapitre 3
4.1 - Ch. 3:1
Le premier chapitre nous a présenté le Seigneur Jésus comme l’Apôtre, c’est-à-dire l’Envoyé, venu à nous de la part de Dieu pour nous apporter la révélation Divine. Le chapitre 2 Le plaçait devant nous comme le Souverain Sacrificateur qui est allé de notre part vers Dieu pour nous représenter et soutenir notre cause en Sa présence. Maintenant nous sommes priés de Le considérer sous ces deux caractères de façon très approfondie. Il faut y appliquer nos esprits comme ceux qui cherchent à découvrir tout ce que cela implique.
Ces Hébreux avaient embrassé une nouvelle profession de foi, ou il vaut mieux dire qu’ils s’étaient mis à confesser le nom de Jésus que leur nation avait rejeté. L’attitude nationale envers Jésus se résumait par ces mots : « Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais, pour celui-ci, nous ne savons d’où il est » (Jean 9:29). Plus ces Hébreux convertis considéraient JÉSUS et L’étudiaient, plus ils sauraient avec certitude d’où Jésus était : ils s’apercevraient que véritablement « Il était venu de Dieu, et s’en allait à Dieu » (Jean 13:3).
Les Juifs se glorifiaient de Moïse et d’Aaron. Dieu avait en effet parlé à l’un d’eux et en avait fait Son porte-parole, et Il avait attribué à l’autre la fonction de sacrificateur ; néanmoins tous deux étaient morts. Le chrétien, et le chrétien seul, a un Apôtre et Souverain Sacrificateur vivant, qu’il peut connaître, contempler et aimer : Celui qui est Dieu et pourtant Homme, et qui est pourvu de tous les attributs et de toutes les gloires énumérés aux chapitres 1 et 2.
Il est digne de notre étude éternelle. Considérons-Le bien, car en le faisant nous verrons d’autant plus clairement la richesse de la place que nous avons comme mis en relation avec Lui, et l’élévation de l’appel auquel nous avons part. Ces deux choses sont mentionnées dans le verset 1. Ne passons pas dessus à la légère. Elles sont dignes d’une attention sérieuse.
Ce chapitre s’adresse à nous comme à des « frères saints ». Cela a une portée extrêmement forte. Cela ne veut pas simplement dire que tous les chrétiens sont frères, et que tous sont mis à part pour Dieu. Il faut comprendre l’expression en rapport avec son contexte, c’est-à-dire en rapport avec ce qui précède, et en particulier les versets 2:10-11. En 2:11, nous avons les mots « sanctifie » et « sanctifiés », et ici le mot « saints ». Ce sont des formes différentes du même mot. Nous sommes saints du fait que nous sommes entrés dans la merveilleuse sanctification où l’on est « tous d’un » avec le grand Chef de notre salut. Pour la même raison nous sommes « frères » car Il n’a pas honte de nous appeler ainsi. En s’adressant à nous comme des « frères saints », l’Esprit de Dieu nous rappelle la place de proximité et d’honneur extraordinaires où nous sommes mis.
En tant que frères saints, nous participons à l’appel céleste. Nous savons tous comment Dieu a appelé Israël à sortir d’Égypte pour les introduire dans le pays qu’Il s’était proposé pour eux. Leur appel était terrestre, mais il ne faut nullement le mépriser pour autant. Quant à nous, nous ne sommes pas appelés à quelque lieu particulier sur la terre, mais à une place dans le ciel.
Dans les évangiles, nous voyons comment le Seigneur préparait les esprits de Ses disciples à ce changement immense. À un moment de Son ministère, Il leur commanda de ne pas tant se réjouir d’avoir des pouvoirs miraculeux, mais plutôt de se réjouir d’avoir leurs noms écrits dans les cieux (Luc 10:20). Nos noms sont inscrits dans les registres des villes où nous habitons, et par ces paroles le Seigneur indiquait qu’ils avaient acquis une citoyenneté céleste. Plus tard, dans Son discours d’adieu, Il leur parla de la vraie maison de Son Père dans les cieux, cette maison dont le temple terrestre n’est qu’une représentation ou une ombre, et Il dit : « Je vais vous préparer une place » (Jean 14:2). Notre place est là. Notre appel est céleste dans son caractère, et il a le ciel comme aboutissement.
Si ces Hébreux convertis au commencement avaient réellement saisi par la foi ces faits puissants, ils se seraient sans aucun doute rendu compte à quel point ils avaient été élevés. Ce n’était pas peu de chose d’avoir été le peuple d’Abraham et de Moïse, d’avoir été appelé à aller dans un pays ruisselant de lait et de miel ; mais tout cela perdait toute importance en face de privilèges tels que faire partie des « plusieurs fils » amenés à la gloire, être reconnus comme des « frères saints » par le Seigneur Jésus, et avoir une vocation céleste. Mais si c’était déjà une grande élévation pour eux, combien plus grande est notre élévation à nous qui n’avions aucune part aux privilèges d’Israël, et n’étions que des pécheurs des nations ! Prenons seulement le temps de peser cela, et nous aurons abondamment de quoi nous prosterner dans nos cœurs en adoration de Celui dont le cœur d’amour a conçu de tels desseins.
4.2 - Ch. 3:2-6
Notre appel est caractérisé par le fait d’être saint et céleste, mais le grand point pour nous, c’est de tourner les yeux de notre âme vers Jésus, et de Le considérer avec ferveur. Il est à la fois Apôtre et Souverain Sacrificateur, et dans Sa grandeur nous pouvons lire la grandeur de notre appel. Les versets 2 à 6 nous donnent un aperçu de Sa grandeur en contraste avec Moïse. Quand Marie et Aaron parlèrent contre Moïse, selon le récit de Nombres 12, ils dirent : « L’Éternel n’a-t-il parlé que par Moïse ? N’a-t-il pas parlé aussi par nous ? » (12:2), c’est-à-dire qu’ils mettaient en cause son rôle de prophète, ou apôtre, de ce temps-là. Alors le Seigneur rend ce témoignage remarquable à son sujet : « Mon serviteur Moïse a été fidèle dans toute ma maison » (Nomb. 12:7). En cela, il était un type de Christ qui a été fidèle à Celui qui Lui a confié la charge suprême.
Mais même ainsi, nous trouvons que le rapport entre le type et l’antitype est ici plutôt un contraste qu’une comparaison. D’abord Moïse était fidèle dans la maison de Dieu comme faisant lui-même partie de cette maison, tandis que Christ est celui qui bâtit la maison. Ensuite la maison où Moïse officiait était simplement Israël ; il avait la charge de cette nation, mais d’elle seulement. Le Seigneur Jésus agit en faveur de « toutes choses ». Celui qui bâtit toutes choses est Dieu, et le Seigneur Jésus est Celui par qui Dieu les bâtit. Enfin en troisième lieu, dans la petite sphère restreinte d’Israël, Moïse officiait comme un serviteur fidèle ; mais dans la vaste sphère de toutes choses, Christ officie pour la gloire de Dieu. Méditons sur ces points, et nous commencerons à avoir des pensées plus vastes au sujet de Christ.
Pourtant nous ne devons pas nous perdre dans l’immensité du puissant univers de Dieu, aussi nous trouvons que Christ a Sa propre maison sur laquelle Il est Fils, et nous, les croyants d’aujourd’hui, nous sommes cette maison. Nous sommes Son édifice, et Il administre fidèlement tout ce qui nous concerne pour la gloire de Dieu, comme Apôtre et Souverain Sacrificateur.
4.3 - Ch. 3:6b — Si du moins
Mais, comme il est dit ici, nous sommes sa maison « si du moins… ». Ce si du moins trouble beaucoup de gens. Il n’est pas destiné à troubler le vrai croyant, mais seulement celui qui n’est qu’un simple professant de la religion chrétienne. Établissons ici une distinction importante. Quand dans l’Écriture nous sommes vus comme nés de Dieu, ou vus en quelque manière comme les objets de l’œuvre de Dieu par Son Esprit, alors il n’y a pas de si. Comment cela se peut-il ? — Parce que la perfection marque tout ce qui est l’œuvre de Dieu. D’un autre côté, quand nous sommes vus d’un point de vue humain comme ceux qui ont embrassé la profession chrétienne, alors un si peut être introduit — et en effet il doit l’être.
Voici des gens qui ont professé être convertis il y a des années, et pourtant aujourd’hui ils sont loin d’avoir un comportement chrétien. Que peut-on dire à leur égard ? Eh bien, comme nous cherchons à être charitables dans nos pensées, nous leur donnons le bénéfice du doute, et nous les acceptons comme croyants, jusqu’à ce que, de manière probante, ils se révèlent ne pas l’être. Pourtant il y a encore un doute : un si est introduit. Les Hébreux auxquels cette épître s’adressait, étaient nombreux et d’états spirituels fort variés. Certains d’entre eux causaient beaucoup d’inquiétude à l’auteur de l’épître. La plupart d’entre eux étaient sans doute vraiment convertis, et il pouvait dire d’eux : « mais nous sommes persuadés, en ce qui vous concerne, bien-aimés, de choses meilleures et qui tiennent au salut » (6:9). Pourtant en leur écrivant à tous globalement, que pouvait-il dire sinon que tous les privilèges chrétiens leur appartenaient, si leur profession chrétienne était effectivement une réalité.
Or c’est justement ce que dit la seconde partie du verset 6, car il est temps de tester la réalité. Ce qui seul peut donner une garantie certaine de la réalité de la profession chrétienne, c’est la persévérance. Tôt ou tard la fausse profession chrétienne laisse tomber les choses, et se détourne ; la vraie profession tient ferme jusqu’au bout. Si quelqu’un se fourvoie et se détourne, la véritable racine de leur trouble tient en un mot : l’incrédulité.
A suivre
Chapitre 3, verset 7 à chapitre 4 verset 3
4.4 - Ch. 3:7-19
Vous remarquez bien sûr que les versets 7 (après « c’est pourquoi ») à 11 forment une parenthèse. Pour avoir le sens correct il faut lire : « C’est pourquoi prenez garde, frères, etc. ». C’est contre un méchant cœur d’incrédulité que nous sommes mis en garde, et non pas de froideur, d’indifférence ou de mondanité, aussi mauvaises que soient ces choses pour la santé spirituelle des croyants. C’était justement l’incrédulité qui était la racine de tous les troubles d’Israël dans leur voyage dans le désert, selon le dernier verset du ch. 3. L’Israël du temps de Moïse était donc en cela un signal d’alarme pour les Hébreux du temps des apôtres.
Dans la parenthèse nous avons une citation du Ps. 95. Elle est placée devant nous, non comme une parole de David, mais comme une parole du Saint Esprit qui inspira David pour la prononcer. Dans les quatre derniers versets de notre ch. 3, nous avons le commentaire du Saint Esprit sur ce qu’Il a dit dans le psaume, et il y est établi clairement ce que nous venons de dire plus haut. Caleb et Josué entrèrent dans le pays de la promesse parce qu’ils avaient cru ; les autres n’entrèrent pas parce qu’ils n’avaient pas cru. Leurs cadavres sont tombés dans le désert.
Un mot d’explication supplémentaire est nécessaire ici pour que nous ne fassions pas de confusion dans nos pensées. On peut considérer l’histoire d’Israël de deux manières : soit d’un point de vue national, soit d’un point de vue plus personnel et individuel. Quelle que soit la manière de la considérer, cette histoire a une valeur typique pour nous.
Si nous prenons le premier point de vue, nous les considérons comme un peuple racheté nationalement, et c’est nationalement qu’ils entrèrent dans le pays que Dieu s’était proposé pour eux, à l’exception de deux tribus et demies qui devinrent le type des croyants qui ont leurs pensées aux choses de la terre, qui n’entrent pas dans la bénédiction que Dieu s’est proposé pour eux. De ce point de vue, il est sans importance que les individus effectivement entrés dans le pays (hormis deux d’entre eux), n’étaient pas du tout les mêmes que ceux qui étaient sortis d’Égypte. Selon le second point de vue, nous nous intéressons tout à fait à l’état effectif du peuple et des individus parmi eux. De tous ceux qui quittèrent l’Égypte, seulement deux crurent et entrèrent effectivement en Canaan. Ce dernier point de vue est celui de l’épître aux Hébreux, comme aussi de 1 Cor. 10:1-13 où il nous est dit qu’ils sont des types ou des exemples pour nous. Ils sont pour nous un avertissement très clair de la fin terrible qui attend ceux qui, selon leur profession et selon les apparences extérieures, font bien partie du peuple de Dieu, mais qui sont en réalité dépourvus de la foi vraie et vitale qui est la source principale de toute sainteté.
Nous sommes donc mis en garde contre un méchant cœur d’incrédulité qui s’écarte du Dieu vivant, et nous sommes priés de nous exhorter l’un l’autre chaque jour (3:13), car le péché est très trompeur. Si les croyants doivent s’exhorter l’un l’autre chaque jour, cela signifie que chaque jour ils recherchent la compagnie des autres croyants. Ce verset considère comme allant de soi que nous ayons nos relations et notre compagnie parmi le peuple de Dieu, de la même manière qu’autrefois, les apôtres « ayant été relâchés, vinrent vers les leurs » (Actes 4:23). Il implique aussi que nous veillons sur l’âme les uns des autres en vue de la prospérité spirituelle des uns et des autres. Mais, est-ce vrai de nous tous ? La santé spirituelle générale des chrétiens n’en serait que meilleure. Nous sommes bien plus influencés par la compagnie des gens que nous fréquentons que beaucoup d’entre nous sont prêts à l’admettre.
Si donc certains d’entre nous ont confessé le nom de Jésus sans réalité, il y a alors en eux un méchant cœur d’incrédulité, quoi que ce soit qu’ils aient pu exprimer de leurs bouches ; et à moins d’ouvrir les yeux aux réalités, la pente du déclin est irréversible. Le méchant cœur d’incrédulité est facilement trompé par le péché ; et le péché lui-même, en raison de sa tromperie, nous endurcit jusqu’à nous rendre insensibles à la répréhension. Alors au lieu de « retenir ferme jusqu’au bout le commencement de notre assurance », nous laissons aller et nous abandonnons. Or seuls les vrais croyants, qui demeurent fermes jusqu’au bout, deviennent compagnons du Christ.
5 - Chapitre 4
5.1 - Ch. 4:1
Il n’est pas étonnant dès lors que le chapitre 4 commence par ces mots : « Craignons donc ». Cela ne signifie nullement que nous devions être tout le temps remplis d’une frayeur servile, nous demandant toujours avec inquiétude si nous tiendrons jusqu’à la fin pour être sauvés. Cela signifie que nous devons accepter l’avertissement qui ressort de l’histoire d’Israël, que nous devons nous rappeler de la séduction du péché et de la faiblesse de nos propres cœurs, et qu’il nous faut avoir de toute manière une crainte salutaire en suivant leurs pas.
5.2 - Ch. 4:2-3
Le début du verset 2 dit : « nous aussi, nous avons été évangélisés de même que ceux-là ». Ce n’est pas comme si l’Israël d’autrefois et nous aujourd’hui avions reçu exactement le même message de l’évangile. La bonne nouvelle de la délivrance d’Égypte et de l’entrée en Canaan leur avait été prêchée ; la bonne nouvelle de la délivrance du péché et de l’entrée dans les bénédictions célestes nous a été prêchée. Mais dans les deux cas la bonne nouvelle prêchée ne profite que si elle est reçue par la foi. L’évangile est un remède merveilleux pour le cœur brisé, mais il nous est parvenu dans un flacon avec l’instructions suivante : « à mélanger avec de la foi chez ceux qui entendent ». Si ces instructions ne sont pas suivies, aucune guérison n’est opérée, et nous n’atteignons pas le repos de Dieu.
Le croyant, et le croyant seul, entre dans le repos de Dieu. Ceci est vrai aussi bien si l’on pense au repos typique de Dieu en Canaan, dans lequel seuls Caleb et Josué entrèrent, ou au vrai repos de Dieu qui sera atteint dans un jour à venir ; et c’est là la signification toute simple des premiers mots du verset 3. Il ne s’agit pas de ce que nous, croyants, nous entrons maintenant dans le repos, ni de ce que nous jouissons maintenant de la paix de Dieu — bien que cela soit heureusement vrai, bien sûr, et que l’Écriture insiste ailleurs là-dessus — mais il s’agit de ce que ce sont les croyants, toujours eux et seulement eux, qui entrent dans le repos de Dieu, et de ce que ce repos était prévu dès le temps de la création, mais il n’est pas encore réalisé.
A suivre
Chapitre 4 versets 4 à 15
5.3 - Ch. 4:4-11
Les versets 4 à 9 développent un argument selon lequel la promesse du repos de Dieu n’a été accomplie en aucune manière et en aucun sens par l’entrée d’Israël en Canaan sous Josué (4:8). Cet argument était nécessaire pour les lecteurs hébreux, car ils étaient enclins à considérer que tout ce qui se rattache au repos avait été réalisé par leurs ancêtres, et qu’il n’y avait rien de plus à attendre.
Ce raisonnement peut être résumé comme suit :
- 1. Il doit y avoir un repos, comme cela est dit quand Dieu eut achevé Ses œuvres de création.
- 2. Israël n’est pas entré dans le repos sous Josué, ceci étant prouvé par le fait que Dieu a dit : « S’ils entrent dans Mon repos ! » (ce qui est une manière idiomatique hébreu de dire qu’ils n’y entreront certainement pas) ; et aussi par le fait que, si longtemps après Josué, au temps de David, une offre leur a été de nouveau faite d’entrer dans le repos. Une telle offre n’aurait pas été faite plus tard, si tout avait été déjà accompli sous Josué.
- 3. Mais la promesse de Dieu ne manquera pas de se réaliser ; par conséquent il y a encore un repos qui attend le peuple de Dieu, c’est-à-dire les croyants.
Le repos sabbatique au verset 9 relie la pensée du repos avec ce qui a été dit précédemment dans ce chapitre sur le repos de Dieu dans la création, et aussi avec ce que nous avons au v. 10. Nous n’entrerons dans le repos de Dieu que quand nous aurons accompli et achevé pour toujours nos jours de travail et de labeur ici-bas.
La première partie du chapitre 4 a établi le fait que le repos de Dieu se situe à la fin du pèlerinage du croyant. Pour le moment, nous sommes dans la position de pèlerins en route vers ce repos, de la manière qu’Israël autrefois était des pèlerins en route vers le pays de la promesse. Quand le repos sera atteint, nous cesserons de travailler, mais tant que nous sommes en chemin, nous devons « travailler », ou plutôt nous « appliquer » à y entrer, tenant compte de l’avertissement que constitue le sort qui a atteint autrefois tant de Israélites incrédules.
5.4 - Ch. 4:12-16 — Trois ressources : la Parole, la sacrificature de Christ, le trône de la grâce
5.4.1 - Ch. 4:12-13
La dernière partie du chapitre place devant nous trois grandes sources d’aide et de directions qui sont à notre disposition durant notre pèlerinage. Ce sont d’abord la parole de Dieu, deuxièmement la sacrificature de Christ, et troisièmement le trône de la grâce.
Les caractéristiques de la parole de Dieu sont placées devant nous aux versets 12 et 13. Elle est vivante et opérante. Comme tout ce qui est vivant, elle possède une énergie étonnante. En outre elle a une puissance de pénétration extraordinaire, car elle peut se frayer un chemin au milieu de choses étroitement imbriquées, tant dans le domaine spirituel que matériel — d’une manière impossible même à une épée à double tranchant bien affûtée. De plus, elle discerne les pensées et les intentions les plus profondes dans les hommes.
Il est remarquable que le mot traduit par « discerner » est celui qui a donné naissance à notre mot « critique ». Beaucoup de gens se disent aujourd’hui des critiques de la Parole de Dieu, et leurs critiques insensées ne font que trahir le fait que, loin d’être vivants, ils sont morts spirituellement ; et que loin d’être puissants, ils sont faibles, et que leur prétendue puissance de pénétration est pratiquement inexistante. Ils n’ont aucune vraie compréhension de la Parole qu’ils critiquent, et les « auteurs » et « éditeurs » fantômes qu’ils évoquent, sont le résultat, non de leur puissance de pénétration, mais d’une imagination désordonnée et sans discernement.
Le rôle de l’homme n’est pas de critiquer la Parole de Dieu, mais de la laisser le critiquer. Rien ne nous met plus à l’épreuve que la critique. Si nous sommes fiers et contents de nous, nous la ressentons amèrement. Ce n’est qu’en étant humble et en marchant dans la crainte du Seigneur que nous accueillons volontiers les critiques pénétrantes de la Parole, et elles nous sont la plus grande aide possible pour la poursuite de notre pèlerinage. C’est ce qui nous permet de nous voir nous-mêmes et de scruter nos motivations personnelles, et d’éviter ainsi mille pièges.
La Parole de Dieu nous arrive par les Saintes Écritures. Si quelqu’un nous demande pourquoi nous acceptons la Bible comme étant la parole de Dieu, nous pouvons bien répondre : Cette parole qui est vivante et opérante, qui pénètre et discerne les pensées cachées et les secrets, n’est-elle pas la Parole de Dieu ? Oui, elle l’est effectivement ! La Bible n’a-t-elle pas justement toutes ces caractéristiques ? Oui, c’est indubitable. Alors quel autre besoin avons-nous de prouver que la Bible est la Parole de Dieu ?
Remarquez aussi comment on passe presque insensiblement de la Parole de Dieu au verset 12 à Dieu lui-même au verset 13. Tout est découvert à Ses yeux. Nous avons affaire avec un Dieu qui voit tout.
Si la parole de Dieu agit pleinement dans notre intelligence et notre conscience, nous deviendrons très conscients de notre insuffisance et de notre faiblesse dans le pèlerinage. Combien il est alors heureux de nous tourner vers la deuxième ressource qui est placée devant nous : « la sacrificature de Christ ».
5.4.2 - Ch. 4:14
Au verset 14, la grandeur de notre souverain sacrificateur est soulignée, à la fois quant à Sa position et quant à Sa personne. Il a traversé les cieux. Il ne s’est pas arrêté au premier ciel ni au second lors de Son ascension, mais Il est monté jusqu’au troisième ciel, le plus haut. Selon l’expression d’Éph. 4:10, Il est bien Celui qui est « monté au-dessus de tous les cieux ». Cependant la position de notre Souverain Sacrificateur est exprimée ici de cette manière, afin que les lecteurs Juifs se rappellent Aaron entrant dans le lieu très saint. Le parvis du tabernacle, où se trouvait l’autel de l’holocauste, était un type du premier ciel. Le lieu saint était un type du deuxième ciel, et le lieu très saint un type du troisième ciel dans lequel Dieu demeure. En entrant dans le lieu très saint, Aaron traversait les cieux pour reprendre les expressions de l’antitype (ce que le type figure). Notre précieux Sauveur et souverain sacrificateur a traversé les cieux, non en type mais en réalité. Il est maintenant dans une position de grandeur et de gloire infinies.
Quant à Sa personne, notre grand souverain sacrificateur n’est rien moins que le Fils de Dieu. Ce grand fait règle tout de manière décisive. Il n’y a pas place ici pour des manquements. Un homme ordinaire comme Aaron pouvait faillir, et effectivement il a manqué tout de suite, et tout le système qui dépendait de lui a manqué pareillement. Notre souverain sacrificateur ne faillira jamais et tout ce qui dépend de Lui demeurera à jamais. Si nous croyons vraiment ceci, nous « tiendrons ferme notre confession ».
5.4.3 - Ch. 4:15
Puis au verset 15 est placée devant nous la miséricorde de notre souverain sacrificateur. Étant devenu vraiment un Homme, il est passé par toutes les expériences et les tentations humaines, à part le péché. La traduction de la version autorisée anglaise « sans péché » peut induire en erreur en faisant penser qu’Il a simplement traversé toutes les tentations sans pécher. Or cette expression va plus loin. Il a affronté toutes les tentations humaines « à part le péché » ; Il était parfaitement et intrinsèquement saint. « Il n’y a point de péché en lui » (1 Jean 3:5), et par conséquent les tentations procédant de la chair intérieurement Lui étaient nécessairement inconnues. Il n’y avait pas la chair en Lui. « Mais chacun est tenté, étant attiré et amorcé par sa propre convoitise » (Jacq. 1:14). Mais on ne pouvait pas dire cela de Lui.
C’est pourquoi quand il est dit qu’Il sympathise à nos infirmités, il n’est pas dit qu’Il sympathise à nos péchés. Les infirmités ne sont pas des péchés, mais plutôt ces faiblesses liées à la condition humaine. En nous elles peuvent bien sûr conduire au péché, et c’est ce qu’elles font presque inévitablement si nous ne cherchons pas à obtenir le secours d’en haut, le secours dont parle le verset 16.
Mais ne quittons pas le verset 15 avant d’en avoir extrait la douceur contenue dans le mot « sympathiser ». Sympathiser, c’est avoir les sentiments touchés. Considérons d’abord ce mot touchés. Un homme puissant et riche peut distribuer beaucoup d’aide et de secours aux nécessiteux, et n’avoir pourtant jamais ni le temps ni l’inclination pour entrer dans leurs expériences douloureuses au point d’en avoir le cœur ému. Nous, dans notre faiblesse et notre besoin, nous pouvons regarder à notre Souverain Sacrificateur dans la gloire et être sûrs que Son cœur est touché par ce qui nous concerne. Puis considérons ce mot sentiment. L’homme riche qui fait de nombreuses action humanitaires peut aller jusqu’à être touché par la connaissance des besoins des gens qu’il aide, mais s’il n’a pas une compréhension expérimentale de leurs faiblesses et de leurs luttes, il ne peut pas être touché par le sentiment de leurs besoins. Or tout ce que le Seigneur Jésus a traversé Le rend capable d’avoir réellement ce sentiment. Il est entré si véritablement dans la vie humaine et les conditions humaines, à part le péché, qu’Il connaît maintenant du point de vue humain ce qu’Il a toujours su du point de vue divin. Il possédait Lui-même des sentiments humains sur les besoins humains et les douleurs humaines, et bien qu’Il soit maintenant glorifié dans les lieux célestes, il est encore Homme dans le ciel avec tous les sentiments d’un Homme à l’égard des hommes.
A suivre
Chapitre 4 verset 16 à 5 verset 9
5.4.4 - Ch. 4:16
Dans ces conditions, approchons-nous avec hardiesse [ou : confiance, ou : en pleine liberté] du trône de grâce ! Ce trône est la troisième ressource que notre chapitre mentionne. C’est un « trône de grâce » à cause de notre Souverain Sacrificateur qui y est assis. De là sont dispensées la miséricorde et la grâce pour avoir du secours au moment opportun ; seulement il nous faut venir à ce trône pour l’avoir.
Quel Israélite autrefois aurait osé s’approcher avec confiance [ou : hardiesse] du trône terrible du Dieu Tout-puissant ? Quel Israélite aurait même osé s’en approcher tout court ? Quand Ézéchiel le vit dans une vision, il y avait « une ressemblance comme l’aspect d’un homme, dessus, en haut » (Éz. 1:26), mais il n’avait aucune confiance [ou : hardiesse], et il est plutôt tombé sur sa face (Éz. 1:28). Au mieux sa vision dévoilait ce qui devait se réaliser de nos jours. Grâce à Dieu, cela est devenu réalité, mais la réalisons-nous ? Le Fils de Dieu est assis sur le trône, mais c’est le Fils de Dieu dans une Humanité vraie, tendre et pleine de sympathie. Si nous comprenons cela, toute crainte s’évanouit, et nous nous approchons avec confiance [ou : hardiesse].
Tout le temps de notre vie ici-bas est un temps où nous sommes dans le besoin, et c’est à nous de nous approcher avec confiance [ou : hardiesse] pour avoir toute miséricorde et grâce au moment opportun. Nous n’avons qu’à nous approcher dans la prière et la supplication, et cela nous est garanti par le caractère de Celui dont nous nous approchons — Sa grandeur d’un côté et Sa grâce de l’autre. Combien il est rare de trouver ces deux choses réunies chez les hommes ! Voici, par exemple, un très grand homme avec beaucoup de puissance et de capacité pour aider les autres. Mais il n’arrive pas à avoir une attitude très bienveillante ni à se rendre facilement accessible, par peur d’être submergé par les candidats. Il se retranche donc derrière des secrétaires, des portiers et autres employés de ce genre. Il pourrait faire beaucoup pour vous, à condition que vous puissiez l’approcher, mais vous n’y arrivez pas. Voici un autre cas, un homme plus gentil, plus accessible et plus sympathique que tout ce qu’on peut imaginer, mais quand vous l’approchez, il n’a aucun pouvoir de faire quoi que ce soit pour vous. Telle est la situation en général parmi les hommes, mais non pas avec notre Seigneur. La puissance et la grâce sont unies chez Lui.
6 - Chapitre 5
6.1 - Ch. 5:1-3
La première partie du chapitre 5 continue ce sujet. Les souverains sacrificateurs d’autrefois représentaient les hommes, et agissaient pour eux dans les choses qui concernent Dieu. Mais du fait qu’ils agissaient pour des hommes, ils avaient à être compatissants et pleins de sympathie envers les hommes. C’est pour cela qu’ils étaient pris parmi les hommes, étant de la famille d’Aaron. Si Dieu avait pris un ange saint à titre de souverain sacrificateur en faveur d’Israël, il aurait pu y avoir un grand gain du côté de Dieu quant à l’exactitude et la fidélité dans l’exécution de toutes les fonctions sacerdotales ; mais il y aurait eu une grande perte pour l’homme sous des aspects comme la compassion pour les ignorants. Celui qui agit pour des hommes doit comprendre la condition humaine du point de vue expérimental, et c’est ce qui est vrai par excellence de Christ, comme nous venons de le voir.
Dans le cas d’Aaron, il avait à « offrir pour les péchés, pour le peuple, ainsi aussi que pour lui-même » (5:3). Il y a là à nouveau un contraste, et non pas une analogie. Christ est en effet un sacrificateur qui offre des sacrifices, car il est dit plus loin : « Il était nécessaire que celui-ci aussi eût quelque chose à offrir » (8:3). Mais encore un peu plus loin dans l’épître, nous découvrons que Christ, « par l’Esprit éternel, s’est offert lui-même à Dieu sans tache » (9:14). Voilà tout un monde de différence entre Aaron offrant POUR lui-même et Christ s’offrant LUI-MÊME.
6.2 - Ch. 5:4-6
Aaron était aussi un type de Christ dans le fait d’avoir été appelé à la fonction de sacrificateur par Dieu lui-même. Mais, bien que Christ eût été appelé par Dieu comme Aaron, il ne l’a pas été selon l’ordre d’Aaron, mais selon l’ordre de Melchisédec. Celui qui a dit au Ps. 2:7 : « Tu es mon Fils ; aujourd’hui, je t’ai engendré » (déjà cité au ch. 1:5), a aussi dit au Ps. 110 :4 : « Tu es sacrificateur pour toujours, selon l’ordre de Melchisédec ». Si maintenant vous regardez de près ce psaume, vous verrez que ceci a dit en rapport avec Christ sortant de la mort en résurrection et exalté à la droite de Dieu.
6.3 - Ch. 5:7-9
Dans les versets 7 à 9 nous revenons aux « jours de Sa chair », c’est-à-dire aux jours où Il était sur la terre avant de mourir. C’est alors qu’eut lieu le grand moment du jardin de Gethsémané où Il se trouva en face des douleurs de la mort, et où Ses cris furent entendus. Il fut entendu « à cause de sa piété ». Ses perfections personnelles comme Homme exigeaient qu’Il fût entendu. Son cri était qu’Il soit sauvé hors de la mort, la force de l’expression étant bien ici « sauvé hors de la mort », et non pas seulement « préservé de la mort ». Il ne fut pas préservé de la mort, mais Il a été entendu et a été sauvé hors de la mort par la résurrection, et par l’Éternel qui Lui a dit : « Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds » (1:13).
Entrer dans la mort et être sauvé hors d’elle, ces deux grandes choses présentées aux versets 8 et 9, ont été alors accomplies. D’abord (a) Il a appris l’obéissance. Comprenons bien ce que cela veut dire. Loin de nous la pensée qu’il y eut jamais la moindre tache de désobéissance chez Lui. Le fait est qu’avant son incarnation, Il avait toujours occupé une place de gloire suprême, où c’était à Lui de commander. Étant devenu Homme, il a expérimenté ce que c’était d’obéir. Le roi George VI de Grande Bretagne (1895-1952) a été marin quand il était jeune. Tout au long de sa formation de marin, il a appris l’obéissance qui est nécessaire au bon déroulement de toute la machine navale. Quand nous parlons de ce roi comme ayant appris l’obéissance, nous ne voulons nullement suggérer que ce jeune prince ait commencé sa formation d’aspirant dans un esprit d’insubordination et de désobéissance. Nous voulons seulement souligner qu’il a acquis son savoir de marin non par l’étude de livres, mais par l’expérience effective. C’est de cette manière que le Seigneur Jésus, bien que Fils de Dieu, a appris l’obéissance par la souffrance humaine.
La deuxième chose accomplie (b) était en notre faveur. Son temps de souffrance et de mise à l’épreuve arrivait à sa fin. Il avait été obéissant jusqu’à la mort, la mort de la croix. La mort était l’épreuve suprême, et là il fut rendu parfait [sens du mot rendu aussi par « consommé »] : c’est-à-dire qu’étant toujours parfait Lui-même, sa vie d’obéissance a atteint là sa fin glorieuse et son apogée. Mais c’est exactement alors, à ce stade, qu’Il fit propitiation, et qu’Il devint par là « l’auteur du salut éternel ». Il s’agissait d’une délivrance éternelle, et non pas d’une délivrance comme celle d’Israël hors d’Égypte qui, bien que vraiment merveilleuse, n’était que pour un temps.
Et ce salut éternel est reçu par « ceux qui Lui obéissent ». Le chapitre 3 et le début du chapitre 4 ont tellement insisté sur la valeur de la foi, que nous aurions pu supposer qu’il faudrait lire au v. 9 « ceux qui croient ». Pourquoi donc est-il dit : « tous ceux qui lui obéissent » ? L’obéissance est bien sûr l’obéissance de la foi, mais il est nécessaire que nous comprenions que Celui qui demande l’obéissance de notre part est Celui qui a Lui-même appris l’obéissance. Par obéissance, le Fils de Dieu a opéré notre salut éternel, et ce salut est nôtre quand nous venons nous soumettre à Lui dans l’obéissance. Ne voyons-nous pas quelle convenance divine il y a là ? Il demande seulement de notre part cette obéissance qu’Il a Lui-même parfaitement exécutée.
A suivre
Chapitre 5 verset 10 à 6 verset 8
6.4 - Ch. 5:10
Au verset 10 nous revenons au grand fait établi au v. 6. Les versets intermédiaires ont pour but évident de nous convaincre de la parfaite qualification de notre Souverain Sacrificateur. Melchisédec est un personnage mystérieux qui apparaît un court instant en Genèse 14, puis disparaît. Il était pourtant sacrificateur du Dieu Très-haut. Celui qu’il typifie est infiniment plus grand que lui : c’est le Fils de Dieu, qui a assumé l’humanité, a enduré les souffrances, a appris l’obéissance, et par la mort même est devenu l’Auteur d’un salut éternel pour tous ceux qui Lui obéissent. Pour TOUS ceux qui LUI obéissent — remarquez-le ! Si vous Lui obéissez et que je Lui obéisse, alors nous sommes inclus dans la portée de cette déclaration. Ce salut est le nôtre !
6.5 - Ch. 5:11-14
Arrivé à ce point, l’auteur de l’épître s’arrête dans le courant de sa pensée, et ouvre une longue digression. Melchisédec est un type de Christ tellement important qu’il y avait beaucoup de choses à dire à son sujet, et ce n’était pas un thème facile. Il nécessitait de la profondeur d’intelligence spirituelle pour être reçu intelligemment. Rien que d’y penser, cela soulevait justement la question de l’état spirituel de ces croyants Hébreux, et de nous-mêmes.
Dans les derniers versets de notre chapitre, l’auteur de l’épître reproche doucement mais fermement à ses lecteurs Hébreux de n’être encore que des petits enfants quant à leur entendement, alors qu’ils auraient dû être des hommes faits. Si nous grandissons spirituellement, nos sens spirituels sont exercés, nous acquérons des habitudes spirituelles, et nous devenons capables d’assimiler la « nourriture solide » de la vérité sous ses aspects plus larges et plus profonds. Si nous ne grandissons pas malgré que nous ayons reçu la « parole de la justice », nous devenons inexpérimentés à son égard. Nous pouvons même glisser en arrière au point d’avoir besoin qu’on nous ré-enseigne les premiers rudiments concernant la vérité de base.
Il en était ainsi pour ces croyants Hébreux du début de l’église. Ils étaient entravés sans doute par leurs anciennes liaisons juives. Ils avaient tendance à s’agripper aux faibles et misérables éléments du Judaïsme, et en conséquence ils avaient de la difficulté à entrer dans les éléments les plus simples de l’évangile. Il se peut que cela ne soit pas notre problème, mais nous risquons fort d’être entravés par les éléments du monde, et plus particulièrement par les éléments de cette forme particulière de RELIGION MONDAINE dans laquelle plusieurs ont été élevés. Recherchons et voyons s’il en est ainsi ; si oui, nous serons nous aussi comme des arbres rabougris dans le jardin du Seigneur.
Acceptons aussi l’avertissement de ces versets selon lequel, si nous n’avançons pas, nous reculons. Si nous ne sommes pas en haut de l’échelle, nous serons en bas. Si nous ne progressons pas, nous déclinerons. Nous sommes sur une scène de mouvement, et nous ne réussirons pas à rester immobiles.
7 - Chapitre 6
7.1 - Ch. 6:1-3
« AVANÇONS », telle est la première exhortation de ce chapitre. Nous devons être marqués par le mouvement dans la bonne direction. Il nous faut laisser « la parole du commencement du Christ » et avancer vers la perfection, l’état d’homme fait. Si nous jetons un coup d’œil aux derniers versets du chapitre 5, nous verrons que le point sur lequel il est insisté ici, c’est qu’il nous faut grandir dans l’intelligence de la foi en Christ. Nous ne devrions pas être comme de petits enfants qui restent des années à l’école maternelle (ou : jardin d’enfants), mais nous devrions avancer jusqu’à ce que nous assimilions l’instruction donnée aux élèves de la classe supérieure.
Jean le baptiseur avait apporté « la parole du commencement du Christ ». Il avait posé « le fondement de la repentance des œuvres mortes et de la foi en Dieu ». Il avait mis le baptême au premier plan de sa prédication, et parlait clairement du jugement éternel. Mais les choses avaient changé depuis. Une grande lumière avait brillé quand Jésus commença Son ministère ; puis, à la fin de Son service terrestre, dans Son discours de la chambre haute, Il avait promis le don du Saint Esprit. Il avait dit à Ses disciples qu’Il avait « encore beaucoup de choses à leur dire », mais qu’ils ne pouvaient pas les supporter. Et Il avait ajouté : « Mais quand celui-là, l’Esprit de vérité, sera venu, il vous conduira dans toute la vérité » (Jean 16:12-13). Au moment où l’épître aux Hébreux fut écrite, TOUTE la vérité avait été révélée, car il fut donné à Paul, par son ministère, de compléter la parole de Dieu (Col. 1:25).
Le domaine complet de la vérité révélée était alors achevé. Mais voilà que ces Hébreux étaient encore enclins à demeurer dans leurs esprits parmi ces choses préliminaires, ignorant tout à fait la pleine lumière qui brillait maintenant. Sommes-nous comme eux ? Dans leur cas, il n’est pas difficile de voir où résidait le problème. La place privilégiée des Juifs sur le plan national sous l’ancienne alliance avait disparu. Il est vrai qu’elle avait disparu parce qu’un ordre de bénédiction plus élevé avait été introduit, de sorte que Juifs et Gentils, une fois convertis, sont introduits dans des privilèges inconnus jusqu’alors. Pourtant leurs cœurs s’accrochaient à leur ancienne position nationale, exclusive, et par conséquent ils devenaient paresseux à écouter la pleine vérité du christianisme. Dans notre cas, nous n’avons pas de position nationale à maintenir, mais il y a nombre de choses que nous aimons naturellement, et auxquelles nous nous accrochons, qui sont mises de côté par la lumière du vrai christianisme complet ; et il y a un danger très réel de fermer nos yeux devant cette lumière pour garder ce que nous aimons.
Oh ! Puissions-nous tenir compte de cette exhortation ! Permettez lui de se répéter toujours à nouveau dans nos cœurs : Avançons ! Avançons ! AVANÇONS ! Et joignons-nous à l’auteur de l’épître pour dire : « C’est ce que nous ferons, si Dieu le permet » (6:3).
7.2 - Ch. 6:4-8
Après cette parole très encourageante du verset 3, nous tombons abruptement sur un passage très sombre qui va du v. 4 au v. 8. Ce n’est pas sans raison que la transition est très abrupte. Si les chrétiens n’avancent pas, ils reculent inévitablement ; et s’il apparaît presque qu’ils ne veulent pas avancer, il y a beaucoup à craindre que cette absence de volonté provienne du manque de réalité de leur profession de foi ; dans ce cas leur recul pourrait évoluer à la longue vers une apostasie ouverte. Dans le cas d’un Juif, ce serait le cas immanquablement.
Ces versets envisagent en effet l’apostasie, non pas simplement le fait de s’écarter ; il ne s’agit pas d’un vrai croyant qui se refroidit et tombe dans le péché, ni de personnes qui ont un temps déclaré être converties sans que ce soit réel, puis qui délaissent leur fausse profession de foi et retournent dans le monde. Il s’agit d’un abandon complet, d’une répudiation totale du christianisme, racines et branches : c’est l’APOSTASIE.
Aucun vrai enfant de Dieu n’apostasie jamais, bien qu’il n’ait pas manqué de professants de la religion chrétienne pour le faire. Si un Hébreu jetait par-dessus bord sa profession de foi chrétienne et désirait réintégrer la synagogue et sa vie au milieu de son peuple, que se passait-il ? Il découvrait que sa réadmission se faisait au prix d’un appel de la malédiction sur Jésus, qu’il devait considérer comme un imposteur. Il devrait en effet crucifier pour lui-même le Fils de Dieu à nouveau, et l’exposer à l’opprobre (6:6). Or aller jusqu’à une telle extrémité, c’est se mettre sous le jugement gouvernemental de Dieu, exactement comme le Pharaon le fit autrefois quand Dieu endurcit son cœur, de sorte qu’il ne put être renouvelé à la repentance.
Les versets 4 et 5 considèrent que ceux qui sont responsables d’apostasier ont pu partager les privilèges communs aux croyants, et cela d’au moins cinq manières. On peut bien se demander s’il est possible à quelqu’un de partager ces privilèges sans être vraiment converti, et cette question peut être pressante spécialement pour la troisième de ces cinq manières : Est-il possible « d’être participant de l’Esprit Saint » sans être vraiment né de nouveau ?
La réponse à cette question est positive : cela est tout à fait possible. Le Saint Esprit ne peut habiter que dans un vrai croyant, mais tous ceux qui sont à l’intérieur du cercle de la profession chrétienne, qu’ils soient vraiment convertis ou non, participent aux bienfaits de la présence de l’Esprit, ou les partagent. Un homme peut être éclairé sans être sauvé. Il peut goûter le don céleste sans le recevoir. Il peut goûter la bonne parole de Dieu sans la digérer dans son être intérieur. Il peut participer aux miracles du siècle à venir, sans éprouver la réelle puissance de ce monde à venir.
Le cas terrible de Judas Iscariote en fournit une illustration. Il a accompagné le Fils de Dieu pendant plus de trois ans. Quels flots de lumière ont illuminés son chemin ! Combien il a pu goûter le don céleste et la bonne parole de Dieu ! On ne pourrait pas dire, bien sûr, qu’il participait de l’Esprit Saint, mais il participait aux bienfaits de la présence de Christ sur la terre ; et il partageait avec les autres disciples, ces pouvoirs miraculeux appelés ici « les miracles du siècle à venir ». Il était l’un des douze auxquels le Seigneur donna le pouvoir sur les esprits impurs, et desquels il est dit en Marc 6:13 « ils chassèrent beaucoup de démons, et oignirent d’huile beaucoup d’infirmes et les guérirent ». Mais pendant tout ce temps où Judas accomplissait des miracles, il était « un fils de perdition », — pas du tout un homme sauvé. Il a apostasié, et il lui fut impossible d’être renouvelé à la repentance.
Notez bien ici que le mot du début du v. 4 est bien « impossible » et non pas « improbable ». Ce seul mot suffit à montrer que l’Écriture n’appuie pas ici l’idée qu’un vrai croyant puisse apostasier et être perdu pour toujours. TOUS ceux qui « tombent » dans le sens de ce passage sont perdus pour toujours. Ce n’est pas qu’ils peuvent être perdus, mais qu’ils le sont nécessairement. Il n’y aurait aucun rayon d’espoir pour aucun de ceux qui reculent, si ce texte se référait à de vrais croyants.
Ce passage se réfère donc au péché d’apostasie, un péché menaçant spécialement les Juifs qui embrassaient la religion chrétienne sans être vraiment convertis. En revenant à leur ancienne religion si usée, ils condamnaient par là complètement le Seigneur Jésus et le reniaient, et ils démontraient qu’ils se trouvaient sur un terrain entièrement mauvais et indigne. Notons bien qu’aux versets 7 et 8, le contraste ne réside pas entre un terrain productif ou stérile selon la saison, mais entre deux terrains, l’un intrinsèquement bon et l’autre intrinsèquement mauvais. La forme même de cette illustration appuie l’explication qui vient d’être donnée à propos des versets 4 à 6. Judas avait joui « de la pluie qui vient souvent », mais il n’avait produit que des épines et des chardons, et fut réprouvé.
A suivre
Chapitre 6, versets 9 à 18
7.3 - Ch. 6:9-12
7.3.1 - Ch. 6:9
Au verset 9, l’auteur de l’épître se hâte d’assurer les Hébreux auxquels il écrivait, qu’en disant ces choses il ne jetait pas du doute sur la réalité d’eux tous, ni même sur la plupart d’entre eux. C’était même le contraire. Il avait évidemment des doutes à l’égard d’une minorité, mais il était assuré de la réalité pour la plupart d’entre eux. Il discernait en eux des caractéristiques qui lui donnaient cette assurance ; c’est qu’il appelle « des choses meilleures qui tiennent au salut ».
7.3.2 - Ch. 6:10
Il y a donc certaines choses qui sont comme un poinçon d’authenticité de notre christianisme. La marque du poinçon sur un article en argent ne le transforme pas en argent, mais elle donne une garantie officielle que c’est réellement de l’argent. Elle nous assure son authenticité. Quelles sont donc ces choses qui nous assurent de l’authenticité des chrétiens — des choses qui accompagnent de manière si nette le salut que, si elles sont présentes, on est sûr de la présence de ce salut ? Il est répondu à cette question au verset 10. La réponse se trouve dans les nombreux petits actes qui révèlent un amour authentique pour les saints.
Certains d’entre seraient enclins à s’exclamer : « Comme c’est extraordinaire ! J’aurais pensé que de grands actes de foi, de grands exploits de dévotion en auraient mieux révélé la réalité que cela ». Nous aurions tort de dire cela ou de le penser. Sous la pression de l’émotion ou d’un enthousiasme soudain, de grandes actions sont parfois accomplies, alors qu’elles ne sont pas un indice sûr de l’état du cœur. C’est dans ces petites choses que nous révélons vraiment ce que nous sommes, et avec bien plus de vérité. En s’employant au service des saints qui sont le peuple de Dieu, ils montraient leur amour envers Dieu Lui-même.
C’est une chose de s’employer au service d’un saint parce qu’il se trouve que je l’aime ; mais c’est une toute autre chose que de s’occuper d’un saint simplement parce qu’il est un saint, et c’est de ceci dont il est parlé ici. La première activité peut être exercée par un inconverti, la seconde n’est possible que pour quelqu’un qui possède la nature divine. Or c’est justement ce dont il s’agit ici. Les choses qui accompagnent le salut sont des choses qui manifestent la nature divine, et ce sont donc des choses qui prouvent la réalité de la foi, d’une façon que ne pourra jamais la possession de pouvoirs miraculeux ou de privilèges extérieurs du christianisme.
7.3.3 - Ch. 6:11-12
Étant donc assuré du salut du plus grand nombre de ceux à qui il écrivait, il donne alors juste un mot d’exhortation. Il les presse de continuer à faire comme ils avaient fait, c’est-à-dire de continuer dans cette bonne voie jusqu’au bout, avec la pleine assurance que leur espérance n’était pas mal placée.
L’espérance occupe une très grande place en relation avec la foi en Christ, tout comme dans la dispensation précédente. Dans cette précédente dispensation, les patriarches ou les prophètes ou les simples personnes du peuple de Dieu avaient tous les yeux dirigés vers les biens à venir à la venue du Messie. Maintenant, les biens ont été manifestés en Christ — une expiation complète a été faite, nos consciences ont été purifiées, nous avons reçu le don de l’Esprit. Pourtant, même ainsi nous n’avons pas la pleine jouissance des biens, car nous attendons la deuxième venue du Seigneur. Pour le moment présent, tout ce que nous avons, nous l’avons par la foi, et nous en jouissons par la puissance du Saint Esprit, car Il est les Arrhes de tout ce dont nous allons hériter. Nous sommes sauvés, et nous sommes dans l’espérance de tout ce qui est à venir.
Il est très important pour nous d’être au clair à ce sujet, et c’était encore plus important pour ces Hébreux convertis. Combien on les blâmait souvent à cause de leurs relations inconverties ! Comme souvent on leur reprochait avec mépris leur folie d’abandonner les gloires extérieures du système mosaïque avec son temple, son autel, ses sacrifices et ses sacrificateurs — en échange de quoi, leur disait-on ? Pour un Maître qu’ils ne pouvaient voir, car Il les avait laissés, et pour toute une gamme de choses aussi invisibles que Lui-même ! Combien ils paraissaient fous ! Mais l’étaient-ils vraiment ?
Certes non. Et s’ils étaient instruits dans les choses dont parle notre chapitre, ils devaient être capables de donner une très bonne raison pour ce qu’ils avaient fait. Ils pourraient dire : « Ceux qui suivent les pas de notre père Abraham, c’est nous, non pas vous. Des promesses lui ont été faites, et vous semblez les avoir oubliées, car vous vous installez comme si vous étiez contents du système d’ombres de la loi, et qui fut donnée par Moïse comme quelque chose de temporaire. Nous avons reçu Christ, et en Lui nous avons le gage de l’accomplissement de toutes les promesses qui ont été données auparavant, et nous avons en outre de nouvelles promesses encore plus brillantes ».
7.4 - Ch. 6:13-18
Si on nous dit de tenir ferme notre espérance avec une pleine assurance, nous avons besoin d’avoir une espérance qui repose sur une base très solide. C’est cette pensée qui mène aux versets 13 à 18. Abraham est placé devant nous comme un grand exemple, non seulement de foi, mais aussi d’espérance. Ce fut quand il eut offert Isaac, selon le récit de Genèse 22, que la promesse de bénédiction fut donnée, dont le sommet était « la Semence », c’est-à-dire Christ, selon Galates 3:16. Cette grande promesse s’appuyait non seulement sur l’autorité qui accompagne toujours la simple parole de Dieu, mais elle avait en outre l’appui d’un serment solennel de Sa part.
Qu’il est beau cet aperçu que Dieu nous donne, s’abaissant à considérer la faiblesse et les infirmités qui marquent même la meilleure de Ses créatures ! Voici Abraham et les héritiers suivants des promesses. Combien leur foi pouvait facilement vaciller ! Combien le monde où ils se trouvaient était plein d’incertitudes ! Alors Dieu condescend à tenir compte de leur faiblesse, et Il renforce Sa Parole par Son Serment où Il jure par Lui-même.
Sa Parole et son serment, ce sont deux choses immuables, des choses qui ne changent jamais, ni ne bougent, ni ne chancellent. Elles établissent pour nous l’immutabilité de Son conseil. Jamais, jamais, JAMAIS Il ne manquera à aucune promesse qu’Il a donnée, à quoi que ce soit qu’Il ait dit qu’Il ferait.
Remarquez que tout ceci est valable pour nous aujourd’hui, comme le dit très clairement le verset 18. Ce que Dieu était pour Abraham, Il l’est pour nous. C’est la beauté de ces révélations de Dieu dans l’Ancien Testament. Ce qu’Il est, Il l’est en tout temps, en tout lieu et envers tous. Nous qui avons embrassé l’espérance chrétienne, nous avons la jouissance de la consolation puissante qui découle de ces deux choses immuables.
Il est dit que les Hébreux s’étaient « enfuis pour saisir l’espérance proposée ». Pourquoi le dire ainsi ? Parce que cela ramenait immédiatement leurs pensées vers les règles régissant les villes de refuge, en Nombres 35. Ces règles avaient une signification typique qui s’appliquait exactement au cas du Juif converti. Il était comme le meurtrier qui avait fui vers la ville de refuge la plus proche.
Si le péché national d’Israël, en crucifiant leur Messie, avait été reconnu comme un meurtre volontaire par Dieu, il n’y aurait eu absolument aucun espoir. Tous seraient tombés devant le vengeur du sang. La prière de Jésus sur la croix a été cependant « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34), autrement dit : « Père compte ce péché comme un homicide involontaire, et non comme un homicide volontaire. Dieu entendit cette prière, il y eut donc espoir même pour ceux qui avaient consommé Sa mort. C’est la raison pour laquelle, au jour de la Pentecôte Pierre prêcha le pardon pour ceux qui se tourneraient par la foi vers Jésus ressuscité et exalté. Ce jour-là, la ville de refuge céleste fut ouverte et plus de trois mille âmes s’y réfugièrent.
Certes des multitudes ne crurent pas, et par conséquent ne s’enfuirent pas [de Jérusalem], et ils tombèrent devant les Romains vengeurs lors de la destruction de Jérusalem. Leurs descendants incrédules, en un jour futur, auront à faire face à la grande tribulation et au jugement de Dieu. Mais ceux qui sont entrés dans la ville de refuge ont une espérance devant eux. Elle est liée au moment où Jésus viendra dans Sa gloire, quand Il cessera d’exercer Son office de sacrificateur selon le modèle d’Aaron, et qu’Il le fera selon le modèle de Melchisédec. Le type sera ainsi accompli quant au changement de sacrificateur (voir Nombres 35:25). Quand cela aura lieu, nos espérances se réaliseront avec Lui en gloire, et sur la terre ce sera le temps du jubilé, où chacun retournera à son héritage.
A suivre
Chapitre 6 verset 19 à Chapitre 7 verset 10
7.5 - Ch. 6:19-20
L’espérance chrétienne est céleste. C’est pourquoi il est dit d’entrer « jusqu’au-dedans du voile ». Le « dedans du voile » était le lieu très saint, le lieu le plus saint de tous, type du troisième ciel, c’est-à-dire de la présence immédiate de Dieu. À l’intérieur du voile se trouvait l’arche de l’alliance, type de Christ. Maintenant Christ est entré dans la présence immédiate de Dieu, et cela en notre faveur. Il est entré comme précurseur et comme souverain sacrificateur. Notre espérance centrée sur Lui agit comme une ancre de l’âme, sûre et ferme. Notre espérance est déjà ancrée dans le Seigneur Jésus glorifié. Nous sommes déjà ancrés à la Personne vers qui nous allons, et au lieu vers lequel nous allons. C’est comme si un paquebot transatlantique se trouvait attaché en sécurité à New York par le moyen d’une ancre plantée dans le port de New York, avant même d’avoir quitté la Manche.
Le fait que Christ est devenu notre précurseur garantit que nous qui suivons, nous atteindrons le lieu où Il se trouve. Et comme souverain sacrificateur, Il est toujours vivant pour nous porter jusqu’au bout. C’est une grâce étonnante qu’Il soit notre précurseur, car en Orient où ces coutumes perdurent, le précurseur est un homme tout à fait ordinaire qui ouvre le chemin devant un personnage important qui suit derrière. Pensez au Seigneur Jésus prenant une place telle que celle-là à cause de nous !
8 - Chapitre 7
Au dernier verset du chapitre 6, le Seigneur Jésus nous a été présenté sous deux caractères :
- d’abord comme le Précurseur ; Son arrivée dans les cieux étant le préalable à l’arrivée des enfants que Dieu Lui a donnés,
- puis comme souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec, dont le ministère assure aux enfants leur arrivée en sécurité, et la plénitude de leur bénédiction.
Ce dernier verset (6:20) termine aussi la digression commencée en 5:11, et ramène au point exact où nous étions en 5:10.
8.1 - Ch. 7:1-3
Par conséquent, en 7:1 nous reprenons le courant de pensée interrompu, et tout le chapitre traite du contraste entre la sacrificature de Christ et celle d’Aaron. Il nous fait voir l’immense supériorité de Christ comme sacrificateur selon l’ordre de Melchisédec ; et nous entendons au moins une partie de ces choses qui étaient difficiles à expliquer à des gens devenus paresseux à écouter. Nous, les nations, nous n’avons peut-être pas nos esprits remplis des gloires passées de la sacrificature aaronique, et il se peut donc que nous ne trouvions pas le sujet aussi difficile.
Dans les trois premiers versets, il nous est donné un résumé assez détaillé de tout ce qui est dit de Melchisédec dans la dernière partie de Genèse 14. Nous apprenons qu’il est introduit là dans le but de nous fournir un type du Fils de Dieu. Son nom même a une signification, comme souvent avec les noms bibliques ; il signifie : Roi de justice. Il est présenté comme le roi de Salem, c’est-à-dire roi de paix. Dans le Millénium, Jésus sera manifesté sous ces deux caractères.
En outre, dans le récit de l’Ancien Testament, Melchisédec est introduit abruptement. Aucune généalogie n’est donnée, aucune mention n’est faite ni de sa naissance, ni de sa mort, ni de son âge, ni d’aucun éventuel successeur pour sa fonction de sacrificateur. C’est d’autant plus remarquable que la Genèse est justement le livre qui nous fournit ce genre de détails à propos des autres personnages caractéristiques rencontrés dans ses pages. Pourquoi donc ces détails sont-ils omis pour Melchisédec ? Justement pour qu’il soit un type plus exact du Fils de Dieu. Nous croyons que telle est la signification du verset 3, et non pas, comme certains l’ont imaginé, qu’il était une sorte de personnage surnaturel.
8.2 - Ch. 7:4-10
Ayant donc ce sommaire présent à l’esprit, nous sommes priés au verset 4 de considérer en détail la grandeur de Melchisédec en contraste avec Aaron, et même Abraham, et cela, tout d’abord, en rapport avec la question de la loi sur les dîmes. Cela occupe les versets 4 à 10.
Aaron et ses descendants étaient issus de la tribu de Lévi. Les dîmes qu’ils recevaient des autres enfants d’Israël servaient à pourvoir à leur entretien. Or le patriarche Abraham, dont étaient issus Lévi, Aaron et tous leurs descendants, paya la dîme à Melchisédec. Cela démontrait que Lévi et Aaron, qui étaient reconnus par le biais des dîmes comme supérieurs par le reste d’Israël, reconnaissaient eux-mêmes Melchisédec comme leur supérieur à travers Abraham.
De plus Abraham, qui paya la dîme à Melchisédec, reçut aussi la bénédiction de sa part. Et il est dit : « Or sans contredit, le moindre est béni par celui qui est plus excellent » (7:7). Ainsi de cette manière aussi est établie la supériorité de Melchisédec sur Abraham et ses descendants. Qu’on se rappelle bien qu’il ne s’agit pas ici de savoir si Melchisédec était supérieur à Abraham quant à son caractère, ou si sa connaissance de Dieu était plus grande,— il n’y a aucune information d’aucune sorte sur ces sujets — mais il s’agit simplement du fait que Melchisédec doit être reconnu comme détenant de la part de Dieu une position plus haute ; et dans cette position plus haute, ou cet ordre supérieur, il était un type de Christ.
A suivre
Chapitre 7, versets 11 à 25
8.3 - Ch. 7:11-14
Les versets 11 à 14 parlent d’un autre point de l’argumentation, basé sur le fait que notre Seigneur est issu de la tribu de Juda, et n’avait donc aucun lien avec les sacrificateurs selon l’ordre d’Aaron. Il était un sacrificateur tout à fait différent et d’un ordre différent. Qu’est-ce que cela montrait ? Cela montrait que la perfection n’avait pas été atteinte par l’ordre de choses lévitique, et qu’un changement était intervenu à l’égard de tout le système de la loi dont faisait partie la sacrificature lévitique. Nous trouverons davantage de détails sur ce changement au chapitre 8.
8.4 - Ch. 7:14-19
Dans les versets 14 à 19, le raisonnement est renforcé par une autre considération. La sacrificature d’Aaron fut instituée en rapport avec la loi. La sacrificature de Christ est soutenue par la puissance d’une vie impérissable. Il est parlé ici de la loi comme de « la loi d’un commandement charnel » vu que ses commandements avaient tous pour but soit de réfréner ou supprimer les mauvaises tendances de la chair, soit d’en tirer du bien qui plaise à Dieu. Mais, comme l’épître aux Romains nous le dit, la chair n’est pas soumise à la loi de Dieu, et en elle il n’habite point de bien.
C’est pourquoi le commandement qui existait avant Christ a été mis de côté, abrogé selon ce que nous dit le verset 18. Bien qu’il fût en lui-même saint, juste et bon, il était rendu faible et inefficace en raison de la nature faible et impossible de la chair à qui il avait à faire. Le verset 18 ne signifie pas du tout que les saintes exigences de Dieu ont été éteintes, ni qu’elles ont été mises de côté en sorte que les hommes pourraien maintenant agir comme il leur plait. Ce verset signifie que tout le système de la loi a été mis de côté en faveur de quelque chose de meilleur et de plus élevé.
Pour qu’on puisse mieux saisir cela, je cite le passage selon la traduction de J.N. Darby : « Car il y a abrogation du commandement qui a précédé, à cause de sa faiblesse et de son inutilité (car la loi n’a rien amené à la perfection), et introduction d’une meilleure espérance par laquelle nous approchons de Dieu ». Ici comme au ch. 6, le christianisme est décrit comme « une espérance », mais c’est « une meilleure espérance ». Quand Israël entra dans le pays de la promesse, ils le prirent comme un avant-goût des choses meilleures et plus vastes qui doivent venir avec l’avènement du Messie. Nous chrétiens, nous sommes entrés dans des biens d’ordre spirituel. Nous avons le pardon des péchés, la vie éternelle et le don du Saint Esprit ; mais ce ne sont que des avant-goûts de la plénitude des bénédictions célestes qui est à venir. Une meilleure espérance a été introduite, et par cette espérance (puisqu’elle est centrée sur Christ, qui comme souverain sacrificateur est entré pour nous au-dedans du voile), nous nous approchons de Dieu, au lieu d’être tenus à distance comme c’était le cas des saints sous la loi, même les plus éminents. Cette pensée sera davantage développée au chapitre 10.
Comme cela nous est rappelé ici, la loi n’a rien amené à la perfection. En relation avec la loi, Dieu n’était pas parfaitement donné à connaître, la rédemption n’était pas accomplie parfaitement, et les croyants n’étaient pas rendus parfaits quant à leur conscience. La loi est intervenue comme une mesure provisoire comblant le temps jusqu’à la venue de Christ. Maintenant, Christ étant venu, la loi est remplacée par quelque chose qui va bien au-delà, à la fois quant au niveau établi pour ce qui est demandé, et dans ce qui est donné et accompli.
8.5 - Ch. 7:20-22
Dans les versets 20 à 22 nous faisons un pas de plus. L’attention est attirée sur le fait que le Seigneur Jésus a été établi sacrificateur pour l’éternité par serment de Dieu. Quand Aaron fut établi sacrificateur, il n’y eut aucune parole aussi impressionnante et solennelle. Cela indique qu’il y a une meilleure alliance, en relation avec Jésus. De plus Jésus est dans une position par rapport à la nouvelle alliance que n’ont jamais eu ni Moïse ni Aaron dans l’ancienne alliance. Il en est devenu le Garant, c’est-à-dire qu’Il en a accepté la pleine responsabilité, Il en est devenu la caution, de sorte que, si quelque chose allait mal, le coût retomberait sur Lui. C’est bien sûr une garantie totale que rien n’ira de travers pour toute l’éternité. Tout ce qui est établi en rapport avec la nouvelle alliance demeurera.
8.6 - Ch. 7:23-25
Un autre contraste est placé devant nous dans les versets 23 et 24. Aaron et ses descendants exerçaient leur fonction l’un après l’autre, puis ils mouraient. Le Seigneur Jésus demeure éternellement, et par conséquent Sa sacrificature est inchangeable, c’est-à-dire qu’elle ne sera jamais transmise à un autre. Le verset 25 indique le résultat heureux qui en découle. Ceux qui profitent de Ses services sacerdotaux en s’approchant de Dieu par Lui, sont « sauvés entièrement » parce qu’Il est toujours vivant pour intercéder pour eux. Le salut dont il est parlé ici est un salut journalier, un salut de chaque instant contre toute puissance adverse, — ce dont tout croyant a besoin tout le long du chemin vers la gloire.
Ce verset est souvent cité pour montrer que le Seigneur peut sauver le pire des pécheurs. C’est certes une heureuse vérité, affirmée par 1 Timothée 1:15. Mais s’il avait été question de cela ici, notre verset se serait terminé par « vu qu’Il est mort et ressuscité pour eux ». Or il est dit : « Étant toujours vivant ». Le salut dont il est parlé ici est donc celui qui découle de Sa vie d’intercession sacerdotale continuelle.
Supposez qu’un Juif en détresse se soit adressé au souverain sacrificateur de son temps pour avoir de la compassion et du secours qu’il devrait être prêt à donner selon 5:2. Il le trouve tout à fait bienveillant et secourable. Mais en y allant un peu plus tard, juste quand son affaire arrive à un stade critique, il apprend qu’Il est mort ce jour-là ! Vous pouvez facilement imaginer la détresse de ce Juif. Un autre homme qui ne connaît rien de son affaire, et qui est peut-être dans une disposition d’esprit toute différente, devient souverain sacrificateur. Il n’était pas sauvé entièrement par le moyen du premier sacrificateur, et si maintenant il parvient à obtenir un salut quelconque, ce ne sera qu’en recommençant toute l’affaire à zéro avec ce nouveau sacrificateur. Grâces à Dieu, rien de ce genre ne peut jamais nous arriver. Notre souverain sacrificateur vit éternellement.
Encore un point à noter : le v. 25 décrit les croyants comme « ceux qui s’approchent de Dieu par lui ». C’est une pensée dominante dans cette épître que le chrétien a toute liberté et toute hardiesse pour venir à Dieu, tandis que, dans la dispensation précédente, tout accès véritable à Dieu était interdit. Ces mots indiquent aussi que le grand objectif de tout le service sacerdotal de Christ est de nous amener à Dieu, et de nous y maintenir. D’un côté, il n’y a d’accès à Dieu que PAR LUI. D’un autre côté, tout Son service fait de compassion en notre faveur, de sympathie, de secours, de salut s’exerce dans un but, celui de nous maintenir dans la présence de Dieu en nous élevant au-dessus des choses qui autrement nous submergeraient.
A suivre
Chapitre 7 versets 26 à 28
8.7 - Ch. 7:26-28
Les trois derniers versets de ce chapitre 7 semblent conclure tout le débat, et résumer la situation ; nous trouvons que tout dépend de la grandeur de CELUI qui est notre souverain sacrificateur.
8.7.1 - Ch. 7:26
Quelle déclaration extraordinaire que celle du verset 26 ! Nous l’aurions certainement inversée, en disant que, du fait que notre souverain sacrificateur est si merveilleux, c’est un peuple plutôt remarquable qui Lui convenait. Mais non, la déclaration ici est bien que c’est un Souverain Sacrificateur d’un caractère aussi remarquable qui nous convenait ! Selon la manière du Saint Esprit de voir les choses, les plusieurs fils en train d’être amenés à la gloire (2:10), la compagnie chrétienne, portent un caractère tel que rien moins qu’un tel Souverain Sacrificateur leur convenait.
Le caractère de notre souverain sacrificateur nous est présenté en sept points, et chacun d’eux fait contraste avec les sacrificateurs d’autrefois. Les trois premiers caractères « saint, innocent, sans souillure » ne présentent pas de difficultés. Il est évident qu’aucune d’eux ne caractérisait de manière absolue l’un quelconque des sacrificateurs de la race d’Aaron.
Le quatrième caractère est : « séparé des pécheurs ». Cela ne se réfère pas seulement au fait qu’Il a toujours été complètement séparé pour Dieu dans Ses pensées et dans Ses actes, même lorsqu’Il mangeait et buvait avec les publicains et les pécheurs, — cela se réfère au fait que maintenant, en résurrection, Il est tout à fait à part de toute la scène où les pécheurs évoluent. « En ce qu’il est mort, il est mort une fois pour toutes au péché ; mais en ce qu’il vit, il vit à Dieu » (Rom. 6:10). Nous pouvons citer aussi les propres paroles du Seigneur en Jean 17:19 : « Et moi, je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité ». La racine du mot « sanctifier » est « mettre à part », et le Seigneur faisait allusion à la place qu’Il allait prendre en résurrection et en gloire. Dans notre verset la pensée de Sa gloire vient au cinquième et dernier rang : « élevé plus haut que les cieux ». Notre Souverain Sacrificateur n’est pas simplement un Homme ressuscité, mais Il est exalté au-dessus de tout. Les cieux et tout ce qu’ils contiennent sont sous Ses pieds. Si nous ne considérions que ces cinq caractères, nous voyons déjà qu’aucun souverain sacrificateur sous la loi n’était digne d’être mentionné à côté de Lui.
8.7.2 - Ch. 7:27
Mais il y a plus. Un sixième contraste occupe tout le verset 27. Ils offraient journellement des sacrifices, non seulement pour les péchés du peuple, mais aussi pour leurs propres péchés. Le Seigneur a offert un seul sacrifice, et Il l’a offert une fois pour toutes. C’était vraiment pour le peuple, non pas pour Lui-même. Le sacrifice était Lui-même, et non pas pour Lui-même. Il était à la fois le sacrifice et Celui qui offrait. Nous avons ici une grande vérité à laquelle il est seulement fait allusion, mais qui sera développée dans tous ses détails glorieux aux chapitres 9 et 10.
8.7.3 - Ch. 7:28
Septième et dernier caractère, voici le contraste entre les personnes chargées de ce service de sacrificateur sous la loi, et la Personne qui est notre Souverain Sacrificateur aujourd’hui. Ils n’étaient que des hommes, avec les infirmités habituelles des hommes. Lui est le Fils. C’est bien sûr le fait fondamental sur lequel tout est basé. QUI IL EST, voilà qui règle tout. Cela comporte tous les contrastes sur lesquels le chapitre a insisté. Demeurons sur ce roc fondamental : Il est le Fils, qui est « consacré » pour l’éternité.
Ce mot « consacré » selon la version anglaise autorisée [« consommé » dans la version française JND] à la fin du v. 28 est en réalité « rendu parfait » comme en 5:9. Là il avait été dit que Son temps de mise à l’épreuve et d’obéissance sur la terre avait été jusqu’à son terme dans la mort et la résurrection. Il était devenu l’Auteur du salut éternel. Ici nous trouvons de la même manière qu’Il est devenu Souverain Sacrificateur. Le Fils était éternellement avec le Père. Il était le Créateur, et le soutien de toutes choses. Mais Il n’assumait pas alors cet office. C’est quand Il est devenu Homme, éprouvé par toutes les douleurs possible, endurant toutes les épreuves possibles, souffrant la mort et atteignant la perfection dans Sa gloire de ressuscité, — c’est alors qu’Il fut établi Souverain Sacrificateur par le serment de Dieu.
Méditons simplement ces choses, leur donnant le temps de pénétrer dans nos esprits et nos cœurs, et nous serons certainement remplis de l’assurance qu’Il peut nous sauver entièrement, et nos cœurs seront remplis de louange et de reconnaissance envers Dieu
A suivre
