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Genèse ch. 1 à 10
 Genèse ch. 1 à 10 Genèse ch. 11 à 20 Genèse ch. 21 à 30 Genèse ch. 31 à 40 Genèse ch. 41 à 50 1 Thessaloniciens 2 Thessaloniciens Actes des Apôtres

 

 

  • Genèse 1. 1, 2

Le mot Genèse (du Grec: genesis), signifie naissance. La révélation de Dieu commence par ce livre. C’est le récit de la création du monde matériel et vivant; mais, à travers ce livre, Dieu nous révèle ses conseils éternels dont le but final est la manifestation de Sa gloire en amour et en grâce, révélée en son Fils, le Seigneur Jésus.

La Bible contient trois grands sujets: La création, la loi, le Fils de Dieu. Le livre de la Genèse contient en germe toutes les vérités de la Parole, bien que toutes les doctrines n’y soient pas révélées en détails. La création en elle-même est déjà un motif d’adoration (Job 38. 7). Dans ce verset 7, «les étoiles du matin» et «les fils de Dieu» sont les anges qui existaient avant la création de l’univers matériel, donc avant le 1er verset de la Genèse. La foi anime le croyant et ne raisonne pas (Ps. 33. 6, Héb. 11.3). Créer, c’est amener à l’existence des choses qui n’existaient pas auparavant. Dieu seul en a la puissance et il est dit cinq fois, dans ce premier ch. que «Dieu créa». Au v. 1er — Elohim: pluriel d’Eloah, le Dieu suprême — et au v. 26 — «Faisons …» —, montrent le Conseil de l’Unité des trois Personnes Divines qui décide de créer. Le «commencement» de Jean 1 précède éternellement le «commencement» de Genèse 1. (Jean 1. 1-3).

On voit aussi «l’Esprit de Dieu qui planait — l’original dit: couvait — sur la face des eaux» (v. 2), montrant également l'action de l'Esprit de Dieu. Dieu sépare d’abord les éléments chaotiques, prépare la scène sur laquelle il va donner la vie végétale, puis animale et enfin, humaine. Tout est mis en place pour l’arrivée de l’homme (Ps. 104. 5-15), couronnement de la création: il sera chargé d’administrer avec sagesse l’univers terrestre qui lui est confié. Les plantes, les poissons, les oiseaux, les animaux terrestres, l’homme, enfin, sont créés séparés dans leur espèce: la fausse théorie de «l’évolution» à laquelle beaucoup croient encore est mise à néant par la Parole. Des sélections végétales et animales ont pu «améliorer» les races, mais les espèces restent séparées. Après chaque étape de la création, Dieu déclare que «cela était bon». Mais après la création de l’homme, alors que tout était ordonné selon la sagesse divine, «Dieu vit tout ce qu’Il avait fait, et voici, cela était très bon» (v. 31). Malgré cette gradation, la perfection ne sera atteinte sur la terre, que par la venue du Fils de Dieu en gloire, puis par la nouvelle création.

Ces premiers versets nous montrent deux cieux différents: Les cieux cosmiques (v. 1er), et les cieux atmosphériques (v. 7). Paul parlera du «troisième ciel» où il avait été «ravi» (2 Cor. 12. 2): c’est le Ciel de la présence de Dieu où seront les saints avec le Seigneur.

Si petite que soit la terre dans l’incommensurable espace sidéral, elle est infiniment précieuse aux yeux de Dieu, car elle a été créée pour être habitée (Es. 45. 18), et pour Son Fils (Col. 1. 15, 16); c’est là qu’Il est venu et là qu’Il règnera comme Roi des rois. Adam n’était qu’une pâle «image de Celui qui devait venir» (Rom. 5. 14), car il s’est montré incapable d’une sage gestion du domaine qui lui était confié. Le Seigneur Jésus est le glorieux couronnement de la création comme fils de l’homme, homme parfait selon le cœur de Dieu, et toute la création se prosternera devant Lui (Phil. 2. 10, 11).

Au v. 1er, on assiste donc à la création de l’univers matériel. Entre les v. 1 et 2, on a pu insérer tous les temps géologiques, nécessaire pour que l'homme puisse trouver une terre qui soit propre à la vie et à sa subsistance. On peut voir trois types de création: la création de la matière (v. 1), la création des animaux possédant un corps et une âme (v. 21) et enfin la création de l'homme, corps, âme et esprit (v. 26, ch. 2 v. 7). Seul, l’homme possède un esprit capable d’être en relation avec son Créateur, tandis que les animaux n’ont que leur âme (v. 30).

La création matérielle est le premier témoignage de ce qu’est Dieu, en puissance et en gloire (Ps. 19. 4). Et cela est encore vrai, et les incrédules sont «inexcusables» (Rom. 1. 20).

 

  • Genèse 1. 3 à 5

«Que la lumière soit…» C’est la première parole de Dieu que la Bible nous rapporte, et c’est pour commander l’apparition de la lumière qu’Il sépare les ténèbres du v. 2. La source de la lumière existait depuis le v. 1 — la création des cieux cosmiques avec les étoiles et le soleil —, mais d’épaisses nuées devaient couvrir la surface de la mer universelle, de sorte qu’ «il y avait des ténèbres sur la face de l’abîme». Cette création «physique» nous conduit à un enseignement moral: «Dieu est lumière» (1 Jean 1. 5) et, pour ôter le moindre doute, il est ajouté: «et il n’y a en Lui aucunes ténèbres». En Jean 8. 12, Le Seigneur dit: «Moi, je suis la lumière du monde». Et, en Jean 1. 4: «En elle — la Parole — était la vie, et la vie était la lumière des hommes». Physiquement, dans la création, la vie n’a été possible qu’après l’apparition de la lumière. De même, moralement, un homme ne peut recevoir la vie éternelle qu’après que la lumière divine ait éclairé son âme et sa conscience, quant à la sainteté de Dieu, et quant à son propre état. Les ténèbres morales font obstacle à ce que nous voyions clairement ce qu’il en est de nous devant Dieu. Dans le sobre récit de la création, Dieu poursuit donc un but moral pour nous. Aussi, la Parole ne donne aucuns détails sur les bouleversements géologiques qui vraisemblablement se sont produits entre le v. 1 et le v. 2. Dieu met tout en place pour que, d’abord désolée et vide, la terre devienne habitable. D’ailleurs, au v. 1°, Dieu parle des cieux et de la terre. Mais à partir du v. 2, Dieu n’a plus en vue que la terre.

«… Et la lumière fut»: «La lumière luit dans les ténèbres; et les ténèbres ne l’ont pas comprise» (Jean 1. 5). Le monde incrédule refuse la lumière morale divine et demeure dans ses ténèbres, car elle nous pousse à la repentance pour être sauvés et aussi, tous les jours de notre vie. Tout au long de ce ch., il est dit: «Dieu dit». Mais, dans toute la Parole, Dieu parle à nos âmes et dit: «Que la lumière soit» (2 Cor. 4. 6). Les croyants sont mis comme luminaires dans ce monde. Lorsque le Seigneur enlèvera son Église, d’épaisses ténèbres morales lui succèderont: «Le soleil deviendra noir comme un sac de poil… Le ciel se retirera comme un livre qui s’enroule» (Apoc. 6. 12-14). Plus de lumière morale, mais des ténèbres! Satan dominera sans frein sur les hommes, et les jugements divins s’abattront sur eux. La Bible oppose souvent la lumière aux ténèbres; le jour à la nuit; la vie à la mort, etc… Il y a sur la terre «les enfants de lumière» et «les enfants de ténèbres» (Eph. 5. 8). L’Église reflète quelque peu la lumière du Seigneur, comme la lune celle du Soleil. Ainsi, nous devons vivre de manière à refléter la lumière du Seigneur (1 Thess. 5. 4-8), en nous séparant, moralement, de ce monde de ténèbres (2 Cor. 6. 14-16). Les ténèbres morales sont entrées dans le cœur de l’homme par l’introduction du péché, et le croyant reçoit la lumière divine en lui; mais s’il marche de manière ténébreuse, conformément à celle du monde, il vit en opposition à la nature divine car «Dieu est lumière».

«Dieu vit la lumière qu’elle était bonne» (v. 4). Dieu avait en vue Son propre Fils, la «Lumière» venue dans ce monde, et de qui Il a pu dire: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai trouvé mon plaisir» (Matt. 3. 17; 17. 5).

Dieu donne des noms: «jour», «nuit»; «soir», «matin». Sont-ce des jours de vingt-quatre heures? On peut le supposer car il est question de soir et matin. Mais Dieu n’a pas la même notion du temps que nous: «… mille ans, à tes yeux, sont comme le jour d’hier quand il est passé, comme une veille dans la nuit» (Ps. 90. 4). Et Pierre reprend: «… un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et mille ans comme un jour» (2 Pi. 3. 8). Contrairement aux hommes, Dieu commence par le soir et finit par le matin, plaçant ainsi, devant nous, l’espérance toujours renouvelée.

 

  • Genèse 1. 6 à 13

Dieu sépare les eaux de la mer des épaisses nuées qui devaient la recouvrir en entier, pour permettre à la lumière du soleil d’y parvenir, afin que la vie puisse apparaître et s’y développer (v. 6-8). Cet espace nouveau entre «les eaux» et «les eaux» forme désormais l’atmosphère respirable indispensable à la vie terrestre — les cieux. C’est une des actions créatrices de Dieu (Job 37. 14-18; Jér. 51. 15). Cette mise en ordre des éléments terrestres prépare, pour plus tard, les éléments du déluge — «les fontaines du grand abîme», «les écluses des cieux» qui  rompirent leurs barrières (Gen. 7. 11). Mais cela montre aussi avec quels soins Dieu prépare le lieu où Il appellera l’Homme à vivre. Ces versets ont aussi une portée spirituelle: Dieu doit travailler à séparer, dans notre conscience, le bien du mal, afin que la lumière divine nous parvienne et que nous apprenions à connaître Dieu et, qu’ainsi, nous recevions la vie éternelle par la conversion. Ces scènes nous rejettent dans notre néant, pour en saisir la portée grandiose. Mais ce que Dieu veut placer devant nos cœurs, c’est l’Artisan de cette création, Son Fils bien-aimé (Prov. 8. 22-31).

Dieu assigne soigneusement une place pour chaque élément créé, et place des bornes fermes qu’aucun ne peut dépasser (Ps. 104. 5-9; Job 26. 8-10; 38. 8-11). Sur le plan moral, Dieu nous parle des limites que le mal ne pourra dépasser tant que l’Église se trouve encore sur la terre: Il y a «celui qui retient» le Saint Esprit; et «ce qui retient» la présence des croyants ici-bas (2 Thess. 2. 6, 7). «La mer» symbolise l’agitation du monde qui manifeste sa corruption, comme la mer qui «jette dehors la vase et la boue» (Es. 57. 20; mais aussi, les nations par opposition à «la terre», image d’Israël (Apoc. 13. 1, 11). Ces scènes nous invitent à adorer ce Dieu créateur, en contemplant Sa grandeur et Sa puissance; mais aussi à tirer des instructions: Dans cette séparation établie de Dieu, quant aux différents éléments de la terre (Ps. 33. 6, 7), on peut voir aussi les limites freinant la méchanceté et surtout celle de Satan (Job 1. 12; 2. 4; Jér. 5. 21-25). C’est une consolation, pour nous, de savoir qu’une épreuve ne peut aller plus loin que Dieu ne le permet.

Les plantes (v. 11), comme les animaux (v. 21-25), sont créés, dès l’origine, «selon leur espèce»: la fausse théorie de «l’évolution des espèces» n’a donc aucun fondement et n’entre pas dans la pensée de Dieu. Les plantes, ici, sont toutes des plantes «utiles» (Héb. 6. 7). Il faudra la chute de l’Homme pour que le sol fasse «germer des épines et des ronces» (ch. 3 v. 18). Ces plantes produisent des «fruits portant leur semence en soi» (v. 11, 12). Non seulement elles sont vivantes, mais elles peuvent se reproduire à l’infini: c’est là la marque du Dieu vivant qui communique la vie pouvant se perpétuer d’elle-même.

Mais si Dieu prend tant d’intérêt à la terre et la prépare si soigneusement, c’est qu’Il l’a établie pour être habitée par l’Homme, et que ce sera la scène bénie où le Saint Fils de Dieu prendra la forme d’un homme pour y souffrir et y mourir. Mais, aussi, parce que c’est sur la terre qu’Il établira, plus tard, en puissance, son royaume de paix, de justice et de gloire.

 

  • Genèse 1. 14 à 21

La mer, dont on a vu quel symbole elle représente après la chute de l’Homme — l’agitation incessante des nations — n’a, ici, que le caractère indispensable à la vie. Dans la nouvelle création d’Apocalypse 21 v. 1, cette signification symbolique d’agitation des nations disparaîtra car le péché n’entrera pas, là.

Au troisième jour, Dieu rassemble les «eaux  qui sont au-dessous des cieux» et fait apparaître «le sec»: ainsi, les mers et la terre ferme sont nettement séparées. Dieu, désormais, va pouvoir faire croître «l’herbe, la plante portant de la semence, l’arbre fruitier produisant du fruit selon son espèce, ayant sa semence en soi sur la terre» (v. 9-11). Dieu revêt la terre de beauté en y introduisant la vie. Le premier jour et le quatrième s’occupent de la lumière. Le deuxième et le cinquième, des eaux. Le troisième et le sixième de la terre. Au v. 3, 4, le Créateur sépare d’une manière générale, la lumière des ténèbres. Aux v. 14-18, Il sépare ce qui touche au jour et à la nuit; mais il assure aussi la pérennité des cycles des jours des saisons et des années. Et c’est Lui qui «soutient toutes choses par la parole de sa puissance»: c’est vrai pour la création, mais pour nous également  (Héb. 1. 3). Tout porte la marque de «Celui qui ne change pas». Au v. 17, 18, nous avons le principe de domination sur le jour et la nuit. Cela nous ramène au Seigneur — «l’Orient d’en haut» — qui, au millénium, illuminera et dominera sur Israël et sur le monde, tandis qu’Il brille déjà dans le cœur des croyants. Durant la nuit de ce monde, l’Église — la lune reflétant la lumière du soleil — reflète quelque chose de la lumière morale de Christ. Les étoiles symbolisent les croyants individuellement, qui «reluisent comme des luminaires» (Phil. 2. 15). «Vous êtes lumière dans le Seigneur» (Eph. 5. 8). Dans la nuit de ce monde, nous sommes exhortés à «revêtir  les armes de la lumière» (Rom. 13. 12). A l’aube du Millénium, «les sages brilleront comme la splendeur de l’étendue, et ceux qui ont enseigné la justice à la multitude comme les étoiles à toujours et à perpétuité» (Dan. 12. 3). Déjà créés au v. 1er, le soleil et les astres sont manifestés pour assurer la vie. La lune est placée pour «les saisons» (Ps. 104. 19); et le Ps. 136. 4-9, rappelle les merveilles de la création, et la puissance divine en Es. 40. 26. Dieu est le Maître de Sa Création, et Il le montre en 2 Rois 20. 8-11, où Il fait «retourner l’ombre de dix degrés en arrière». A la prière de Josué, Dieu retient le soleil de se coucher durant presque tout un jour (Josué 10. 13)! Dans l’univers, la terre minuscule est cependant le centre d’intérêt de Dieu, car c’est là que l’Homme est créé, et c'est là que le Seigneur règnera. Il est ce «Soleil» glorieux de 1 Cor. 15. 40, 41. Il est aussi «le Soleil de justice» de Mal. 4. 2. Dieu prend soin de son peuple — les Juifs — qu’Il aime d’un amour indéfectible, et ne les abandonnera jamais, comme Il l’affirme en Jér. 31. 35-37. Israël est représenté par la terre ferme, par opposition à la mer — les nations agitées. Aussi, les promesses de Dieu pour Israël sont sans repentir. A l’issue de chacun des jours au cours desquels Dieu met la terre en condition de recevoir l’Homme, Il déclare: «… cela était bon». Après la création de l’Homme, Il déclarera: «Cela était très bon» (v. 31). A la parole de Dieu, les eaux se remplissent «d’êtres vivants» (v. 20): «Que la terre produise des êtres vivants» (v. 24). Une parole a suffi pour créer. «Il appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient» (Rom. 4. 17; 1 Tim. 6. 13; Héb. 11. 3). Les v. 20, 21 prouvent qu’il ne s’agit aucunement d’évolution, mais que chaque être vivant, plante ou animal, est spécialement déterminé dès la création «selon son espèce» (1 Cor. 15. 37-39). Pour l’Homme, Dieu tient conseil avec Lui-même, et prend cette décision: «Faisons l’Homme…». Rien de commun avec la création des animaux. Avant de créer les animaux et l’Homme, la sagesse de Dieu a créé les plantes nourricières; car à l’origine, aucun être vivant ne se nourrissait de chair (v. 29, 30). Ce n’est qu’après le déluge,  que certains animaux et l’Homme se nourrirent de chair, autre conséquence du péché (Gen. 9 v. 3). Le règne de Christ assurera ce respect total de la vie des êtres vivants (Es. 11). Mais ici, tout sort en perfection des mains puissantes de Dieu.

 

  • Genèse 1. 22 à 31

Dieu ayant créé la terre pour être peuplée par ses créatures, leur dit: «Fructifiez, et multipliez, et remplissez les eaux dans les mers, et que l’oiseau multiplie sur la terre» (v. 22). Le péché de l’Homme n’affecte pas la pensée divine quant à cette disposition, réitérée après le déluge (ch. 8 v. 15-17). Ce que Dieu établit une fois est maintenu, quoi qu’il en soit du péché qui a tout gâté dans la création. Cette parole qui revient constamment: «selon son espèce», dément la théorie de l’évolution. Ces versets montrent la séparation, dès l’origine, des espèces vivantes entre elles et de l’Homme, couronnement de la Création (v. 26). Pour les animaux, Dieu dit: «Que les eaux foisonnent…» (v. 20); «Que la terre produise…» (v. 24). Mais pour l’Homme, les trois Personnes divines décident ensemble et disent: «Faisons l’Homme à notre image, selon notre ressemblance» (v. 26). Adam est donc créé selon la ressemblance de Dieu (ch. 5 v. 1), et porte son image (ch. 9 v. 6). C’est seulement à Adam que Dieu dit: «… dominez sur les poissons de la mer etc…» (v. 28). Seul, le Seigneur Jésus, durant son règne millénaire, réalisera à la perfection tout ce que Dieu avait confié à Adam et qu’il n’a pu réaliser, étant déchu à cause du péché. Sa domination sur les autres créatures se traduira par le don d’un nom aux animaux (ch. 2 v. 19). Il domine toujours, mais c’est en destruction du merveilleux domaine que Dieu lui avait confié. Christ, Lui, dominera sur la Création tout entière. Adam n’était qu’une «figure de celui qui devait venir», Christ (Rom. 5. 14). Si Dieu a créé l’Homme «à son image, selon sa ressemblance», c’est afin d’avoir avec sa créature des relations bénies. Mais Dieu savait que l’Homme pècherait et qu’il faudrait le racheter par le sacrifice de son Fils, «Dieu manifesté en chair» (1 Tim. 3. 16). Il fallait donc que l’Homme, dès sa création, ait cette ressemblance avec Celui qui devait s’incarner dans la même chair que l’homme pécheur. Lorsque Satan s’est «incarné» en Éden, il a pris la forme d’un serpent…

Dieu a «soufflé dans les narines de l’Homme, une respiration de vie, et l’Homme devint une âme vivante» (ch. 2 v. 7). L’Homme a donc un corps, une âme et un esprit le rendant capable d’entrer en relation avec Dieu. Les animaux ne possèdent pas cette relation. Seule, la foi peut saisir ce qui concerne la puissance du Dieu créateur (Héb. 11. 3), dont ce premier chapitre nous rapporte trois fois l’action de créer (v. 1,  21, 27). Ces choses sont à considérer aussi sur le plan spirituel (1 Cor. 11. 7), malgré la déchéance de l’Homme, car il a été créé à l’image de Dieu. Dieu nous dit: «Honorez tous les hommes…» (1 Pi. 2. 17). Même le corps mort d’un homme doit être honoré et, l’incinération n’est pas selon la pensée de Dieu. Cependant, seul le Seigneur, en tant qu’homme, porte «l’image du Dieu invisible» (Col. 1. 15).

Le v. 27 montre que Dieu «les créa mâle et femelle», et qu’Il a «formé» Ève d’une côte d’Adam (ch. 2 v. 21, 22). On comprend alors que le principe de la femme est contenu dans l’homme lui-même: «Il le créa». Dieu nous confirme cela en 1 Cor. 11. 9-12. L’homme et sa femme sont «une seule chair», et le mariage indissoluble selon la volonté de Dieu; car: «Il n’est pas bon que l’homme soit seul» (ch. 2 v. 18).

Le péché a tout gâté quant aux relations des hommes et des animaux qui, primitivement vivaient en bonne intelligence et en toute confiance, les animaux se nourrissant d’herbes et les hommes, de plantes et de fruits: ce n’est qu’après le déluge que Dieu dit que les hommes seraient «un sujet de crainte et de frayeur pour tout animal…». Et: «Tout ce qui se meut et qui est vivant vous sera pour nourriture» (ch. 9 v. 2, 3). La Création tout entière souffre des conséquences du péché dont l’Homme est responsable (Rom. 8. 19, 20). Dieu, dans son amour et sa sagesse, a d’abord préparé avec soin le cadre de vie et la nourriture des créatures inférieures et de l’Homme, avant de les créer, afin qu’ils vivent heureux et trouvent de quoi entretenir leur vie et se multiplier, ainsi que Dieu le voulait.

 

  • Genèse 2. 1 à 3

Les deux premiers chapitres relatent uniquement l’œuvre du Créateur, et ses soins pour préparer le cadre de vie des animaux et de l’Homme. Celui-ci est le couronnement de la Création, le gérant du domaine que Dieu lui confie: alors, «cela était très bon» (ch. 1 v. 31). Le ch. 2 montre que l’Homme est placé par Dieu, dans un jardin, «pour le cultiver et pour le garder» (v. 15). Mais «l’arbre de la connaissance du bien et du mal» était placé là, comme mise à l’épreuve de l’obéissance de l’Homme: Garderait-il la communion avec son Créateur? Le troisième chapitre nous parlera de ce que l’Homme a fait… Et là, tout se détériore! Quand la Création est sortie de ses mains, Dieu y met son sceau: «cela était très bon». On peut voir toutes les merveilles et les perfections de l’œuvre de Dieu qui «racontent Sa gloire» (Ps. 19. 1-6; 104. 5-9; Job 38. 4-11): «Que tes œuvres sont nombreuses, ô Eternel! Tu les a toutes faites avec sagesse. La terre est toute pleine de tes richesses» (Ps. 104. 24). Ayant constaté que «cela était très bon», alors, Dieu se repose le septième jour (Gen. 2. 2). Le repos de Dieu — qui «ne se fatigue pas»  (Es. 40. 28) —, est un repos de satisfation: Il se repose sur la valeur de Son œuvre achevée. Il «a été rafraîchi» (Ex. 31. 16, 17). Ce septième jour de repos se projettera dans la loi mosaïque, en relation avec son peuple aux bénédictions terrestres (Lév. 23. 3). Les Hébreux devaient obligatoirement observer le repos du sabbat, eux, leurs serviteurs, leurs bêtes et leur étranger (Ex. 20. 10). Dieu, dans sa bonté, sachant que l’Homme pècherait, a voulu qu’après une semaine de dur travail, il puisse goûter un jour de repos, comme Lui-même s’est reposé le septième jour (Héb. 4. 10), jour qu’Il a «béni et sanctifié». Avant la chute, l’activité de l’Homme n’était pas pénible. Le péché introduit la dureté du travail et les «épines et les ronces» (ch. 3 v. 17). Pour nous, chrétiens, c’est le Dimanche que, dans le repos, on célèbre la résurrection du Seigneur, repos en rapport avec le ciel. C’est un privilège et une joie d’entourer le Seigneur et d’adorer.

Cependant, le péché a obligé Dieu à se remettre au travail, mais pour l’œuvre de rédemption (Jean 5. 17). Le règne de mille ans de Christ sera «un repos sabbatique» pour le peuple Juif, en relation avec ses bénédictions terrestres (Héb. 4. 9). Le septième jour est une figure du repos éternel de Dieu et des rachetés, lorsque «Dieu sera tout en tous» (1 Cor. 15. 28). Dans la succession des sept fêtes de l’Eternel, cette période venant après le règne de mille ans, est typifiée par «le huitième jour» — jour éternel, nouvelle Création fondée sur le repos de Dieu (Lév. 23. 36), et, «où la justice habite» (2 Pi. 3. 13), et où toute peine est bannie. Sept personnages de la Genèse typifient ces sept jours de la Création. Le dernier de tous, Joseph, type de Christ souffrant pour la justice, obtient la domination universelle et, en Lui, toutes les promesses se réalisent dans la plénitude des bénédictions.

«Les cieux ont été faits par la Parole de l’Eternel, et toute leur armée par l’esprit de sa bouche» (Ps. 33. 6). Dans l’Apocalypse, toutes les créatures se prosternent devant le Créateur (ch. 4 v. 11), avant que le Dieu rédempteur soit adoré (ch. 5 v. 11-14). Dans l’adoration, ne négligeons pas le Dieu créateur. La Création est, en elle-même, un témoignage puissant pour tous les hommes, «à la puissance éternelle et à la divinité» de son Auteur (Rom. 1. 19, 20). Tout est sorti des mains divines, même si les incrédules s’acharnent à le nier. Bien que l’Homme ait ruiné le merveilleux domaine que le Créateur lui a confié, Dieu aura le dernier mot: C’est le repos encore à venir… «Dieu se reposera dans son amour» (Soph. 3. 17), durant le millénium. Les v. 4, 5 résument les choses accomplies au ch. 1°, et ajoutent des détails, en particulier sur la manière dont Dieu a formé l’Homme (v. 7). «Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre», mais Il pourvoit à la bénédiction en assurant l’arrosage des plantes, en faisant sourdre une vapeur de la terre qui arrosait le sol. Ce ch. 2 montre que Dieu centre plus spécialement ses activités sur l’Homme qu’Il a créé. Et, c’est en relation avec l’Homme, qu’Il prend le nom de «l’Eternel Dieu» (v. 4, et jusqu’à la fin du ch. 3).

 

  • Genèse 2. 4 à 14

Le ch. 2 introduit les relations entre Dieu et l’Homme dont Il s’occupe, après lui avoir aménagé un cadre de vie où tout était pour son bonheur; puis, entre l’Homme et les animaux qu’il nomme; enfin entre Adam et sa femme. C'est pour cela que Dieu prend dans ce chapitre et le suivant le titre d'Eternel Dieu (Jéhovah Elohim).

Dans la Genèse, Dieu prend plusieurs noms, en relation avec les divers caractères de sa révélation: Elohim (pluriel d’Eloah), le Dieu suprême (ch. 1) — L’Eternel Dieu, en relation avec Adam (ch. 2 & 3) — L’Eternel (ch. 4 v. 1). Le Dieu Très-Haut (ch. 14. 18) — Le Dieu Tout-puissant (ch. 17 v. 1). Pour les chrétiens, Dieu prend le nom de Père (Jean 20. 17).

Avant la création de l’Homme, Dieu avait dit: «Que la terre produise l’herbe, la plante…» (ch. 1 v. 11). Au ch. 2 v. 8, 9, Dieu «planta un jardin en Éden — en faveur de l’Homme — et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal». Dieu pourvoit aux nécessités de sa créature, mais aussi à son agrément: il y avait des «arbres agréables à voir». L’homme est capable d’apprécier la beauté ou la laideur de son environnement, dont il est responsable. Éden veut dire: délice, plaisir.

Créé à l’image et à la ressemblance morale de Dieu, l’homme a été formé «poussière du sol, et Dieu souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’Homme devint une âme vivante» (v. 7). Si les animaux ont un corps et une âme, l’Homme a, en plus, un esprit le mettant en relation avec Dieu; l’esprit ne peut périr. L’âme humaine est donc éternelle. «Le premier homme Adam devint une âme vivante, le dernier Adam — Christ —, un esprit vivifiant» c'est à dire qui communique la vie (1 Cor 15. 45). Si Adam était tiré de la terre, Christ est venu du ciel (v. 47). Après sa résurrection le Seigneur «souffla en eux» — les disciples —, préparant la place pour la réception du Saint Esprit (Jean 20. 7). L’Homme a été formé par Dieu comme un vase par le potier. Le vase a été gâté par le péché. Alors Dieu a formé un autre vase — Christ homme— qui est parfait (Jér. 18. 4), mais est allé jusqu’à la mort de la croix. «Je suis fait d’argile moi aussi…» (Job 33. 6). Adam qui signifie "Rouge", semble désigner la couleur de la terre d’où il a été tiré. Que nous soyons tirés de la poussière doit nous tenir dans l’humilité. C’est à cette créature — poussière du sol —, que Satan a suggéré qu’elle serait «comme Dieu» (ch. 3 v. 5). A la fin, l’Antichrist se fera adorer lui-même comme étant Dieu (2 Thess. 2. 3, 4), mais sera jeté dans l’étang de feu (Apoc. 19. 20; 20. 10).

Deut. 11. 14 rappelle que la pluie vient des cieux. Mais  ici, «une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol» (v. 6). Cela nous montre que toute bénédiction venait de la terre. De plus, Dieu n’habitait pas sur la terre, mais se promenait dans le jardin (ch. 3 v. 8). C'est plus tard que Dieu fera son habitation au milieu de son peuple (Exode 29. 45).

Les fleuves (v. 10-14), prouvent que le jardin d’Éden n’est pas une légende: Les deux premiers: Pishon et Guihon, ne sont plus identifiables. Mais le Tigre et l’Euphrate coulent toujours en Irak. Le fleuve sortant d’Éden, parle du Saint Esprit apportant la grâce à toute la terre. On retrouve la pensée du fleuve de la grâce apportant la vie à la Mer Morte, en Ez. 47; ainsi qu’en Apoc. 22. Il est dit: «… le ruisseau de Dieu est plein d’eau» (Ps. 65. 9). Et «… des fleuves d’eau vive» couleront des croyants vers d’autres (Jean 7. 37, 38). La grâce était là, avant que le péché ne se manifeste. La grâce repose sur la justice divine, typifiée par l’or (Gen. 2. 12). L’Homme a fait une idole de l’or, au lieu de s’attacher à la justice divine qu’il représente (Job 22. 23-26). Ici, rien n’était encore gâté: «L’or de ce pays-là est bon» (v. 12), comme tout ce que Dieu fait. A la chute, Dieu a fermé l’accès de l’arbre de vie, afin que l’Homme ne vive pas à toujours avec les souffrances dues au péché. Mais on retrouve cet arbre en Ez. 47 et en Apoc. 22. 2: Ce que l’Homme n’a pu réaliser à cause du péché, Christ le réalise parfaitement durant son règne. En Gen. 2 v. 9, les deux arbres mentionnés parlent de bénédiction et de responsabilité. Dieu a créé l’Homme, libre de ses actes, et non enchaîné par le simple instinct comme les animaux. L’Homme a cette obligation morale d’obéir à Dieu, parce qu’il possède cette faculté de choisir entre «la mort et la vie» (Deut. 30. 19, 20).

 

  • Genèse 2. 15 à 25

Les ch. 1 & 2 mettent en évidence l’œuvre parfaite de Dieu pour le bonheur de l’Homme, pour qui Il avait «planté» un jardin de délices au milieu duquel Il le visitait «au frais du jour» (ch. 3 v. 8). Et l’Homme pouvait jouir librement de la présence de son Créateur et de tous Ses bienfaits. Dieu avait donné une activité à Adam, en relation avec le jardin: «le cultiver et le garder». C’était un service de l’Homme, au même sens que dans Nombres 3 v. 7, 8. Le péché a rendu le travail pénible pour l'homme. Mais travailler n'est pas la conséquence du péché. Dieu a travaillé lors des six jours de la création. Et, plus tard, dans le ciel, le Seigneur «servira» ses esclaves fidèles (Luc 12. 37), où ils jouiront de délices bien plus excellents que ceux d’Éden.

Les ch. 3 à 11 racontent la chute de l’Homme par sa désobéissance, et jusqu’où le péché l’a entraîné. L’Homme n’a pas mangé de l’arbre de vie, mais de celui «de la connaissance du bien et du mal», par lequel Dieu le mettait à l’épreuve.

Administrateur de la Création terrestre, Adam devait s’occuper fidèlement du domaine que Dieu lui avait confié. Ce «travail» n’avait pas encore ce caractère pénible qu’il revêtira après la chute (ch. 3 v. 17-19). Et, au v. 23, l’Homme est chassé du jardin de délices, pour «labourer le sol», travail pénible, désormais!

Dans l’original, l’expression du ch. 2 v. 17 est très forte: «en mourant, tu mourras»… C’était une chose certaine — «Tu mourras certainement». Mais Ève traduit cette certitude en simple éventualité (v. 3). La Genèse pose les grands principes que l’on retrouve dans toute la Parole; et, dans le jardin, Dieu avait donné la première ébauche d’une loi: Adam devait s’abstenir de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. L’Homme devait obéir, mais Satan a semé le doute dans son esprit. Il y a un contraste entre le jardin d’Éden où tout était vie et où Dieu parle de mort (v. 17), et la terre actuelle où tout parle de mort, et où Dieu parle de vie éternelle pour celui qui croit. La chute est une conséquence de la séduction de la femme par Satan (1 Tim. 2. 14).

Le v. 19 rend compte de l’autorité et de l’intelligence d’Adam qui donne des noms aux créatures inférieures. Et Dieu déclare: «Et tout nom que l’Homme donnait à un être vivant fut son nom». Cependant, il n’y avait pas «d’aide qui correspondît» à Adam. Formée d’une côte d’Adam, Ève devait être une aide pour son mari, lui, ayant l’autorité. C’est avec joie qu’Adam reçoit sa femme de la main de Dieu (v. 23). Mais après la chute, il accuse sa femme de l’avoir entraîné dans la désobéissance, et même, il en rend Dieu responsable (v. 12)! «La femme que TU m’as donnée…». Il cherche à se disculper en accusant celle avec qui il est «une seule chair» (v. 24). Être «une seule chair» est un beau type de l’union indissoluble de Christ et de l’Assemblée (Eph. 5. 25-33), et exclut la perspective du divorce (Matt. 5. 31, 32; 19. 8). Ce «profond sommeil» que Dieu fait tomber sur Adam, typifie la mort de Christ pour acquérir son épouse: l’Église. Dès l’origine du mariage, Dieu montre que l’Homme ne doit épouser qu’une seule femme. Dieu a supporté la polygamie, même au sein d’Israël. Mais le christianisme l’exclut absolument. L’Homme et sa femme sont égaux devant Dieu (Gal. 3. 27), mais une responsabilité spécifique est attribuée au mari, tandis que sa femme doit se tenir à sa place bénie «d’aide qui lui corresponde». Le jugement qui tombe sur Adam se répercute sur le sol lui-même (ch. 3 v. 17). Quant à Ève, elle ne s’est pas tenue à sa place; Dieu lui dit: «… ton désir sera tourné vers ton mari, et lui dominera sur toi» (v. 16).

Par ailleurs, la formation de la cellule familiale est selon Dieu: «… l’Homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair» (v. 24).

 

  • Genèse 3. 1 à 6

Dieu avait clairement averti Adam des conséquences de la désobéissance: «Tu mourras certainement» (ch. 2 v. 17). Dans le jardin, Dieu avait tout préparé pour le bien et le plaisir de l’Homme et, par ailleurs, il pouvait manger «librement de tout arbre du jardin» (v. 16).

Au ch. 3, le diable s’introduit dans le jardin en s’incarnant dans l’animal des champs, le plus rusé: le serpent (v. 1)… Il était parmi les «animaux des champs» que Dieu avait fait passer devant Adam pour qu’il les nomme (ch. 2 v. 19). Le diable garde ce caractère de «serpent ancien» «qui séduit la terre habitée tout entière» (Apoc. 12. 9). Il est toujours ce séducteur, en hébreux: l’être brillant... Il s’adresse à Ève, plus faible, pour introduire le doute dans son esprit, et elle discute avec lui sans crainte. Il est vrai qu’Adam et Ève étaient encore dans la simplicité de l’innocence, et «Satan lui-même se transforme en ange de lumière» (2 Cor. 11. 14); et il «séduisit Ève» (2 Cor. 11. 3). Alors, Dieu le condamne à «marcher sur son ventre» (ch. 3 v. 14).

Satan introduit le sujet des arbres d’une manière générale pour amorcer la conversation: «…vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin» (ch. 3 v. 1)? Il introduit la défiance envers Dieu, provoque la convoitise qui entraînera la désobéissance. Alors, la conscience du «bien et du mal» apparaît chez l’Homme et la Femme et, désormais, la peur de Dieu dans la connaissance de leur nudité…

Satan «est meurtrier dès le commencement», «menteur et le père du mensonge» (Jean 8. 44). Sa propre chute a précédé celle de l’Homme (Ez. 28. 13-17). L’orgueil est la «faute du diable» (1 Tim. 3. 6). Dans le jugement d’Adam et Ève, Dieu introduit une espérance: la «semence» de la femme devait briser «la tête» du serpent (3. 15).

Satan avait dit: «… vous serez comme Dieu …» Il allume dans leur cœur «la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie» (1 Jean 2. 16; Jac. 1. 13-15). A l’opposé, le Seigneur Jésus  «s’est abaissé lui-même» jusqu’à prendre la dernière place (Phil. 2. 6-8), après qu’il ait été tenté quarante jours dans le désert. Mais Ève, dans le jardin de délices, cèdera sur tous les points, et Adam ne résistera pas. Ève répond à Satan en déformant la Parole de Dieu (comp. ch. 2 v. 17 et ch. 3 v. 2, 3), et en l’affaiblissant: «… de peur que vous ne mourriez», alors que Dieu avait dit: «tu mourras certainement». Paul nous met en garde contre ceux qui falsifient la Parole. Dans les tentations, faisons comme le Seigneur, répondons par la Parole: «il est écrit…». Toute la Parole est la Vérité et doit «habiter en nous richement» (Col. 3. 16). N’y ajoutons et n’en retranchons rien (Deut. 4. 2; 12. 32; Prov. 30. 6; Apoc. 22. 18, 19). Satan renverse la pensée de Dieu, et Ève «voit»… «prend» et «mange» et en donne à «son mari pour qu’il en mangeât avec elle et il en mangea» (v. 6). Les conséquences sont: la maladie, le désordre et la mort pour les hommes et pour la création tout entière (Rom. 8. 19-23). Satan avait dit: «vous ne mourrez point…» (v. 4). Mais la terre, depuis, est un vaste cimetière. Et: «vous serez comme Dieu». Mais Dieu dit: «Tu es poussière et tu retourneras à la poussière» (v. 19). Puis: «Vous connaîtrez le bien et le mal». Mais l’Homme est incapable de faire le bien. «Adam a été formé le premier et puis Ève». Mais «Ève a été séduite et est tombée dans la transgression» (1 Tim. 2. 13). Reconnaissons et confessons notre propre faiblesse et soyons sur nos gardes. Usons de la Parole «pour éteindre tous les dards enflammés du méchant» (Eph. 6. 16). Ève aurait dû en appeler à son mari; et Adam, s’appuyer sur le commandement de Dieu. Adam a préférer donner priorité à des relations familiales plutôt que d'obéir à la Parole de Dieu.

La nudité convenait alors à l’innocence; mais après le péché, ce n’est plus le cas. Comme Daniel, «arrêtons dans notre cœur» d’obéir à Dieu en toutes choses.

 

  • Genèse 3. 7 à 12

Le v. 7 montre la première réaction d’Adam et Ève, sitôt le péché consommé: la conscience apparaît en eux et, si Satan leur a suggéré qu’ils seraient «comme Dieu», leur première découverte est leur nudité morale qu’ils cherchent à recouvrir en cachant leur nudité physique. Mais les ceintures de feuilles de figuier sont une couverture dérisoire. Ces feuilles nous renvoient aux efforts humains pour «couvrir» le péché par des formes religieuses sans valeur devant Dieu. C’est, au contraire Dieu Lui-même qui revêtira l’Homme pécheur, de Christ sacrifié sur la croix; sacrifice typifié par les «vêtements de peau» (v. 21). Ainsi revêtus, nous pouvons nous tenir devant Dieu. Désormais, Adam et sa femme ont acquis la connaissance «du bien et du mal» et font de vains efforts pour cacher leur état, mais Dieu connaît à fond les choses les plus secrètes de chacun de nous, et nous ne pouvons lui échapper (Ps. 139. 7-12; Job 31. 33; Jér. 23. 24; Héb. 4. 12, 13). Dieu découvre ce que nous couvrons et il couvre ce que nous découvrons.

Si, avant la chute, Adam et Ève jouissaient de la présence de Dieu dans une heureuse communion avec Lui, maintenant ils se cachent «au milieu des arbres du jardin», ayant peur de Lui dans la connaissance de sa sainteté. Le péché a rompu la communion… Alors, Dieu va sonder à fond leurs cœurs: «Où es-tu?» Mais cette question divine traduit deux choses essentielles: L’Homme est perdu, et Dieu le cherche (Luc 15. 1-7). Devant la justice divine, Christ est notre substitut. Mais Dieu va plus loin: «Qui t’a montré que tu étais nu? As-tu mangé de l’arbre…?» Sondé jusqu’au fond de lui-même, Adam ne peut nier les faits, mais il tente de se disculper en mettant sa femme en cause, et même en accusant Dieu: «La femme que TU m’as donnée…». La sentence sera plus sévère pour lui. Sans sa bonté, Dieu aurait pu retirer le souffle d’Adam et il aurait expiré (Amos 9. 2-4). Sitôt l’innocence perdue, Dieu a fermé l’accès au jardin à tout jamais. Mais, plus tard, Dieu dans sa Grâce, viendra habiter au milieu de son peuple (Ex. 29. 46).

Le cœur d’Adam et Ève les «condamne» (1 Jean 3. 20); mais Dieu est plus grand, et le cœur du croyant doit être à l’aise devant Dieu, car il est en règle, en vertu de l’œuvre de Christ (1 Jean 3. 21). Les hommes doivent sentir leur état de mort morale devant Dieu, avant que Dieu «couvre» leur péché. La connaissance du bien et du mal est terrible pour l’Homme, car il est incapable de faire le bien (Rom. 7. 15-19). C’est la conscience qui nous fait discerner le bien du mal; mais elle peut être altérée et même cautérisée. La conscience du chrétien ne doit être ni endurcie, ni maladive, mais délicate pour ne plus marcher comme le monde (Eph. 4. 17). Elle doit être éclairée par le Saint Esprit et par la Parole pour lui montrer la volonté de Dieu (Eph. 5. 17). Si nous péchons sans confesser nos péchés, la conscience s’endurcit, la crainte de Dieu disparaît et nous nous éloignons de Lui, car Sa présence nous gêne: «Celui qui cache ses transgressions ne prospèrera point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde» (Prov. 28. 13). Notre conscience qui nous met si souvent mal à l’aise, doit pourtant être écoutée soigneusement. Considérons-la comme une amie précieuse nous avertissant quand nous avons mal agi.

Adam rejette sa propre faute sur Ève  C’est un réflexe qui nous est naturel. Pourtant, la responsabilité d’Adam était plus grande que celle de sa femme: Elle a été séduite car elle n’est pas restée à sa place dans le couple: elle aurait dû en référer à son mari. Mais Adam a désobéi au commandement formel de Dieu.

 

  • Genèse 3. 13 à 16

Adam, chef du couple, était le plus responsable, car il avait reçu personnellement le commandement de ne pas manger de «l’arbre de la connaissance du bien et du mal» (ch. 2 v. 17). Sondé à fond par Dieu, il met sa femme en cause (ch. 3 v. 12). Celle-ci, ayant «discuté» avec le serpent, est séduite et, ayant mangé du fruit avec son mari, est tombée dans le péché avec lui (v. 13). Dans ces interrogations adressées à Adam et à Ève et qui marquent la rupture de communion, ce n’est plus le Créateur mais le Dieu Sauveur qui cherche le bien de ses créatures tombées dans le péché. Quant au serpent, Dieu le condamne (v. 14). La malédiction tombe sur lui directement: il marchera sur son ventre et mangera la poussière. Le serpent, rampe sur son ventre et, durant le millénium, il mangera la poussière (Es. 65. 25). Quant à Satan, la semence de la femme «te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon» (v. 15). Le jugement de Satan est total et définitif, mais une espérance, pour les hommes pécheurs, brille désormais: le Seigneur, la semence de la femme, devait briser la tête de Satan, à la croix. Dieu ne maudit pas l’Homme car Il veut le délivrer en grâce; mais la malédiction tombe sur Satan et sur le sol (v. 17). Au ch. 4, Caïn, assassin de son frère, sera «maudit de la terre» (v. 11). Si Adam s’est déchargé sur sa femme, Ève se décharge sur le serpent tout en disant la vérité. Tous deux auraient dû dire: «J’ai désobéi…». Quand nous péchons, Satan nous tente en utilisant nos convoitises qui nous sont naturelles (Jac. 1. 13-15). Confessons nos péchés personnels sans en accuser d’autres que nous-mêmes: il en résultera de l’humilité.

Face au péché de l’Homme, Dieu apporte la grâce et, le croyant peut dire en vérité: «Qu’est-ce que Dieu a fait?» (Nom. 23. 23). Dans cette scène, Dieu fait tomber son jugement sur le serpent d’abord, puis sur Ève et, enfin, sur Adam. Le Ps. 7. 14-16 dévoile le travail souterrain de méchanceté de Satan, et le résultat pour lui, à la fin: «Il a creusé une fosse, et il l’a rendue profonde; et il est tombé dans la fosse qu’il a faite. Le trouble qu’il avait préparé retombera sur sa tête, et sa violence retombera sur son crâne». Son œuvre de destruction donne à Dieu l’occasion de faire une œuvre de grâce, de lumière et d’amour. Durant le millénium, ni le serpent ne pourra nuire à personne — il mangera la poussière —, ni Satan qui s’était incarné dans le serpent, ne pourra plus faire de mal car il sera lié et jeté dans l’étang de feu (Apoc. 20. 1-3). Cela est le résultat de la crucifixion du Seigneur ayant expié nos péchés. Il a brisé la tête du serpent, siège de sa méchanceté. «Le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds» (Rom. 16. 20). Dès le premier chapitre de l’Exode, Satan cherche à empêcher la naissance, encore lointaine alors, du Seigneur au milieu d’Israël: «Le Pharaon commanda… disant: Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve» (v. 22). Puis, à la naissance du Sauveur, Hérode commanda qu’on tue «tous les enfants… depuis l’âge de deux ans et en dessous» (Matt. 2. 16). C’est «la semence» — Christ —, et non les semences, qui devait briser la tête du serpent (Gen. 3. 15; Gal. 3. 16). En revanche, «la semence du serpent», ce sont tous les enfants du diable (Eph. 2. 2; 1 Jean 3. 10; Jean 8. 44). Satan vaincu, sera jeté dans l’étang de feu et de soufre: il récoltera le fruit de sa méchanceté… Le Seigneur, Lui, s’est abaissé lui-même et à vaincu le mal. Et Dieu l’a «haut élevé» (Phil. 2. 6-11). Désormais, Il est glorieux de sa gloire éternelle de Fils de Dieu, et de sa gloire nouvelle de fils de l’Homme qu’Il s’est acquise à la croix.

Dans les souffrances de l’enfantement auxquelles la femme, en général, est assujettie comme fruit du péché, les femmes chrétiennes fidèles, seront gardées des conséquences dangereuses (1 Tim. 2. 13-15).

Ayant agi dans l’indépendance de son mari, le désir d’Ève, dès lors, est tourné vers lui (v. 16), et elle doit rester dépendante, sous sa protection. Cependant, il faut que le mari, lui, reste dépendant de Dieu. «Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix» (1 Cor. 14. 33). L’Église, elle, est tournée vers son céleste Époux, et dit: «Viens!» (Apoc. 22. 17).

 

  • Genèse 3. 17 à 21

L’origine de la condamnation d’Adam est qu’il a écouté la voix de sa femme au lieu d’écouter Dieu. Le v. 15 n’a pas de promesses directement applicables à Adam et Ève. La promesse concerne «la semence» de la femme: Christ, le second homme. Comme pour Adam qui a fait passer sa femme avant Dieu, nous pouvons donner plus d’importance aux relations familiales qu’à nos relations avec Dieu. Que la Parole ait toute son importance dans notre vie. Adam avait été averti des conséquences de la désobéissance (ch. 2 v. 16, 17); il était le plus responsable du couple et Dieu  lui rappelle qu’il aurait dû obéir et ne pas être «rebelle à la voix de l’Eternel» (1 Rois 13. 18; 26). Ne pas écouter Dieu est qualifié de rébellion.

Le jugement divin tombe sur la terre, mais l’Homme en subit les conséquences. En Éden, tout était facile. Hors du jardin, le sol produit, désormais, «des épines et des ronces» (v. 18), apportant leurs difficultés. Dès lors, «toute la Création ensemble soupire et est en travail jusqu’à maintenant» (Rom. 8. 22), à cause de l’entrée du péché. Épines et ronces sont les fruits d’un sol maudit, et le Seigneur, couronné d’épines, a pris sur Lui les conséquences de cette malédiction. Mais, pour l’existence de l’Homme sur la terre, désormais, le travail est devenu pénible et, pour subvenir à ses besoins, il devra lutter sans répit (2 Thes. 3. 8). Ce verset montre que nous devons tous travailler, afin de subvenir à nos besoins. Certains Thessaloniciens ne travaillaient plus, volontairement, et se mêlaient de tout (v. 11). La pensée de Dieu, c’est que chacun mange «son propre pain en travaillant paisiblement» (v. 12). Le travail, tout en restant pénible, peut, pour le croyant, être effectué «paisiblement», pour le Seigneur. Dieu humilie les hommes par le travail (Ps. 107. 12), et ils peuvent en ressentir toute la vanité s’il est effectué sans Dieu (Ecc. 1. 2, 3). Cependant, s’il est fait avec et pour le Seigneur, il en résulte la paix (2 Thess. 3. 16). Quant à la paresse, elle est condamnée par la Parole (lire les Proverbes). L’encouragement à travailler ne doit pas conduire à se surcharger volontairement: Il faut travailler pour vivre; mais, vivre pour le travail ne laisse pas de place au Seigneur (Matt. 6. 21). Paul disait: «Pour moi, vivre c’est Christ» (Phil. 1. 21). Le Seigneur, avant son ministère, a travaillé comme charpentier. Mais, prophétiquement, il peut dire: «J’ai travaillé en vain, j’ai consumé ma force pour le néant, et en vain» (Es. 49. 4). Puis, par son œuvre, Il pouvait dire: «Je suis un homme qui laboure la terre» (Zach. 13. 5). Exempt de péché Lui-même, le Seigneur s’est soumis à toutes ses conséquences par amour pour nous, ayant eu faim, soif, sommeil; connaissant la fatigue et la lassitude.

La fin du v. 19 de Gen. 3, confirme l’avertissement de Dieu (ch. 2 v. 17). Et le ch. 5 creuse le premier cimetière de l’humanité. Ecc. 3. 20, 21 et 12. 7, rappellent que la mort est inéluctable et que l’esprit de l’Homme retourne à Dieu. Mais pour l’incrédule, il s’ensuit la mort éternelle — séparation éternelle de Dieu. Le Ps. 144. 4 et Jac. 4. 13, 14 constatent la brièveté de notre vie. Le jugement qui suit, pour le croyant, est déjà tombé sur le Seigneur à la croix. A la fin, la mort, salaire du péché, sera annulée (Apoc. 21. 4, 5). Devant la puissance de la mort sur les hommes, le cœur sensible du Seigneur pleure (Jean 11. 33-35). On peut saisir quelque peu la souffrance du Seigneur qui a été «mis dans la poussière de la mort» (Ps. 22. 15). Mais le Seigneur «se souvient que nous sommes poussière» (Ps. 13-17).

La liste des hommes de foi d’Héb. 11, ne fait pas mention d’Adam et Ève, et ne commence qu’avec Abel.  Cependant la foi d’Adam se montre en nommant sa femme: «Ève… la mère de tous les vivants» (v. 20); il s’est emparé de la promesse du v. 15. Si Adam et Ève s’étaient fait des ceintures de feuilles de figuier, Dieu les revêts de la peau d’une bête sacrifiée, victime de substitution. Le croyant est revêtu de «salut» et de «justice» en Christ (Es. 61. 10), car son sang a coulé pour nous laver de nos péchés. «Sans effusion de sang, il n’y a pas de rémission» (Héb. 9. 22). C’est bien ce qu’Abel avait compris, et non Caïn. Avec compassion, Dieu ne laisse pas les hommes devenus pécheurs, nus, mais les revêt selon sa sagesse divine. Le v. 21 est une belle image de ce qu’Il a fait pour nous, par le sacrifice de son Fils.

 

  • Genèse 3. 22 à 24; 4. 1 à 3

Au v. 3, le serpent avait dit: «Vous ne mourrez point certainement; car Dieu sait qu’au jour où vous en mangerez vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal». Ces paroles recèlent une vérité et un mensonge: la vérité, c’est que l’Homme connaît désormais, le bien et le mal. Mais le mensonge, c’est que l'homme ne mourrait point. Dieu, dans sa grâce, n’a pas voulu que l’Homme pécheur vive éternellement au milieu des difficultés et des douleurs. C’est pourquoi Il l’a chassé d’Éden et en a définitivement fermé l’accès (v. 22-24). Cependant, Il le place «à l’Orient du jardin d’Éden», vers le soleil levant — «l’Orient d’en Haut» (Luc 1. 78) — du côté d’où vient la lumière et l’espérance; et cela parle déjà du Seigneur Jésus. Les chérubins, exécuteurs du gouvernement divin que l’on retrouve au Ps. 99. 1 et en Ez. 10. 8, 18, 19, interdisent l’accès du jardin, et c’est en vain que les hommes veulent en retrouver les douceurs perdues. Lot cherchera, lui aussi, à retrouver les richesses du «jardin de Dieu» (Gen. 13. 10, 11), dans les plaines du Jourdain, jusqu’à Sodome. Mais l’Eternel jugera les méchants habitants de cette ville; et Lot s’est trompé…

Cependant, le Seigneur, Lui, est «le chemin la vérité et la vie»: Il est le vrai «arbre de vie» donnant la vie éternelle aux croyants (Apoc. 2. 7; 22. 2). La mort de l’Homme n’entrait pas dans les conseils éternels divins. Il a dû l’introduire dans ses voies gouvernementales, à cause du péché et de ses conséquences. Bien que la réalité du paradis nous soit réservée dans l’avenir, nous pouvons déjà en goûter les bénédictions, spirituellement, par le sacrifice de Christ, en entrant librement dans la présence de Dieu (Héb. 10. 19).

Désormais, l’Homme devra manger en «travaillant péniblement»; en labourant la terre vouée aux ronces et aux épines: labeur long, pénible et usant… Depuis la chute, les hommes cherchent à atténuer la dureté du travail; à escamoter les douleurs de l’enfantement pour les femmes. S’il ne peut supprimer la mort, il réussit à allonger la vie, mais détruit la cellule familiale.

En Éden, l’Eternel visitait sa créature chaque jour (ch. 3 v. 8), jouissant de la communion avec elle. Hors du jardin, il n’y a plus de communion, plus de visites…

Chapitre 4 - Le développement du péché se traduit par le meurtre (v. 8; 23), et la corruption: «Lémec prit deux femmes» (v. 19).

Ève pense que Caïn, son premier-né, est cette «semence» devant écraser la tête du serpent. Son erreur ne durera pas! Caïn va tuer son frère; et ce meurtre est prophétique: plus tard, le peuple juif mettra à mort le Seigneur, son frère en la chair. La vraie semence, c’est Christ qui vaincra Satan à la croix. Abel, berger humble, comme Moïse et David, conscient d’être pécheur (Ps. 51. 5), avait la foi qui lui donne l’intelligence des exigences de Dieu: il offre les premiers-nés de son troupeau, sacrifices de substitution, et Dieu a égard à «ses dons» (Héb. 11. 4). Caïn, homme religieux mais sans la vraie foi, offre les meilleurs fruits d’un sol que Dieu a maudit (ch. 3 v. 17). L’humanité connaît toujours ces différences: certains hommes, conscients du péché, attendent le salut du sacrifice du Seigneur. D’autres, veulent offrir à Dieu leurs propres œuvres qu’ils jugent «méritoires»! Mais Ésaïe dit: «Toutes vos justices sont comme un vêtement souillé» (ch. 64 v. 6). Malgré l’offre divine de «relèvement» (v. 6, 7), Caïn, sourd à la grâce offerte, se fait de Dieu une image selon sa propre perception d’incrédulité humaine.

Mais la sainteté de Dieu a ses exigences, et il faut que tout homme s’y soumette pour être sauvé.

 

  • Genèse 4. 4 à 16

«Par la foi, Abel offrit à Dieu un plus excellent sacrifice que Caïn, et par ce sacrifice il a reçu le témoignage d’être juste, Dieu rendant témoignage à ses dons» (Héb. 11. 4). Le Seigneur Lui-même rappelle qu’il était le premier dans la lignée des justes persécutés (Matt. 23. 34, 35). Abel n’était pas meilleur que Caïn; mais, conscient d’être pécheur, il offre un holocauste à Dieu, un sacrifice sanglant: «les premiers-nés de son troupeau, et de leur graisse» (v. 4). Par anticipation, la graisse parle de la puissance des affections de Christ pour Son Dieu, offensé par le péché de l’Homme. Caïn le premier, éprouve le besoin de s’approcher de Dieu avec une offrande. Mais il lui apporte les fruits d’un sol que Dieu a maudit (ch. 3 v. 17) et qu’Il ne peut accepter. Cependant, Caïn lui-même n’est pas rejeté et Dieu lui montre les ressources pour être agréé (v. 7): S’il ne faisait pas bien, il y avait un sacrifice pour le péché.

Ève, en nommant son premier-né: Caïn — acquisition —, se repose sur l’homme. Mais l’homme ne transmet à sa descendance que la vieille nature: Adam, le premier homme, est pécheur. Le Seigneur Jésus, le second homme, est sans péché. Ève, désabusée, nomme son second fils Abel: Vanité, qui ne mène à rien. Mais Abel est un type de Christ mis à mort par le peuple juif. On pense à cette parole de Nathanaël: «Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth» (Jean 1. 47)? Mais à «celui que la nation abhorre» Dieu va tout donner. Caïn est irrité de voir que son frère est agréé de Dieu. De même, l’approbation divine sur le Seigneur que le peuple méprisait, l’a poussé à la haine et au meurtre, comme Caïn. «Et pour quelle raison le tua-t-il? Parce que ses œuvres étaient mauvaises et que celles de son frère étaient justes» (1 Jean 3. 11, 12). Caïn, fier de son travail et plein de lui-même, pensait être «méritant». Abel a l’intelligence des pensées de Dieu quant à la rédemption, et s’y soumet humblement. Peut-être était-ce une habitude chez lui d’apporter des holocaustes: Dieu rend témoignage à «ses dons» (Héb. 11. 4). Chez Caïn, la jalousie devient très vite de la haine et le pousse au meurtre. C’est dans les champs, marqués par le travail de l’homme, qu’Abel est tué. Haïr, c’est déjà être «meurtrier» (1 Jean 3. 15).

Dieu sait ce que Caïn vient de faire (Héb. 4. 12, 13), mais il le pousse à la confession: «Où est Abel, ton frère?», puis à la repentance: «Qu’as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie de la terre à moi». Le péché offense toujours Dieu. Mais Caïn rejette tout en bloc: la grâce offerte au v. 7; son châtiment (v. 13) et, finalement, Dieu lui-même (v. 16). A Adam tombé dans le péché, Dieu avait dit: «maudit est le sol à cause de toi». A Caïn, il dit: «Tu es maudit de la terre». L’Homme amène toujours la chute, le déclin». Mais Dieu amène toujours l’espérance.

Caïn, loin de Dieu, et le sol ne lui donnant «plus sa force» (v. 12), devient «errant et vagabond»; et voulant échapper au jugement de Dieu, il se bâtit une ville qu’il nomme du nom de son fils: Hénoc. Si quelqu’un tuait Caïn, il serait «puni sept fois» (v. 15), et Dieu met sur lui un signe pour qu’on ne le tuât point. Il est le type du peuple juif meurtrier du Seigneur, et que Dieu a conservé malgré d’innombrables persécutions dont il a été l’objet, durant des siècles.

 

  • Genèse 4. 17 à 26

Au v. 9, Caïn ment à Dieu et dévoile son égoïsme: «Suis-je, moi, le gardien de mon frère?». La pensée de Dieu est que nous ayons «un égal soin les uns des autres» (1 Cor. 12. 25), spirituellement et matériellement. Caïn, meurtrier et menteur, répond aux caractères de Satan. Le Seigneur dit à Israël, méditant le meurtre envers son Messie et s’enorgueillissant d’être la postérité d’Abraham: «Vous, vous avez pour père le diable» (Jean 8. 33-42). Désormais «vagabond sur la terre», Caïn serait vengé si on le tuait. La chute d’Adam a rompu la communion avec Dieu et il est chassé d’Éden; le meurtre de Caïn fait de lui un errant, un vagabond. Il peut bien s’installer «à l’orient d’Éden» (v. 16), l’accès du jardin est définitivement fermé par l’épée des chérubins, et Caïn n’y entrera pas…

Deux lignées humaines se séparent, dès lors: La lignée de Caïn, incrédule et fuyant Dieu. Elle s’installe dans le monde en le façonnant selon ses propres goûts, l’agrémentant pour se passer de Dieu (v. 17-24). Et la lignée de la foi, petit nombre d’hommes humbles mais attachés à Dieu. Déjà, Adam, après sa chute, s’appuyant sur la promesse divine (ch. 3 v. 15), a appelé sa femme: «Ève…  la mère de tous les vivants» (v. 20). Puis, Abel, type de Christ mis à mort. Enfin, «Seth… assigné au lieu d’Abel», prend, symboliquement la figure de Christ ressuscité. Et, avec Hénoc, «on commença à invoquer le nom de l’Eternel» (ch. 4 v. 26), répondant à la pensée de grâce divine: «Quiconque invoquera le nom de l’Eternel sera sauvé» (Joël 2. 32). La lignée de la foi a vécu sous des tentes, comme on le voit encore avec Abraham (Héb. 11. 9), malgré sa grande prospérité. Cependant, certains de la lignée de Caïn ont aussi vécu sous des tentes, mais sans Dieu et attachés aux choses terrestres (v. 20).

Caïn a bâti la première ville de l’Histoire, en opposition avec la pensée de Dieu, et il l’appela du nom de son fils: «Hénoc» (Ps. 49. 11). Un homme de grande foi porta ce même nom, et «marcha avec Dieu trois cents ans» (ch. 5. 21-24). La ville est un fruit de l’orgueil humain qui veut se perpétuer à travers son œuvre: Babel en est une illustration (Gen. 11. 4). Le Cant. des Cant. 3. 2-4, et 5. 6, 7, montre que le Bien-aimé — le Seigneur — ne se trouve jamais dans ce qui fait la gloire de l’Homme sans Dieu. La Bien-aimée qui s’y égare, n’y rencontre que blessures et humiliations. Jacob lui-même, attiré par le confort, «s'en alla à Succoth, et bâtit une maison pour lui…» (Gen. 33. 17). Il s’en suivra de grandes misères dans sa famille.

Le monde sans Dieu a travaillé pour le progrès social, mais cela ne change pas son caractère pervers: «Lémec prit deux femmes» (v. 19). Au lieu de repentance, on s’enfonce toujours plus dans la rébellion (Amos 6. 3-6). Caïn a tué son frère par jalousie, comme le peuple juif, plus tard, mettra son Messie à mort. Lémec, profondément corrompu, prémédite la mort d’un homme pour être «vengé soixante-dix-sept fois» (v. 23, 24). Les chefs du peuple ont longuement prémédité la mort du Seigneur. Cependant, Dieu avait mis un «signe sur Caïn afin que quiconque le trouverait ne le tuât point» (v. 15).

La lignée de la foi, par opposition, est marquée par l’humilité dont le Seigneur est le divin modèle: «Il n’a ni forme ni éclat…» (Es. 53. 2). Mais Il est «le rejeton»… «le Germe»… «qui a la vie en Lui-même» (Jean 5. 26), et Il la donne à ceux qui croient.

Adam a engendré Seth «à sa ressemblance» (ch. 5 v. 3). Par la foi, l’Homme pécheur est l’objet de la grâce de Dieu, car Dieu n’est jamais surmonté par le mal. Mais: «… là où le péché abondait, la grâce a surabondé» (Rom. 5. 20).

 

  • Genèse 5. 1 à 32

Dieu en a fini avec la lignée de Caïn, installée dans le monde, sans Dieu. Le ch. 5, reprend l’histoire de l’Homme à ses débuts: Adam, créé à la ressemblance de Dieu, «créés mâle et femelle», montrant ainsi la pérennité des propos divins, quant à ce qui était «très bon» (ch. 1 v. 31). A cent trente ans, à son tour, Adam engendre un fils «à sa ressemblance… et appela son nom Seth» (v. 3). Seth remplace Abel car Dieu veut établir pour Lui, la lignée de la foi, et l’on trouve Seth dans la généalogie du Seigneur Jésus (Luc 3. 23-36). C’est le départ du fil d’or de la foi à travers les âges. Cependant, les conséquences de la chute se transmettent de père en fils: tous nés dans le péché, nous ajoutons nos propres péchés (Ps. 51. 5). Mais la grâce divine opère déjà en revêtant Adam et Ève de «peau», ayant sacrifié un animal, type du sacrifice de Christ. Avec Enosh, «on commença à invoquer le nom de l’Eternel» (ch. 4 v. 26); il y a la foi en Dieu qui conduit au salut (Joël 2. 32), dans la conscience de la perdition, mais de la grâce divine.

Enosh veut dire: homme mortel. Et, c’est avec la lignée de la foi que Dieu rappelle son solennel avertissement à Adam: «… au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement» (ch. 2 v. 17). Et c’est Adam lui-même qui passe le premier par la mort: «… tous les jours qu’Adam vécut furent neuf cent trente ans; et il mourut» (v. 4, 5). «Le jour que tu en mangeras…» ne désigne pas un jour de vingt-quatre heures, puisqu’Adam a vécu neuf cent trente ans, mais un jour de mille ans (Ps. 90. 4; 2 Pi. 3. 9). Peut-être ces mille ans font-ils référence au futur règne du Seigneur qui durera mille ans complets (Apoc. 20. 3). Et la longue liste des morts commence… (v. 5-31). Hénoc qui, après avoir engendré Methushélah à l’âge de soixante-cinq ans, «marcha trois cents ans avec Dieu», ne passa pas par la mort; «et il ne fut plus car Dieu le prit» (v. 21-24). Il a reçu le témoignage «d’avoir plu à Dieu» (Héb. 11. 5); son nom signifie: «instruit», et il a prophétisé du jugement sur les impies (Jude 14). Sa vie sur la terre fut courte par rapport à la longévité des hommes de l’époque, mais elle se prolonge dans l’éternité. Elie sera, lui aussi, enlevé vivant au ciel. Elie et Moïse apparaissant sur la sainte montagne (Matt. 17), typifient les croyants enlevés au ciel à la venue du Seigneur, les uns ayant passé par la mort, les autres non. Deux hommes diaboliques ne passeront pas par la mort: «la bête et le faux prophète» seront jetés «vifs dans l’étang de feu» (Apoc. 19. 20). Comme Hénoc, marchons avec Dieu, «comme des enfants de lumière». Hénoc est un type de l'Église qui sera enlevée au ciel sans passer par la mort.

Contrairement à la lignée de Caïn, celle de la foi a vécu simplement, mais laborieusement (v. 29). Ces hommes eurent beaucoup d’enfants, mais Dieu met son sceau sur un seul, à chaque génération. Ayant vécu neuf cent trente ans, Adam a connu sept générations de ses descendants. On peut comprendre qu’il leur a parlé du passé: la création… la chute et la grâce divine. Aux parents, grands-parents et arrière-grands-parents d’instruire leurs descendants des choses de Dieu et de les conduire à la foi. Une vie de foi est essentielle.

Méthushélah — cela va arriver — est mort juste avant le déluge. Si «la patience de Dieu attendait dans les jours de Noé» (1 Pi. 3. 20), avant le déluge, image des croyants sauvés à travers le jugement du monde, Dieu attend toujours, voulant «que tous les hommes soient sauvés» (1 Tim. 2. 4), car le monde de maintenant est réservé pour le feu (2 Pi. 3. 7). Personne n’est «prédestiné» au salut; mais Dieu «préconnaît» ceux qui acceptent le salut par grâce (Rom. 8. 29). «Élus — en Christ — dès avant la fondation du monde» (Eph. 1. 4).

Lémec appelle son fils: Noé — consolation — voyant d’avance ce qui va arriver. Puis Dieu nous parle de trois fils de Noé: Sem, Cham et Japheth, ancêtres de toutes les nations de la terre. Et la grâce de Dieu est ouverte à toutes: Dans les Actes, Pierre ouvre la porte de la grâce d’abord à l’eunuque de la reine Candace, un Éthiopien — la race de Cham qui a été maudit (ch. 8). Puis, à Saul de Tarse — futur apôtre Paul — de la race de Sem (ch. 9). Enfin, à Corneille — centurion romain — de la race de Japheth (ch. 10).

 

  • Genèse 6. 1 à 6

Le ch. 4 montre la ruine de la lignée de Caïn, criminel et sorti de devant la face de Dieu. Le ch. 5 confirme que l’Homme est mortel, même croyant. Le ch. 6 révèle l’apostasie de la lignée de Seth qui s’est mêlée au monde, et qui a chaviré dans la violence et la corruption: «Et Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue, car toute chair avait corrompu sa voie sur la terre» (v. 12). Ceci est une première interprétation. Une autre interprétation, s’appuyant sur Job 1. 6; 2. 1; 38. 7; 1 Pi. 3. 19 et Jude 6, 7, fait de l’expression «fils de Dieu» (v. 2; 4) des anges ayant pris des «filles des hommes». Ceci est profondément mystérieux… «Les choses cachées sont à l’Eternel… et les choses révélées sont à nous…» (Deut. 29 . 29). «Par la foi, nous comprenons…» (Héb. 11. 3). Au ciel, les croyants ne se marieront plus, mais seront «comme les anges de Dieu dans le ciel» (Matt. 22. 30). «Les géants» ces «hommes de renom» sont les fruits de la corruption et de la violence des hommes, et c’est souvent le cas, encore aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, l’important est la conclusion que Dieu Lui-même en tire (v. 5-7).

Devant la méchanceté permanente des hommes Dieu prend encore patience. Il décrète d’abréger la vie humaine à cent vingt ans (v. 3). Ces cent vingt ans parlent aussi du laps de temps que Dieu laisse aux hommes pour se repentir, durant la construction de l'arche, véritable témoignage de «Noé lui, huitième, prédicateur de justice» (2 Pi. 2. 4, 5), au milieu «d’un monde impie». Nous sommes, en tant que rachetés du Seigneur, nous aussi, prédicateurs de justice. Quelles sont nos relations avec le monde? Méfions-nous des innombrables applications de la technique de plus en plus envahissante, des arts, des sports: ce sont, pour certains d’entre nous, de vraies idoles qui tendent à nous détourner de Dieu. A la cour de Pharaon, Moïse a découvert la violence dans le cœur d’un Égyptien battant un Israélite; la violence dans le cœur d’un Israélite pour son frère; et enfin, la violence dans son propre cœur quand il a tué lui-même l’Égyptien (Ex. 2. 11-14). Il a dû fuir, au désert, la cour de Pharaon, image du monde qui a rejeté Christ. Nous sommes appelés à nous séparer moralement du monde (2 Cor. 6. 14-18).

Dieu, du temps de Noé, se «repent» — change ses voies gouvernementales — devant le déchaînement du mal confirmé en Ecc. 9. 3; Jér. 17. 9, 10. Seul, Noé trouva grâce devant Dieu, avec sa famille, et cela est encourageant pour les croyants ayant des enfants: amenons-les à Christ, la seule vraie arche du salut. Quel contraste avec l’histoire de Lot qui seul de sa famille a été sauvé comme à travers le feu, lui dont le témoignage était ruiné!

Dans le monde de plus en plus corrompu et violent, attachons-nous au Seigneur avec amour, pour le suivre dans l’obéissance à Sa Parole et dans l’humilité. Noé, en son temps, n’a pas essayé d’améliorer le monde. Il s’est contenté d’obéir à Dieu. Il n’a pas parlé, mais agi. Comme lui, vivons et tenons ferme le témoignage jusqu’à son terme.

 

  • Genèse 6. 7 à 13

Dieu nous montre les caractères heureux de Noé: «Noé était un homme juste; il était parfait parmi ceux de son temps; Noé marchait avec Dieu» (v. 9). Mais ce n’est pas à cause de ses mérites qu’il a été sauvé. «Parfait» ne signifie pas: irréprochable. La perfection reconnue de Job n’a pas empêché Dieu de travailler dans son cœur, de sorte qu’à la fin il s’écria: «J’ai horreur de moi…» (Job 42. 6).

Noé est un type du résidu Juif appelé à peupler la terre milléniale, après avoir été préservé par Dieu, en traversant la grande tribulation. Par la foi, il obéit au commandement de Dieu de se bâtir une «arche pour la conservation de sa maison; et par cette arche il condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi» (Héb. 11. 7). Noé a passé cent ans à la construction de l’arche (comp. ch. 5 v. 32 et ch. 7 v. 6); et chaque pièce de bois ajoutée rappelait à ses contemporains l’approche du jugement. Et pendant tout ce temps, Dieu patientait. Dieu est un Dieu de grâce et ne juge pas arbitrairement: Le juste Lot ne périt pas avec les méchants de Sodome et de Gomorrhe: «le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui est juste?» (Ge. 18. 25). Encore de nos jours, Dieu regarde toute la terre; et il y a «de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent» (Luc 15. 7). En bâtissant l’arche, Noé devint «prédicateur de justice» (2 Pi. 2. 5). Sa prédication ne fut pas en paroles mais en actions d’obéissance: «Et Noé le fit; selon tout ce que Dieu lui avait commandé, ainsi il fit» (v. 22). La différence de Noé avec ceux qui l’entouraient, c’est que lui seul marchait par la foi, alors que «tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu» (Rom. 3. 23). Le témoignage qui nous est confié sera heureux si nous sommes empressés à obéir, par amour pour le Seigneur, en contraste avec le monde: «… vous reluisez comme des luminaires dans le monde» (Phil. 2. 14, 15). L’obéissance est le fruit de la crainte de déplaire à Dieu. La violence et la corruption sont toujours d’actualité; bien qu’adoucies pour un temps par le christianisme, ces caractères ressortent de nouveau avec la déchristianisation de l’Occident.

Noé a dû être considéré comme un insensé de bâtir un immense bateau au milieu des terres. Mais il a agi par la foi en la Parole de Dieu, qui l’avait convaincu de l’imminence du déluge! Notre conduite, si elle est fidèle, humble et pieuse, est beaucoup plus convaincante que de longs et savants discours.

Sem, Cham et Japheth sont les points de départ de toutes les nations réparties sur la terre.

La foi initiale vient de la connaissance de la Parole de Dieu. Mais la foi journalière s’alimente aussi de la Parole de Dieu qu’il nous faut connaître pour y obéir (Romains 10. 17). La plus grande difficulté d’une marche de foi, c’est la patience qu’elle requiert: «Mon maître tarde à venir…». Mais le Seigneur nous exhorte: «Possédez vos âmes par votre patience» (Luc 21. 19). «Il faut que la patience ait son œuvre parfaite» (Jac. 1. 4).

«Les secrets de l’Eternel sont pour ceux qui le craignent» (Ps. 25. 14). Noé craignait Dieu, et Il lui a confié le terrible secret de la venue du déluge. Abraham, lui aussi, craignait Dieu et Dieu dit: «Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire…? Car je le connais, et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Eternel…» (Gen. 18. 17-19). Dieu nous communiquera ses pensées si nous vivons dans la crainte de lui déplaire, ce qui nous donnera la force d’obéir de cœur à sa Parole, dans Sa communion.

 

  • Genèse 6. 14 à 22

Dieu donne à Noé des indications précises quoique succinctes, concernant la fabrication de l’arche: presque cent cinquante mètres de long; vingt-cinq mètres de large et quinze de hauteur, avec trois étages!… Les grandes dimensions de l’Arche nous rappellent que la grâce de Dieu est suffisante pour tous les hommes. Une énorme quantité d’animaux y a trouvé place et a été sauvée. Elle devait être enduite de poix, dedans et dehors. Le mot poix, dans l’original, signifie «qui couvre»; c'est le même mot traduit ailleurs par «propitiatoire». Elle empêchait les eaux de pénétrer dans l’arche, mettant ses occupants à l’abri du jugement (Ps. 32. 1). Notre propitiatoire, c’est le Seigneur Jésus, mort sur la croix pour nous, et ressuscité. Il a connu toute la pression des flots du jugement et nous sommes à l'abri dans l'arche qui est une image de Christ. La construction de l’arche ne suffisait pas à Noé pour être sauvé: Il fallait qu’il obéisse à l’injonction divine: «entre dans l’arche, toi et toute ta maison» (ch. 7 v. 1). Mais, l’obéissance de Noé a manifesté sa foi: seule, la foi obéit à Dieu.

Le péché de l’Homme a souillé la création qui souffre et attend la délivrance (Rom. 8. 19-23). Lorsque l’œuvre du Seigneur sera manifestée dans la plénitude de ses effets, toutes choses seront «réconciliées» avec Dieu.

L’arche devait avoir une fenêtre ouverte sur le ciel, empêchant ses occupants de regarder au déchaînement des eaux du jugement. Nous sommes invités à manifester notre foi en «fixant les yeux sur Jésus» (Héb. 12. 2), et non sur les évènements extérieurs qui pourraient nous troubler. Puis, elle devait avoir une porte permettant d’y entrer. Il n’y a qu’une seule porte pour le salut des hommes, Jésus Christ, mort et ressuscité: «Moi, je suis la porte» (Jean 10. 9). Mais pour être sauvé, il faut «entrer dans l’arche». En Luc 17. 26, 27, le Seigneur montre que beaucoup de gens sont occupés de jouir des choses de la vie, légitimes en elles-mêmes, mais qui les détournent de l’essentiel: leur salut!… Invités au grand souper de la grâce offert à tous, beaucoup, indifférents, courent à leurs occupations et … à la perdition (Luc 14. 16-24). Vivons toutes choses avec le Seigneur, et toutes nos circonstances seront sanctifiées. L’incrédulité des hommes les conduit à l’ignorance volontaire du jugement divin sur le monde impie (2 Pi. 3. 3-7): C’est ainsi que raisonnaient les contemporains de Noé (Matt. 24. 38, 39) qui, lui, était «averti divinement» (Héb. 11. 6). Ne marchons «plus comme le reste des nations» (Eph. 4. 17-19).

L’arche n’était pas destinée à naviguer mais simplement à flotter. Aussi, Dieu n’avait donné aucune instruction pour installer un gouvernail; Lui-même prenait en main la direction de l’arche. De même, nous n’avons pas la direction de notre vie: c’est Dieu qui dirige tout ce qui concerne nos circonstances. Dieu donne aussi à Noé, des informations sur ce qu’Il va faire: «J’établis mon alliance avec toi» (v. 18). Il dévoile aussi qu’Il va conserver en vie les espèces animales. On voit, que ces instructions et informations ont produit un effet salutaire sur Noé: «Il craignit et bâtit une arche…» (Héb. 11. 7). Les informations prophétiques que la Parole nous donne doivent établir une communion pratique, entre Dieu et nous.

Les «loges» du v. 14 montrent l’ordre établi de Dieu dans l’arche. Notre vie chrétienne doit être en ordre. Il devait aussi y avoir de la nourriture en abondance pour tous: le déluge a duré presque un an! Nous avons la Parole, nourriture suffisante pour alimenter notre âme toute notre vie. Prenons donc «de tout aliment qui se mange» (v. 21).

 

  • Genèse 7. 1 à 16

Les ch. 6 & 7 mettent en évidence l’obéissance de Noé (ch. 6 v. 22; 7 v. 5, 9, 16). La foi obéit: Dieu avait dit, Noé a cru et a exécuté ses ordres. Obéir à Dieu est la sécurité du croyant (Ps. 32. 6, 7; 33. 18, 19). Noé et sa famille avait été mis à part pour Dieu. Héb. 11. 7 montre trois caractères chez Noé, caractères qui plaisent à Dieu: La foi: «sans la foi il est impossible de Lui plaire»; La crainte de Dieu: «il craignit»; et l’obéissance: «il bâtit une arche». Dieu agit selon ce qu’Il apprécie: «Noé était un homme juste» (ch. 6 v. 9). Il avait une marche identique à celle d’Énoch (ch. 5 v. 21, 22). Il a obéi jusque dans les moindres détails, en ce qui concerne les animaux. Notre obéissance va-t-elle jusqu’au bout? La foi de Noé a été soutenue durant les cent ans qu’a duré la construction de l’arche; mais Dieu va la mettre à l’épreuve «sept jours» de plus (v. 4), alors que tout était prêt. «La patience de Dieu attendait dans les jours de Noé» (1 Pi. 3. 20), mais elle a eu sa fin. Tant que la porte de la grâce est encore ouverte, associons-nous à Sa patience. C’est Dieu qui fermera la porte de la grâce à son moment à Lui (Matt. 25. 10). La porte est étroite et peu d’hommes la trouvent (Luc 13. 24, 25). Au début du déluge, quelle angoisse pour ceux qui n’étaient pas dans l’arche, alors qu’elle était encore là! Mais la porte était fermée… Dans ce récit, lorsqu’il s’agit des plans du Créateur pour conserver en vie les espèces animales, le nom de Dieu est employé (ch. 6 v. 13, 22; ch. 7 v. 9, 16); mais lorsqu’il s’agit de relations morales avec Noé, c’est le nom d’Eternel qu’on lit (ch. 7 v. 1, 5, 16 fin).

Noé devait veiller à ce que les animaux entrent dans l’arche «mâle et femelle» (ch. 6 v. 19). Mais au ch. 7 v. 2, 3, il devait y avoir sept couples des  «bêtes pures», et un couple des bêtes non «pures». L’Esprit de Dieu donnait à Noé le discernement des bêtes «pures», comme il avait donné à Abel de discerner que «les premiers-nés de ses troupeaux» seuls devaient être offerts à Dieu (ch. 4 v. 4). Dieu révèle ses pensées à ceux qui le craignent (Ps. 25. 14). Ces bêtes pures étaient destinées aux sacrifices pour Dieu (ch. 8 v. 20; Lév. 11). Mais aussi, les animaux sont des créatures de Dieu, et Il en prend soin (Ps. 8. 4-8).

Noé était reconnu «juste» par Dieu, et «sa maison» (sa famille) a été sauvée du déluge. Josué pouvait prendre soin de sa maison: «Moi et ma maison nous servirons l’Eternel» (Josué 24. 15). Au geôlier d’Actes 16, Paul et Silas lui disent: «Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta maison» (v. 31).La maison d’un croyant est une petite sphère de bénédictions pour tous ceux qui y demeurent, même inconvertis (1 Cor. 7. 12-16). Et, de nos jours, les croyants sont revêtus de la justice de Christ. Abraham fut «l’ami» de Dieu qui savait qu’il prenait fidèlement soin de sa famille (Gen. 18. 19). Cependant, la conversion est individuelle. Dieu rend toujours témoignage à la fidélité de ses enfants (Actes 16. 14, 15). Dieu accorde le plus grand prix à «la maison» de ses enfants. Aussi privilégiés que soient les enfants de parents chrétiens, ils devront se tourner vers le Seigneur pour leur salut personnel. Un enfant qui obéit à ses parents obéit à Dieu. La lumière morale luit dans un foyer chrétien fidèle (Ex. 10. 23).

La pluie est tombée durant quarante jours et quarante nuits; quarante représentent un temps complet d’épreuve: le peuple est resté quarante ans dans le désert; le Seigneur Jésus a été tenté quarante ans dans le désert.

Il semble qu’il y eut également un cataclysme marin: «toutes les fontaines du grand abîme se rompirent et les écluses des cieux s’ouvrirent» (v. 11). Cette épreuve extraordinaire ne se répètera pas (ch. 9 v. 11), car la création de maintenant est réservée pour le feu  (2 Pi. 3. 10). Le Tout-puissant tient tout dans sa main.

Si Noé était à l’abri des eaux du déluge, en contraste, le Seigneur a été pleinement exposé aux eaux de la colère de Dieu contre notre péché (Ps. 42. 7; 69. 1, 2; Jonas 2. 4). Noé et sa famille protégés du déluge, préfigurent le résidu Juif traversant la grande tribulation de la fin, mais gardé du jugement des ennemis (Es. 56. 9-12; 1 Thes. 5. 3), et qui recevra le Seigneur Jésus comme son Messie, dans la repentance (Zac. 12. 8-14).

 

  • Genèse 7. 17 à 24

Au ch. 1 v. 9, 10, Dieu a séparé les eaux au-dessous des cieux afin de faire apparaître la terre sèche entourée par les mers. Il a préparé un domaine propice à la vie des animaux terrestres et à l’Homme, «soutenant toutes choses par la parole de sa puissance» (Héb. 1. 3). Mais devant la corruption et la méchanceté de l’Homme, Dieu retire sa main protectrice, et la mer et les eaux des cieux recouvrent la terre et toute vie terrestre périt (ch. 7), à l’exception des occupants de l’arche. Il manifeste ainsi sa toute-puissance et sa souveraineté sur la création tout entière. Son autorité se montre aussi au v. 16: «Et l’Eternel ferma l’arche sur lui (Noé)». Ce sera Lui encore qui fermera la porte de la grâce (Matt. 25. 10), sur ceux qui seront sauvés (dedans), et sur ceux qui seront perdus (dehors), car le salut est individuel (v. 9). «Un homme ne pourra en aucune manière racheter son frère…» (Ps. 49. 7). Luc 16. 26 démontre qu’entre les «sauvés» et les «perdus», une séparation absolue et définitive est établie. Dieu appelle: «Sauvez-vous de cette génération perverse» (Actes 2. 40). C’est encore le temps de la grâce: on peut encore entrer. L’arche typifie le Sauveur dont le sacrifice met les croyants à l’abri du jugement, comme l’arche «flottait sur la face des eaux» (v. 18), protégeant parfaitement Noé et sa famille du déluge. «Dieu n’a pas épargné l’ancien monde mais a préservé Noé» (2 Pi. 2. 5). Mais «Il n’a pas épargné son propre Fils», le Seigneur qui a subi notre jugement (Rom. 8. 32). Comme «les eaux se renforcèrent», les jugements apocalyptiques se renforceront aussi: les sept sceaux, les sept trompettes et les sept coupes. Mais à travers ces jugements, comme Noé a été préservé du déluge, un résidu Juif et des nations sera sauvé (Apoc. 7. 4; 7-9). Énoc a été enlevé au ciel peu de temps avant le déluge (ch. 5 v. 21-24), préfigurant l’enlèvement de l’Église qui précèdera les jugements du monde ennemi de Dieu.

«Et toute chair… expira» (ch. 7 v. 21). Expirer, ici, est synonyme d’effacer, comme: être effacé du «livre de vie» (Ps. 69. 28), forme négative. Dieu «efface» aussi nos transgressions (Es. 43. 25), forme positive. Dieu est souverain en toutes choses. Il a permis que les eaux se renforcent durant cent cinquante jours; mais le jugement est «son œuvre inaccoutumée», et Il a permis aussi qu’elles baissent et que la vie puisse reprendre son cours, par grâce. En construisant son arche, Noé «condamna le monde» (Héb. 11. 7). Dieu avait annoncé les conséquences du déluge (ch. 7 v. 4), et il les réalise (v. 22). «Et Dieu se souvint de Noé» (ch. 1 v. 8), comme il se souviendra d’Abraham, par rapport à Lot (ch. 19 v. 29).

Le renforcement du déluge rappelle aussi «les eaux» du jugement de Dieu sur Son Fils (Ps. 42. 7; 69. 1; 88. 7, 16, 17; Jonas 2. 6), lorsqu’Il a «été fait péché pour nous» (2 Cor. 5. 21). Quant au jugement du monde, Dieu dit en Aggée 2. 6: «Encore une fois, j’ébranlerai les cieux et la terre». Ce verset est repris plusieurs fois en Héb. 12. 25-29. C’est un temps d’épreuve intense en jugement sur le monde. Pour Noé aussi c’était une épreuve ayant duré un an et dix jours (ch. 7 v. 11; ch. 8 v. 13, 14). D’une manière générale, l’épreuve, pour un croyant, doit être reçue de la main du Père: c’est lui qui fait l’épreuve et qui en fait l’issue (1 Cor. 10. 13). Mais le jugement de Dieu ne peut plus atteindre le croyant à l’abri du sacrifice du Seigneur «C’est pourquoi tout homme pieux te priera au temps où l’on te trouve; certainement, en un déluge de grandes eaux, celles-ci ne l’atteindront pas» (Ps. 32. 6).

A la fin, le jugement sur le monde impie prendra le caractère «d’un feu consumant» (Héb. 12. 25-29).

 

  • Genèse 8. 1 à 14

«Dieu se souvint de Noé» (v. 1), comme plus tard Il se souviendra d’Abraham et renverra Lot hors de la destruction (ch. 19 v. 29). En Ex. 2. 24, «Dieu se souvint de son alliance avec Abraham», et délivrera son peuple de l’esclavage de l’Égypte.

Au ch. 7 de la Genèse, Dieu juge et purifie la terre corrompue. Au ch. 8, la terre étant purifiée, la grâce de Dieu peut se donner libre cours: les eaux qui avaient crû jusqu’à sept mètres «par-dessus les hautes montagnes» (ch. 7 v. 20), commencent à baisser (ch. 8 v. 1). Noé et sa famille vont pouvoir vivre sur une terre renouvelée. Dans un jour encore à venir, les jugements apocalyptiques purifieront la terre pour préparer le règne millénial du Seigneur.

Au ch. 7 v. 11, «toutes les fontaines du grand abîme se rompirent et les écluses des cieux s’ouvrirent». Mais au ch. 8, un vent passe et «les fontaines de l’abîme et les écluses des cieux furent fermées» (v. 2). Dieu seul dirige toutes choses: les puissances naturelles ne sont pas livrées à elles-mêmes. On retrouve la haute main de Dieu lorsque les eaux de la Mer Rouge se fendent pour livrer passage au peuple racheté de l’Égypte (Ex. 14. 21). Les «lois de la nature» n’expliquent pas tout (Job 38. 28; 33-37). Noé et sa famille ont été délivrés à travers l’épreuve (Ps. 107. 29, 30). «Noé» signifie «consolation, repos». «Et l’arche reposa sur les montagnes d’Ararat» (v. 4). Ce v. suggère la communion de Noé avec son Dieu, fruit d’une foi mise à l’épreuve durant les cent ans de la construction de l’arche, et l’année qu’a duré le déluge. Ce repos de l’arche sur les montagnes — près du ciel — nous renvoie au Seigneur qui, après avoir subi toute l’ardeur de la colère de Dieu contre notre péché, «fut élevé en haut dans le ciel, et s’assit à la droite de Dieu» (Marc 16. 19). La pensée de Dieu était de prendre soin de Noé, car à travers lui, l’Homme reste, de par la volonté divine, le chef de la création. Comme créateur, Dieu se souvint aussi des animaux qu’Il a préservés du déluge, afin de repeupler la terre. Rom. 8 v. 22 révèle les «soupirs» de la création qui souffre à cause du péché de l’Homme.

Dans ces ch., tout est divinement réglé, et Noé agit paisiblement, sans hâte. Arraché avec sa famille à la corruption d’une terre souillée par le péché, ils sont gardés purs sur la montagne d’Ararat. Durant les jugements de l’Apocalypse, le résidu d’Israël sera gardé de la destruction (Rom. 11. 26). Ces deux chiffres: Quarante et sept parlent d’un temps complet d’épreuve (40), et de la perfection de Dieu dans ses conseils (7). Noé avait été instruit de Dieu pour faire «un jour à l’arche» (ch. 6 v. 16), et c’est dans la dépendance de Dieu qu’il «ouvrit la fenêtre de l’arche» (ch. 8 v. 6). Cette fenêtre ouvrant sur le ciel rappelle que nous devons regarder en haut (Ps. 121; Luc 21. 27, 28). Aussi, Noé ne pouvant regarder autour de l’arche, lâche le corbeau qui va et vient jusqu’à ce que les eaux aient séché, mais, semble-t-il, ne rentre pas dans l’arche. C’est un oiseau impur (Lév. 11. 15), faisant penser à Satan qui «se promène sur la terre» (Job 2. 2). Il fait penser à l’impureté de la chair en nous, par opposition à la colombe symbolisant la pureté du nouvel homme. Elle est aussi un symbole du Saint Esprit descendant sur le Seigneur, à son baptême (Matt. 3. 16), comme Jean le baptiseur en avait été averti (Jean 1. 33). La colombe lâchée à son tour, ne s’accommode pas de la souillure d’une terre où les eaux du jugement n’ont pas encore séché. Elle revient vers Noé et «il étendit sa main, et la prit, et la fit entrer auprès de lui dans l’arche» (v. 9). Lâchée trois fois, elle renseigne Noé sur l’état de la terre; et c’est elle, et non le corbeau, qui lui rapporte «une feuille d’olivier arrachée», signe d’espérance d’une vie qui reprend sur une terre renouvelée. La foi de Noé s’est nourrie de cette espérance, et a sa récompense. Nous aussi, nous avons l’espérance d’une vie entièrement nouvelle dans le ciel, auprès de notre Seigneur; espérance révélée et entretenue par le Saint Esprit, éclairant pour nous, la Parole de Dieu.

 

  • Genèse 8. 15 à 22

Noé reste dépendant de Dieu, depuis l’ordre de construire l’arche, jusqu’après le déluge: sa foi et son obéissance n’ont pas défailli. Au ch. 7 v. 1, Dieu lui avait dit: «Entre dans l’arche…»; Ici, Il lui dit: «Sors de l’arche…» (v. 16). Entre ces deux ordres divins, la foi de Noé lui faisait lever les yeux vers le ciel qu’il voyait par la fenêtre, ouverte au-dessus de l’arche. «J’élève mes yeux… L’Eternel gardera ta sortie et ton entrée» (Ps. 121. 1-8). La simplicité de ce récit montre la simplicité de la foi qui obéit: «Noé marchait avec Dieu» (ch. 6 v. 9), et Dieu dirige toutes choses pour son salut. Au sujet des animaux préservés, Dieu donne les mêmes instructions qu’au moment de leur création: «Fructifiez et multipliez» (ch. 1 v. 22). Au ch. 8 v. 17, Il dit: «qu’ils fructifient et multiplient». C’est un monde nouveau qui commence, mais les traces indélébiles du péché sont là: il y a des bêtes pures et impures! Avec les bêtes pures, Dieu avait pourvu aux sacrifices qui lui seraient offerts. Et Noé bâtit le premier autel mentionné dans l’Écriture, et offre des animaux «purs» en holocaustes qui préfigurent l’offrande du Seigneur à son Dieu et Père. «Et l’Eternel flaira une odeur agréable» — littéralement: de repos. Dieu se reposait dans Sa satisfaction de ce qui lui était offert. Au ch. 4 v. 4, Abel avait offert des holocaustes, avec les graisses réservées à Dieu seul. Au v. 7 de ce ch., il est proposé à Caïn un sacrifice pour le péché, s’il «ne faisait pas bien». Dieu a dû détruire la terre à cause de la corruption de l’homme, comme Il la purifiera de nouveau par les jugements apocalyptiques; c’est «son œuvre inaccoutumée» (Es. 28. 21). Mais Sa grâce suit le jugement (Juges 10. 14-16; Osée 11. 8). Il ne renonce jamais à ses conseils éternels, car Il a en vue de manifester et de proposer à l’adoration de tout l’univers créé, la gloire de Son Fils. Plus tard, le peuple adorera «le serpent d’airain» que Moïse avait fait (2 Rois 18. 4): c’était l’idolâtrie. Mais Noé, reconnaissant d’avoir été préservé de la destruction avec sa famille, adore Dieu à Sa pleine satisfaction. Dieu, alors, décide de ne plus détruire la terre ainsi (v. 21, 22). Cependant, le cœur de l’homme n’a pas changé, car il est mauvais «en tout temps» et «dès sa jeunesse» (ch. 6 v. 5; 8 v. 21; Ps. 51. 5). «La folie est liée au cœur du jeune enfant. La verge de la correction l’éloignera de lui» (Prov. 22. 15). Il est «incurable» (Jér. 17. 9). Et les hommes sont «haïssables et se haïssant l’un l’autre». «Tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu…», mais nous sommes «justifiés gratuitement par sa grâce» (Rom. 3. 23, 24). Le vieil homme a été cloué à la croix, mais Dieu nous a aimé inconditionnellement (1 Jean 4. 10), de toute éternité: «Je t’ai aimé d’un amour éternel» (Jér. 31. 3). Si Dieu nous a aimés et sauvés, c’est pour que nous l’aimions à notre tour de «l’amour qu’Il a versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qu’Il nous a donné» (Rom. 5. 5) et qui remonte jusqu’à Lui, le Donateur.

Dieu, dans sa sainteté, a dû abandonner son peuple, «pour un petit moment», à cause de son infidélité, mais «avec de grandes compassions» Il le rassemblera (Es. 54. 7-10). Notre ch. montre la patience et la bonté de Dieu qui «fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes» (Matt. 5. 45). Mais les incrédules se moquent de cette patience divine: «… aux derniers jours des moqueurs viendront… disant: où est la promesse de sa venue? car, depuis que les pères se sont endormis, toutes choses demeurent au même état dès le commencement de la création» (2 Pi. 3. 3, 4). Ce sont les mêmes qui se séduisent en disant: «… demain sera comme aujourd’hui, et encore bien supérieur» (Es. 56. 12).

 

  • Genèse 9. 1 à 7

Dans ce ch., la vie recommence sur une terre renouvelée. Cela est rendu possible par la purification — les eaux du déluge —, et par les holocaustes offerts par Noé, et dans lesquels Dieu a flairé «une odeur agréable» — de repos. Ces holocaustes annoncent le sacrifice du Seigneur ayant pleinement glorifié Dieu: sa mort, sa résurrection et sa séance à la droite de Dieu sont les bases de la vie nouvelle donnée aux croyants, vie éternelle qu’ils possèdent déjà spirituellement, et qui se prolongera dans le millénium et jusque dans l’état éternel. La vie nouvelle reprend pour Noé et sa famille sur ces deux bases: les sacrifices (ch. 8 v. 20); et l’alliance que Dieu fait avec eux (ch. 9 v. 8-17).

Les deux premiers versets contrastent avec le ch. 1 v. 28, 29: désormais, les hommes seront pour les animaux «un sujet de crainte et de frayeur». La nature entière est assujettie aux hommes, et ils devaient en prendre soin, en particulier, des bêtes (Prov. 12. 10), mais ils en ont abusé. Depuis, toute la création souffre et soupire après la délivrance (Rom. 8. 23). Si les animaux sont notre nourriture, nous ne devons pas les faire souffrir volontairement. Dieu distingue entre le chasseur qui tue pour son plaisir et le berger. Le Seigneur, lui, est «le bon Berger». 

Dieu parle à Noé et à ses fils (v. 1, 8), car la bénédiction et l’alliance reposent sur toute la lignée de Noé (v. 9). Pour Dieu, le jugement est son «œuvre inaccoutumée» (Es. 28. 21).

Cependant, Dieu fait la distinction entre les animaux et l’homme qui, seul, a été fait «à l’image de Dieu, selon sa ressemblance». Avant le déluge, il semble qu’aucun être vivant ne se nourrissait de chair; (ch. 1 v. 29, 30). Après le déluge, les animaux vont se dévorer entre eux, mais désormais, l’homme devra se nourrir de ce qui est mis à mort. Image de la vie éternelle que Dieu donne à quiconque se «nourrit de Christ mis à mort» (Jean 6. 54).

La loi distinguait entre les animaux purs que l’on pouvait manger, et les impurs dont il fallait impérativement s’abstenir (Lév. 11). Sous la grâce, tout est changé: toute créature est bonne si elle est prise avec actions de grâces (1 Tim. 4. 1-5). Cependant, une restriction demeure pour tous les temps: Le sang ne doit pas être consommé, car en lui est la vie (Gen. 9. 4; Deut. 12. 23, 24; Actes 15. 19, 28, 29). «C’est le sang qui fait propitiation pour l’âme» et Dieu l’a «donné sur l’autel» (Lév. 17. 10, 11). Dieu avait en vue le sang de son Fils versé à la croix. La vie appartient à Dieu et nous sommes vivants par pure grâce. Si l’interdiction de manger le sang traverse toute l’Écriture, l’interdiction de manger la graisse réservée à Dieu, dans l’A.T., ne se retrouve nullement dans le N.T.

Dieu déclare qu’Il «redemandera le sang» d’un homme tué, de tout meurtrier: homme ou bête (v. 5, 6). Il y a là, le principe du gouvernement rétributif de l’homme, responsable devant Dieu, principe nouveau établi après le déluge. Et cela est toujours valable, même si les hommes de notre époque croient bon de supprimer la peine de mort (Rom. 13. 1-4). La marche du monde nous habitue au meurtre et le banalise. En Israël, Dieu avait établi des villes de refuge pour le meurtrier involontaire; mais pour le meurtrier volontaire, il n’y avait pas de pardon (Ex. 21. 12-14). Le meurtre d’Abel n’a pas été vengé par la mise à mort de Caïn, bien qu’il l’ait craint (ch. 4 v. 14), mais Dieu a dû le châtier (v. 11-13).

Dieu prend soin de toute Sa Création (Ps. 104. 27-30); mais aussi, des hommes en particulier (Gen. 9. 1; 7). Toute la création est dépendante de l’amour de Dieu.

En désobéissance à la Parole de Dieu qui voulaient que les hommes se répandent sur toute la terre (v. 1, 7), les hommes ont voulu se rassembler et rester ensemble (ch. 11); et Dieu a dû les disperser en confondant leur langage.

 

  • Genèse 9. 8 à 23

Aux v. 1 et 8, Dieu établit son alliance avec Noé, ses fils et leur descendance (v. 9). Cette alliance, Il l’étend à tous les êtres vivants sur la terre: c’est une alliance universelle traversant, désormais, toute l’histoire de l’homme dans ses relations avec Dieu. L’Eternel montre à Ézéchiel, lorsque Sa gloire va quitter le temple, le signe de l’alliance, l’arc-en-ciel, lui rappelant que l’alliance demeure, même si le temple, désormais, sera désert (Ez. 1. 28). En Apoc. 4. 2, 3, Dieu apparaît à Jean, dans son caractère de Créateur, entouré de l’arc-en-ciel. Puis, au