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Le mot Genèse (du Grec: genesis),
signifie naissance. La révélation de Dieu commence par ce livre. C’est le
récit de la création du monde matériel et vivant; mais, à travers ce livre,
Dieu nous révèle ses conseils éternels
dont le but final est la manifestation de Sa gloire en amour et en
grâce, révélée en son Fils, le Seigneur Jésus.
La Bible contient trois
grands sujets: La création, la loi, le Fils de Dieu.
Le livre de la Genèse contient en germe toutes les vérités de la Parole,
bien que toutes les doctrines n’y soient pas révélées en détails. La
création en elle-même est déjà un motif d’adoration (Job 38. 7). Dans ce
verset 7, «les étoiles du matin» et «les fils de Dieu» sont les anges
qui existaient avant la création de l’univers matériel, donc avant le 1er
verset de la Genèse. La foi anime le croyant et ne raisonne pas (Ps. 33. 6,
Héb. 11.3). Créer, c’est amener à l’existence des choses qui n’existaient
pas auparavant. Dieu seul en a la puissance et il est dit cinq fois, dans ce
premier ch. que «Dieu créa». Au v. 1er — Elohim: pluriel d’Eloah,
le Dieu suprême — et au v. 26 — «Faisons …» —, montrent le Conseil de
l’Unité des trois Personnes Divines qui décide de créer. Le «commencement»
de Jean 1 précède éternellement le «commencement» de Genèse 1. (Jean 1.
1-3).
On voit aussi «l’Esprit de Dieu qui
planait — l’original dit: couvait — sur la face des eaux» (v. 2), montrant
également l'action de l'Esprit de Dieu. Dieu sépare d’abord les éléments
chaotiques, prépare la scène sur laquelle il va donner la vie végétale, puis
animale et enfin, humaine. Tout est mis en place pour l’arrivée de l’homme
(Ps. 104. 5-15), couronnement de la création: il sera chargé d’administrer
avec sagesse l’univers terrestre qui lui est confié. Les plantes, les
poissons, les oiseaux, les animaux terrestres, l’homme, enfin, sont créés
séparés dans leur espèce: la fausse théorie de «l’évolution» à laquelle
beaucoup croient encore est mise à néant par la Parole. Des sélections
végétales et animales ont pu «améliorer» les races, mais les espèces restent
séparées. Après chaque étape de la création, Dieu déclare que «cela était bon». Mais après la création
de l’homme, alors que tout était ordonné selon la sagesse divine, «Dieu vit
tout ce qu’Il avait fait, et voici, cela était
très bon» (v. 31). Malgré cette gradation, la perfection ne sera
atteinte sur la terre, que par la venue du Fils de Dieu en gloire, puis par
la nouvelle création.
Ces premiers versets nous montrent deux
cieux différents: Les cieux cosmiques (v. 1er), et les cieux
atmosphériques (v. 7). Paul parlera du «troisième ciel» où il avait été «ravi» (2 Cor. 12. 2): c’est le Ciel de la présence de Dieu où seront les
saints avec le Seigneur.
Si petite que soit la terre dans
l’incommensurable espace sidéral, elle est infiniment précieuse aux yeux de
Dieu, car elle a été créée pour être habitée (Es. 45. 18), et pour Son Fils
(Col. 1. 15, 16); c’est là qu’Il est venu et là qu’Il règnera comme Roi des
rois. Adam n’était qu’une pâle «image de Celui qui devait venir» (Rom. 5.
14), car il s’est montré incapable d’une sage gestion du domaine qui lui
était confié. Le Seigneur Jésus est le glorieux couronnement de la création
comme fils de l’homme, homme parfait selon le cœur de Dieu, et toute la
création se prosternera devant Lui (Phil. 2. 10, 11).
Au v. 1er, on assiste donc à
la création de l’univers matériel. Entre les v. 1 et 2, on a pu insérer tous
les temps géologiques, nécessaire pour que l'homme puisse trouver une terre
qui soit propre à la vie et à sa subsistance. On peut voir trois types de
création: la création de la matière (v. 1), la création des animaux
possédant un corps et une âme (v. 21) et enfin la création de l'homme,
corps, âme et esprit (v. 26, ch. 2 v. 7). Seul, l’homme possède un esprit
capable d’être en relation avec son Créateur, tandis que les animaux n’ont
que leur âme (v. 30).
La création matérielle est le premier
témoignage de ce qu’est Dieu, en puissance et en gloire (Ps. 19. 4). Et cela
est encore vrai, et les incrédules sont «inexcusables» (Rom. 1. 20).
«Que la lumière soit…» C’est la
première parole de Dieu que la Bible nous rapporte, et c’est pour commander
l’apparition de la lumière qu’Il sépare les ténèbres du v. 2. La source de
la lumière existait depuis le v. 1 — la création des cieux cosmiques avec
les étoiles et le soleil —, mais d’épaisses nuées devaient couvrir la
surface de la mer universelle, de sorte qu’ «il y avait des ténèbres sur la
face de l’abîme». Cette création «physique» nous conduit à un enseignement
moral: «Dieu est lumière»
(1 Jean 1. 5) et, pour ôter le moindre doute, il est ajouté:
«et il n’y a en Lui aucunes ténèbres».
En Jean 8. 12, Le Seigneur dit: «Moi, je suis
la lumière du monde». Et, en Jean 1. 4: «En elle — la Parole —
était la vie, et la vie était la lumière des hommes». Physiquement, dans la
création, la vie n’a été possible qu’après l’apparition de la lumière. De
même, moralement, un homme ne peut recevoir la vie éternelle qu’après que la
lumière divine ait éclairé son âme et sa conscience, quant à la sainteté de
Dieu, et quant à son propre état. Les ténèbres morales font obstacle à ce
que nous voyions clairement ce qu’il en est de nous devant Dieu. Dans le
sobre récit de la création, Dieu poursuit donc un but moral pour nous.
Aussi, la Parole ne donne aucuns détails sur les bouleversements géologiques
qui vraisemblablement se sont produits entre le v. 1 et le v. 2. Dieu met
tout en place pour que, d’abord désolée et vide, la terre devienne
habitable. D’ailleurs, au v. 1°, Dieu parle des cieux et de la terre. Mais à
partir du v. 2, Dieu n’a plus en vue que la terre.
«… Et la lumière fut»: «La lumière
luit dans les ténèbres; et les ténèbres ne l’ont pas comprise» (Jean 1. 5).
Le monde incrédule refuse la lumière morale divine et demeure dans ses
ténèbres, car elle nous pousse à la repentance pour être sauvés et aussi,
tous les jours de notre vie. Tout au long de ce ch., il est dit: «Dieu dit».
Mais, dans toute la Parole, Dieu parle à nos âmes et dit: «Que la
lumière soit» (2 Cor. 4. 6). Les croyants sont mis comme luminaires dans ce
monde. Lorsque le Seigneur enlèvera son Église, d’épaisses ténèbres morales
lui succèderont: «Le soleil deviendra noir comme
un sac de poil… Le ciel se retirera comme un livre qui s’enroule»
(Apoc. 6. 12-14). Plus de lumière morale, mais des ténèbres!
Satan dominera sans frein sur les hommes, et les jugements divins
s’abattront sur eux. La Bible oppose souvent la lumière aux ténèbres; le
jour à la nuit; la vie à la mort, etc… Il y a sur la terre
«les enfants de lumière» et
«les enfants de ténèbres» (Eph. 5. 8).
L’Église reflète quelque peu la lumière du Seigneur, comme la lune celle du
Soleil. Ainsi, nous devons vivre de manière à refléter la lumière du
Seigneur (1 Thess. 5. 4-8), en nous séparant, moralement, de ce monde de
ténèbres (2 Cor. 6. 14-16). Les ténèbres morales sont entrées dans le cœur
de l’homme par l’introduction du péché, et le croyant reçoit la lumière
divine en lui; mais s’il marche de manière ténébreuse, conformément à celle
du monde, il vit en opposition à la nature divine car «Dieu est lumière».
«Dieu vit la lumière qu’elle était
bonne» (v. 4). Dieu avait en vue Son propre Fils, la «Lumière» venue dans ce
monde, et de qui Il a pu dire: «Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui
j’ai trouvé mon plaisir» (Matt. 3. 17; 17. 5).
Dieu donne des noms: «jour», «nuit»; «soir»,
«matin». Sont-ce des jours de vingt-quatre heures? On peut le supposer car
il est question de soir et matin. Mais Dieu n’a pas la même notion du temps
que nous: «… mille ans, à tes yeux, sont comme le jour
d’hier quand il est passé, comme une veille dans la nuit» (Ps. 90. 4). Et
Pierre reprend: «… un jour est devant le Seigneur comme mille ans, et
mille ans comme un jour» (2 Pi. 3. 8). Contrairement aux hommes, Dieu
commence par le soir et finit par le matin, plaçant ainsi, devant nous,
l’espérance toujours renouvelée.
Dieu sépare les eaux de la mer des
épaisses nuées qui devaient la recouvrir en entier, pour permettre à la
lumière du soleil d’y parvenir, afin que la vie puisse apparaître et s’y
développer (v. 6-8). Cet espace nouveau entre «les eaux» et «les eaux»
forme désormais l’atmosphère respirable indispensable à la vie terrestre —
les cieux. C’est une des actions créatrices de Dieu (Job 37. 14-18; Jér.
51. 15). Cette mise en ordre des éléments terrestres prépare, pour plus
tard, les éléments du déluge — «les fontaines du grand abîme», «les
écluses des cieux» qui rompirent leurs barrières (Gen. 7. 11). Mais cela
montre aussi avec quels soins Dieu prépare le lieu où Il appellera l’Homme à
vivre. Ces versets ont aussi une portée spirituelle: Dieu doit travailler à
séparer, dans notre conscience, le bien du mal, afin que la lumière divine
nous parvienne et que nous apprenions à connaître Dieu et, qu’ainsi, nous
recevions la vie éternelle par la conversion. Ces scènes nous rejettent dans
notre néant, pour en saisir la portée grandiose. Mais ce que Dieu veut
placer devant nos cœurs, c’est l’Artisan de cette création, Son Fils
bien-aimé (Prov. 8. 22-31).
Dieu assigne soigneusement une place
pour chaque élément créé, et place des bornes fermes qu’aucun ne peut
dépasser (Ps. 104. 5-9; Job 26. 8-10; 38. 8-11). Sur le plan moral, Dieu
nous parle des limites que le mal ne pourra dépasser tant que l’Église se
trouve encore sur la terre: Il y a «celui qui retient» le Saint Esprit;
et «ce qui retient» la présence des croyants ici-bas (2 Thess. 2. 6, 7). «La mer» symbolise l’agitation du monde qui manifeste sa corruption, comme
la mer qui «jette dehors la vase et la boue» (Es. 57. 20; mais aussi, les
nations par opposition à «la terre», image d’Israël (Apoc. 13. 1, 11).
Ces scènes nous invitent à adorer ce Dieu créateur, en contemplant Sa
grandeur et Sa puissance; mais aussi à tirer des instructions: Dans cette
séparation établie de Dieu, quant aux différents éléments de la terre (Ps.
33. 6, 7), on peut voir aussi les limites freinant la méchanceté et surtout
celle de Satan (Job 1. 12; 2. 4; Jér. 5. 21-25). C’est une consolation,
pour nous, de savoir qu’une épreuve ne peut aller plus loin que Dieu ne le
permet.
Les plantes (v. 11), comme les animaux
(v. 21-25), sont créés, dès l’origine, «selon leur espèce»: la fausse
théorie de «l’évolution des espèces» n’a donc aucun fondement et n’entre
pas dans la pensée de Dieu. Les plantes, ici,
sont toutes des plantes «utiles» (Héb. 6. 7). Il faudra la
chute de l’Homme pour que le sol fasse «germer des épines et des ronces»
(ch. 3 v. 18). Ces plantes produisent des «fruits portant leur semence en soi» (v. 11, 12). Non seulement elles sont vivantes, mais elles peuvent se
reproduire à l’infini: c’est là la marque du Dieu vivant qui communique la
vie pouvant se perpétuer d’elle-même.
Mais si Dieu prend tant d’intérêt à la
terre et la prépare si soigneusement, c’est qu’Il l’a établie pour être
habitée par l’Homme, et que ce sera la scène bénie où le Saint Fils de Dieu
prendra la forme d’un homme pour y souffrir et y mourir. Mais, aussi, parce
que c’est sur la terre qu’Il établira, plus tard, en puissance, son royaume
de paix, de justice et de gloire.
La mer, dont on a vu quel symbole elle
représente après la chute de l’Homme — l’agitation incessante des nations —
n’a, ici, que le caractère indispensable à la vie. Dans la nouvelle création
d’Apocalypse 21 v. 1, cette signification symbolique d’agitation des nations
disparaîtra car le péché n’entrera pas, là.
Au troisième jour, Dieu rassemble les «eaux qui sont au-dessous des cieux» et fait apparaître
«le sec»: ainsi,
les mers et la terre ferme sont nettement séparées. Dieu, désormais, va
pouvoir faire croître «l’herbe, la plante portant de la semence, l’arbre
fruitier produisant du fruit selon son espèce, ayant sa semence en soi sur
la terre» (v. 9-11). Dieu revêt la terre de beauté en y introduisant la
vie. Le premier jour et le quatrième s’occupent
de la lumière. Le deuxième et le cinquième, des eaux. Le troisième et le
sixième de la terre. Au v. 3, 4, le Créateur sépare d’une manière
générale, la lumière des ténèbres. Aux v. 14-18, Il sépare ce qui touche au
jour et à la nuit; mais il assure aussi la pérennité des cycles des jours
des saisons et des années. Et c’est Lui qui «soutient toutes choses par la
parole de sa puissance»: c’est vrai pour la création, mais pour nous
également (Héb. 1. 3). Tout porte la marque de
«Celui qui ne change pas». Au v. 17, 18, nous avons le principe
de domination sur le jour et la nuit. Cela nous ramène au Seigneur — «l’Orient d’en haut» — qui, au millénium, illuminera et dominera sur Israël
et sur le monde, tandis qu’Il brille déjà dans le cœur des croyants. Durant
la nuit de ce monde, l’Église — la lune
reflétant la lumière du soleil — reflète quelque chose de la lumière morale
de Christ. Les étoiles symbolisent les croyants individuellement,
qui «reluisent comme des luminaires» (Phil. 2. 15).
«Vous êtes lumière dans le Seigneur» (Eph.
5. 8). Dans la nuit de ce monde, nous sommes exhortés à «revêtir les armes
de la lumière» (Rom. 13. 12). A l’aube du Millénium, «les sages brilleront
comme la splendeur de l’étendue, et ceux qui ont enseigné la justice à la
multitude comme les étoiles à toujours et à perpétuité» (Dan. 12. 3). Déjà
créés au v. 1er, le soleil et les astres sont manifestés pour assurer la vie.
La lune est placée pour «les saisons» (Ps. 104. 19); et le Ps. 136. 4-9,
rappelle les merveilles de la création, et la puissance divine en Es. 40.
26. Dieu est le Maître de Sa Création, et Il le montre en 2 Rois 20. 8-11,
où Il fait «retourner l’ombre de dix degrés en arrière». A la prière de
Josué, Dieu retient le soleil de se coucher durant presque tout un jour
(Josué 10. 13)! Dans l’univers, la terre minuscule est cependant le centre
d’intérêt de Dieu, car c’est là que l’Homme est créé, et c'est là que le
Seigneur règnera. Il est ce «Soleil» glorieux de 1 Cor. 15. 40, 41. Il est
aussi «le Soleil de justice» de Mal.
4. 2. Dieu prend soin de son peuple — les Juifs — qu’Il aime d’un amour
indéfectible, et ne les abandonnera jamais, comme Il l’affirme en Jér. 31.
35-37. Israël est représenté par la terre ferme, par opposition à la mer —
les nations agitées. Aussi, les promesses de Dieu pour Israël sont sans
repentir. A l’issue de chacun des jours au cours desquels Dieu met la terre
en condition de recevoir l’Homme, Il déclare: «… cela était bon». Après la
création de l’Homme, Il déclarera: «Cela était très bon» (v. 31). A la
parole de Dieu, les eaux se remplissent «d’êtres vivants» (v. 20): «Que
la terre produise des êtres vivants» (v. 24). Une parole a suffi pour
créer. «Il appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient»
(Rom. 4. 17; 1 Tim. 6. 13; Héb. 11. 3). Les v. 20, 21 prouvent qu’il ne
s’agit aucunement d’évolution, mais que chaque être vivant, plante ou
animal, est spécialement déterminé dès la création «selon son espèce» (1
Cor. 15. 37-39). Pour l’Homme, Dieu tient conseil avec Lui-même, et prend
cette décision: «Faisons l’Homme…». Rien de commun avec la création des
animaux. Avant de créer les animaux et l’Homme, la sagesse de Dieu a créé
les plantes nourricières; car à l’origine, aucun être vivant ne se
nourrissait de chair (v. 29, 30). Ce n’est qu’après le déluge, que certains
animaux et l’Homme se nourrirent de chair, autre conséquence du péché (Gen.
9 v. 3). Le règne de Christ assurera ce respect total de la vie des êtres
vivants (Es. 11). Mais ici, tout sort en perfection des mains puissantes de
Dieu.
Dieu ayant créé la terre pour être
peuplée par ses créatures, leur dit:
«Fructifiez, et multipliez, et remplissez les eaux dans les mers, et que
l’oiseau multiplie sur la terre» (v. 22). Le péché de l’Homme
n’affecte pas la pensée divine quant à cette disposition, réitérée après le
déluge (ch. 8 v. 15-17). Ce que Dieu établit une fois est maintenu, quoi
qu’il en soit du péché qui a tout gâté dans la création. Cette parole qui
revient constamment: «selon son espèce», dément la théorie de l’évolution.
Ces versets montrent la séparation, dès l’origine, des espèces vivantes
entre elles et de l’Homme, couronnement de la Création (v. 26). Pour les
animaux, Dieu dit: «Que les eaux foisonnent…» (v. 20); «Que la terre produise…»
(v. 24). Mais pour l’Homme, les trois Personnes
divines décident ensemble et disent: «Faisons l’Homme à notre image, selon
notre ressemblance» (v. 26). Adam est donc créé selon la
ressemblance de Dieu (ch. 5 v. 1), et porte son image (ch. 9 v. 6). C’est
seulement à Adam que Dieu dit: «… dominez sur les poissons de la mer etc…» (v. 28). Seul, le Seigneur Jésus, durant son règne millénaire, réalisera à
la perfection tout ce que Dieu avait confié à Adam et qu’il n’a pu réaliser,
étant déchu à cause du péché. Sa domination sur les autres créatures se
traduira par le don d’un nom aux animaux (ch. 2 v. 19). Il domine toujours,
mais c’est en destruction du merveilleux domaine que Dieu lui avait confié.
Christ, Lui, dominera sur la Création tout entière. Adam n’était qu’une «figure de celui qui devait venir», Christ (Rom. 5. 14). Si Dieu a créé
l’Homme «à son image, selon sa ressemblance», c’est afin d’avoir avec sa
créature des relations bénies. Mais Dieu savait que l’Homme pècherait et
qu’il faudrait le racheter par le sacrifice de son Fils, «Dieu manifesté en
chair» (1 Tim. 3. 16). Il fallait donc que l’Homme, dès sa création, ait
cette ressemblance avec Celui qui devait s’incarner dans la même chair que
l’homme pécheur. Lorsque Satan s’est «incarné» en Éden, il a pris la forme
d’un serpent…
Dieu a «soufflé dans les narines de
l’Homme, une respiration de vie, et l’Homme devint une âme vivante» (ch. 2
v.
7). L’Homme a donc un corps, une âme et un
esprit le rendant capable d’entrer en relation avec Dieu. Les
animaux ne possèdent pas cette relation. Seule, la foi peut saisir ce qui
concerne la puissance du Dieu créateur (Héb. 11. 3), dont ce premier
chapitre nous rapporte trois fois l’action de créer (v. 1, 21, 27).
Ces choses sont à considérer aussi sur le plan spirituel (1 Cor. 11. 7),
malgré la déchéance de l’Homme, car il a été créé à l’image de Dieu. Dieu
nous dit: «Honorez tous les hommes…» (1 Pi. 2. 17). Même le corps mort d’un homme
doit être honoré et, l’incinération n’est pas selon la pensée de Dieu.
Cependant, seul le Seigneur, en tant qu’homme, porte «l’image du Dieu
invisible» (Col. 1. 15).
Le v. 27 montre que Dieu «les créa
mâle et femelle», et qu’Il a «formé» Ève d’une côte d’Adam (ch. 2 v. 21,
22). On comprend alors que le principe de la femme est contenu dans l’homme
lui-même: «Il le créa». Dieu nous
confirme cela en 1 Cor. 11. 9-12. L’homme et sa femme sont «une seule chair», et le mariage indissoluble selon la volonté de Dieu;
car: «Il n’est
pas bon que l’homme soit seul» (ch. 2 v. 18).
Le péché a tout gâté quant aux
relations des hommes et des animaux qui, primitivement vivaient en bonne
intelligence et en toute confiance, les animaux se nourrissant d’herbes et
les hommes, de plantes et de fruits: ce n’est qu’après le déluge que Dieu
dit que les hommes seraient «un sujet de crainte et de frayeur pour tout
animal…». Et: «Tout ce qui se meut et qui est vivant vous sera pour
nourriture» (ch. 9 v. 2, 3). La Création tout entière souffre des
conséquences du péché dont l’Homme est responsable (Rom. 8. 19, 20). Dieu,
dans son amour et sa sagesse, a d’abord préparé avec soin le cadre de vie et
la nourriture des créatures inférieures et de l’Homme, avant de les créer,
afin qu’ils vivent heureux et trouvent de quoi entretenir leur vie et se
multiplier, ainsi que Dieu le voulait.
Les deux premiers chapitres relatent
uniquement l’œuvre du Créateur, et ses soins pour préparer le cadre de vie
des animaux et de l’Homme. Celui-ci est le couronnement de la Création, le
gérant du domaine que Dieu lui confie: alors, «cela était très bon» (ch.
1 v. 31). Le ch. 2 montre que l’Homme est placé par Dieu, dans un jardin, «pour le cultiver et pour le garder» (v. 15). Mais
«l’arbre de la
connaissance du bien et du mal» était placé là, comme mise à l’épreuve de
l’obéissance de l’Homme: Garderait-il la communion avec son Créateur? Le
troisième chapitre nous parlera de ce que l’Homme a fait… Et là, tout se
détériore! Quand la Création est sortie de ses mains, Dieu y met son sceau:
«cela était très bon». On peut voir toutes les merveilles et les
perfections de l’œuvre de Dieu qui «racontent Sa gloire» (Ps. 19. 1-6;
104. 5-9; Job 38. 4-11): «Que tes œuvres sont
nombreuses, ô Eternel! Tu les a toutes faites avec sagesse. La terre est
toute pleine de tes richesses» (Ps. 104. 24). Ayant constaté que
«cela était très bon», alors, Dieu se repose le septième jour (Gen. 2. 2).
Le repos de Dieu — qui «ne se fatigue pas» (Es. 40. 28) —, est un repos
de satisfation: Il se repose sur la valeur de Son œuvre achevée. Il «a été
rafraîchi» (Ex. 31. 16, 17). Ce septième jour de repos se projettera dans
la loi mosaïque, en relation avec son peuple aux bénédictions terrestres (Lév.
23. 3). Les Hébreux devaient obligatoirement observer le repos du sabbat,
eux, leurs serviteurs, leurs bêtes et leur étranger (Ex. 20. 10). Dieu, dans
sa bonté, sachant que l’Homme pècherait, a voulu qu’après une semaine de dur
travail, il puisse goûter un jour de repos, comme Lui-même s’est reposé le
septième jour (Héb. 4. 10), jour qu’Il a «béni et sanctifié». Avant la
chute, l’activité de l’Homme n’était pas pénible. Le péché introduit la
dureté du travail et les «épines et les ronces» (ch. 3 v. 17). Pour nous,
chrétiens, c’est le Dimanche que, dans le repos, on célèbre la résurrection
du Seigneur, repos en rapport avec le ciel. C’est un privilège et une joie
d’entourer le Seigneur et d’adorer.
Cependant, le péché a obligé Dieu à se
remettre au travail, mais pour l’œuvre de rédemption (Jean 5. 17). Le règne
de mille ans de Christ sera «un repos sabbatique» pour le peuple Juif, en
relation avec ses bénédictions terrestres (Héb. 4. 9). Le septième jour est
une figure du repos éternel de Dieu et des rachetés, lorsque «Dieu sera
tout en tous» (1 Cor. 15. 28). Dans la succession des sept fêtes de
l’Eternel, cette période venant après le règne de mille ans, est typifiée
par «le huitième jour» — jour éternel, nouvelle Création fondée sur le
repos de Dieu (Lév. 23. 36), et, «où la justice habite» (2 Pi. 3. 13), et
où toute peine est bannie. Sept personnages de la Genèse typifient ces sept
jours de la Création. Le dernier de tous, Joseph, type de Christ souffrant
pour la justice, obtient la domination universelle et, en Lui, toutes les
promesses se réalisent dans la plénitude des bénédictions.
«Les cieux ont été faits par la Parole
de l’Eternel, et toute leur armée par l’esprit de sa bouche» (Ps. 33. 6).
Dans l’Apocalypse, toutes les créatures se prosternent devant le Créateur
(ch. 4 v. 11), avant que le Dieu rédempteur soit adoré (ch. 5 v. 11-14). Dans
l’adoration, ne négligeons pas le Dieu créateur.
La Création est, en elle-même, un témoignage
puissant pour tous les hommes, «à la puissance éternelle et à la divinité»
de son Auteur (Rom. 1. 19, 20). Tout est sorti des mains divines,
même si les incrédules s’acharnent à le nier. Bien que l’Homme ait ruiné le
merveilleux domaine que le Créateur lui a confié, Dieu aura le dernier mot:
C’est le repos encore à venir… «Dieu se reposera
dans son amour» (Soph. 3. 17), durant le millénium. Les
v. 4, 5 résument les choses accomplies au ch. 1°, et ajoutent des détails,
en particulier sur la manière dont Dieu a formé l’Homme (v. 7). «Dieu
n’avait pas fait pleuvoir sur la terre», mais Il pourvoit à la bénédiction
en assurant l’arrosage des plantes, en faisant sourdre une vapeur de la
terre qui arrosait le sol. Ce ch. 2 montre que Dieu centre plus spécialement
ses activités sur l’Homme qu’Il a créé. Et, c’est en relation avec l’Homme,
qu’Il prend le nom de «l’Eternel Dieu» (v. 4, et jusqu’à la fin du ch. 3).
Le ch. 2 introduit les relations entre
Dieu et l’Homme dont Il s’occupe, après lui avoir aménagé un cadre de vie où
tout était pour son bonheur; puis, entre l’Homme et les animaux qu’il nomme; enfin entre Adam et sa femme. C'est pour cela que Dieu prend dans ce
chapitre et le suivant le titre d'Eternel Dieu (Jéhovah Elohim).
Dans la Genèse, Dieu prend plusieurs
noms, en relation avec les divers caractères de sa révélation: Elohim
(pluriel d’Eloah), le Dieu suprême (ch. 1) — L’Eternel Dieu, en relation
avec Adam (ch. 2 & 3) — L’Eternel (ch. 4 v. 1). Le Dieu Très-Haut (ch. 14. 18)
— Le Dieu Tout-puissant (ch. 17 v. 1). Pour les chrétiens, Dieu prend le nom
de Père (Jean 20. 17).
Avant la création de l’Homme, Dieu
avait dit: «Que la terre produise l’herbe, la plante…» (ch. 1 v. 11). Au
ch. 2 v. 8, 9, Dieu «planta un jardin en Éden — en faveur de l’Homme — et
l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et
du mal». Dieu pourvoit aux nécessités de sa créature, mais aussi à son
agrément: il y avait des «arbres agréables à voir». L’homme est capable
d’apprécier la beauté ou la laideur de son environnement, dont il est
responsable. Éden veut dire: délice, plaisir.
Créé à l’image et à la ressemblance
morale de Dieu, l’homme a été formé «poussière du sol, et Dieu souffla dans
ses narines une respiration de vie, et l’Homme devint une âme vivante» (v.
7). Si les animaux ont un corps et une âme, l’Homme a, en plus, un esprit le
mettant en relation avec Dieu; l’esprit ne peut périr. L’âme humaine est
donc éternelle. «Le premier homme Adam devint
une âme vivante, le dernier Adam — Christ —, un esprit vivifiant»
c'est à dire qui communique la vie (1 Cor 15. 45). Si Adam était tiré de
la terre, Christ est venu du ciel (v. 47). Après sa résurrection le Seigneur
«souffla en eux» — les disciples —, préparant la place pour la réception
du Saint Esprit (Jean 20. 7). L’Homme a été formé par Dieu comme un vase par
le potier. Le vase a été gâté par le péché. Alors Dieu a formé un autre vase
— Christ homme— qui est parfait (Jér. 18. 4), mais est allé jusqu’à la mort
de la croix. «Je suis fait d’argile moi aussi…» (Job 33. 6). Adam qui
signifie "Rouge", semble désigner la couleur de la terre d’où il a été tiré.
Que nous soyons tirés de la poussière doit nous
tenir dans l’humilité. C’est à cette créature — poussière du sol
—, que Satan a suggéré qu’elle serait «comme Dieu» (ch. 3 v. 5). A la fin,
l’Antichrist se fera adorer lui-même comme étant Dieu (2 Thess. 2. 3, 4),
mais sera jeté dans l’étang de feu (Apoc. 19. 20; 20. 10).
Deut. 11. 14 rappelle que la pluie
vient des cieux. Mais ici, «une vapeur montait de la terre et arrosait
toute la surface du sol» (v. 6). Cela nous montre que toute bénédiction
venait de la terre. De plus, Dieu n’habitait pas sur la terre, mais se
promenait dans le jardin (ch. 3 v. 8). C'est plus tard que Dieu fera son
habitation au milieu de son peuple (Exode 29. 45).
Les fleuves (v. 10-14), prouvent que le
jardin d’Éden n’est pas une légende: Les deux premiers: Pishon et Guihon,
ne sont plus identifiables. Mais le Tigre et l’Euphrate coulent toujours en
Irak. Le fleuve sortant d’Éden, parle du Saint Esprit apportant la grâce à
toute la terre. On retrouve la pensée du fleuve de la grâce apportant la vie
à la Mer Morte, en Ez. 47; ainsi qu’en Apoc. 22. Il est dit: «… le
ruisseau de Dieu est plein d’eau» (Ps. 65. 9). Et «… des fleuves d’eau
vive» couleront des croyants vers d’autres (Jean 7. 37, 38). La grâce était
là, avant que le péché ne se manifeste. La grâce repose sur la justice
divine, typifiée par l’or (Gen. 2. 12). L’Homme a fait une idole de l’or, au
lieu de s’attacher à la justice divine qu’il représente (Job 22. 23-26).
Ici, rien n’était encore gâté: «L’or de ce pays-là est bon» (v. 12),
comme tout ce que Dieu fait. A la chute, Dieu a fermé l’accès de l’arbre de
vie, afin que l’Homme ne vive pas à toujours avec les souffrances dues au
péché. Mais on retrouve cet arbre en Ez. 47 et en Apoc. 22. 2: Ce que
l’Homme n’a pu réaliser à cause du péché, Christ le réalise parfaitement
durant son règne. En Gen. 2 v. 9, les deux arbres
mentionnés parlent de bénédiction et de responsabilité. Dieu a
créé l’Homme, libre de ses actes, et non enchaîné par le simple instinct
comme les animaux. L’Homme a cette obligation morale d’obéir à Dieu, parce
qu’il possède cette faculté de choisir entre «la mort et la vie» (Deut.
30. 19, 20).
Les ch. 1 & 2 mettent en évidence
l’œuvre parfaite de Dieu pour le bonheur de l’Homme, pour qui Il avait «planté» un jardin de délices au milieu duquel Il le visitait
«au frais du
jour» (ch. 3 v. 8). Et l’Homme pouvait jouir librement de la présence de son
Créateur et de tous Ses bienfaits. Dieu avait donné une activité à Adam, en
relation avec le jardin: «le cultiver et le
garder». C’était un service de l’Homme, au même sens que dans
Nombres 3 v. 7, 8. Le péché a rendu le travail
pénible pour l'homme. Mais travailler n'est pas la conséquence du péché.
Dieu a travaillé lors des six jours de la création. Et, plus tard, dans le
ciel, le Seigneur «servira» ses esclaves fidèles (Luc 12. 37), où ils
jouiront de délices bien plus excellents que ceux d’Éden.
Les ch. 3 à 11 racontent la chute de
l’Homme par sa désobéissance, et jusqu’où le péché l’a entraîné. L’Homme n’a
pas mangé de l’arbre de vie, mais de celui «de la connaissance du bien et
du mal», par lequel Dieu le mettait à l’épreuve.
Administrateur de la Création
terrestre, Adam devait s’occuper fidèlement du domaine que Dieu lui avait
confié. Ce «travail» n’avait pas encore ce caractère pénible qu’il
revêtira après la chute (ch. 3 v. 17-19). Et, au v. 23, l’Homme est chassé du
jardin de délices, pour «labourer le sol», travail pénible, désormais!
Dans l’original, l’expression du ch. 2
v. 17 est très forte: «en mourant, tu mourras»…
C’était une chose certaine — «Tu mourras certainement». Mais Ève traduit
cette certitude en simple éventualité (v. 3). La Genèse pose les grands
principes que l’on retrouve dans toute la Parole; et, dans le jardin, Dieu
avait donné la première ébauche d’une loi: Adam devait s’abstenir de manger
de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. L’Homme devait obéir, mais
Satan a semé le doute dans son esprit. Il y a un
contraste entre le jardin d’Éden où tout était vie et où Dieu parle de mort
(v. 17), et la terre actuelle où tout parle de mort, et où Dieu parle de vie
éternelle pour celui qui croit. La chute est une conséquence de
la séduction de la femme par Satan (1 Tim. 2. 14).
Le v. 19 rend compte de l’autorité et
de l’intelligence d’Adam qui donne des noms aux créatures inférieures. Et
Dieu déclare: «Et tout nom que l’Homme donnait
à un être vivant fut son nom». Cependant, il n’y avait pas «d’aide qui correspondît»
à Adam. Formée d’une côte d’Adam, Ève devait être une aide pour son mari,
lui, ayant l’autorité. C’est avec joie qu’Adam reçoit sa femme de la main de
Dieu (v. 23). Mais après la chute, il accuse sa femme de l’avoir entraîné
dans la désobéissance, et même, il en rend Dieu responsable (v. 12)! «La femme que TU m’as donnée…». Il cherche à se
disculper en accusant celle avec qui il est «une seule chair» (v. 24).
Être «une seule chair» est un beau type de l’union indissoluble de Christ
et de l’Assemblée (Eph. 5. 25-33), et exclut la perspective du divorce
(Matt. 5. 31, 32; 19. 8). Ce «profond sommeil» que Dieu fait tomber sur
Adam, typifie la mort de Christ pour acquérir son épouse: l’Église.
Dès l’origine du mariage, Dieu montre que l’Homme
ne doit épouser qu’une seule femme. Dieu a supporté la polygamie,
même au sein d’Israël. Mais le christianisme l’exclut absolument. L’Homme et
sa femme sont égaux devant Dieu (Gal. 3. 27), mais une responsabilité
spécifique est attribuée au mari, tandis que sa femme doit se tenir à sa
place bénie «d’aide qui lui corresponde». Le jugement qui tombe sur Adam
se répercute sur le sol lui-même (ch. 3 v. 17). Quant à Ève, elle ne s’est pas
tenue à sa place; Dieu lui dit: «… ton désir sera tourné vers ton mari,
et lui dominera sur toi» (v. 16).
Par ailleurs, la formation de la
cellule familiale est selon Dieu: «… l’Homme quittera son père et sa mère,
et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair» (v. 24).
Dieu avait clairement averti Adam des
conséquences de la désobéissance: «Tu mourras certainement» (ch. 2 v. 17).
Dans le jardin, Dieu avait tout préparé pour le bien et le plaisir de
l’Homme et, par ailleurs, il pouvait manger «librement de tout arbre du
jardin» (v. 16).
Au ch. 3, le diable s’introduit dans le
jardin en s’incarnant dans l’animal des champs, le plus rusé: le serpent
(v. 1)… Il était parmi les «animaux des champs» que Dieu avait fait passer
devant Adam pour qu’il les nomme (ch. 2 v. 19). Le diable garde ce caractère de
«serpent ancien» …
«qui séduit la terre habitée tout entière»
(Apoc. 12. 9). Il est toujours ce séducteur, en hébreux: l’être brillant...
Il s’adresse à Ève, plus faible, pour introduire le doute dans son esprit,
et elle discute avec lui sans crainte. Il est vrai qu’Adam et Ève étaient
encore dans la simplicité de l’innocence, et «Satan lui-même se transforme
en ange de lumière» (2 Cor. 11. 14); et il «séduisit Ève» (2 Cor. 11.
3). Alors, Dieu le condamne à «marcher sur son ventre» (ch. 3 v. 14).
Satan introduit le sujet des arbres
d’une manière générale pour amorcer la conversation: «…vous ne mangerez pas
de tout arbre du jardin» (ch. 3 v. 1)? Il introduit la défiance envers
Dieu, provoque la convoitise qui entraînera la désobéissance. Alors, la
conscience du «bien et du mal» apparaît chez l’Homme et la Femme et,
désormais, la peur de Dieu dans la connaissance de leur nudité…
Satan «est meurtrier
dès le commencement»,
«menteur et le père du mensonge» (Jean
8. 44). Sa propre chute a précédé celle de l’Homme (Ez. 28. 13-17).
L’orgueil est la «faute du diable»
(1 Tim. 3. 6). Dans le jugement d’Adam et Ève, Dieu introduit une espérance: la
«semence» de la femme devait briser «la tête» du serpent (3. 15).
Satan avait dit: «… vous serez comme
Dieu …» Il allume dans leur cœur «la convoitise
de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie»
(1 Jean 2. 16; Jac. 1. 13-15). A l’opposé, le Seigneur Jésus
«s’est abaissé lui-même» jusqu’à
prendre la dernière place (Phil. 2. 6-8), après qu’il ait été tenté quarante
jours dans le désert. Mais Ève, dans le jardin de délices, cèdera sur tous
les points, et Adam ne résistera pas. Ève répond à Satan en déformant la
Parole de Dieu (comp. ch. 2 v. 17 et ch. 3 v. 2, 3), et en l’affaiblissant: «… de peur
que vous ne mourriez», alors que Dieu avait dit: «tu mourras certainement».
Paul nous met en garde contre ceux qui falsifient la Parole. Dans les
tentations, faisons comme le Seigneur, répondons par la Parole: «il est
écrit…». Toute la Parole est la Vérité et doit «habiter en nous richement» (Col. 3. 16). N’y ajoutons et n’en retranchons rien (Deut. 4. 2; 12. 32;
Prov. 30. 6; Apoc. 22. 18, 19). Satan renverse la pensée de Dieu, et Ève «voit»…
«prend» et «mange» et en donne à «son mari pour qu’il en
mangeât avec elle et il en mangea» (v. 6). Les conséquences sont: la
maladie, le désordre et la mort pour les hommes et pour la création tout
entière (Rom. 8. 19-23). Satan avait dit: «vous ne mourrez point…» (v. 4).
Mais la terre, depuis, est un vaste cimetière. Et:
«vous serez comme Dieu». Mais Dieu dit:
«Tu es poussière et tu retourneras à la poussière» (v. 19). Puis:
«Vous connaîtrez le bien et le mal». Mais l’Homme est incapable de faire le bien.
«Adam a été formé le
premier et puis Ève». Mais «Ève a été séduite et est tombée dans la
transgression» (1 Tim. 2. 13). Reconnaissons et confessons notre propre
faiblesse et soyons sur nos gardes. Usons de la Parole «pour éteindre tous
les dards enflammés du méchant» (Eph. 6. 16). Ève aurait dû en appeler à
son mari; et Adam, s’appuyer sur le commandement de Dieu.
Adam a préférer donner priorité à des relations
familiales plutôt que d'obéir à la Parole de Dieu.
La nudité convenait alors à l’innocence; mais après le péché, ce n’est plus le cas. Comme Daniel,
«arrêtons dans
notre cœur» d’obéir à Dieu en toutes choses.
Le v. 7 montre la première réaction
d’Adam et Ève, sitôt le péché consommé: la conscience apparaît en eux et,
si Satan leur a suggéré qu’ils seraient «comme Dieu», leur première
découverte est leur nudité morale qu’ils cherchent à recouvrir en cachant
leur nudité physique. Mais les ceintures de feuilles de figuier sont une
couverture dérisoire. Ces feuilles nous renvoient aux
efforts humains pour «couvrir» le péché par des
formes religieuses sans valeur devant Dieu. C’est, au contraire
Dieu Lui-même qui revêtira l’Homme pécheur, de Christ sacrifié sur la croix; sacrifice typifié par les
«vêtements de peau» (v. 21). Ainsi revêtus,
nous pouvons nous tenir devant Dieu. Désormais, Adam et sa femme ont acquis
la connaissance «du bien et du mal» et font de vains efforts pour cacher
leur état, mais Dieu connaît à fond les choses les plus secrètes de chacun
de nous, et nous ne pouvons lui échapper (Ps. 139. 7-12; Job 31. 33; Jér.
23. 24; Héb. 4. 12, 13). Dieu découvre ce que nous couvrons et il couvre ce
que nous découvrons.
Si, avant la chute, Adam et Ève
jouissaient de la présence de Dieu dans une heureuse communion avec Lui,
maintenant ils se cachent «au milieu des arbres du jardin», ayant peur de
Lui dans la connaissance de sa sainteté. Le péché a rompu la communion…
Alors, Dieu va sonder à fond leurs cœurs: «Où es-tu?» Mais cette question
divine traduit deux choses essentielles:
L’Homme est perdu, et Dieu le cherche
(Luc 15. 1-7). Devant la justice divine, Christ est notre substitut. Mais
Dieu va plus loin: «Qui t’a montré que tu étais nu? As-tu mangé de
l’arbre…?» Sondé jusqu’au fond de lui-même, Adam ne peut nier les faits,
mais il tente de se disculper en mettant sa femme en cause, et même en
accusant Dieu: «La femme que TU m’as donnée…». La sentence sera plus
sévère pour lui. Sans sa bonté, Dieu aurait pu retirer le souffle d’Adam et
il aurait expiré (Amos 9. 2-4). Sitôt l’innocence perdue, Dieu a fermé
l’accès au jardin à tout jamais. Mais, plus tard, Dieu dans sa Grâce,
viendra habiter au milieu de son peuple (Ex. 29. 46).
Le cœur d’Adam et Ève les «condamne»
(1 Jean 3. 20); mais Dieu est plus grand, et le cœur du croyant doit être à
l’aise devant Dieu, car il est en règle, en vertu de l’œuvre de Christ (1
Jean 3. 21). Les hommes doivent sentir leur état de mort morale devant Dieu,
avant que Dieu «couvre» leur péché. La
connaissance du bien et du mal est terrible pour l’Homme, car il est
incapable de faire le bien (Rom. 7. 15-19). C’est la conscience
qui nous fait discerner le bien du mal; mais elle peut être altérée et même
cautérisée. La conscience du chrétien ne doit
être ni endurcie, ni maladive, mais délicate pour ne plus marcher
comme le monde (Eph. 4. 17). Elle doit être éclairée par le Saint Esprit et
par la Parole pour lui montrer la volonté de Dieu (Eph. 5. 17). Si nous
péchons sans confesser nos péchés, la conscience s’endurcit, la crainte de
Dieu disparaît et nous nous éloignons de Lui, car Sa présence nous gêne:
«Celui qui cache ses transgressions ne prospèrera
point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde»
(Prov. 28. 13). Notre conscience qui nous met si souvent mal à l’aise, doit
pourtant être écoutée soigneusement. Considérons-la comme une amie précieuse
nous avertissant quand nous avons mal agi.
Adam rejette sa propre faute sur Ève
C’est un réflexe qui nous est naturel. Pourtant, la responsabilité d’Adam
était plus grande que celle de sa femme: Elle a été séduite car elle n’est
pas restée à sa place dans le couple: elle aurait dû en référer à son mari.
Mais Adam a désobéi au commandement formel de Dieu.
Adam, chef du couple, était le plus
responsable, car il avait reçu personnellement le commandement de ne pas
manger de «l’arbre de la connaissance du bien et du mal» (ch. 2 v. 17).
Sondé à fond par Dieu, il met sa femme en cause (ch. 3 v. 12). Celle-ci, ayant
«discuté» avec le serpent, est séduite et, ayant mangé du fruit avec son
mari, est tombée dans le péché avec lui (v. 13). Dans ces interrogations
adressées à Adam et à Ève et qui marquent la rupture de communion, ce n’est
plus le Créateur mais le Dieu Sauveur qui cherche le bien de ses créatures
tombées dans le péché. Quant au serpent, Dieu le condamne (v. 14). La
malédiction tombe sur lui directement: il marchera sur son ventre et
mangera la poussière. Le serpent, rampe sur son ventre et, durant le
millénium, il mangera la poussière (Es. 65. 25). Quant à Satan, la semence
de la femme «te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon» (v. 15).
Le jugement de Satan est total et définitif, mais une espérance, pour les
hommes pécheurs, brille désormais: le Seigneur,
la semence de la femme, devait briser la tête de Satan, à la croix.
Dieu ne maudit pas l’Homme car Il veut le délivrer en grâce; mais la
malédiction tombe sur Satan et sur le sol (v. 17). Au ch. 4, Caïn, assassin
de son frère, sera «maudit de la terre» (v. 11). Si Adam s’est déchargé sur
sa femme, Ève se décharge sur le serpent tout en disant la vérité. Tous deux
auraient dû dire: «J’ai désobéi…». Quand nous péchons, Satan nous
tente en utilisant nos convoitises qui nous sont naturelles (Jac. 1. 13-15).
Confessons nos péchés personnels sans en accuser d’autres que nous-mêmes:
il en résultera de l’humilité.
Face au péché de l’Homme, Dieu apporte
la grâce et, le croyant peut dire en vérité: «Qu’est-ce que Dieu a fait?»
(Nom. 23. 23). Dans cette scène, Dieu fait tomber son jugement sur le
serpent d’abord, puis sur Ève et, enfin, sur Adam. Le Ps. 7. 14-16 dévoile
le travail souterrain de méchanceté de Satan, et le résultat pour lui, à la
fin: «Il a creusé une fosse, et il l’a rendue
profonde; et il est tombé dans la fosse qu’il a faite. Le trouble qu’il
avait préparé retombera sur sa tête, et sa violence retombera sur son crâne». Son œuvre de destruction donne à Dieu l’occasion de faire une
œuvre de grâce, de lumière et d’amour. Durant le millénium, ni le serpent ne
pourra nuire à personne — il mangera la poussière —, ni Satan qui s’était
incarné dans le serpent, ne pourra plus faire de mal car il sera lié et jeté
dans l’étang de feu (Apoc. 20. 1-3). Cela est le résultat de la crucifixion
du Seigneur ayant expié nos péchés. Il a brisé la tête du serpent, siège de
sa méchanceté. «Le Dieu de paix brisera bientôt Satan sous vos pieds» (Rom.
16. 20). Dès le premier chapitre de l’Exode, Satan cherche à empêcher la
naissance, encore lointaine alors, du Seigneur au milieu d’Israël: «Le
Pharaon commanda… disant: Tout fils qui naîtra, jetez-le dans le fleuve»
(v. 22). Puis, à la naissance du Sauveur, Hérode commanda qu’on tue «tous
les enfants… depuis l’âge de deux ans et en dessous» (Matt. 2. 16). C’est «la semence» — Christ —, et non les semences, qui devait briser la tête du
serpent (Gen. 3. 15; Gal. 3. 16). En revanche, «la semence du serpent», ce
sont tous les enfants du diable (Eph. 2. 2; 1 Jean 3. 10; Jean 8. 44).
Satan vaincu, sera jeté dans l’étang de feu et de soufre: il récoltera le
fruit de sa méchanceté… Le Seigneur, Lui, s’est
abaissé lui-même et à vaincu le mal. Et Dieu l’a «haut élevé»
(Phil. 2. 6-11). Désormais, Il est glorieux de sa gloire éternelle de Fils
de Dieu, et de sa gloire nouvelle de fils de l’Homme qu’Il s’est acquise à
la croix.
Dans les souffrances de l’enfantement
auxquelles la femme, en général, est assujettie comme fruit du péché, les
femmes chrétiennes fidèles, seront gardées des conséquences dangereuses (1
Tim. 2. 13-15).
Ayant agi dans l’indépendance de son
mari, le désir d’Ève, dès lors, est tourné vers lui (v. 16), et elle doit
rester dépendante, sous sa protection. Cependant, il faut que le mari, lui,
reste dépendant de Dieu. «Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix»
(1 Cor. 14. 33). L’Église, elle, est tournée vers son céleste Époux, et dit:
«Viens!» (Apoc. 22. 17).
L’origine de la condamnation d’Adam est
qu’il a écouté la voix de sa femme au lieu d’écouter Dieu. Le v. 15 n’a pas
de promesses directement applicables à Adam et Ève. La promesse concerne «la semence» de la femme: Christ, le second homme. Comme pour Adam qui a
fait passer sa femme avant Dieu, nous pouvons donner plus d’importance aux
relations familiales qu’à nos relations avec Dieu. Que la Parole ait toute
son importance dans notre vie. Adam avait été averti des conséquences de la
désobéissance (ch. 2 v. 16, 17); il était le plus responsable du couple et Dieu
lui rappelle qu’il aurait dû obéir et ne pas être «rebelle à la voix de
l’Eternel» (1 Rois 13. 18; 26). Ne pas écouter Dieu est qualifié de
rébellion.
Le jugement divin tombe sur la terre,
mais l’Homme en subit les conséquences. En Éden, tout était facile. Hors du
jardin, le sol produit, désormais, «des épines et des ronces» (v. 18),
apportant leurs difficultés. Dès lors, «toute la
Création ensemble soupire et est en travail jusqu’à maintenant»
(Rom. 8. 22), à cause de l’entrée du péché. Épines et ronces sont les fruits
d’un sol maudit, et le Seigneur, couronné d’épines, a pris sur Lui les
conséquences de cette malédiction. Mais, pour l’existence de l’Homme sur la
terre, désormais, le travail est devenu pénible et, pour subvenir à ses
besoins, il devra lutter sans répit (2 Thes. 3. 8). Ce verset montre que
nous devons tous travailler, afin de subvenir à nos besoins. Certains
Thessaloniciens ne travaillaient plus, volontairement, et se mêlaient de
tout (v. 11). La pensée de Dieu, c’est que chacun mange «son propre pain en
travaillant paisiblement» (v. 12). Le travail, tout en restant pénible,
peut, pour le croyant, être effectué «paisiblement», pour le Seigneur.
Dieu humilie les hommes par le travail (Ps. 107. 12), et ils peuvent en
ressentir toute la vanité s’il est effectué sans Dieu (Ecc. 1. 2, 3).
Cependant, s’il est fait avec et pour le Seigneur, il en résulte la paix (2
Thess. 3. 16). Quant à la paresse, elle est condamnée par la Parole (lire
les Proverbes). L’encouragement à travailler ne doit pas conduire à se
surcharger volontairement: Il faut travailler pour vivre; mais, vivre pour
le travail ne laisse pas de place au Seigneur (Matt. 6. 21). Paul disait:
«Pour moi, vivre c’est Christ»
(Phil. 1. 21). Le Seigneur, avant son ministère, a travaillé comme
charpentier. Mais, prophétiquement, il peut dire:
«J’ai travaillé en vain, j’ai consumé ma force pour
le néant, et en vain» (Es. 49. 4). Puis, par son œuvre, Il
pouvait dire: «Je suis un homme qui laboure la
terre» (Zach. 13. 5). Exempt de péché Lui-même, le Seigneur
s’est soumis à toutes ses conséquences par amour pour nous, ayant eu faim,
soif, sommeil; connaissant la fatigue et la lassitude.
La fin du v. 19 de Gen. 3, confirme
l’avertissement de Dieu (ch. 2 v. 17). Et le ch. 5 creuse le premier cimetière de
l’humanité. Ecc. 3. 20, 21 et 12. 7, rappellent que la mort est inéluctable
et que l’esprit de l’Homme retourne à Dieu. Mais pour l’incrédule, il
s’ensuit la mort éternelle — séparation éternelle de Dieu. Le Ps. 144. 4 et
Jac. 4. 13, 14 constatent la brièveté de notre vie. Le jugement qui suit,
pour le croyant, est déjà tombé sur le Seigneur à la croix. A la fin, la
mort, salaire du péché, sera annulée (Apoc. 21. 4, 5). Devant la puissance
de la mort sur les hommes, le cœur sensible du Seigneur pleure (Jean 11.
33-35). On peut saisir quelque peu la souffrance du Seigneur qui a été «mis
dans la poussière de la mort» (Ps. 22. 15). Mais le Seigneur «se souvient
que nous sommes poussière» (Ps. 13-17).
La liste des hommes de foi d’Héb. 11,
ne fait pas mention d’Adam et Ève, et ne commence qu’avec Abel.
Cependant la foi d’Adam se montre en nommant sa femme: «Ève… la mère de tous les
vivants» (v. 20); il s’est emparé de la promesse du v. 15. Si Adam et Ève
s’étaient fait des ceintures de feuilles de figuier, Dieu les revêts de la
peau d’une bête sacrifiée, victime de substitution. Le croyant est revêtu de
«salut» et de «justice» en Christ (Es. 61. 10), car son sang a coulé
pour nous laver de nos péchés. «Sans effusion de
sang, il n’y a pas de rémission» (Héb. 9. 22). C’est bien ce
qu’Abel avait compris, et non Caïn. Avec compassion, Dieu ne laisse pas les
hommes devenus pécheurs, nus, mais les revêt selon sa sagesse divine. Le v.
21 est une belle image de ce qu’Il a fait pour nous, par le sacrifice de son
Fils.
Au v. 3, le serpent avait dit: «Vous
ne mourrez point certainement; car Dieu sait qu’au jour où vous en mangerez
vos yeux seront ouverts, et vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le
mal». Ces paroles recèlent une vérité et un
mensonge: la vérité, c’est que l’Homme connaît désormais, le
bien et le mal. Mais le mensonge, c’est que l'homme ne mourrait point. Dieu,
dans sa grâce, n’a pas voulu que l’Homme pécheur vive éternellement au
milieu des difficultés et des douleurs. C’est pourquoi Il l’a chassé d’Éden
et en a définitivement fermé l’accès (v. 22-24). Cependant, Il le place «à
l’Orient du jardin d’Éden», vers le soleil levant — «l’Orient d’en Haut»
(Luc 1. 78) — du côté d’où vient la lumière et l’espérance; et cela parle
déjà du Seigneur Jésus. Les chérubins, exécuteurs du gouvernement divin que
l’on retrouve au Ps. 99. 1 et en Ez. 10. 8, 18, 19, interdisent l’accès du
jardin, et c’est en vain que les hommes veulent en retrouver les douceurs
perdues. Lot cherchera, lui aussi, à retrouver les richesses du «jardin de
Dieu» (Gen. 13. 10, 11), dans les plaines du Jourdain, jusqu’à Sodome. Mais
l’Eternel jugera les méchants habitants de cette ville; et Lot s’est
trompé…
Cependant,
le Seigneur, Lui, est «le chemin la vérité et la vie»: Il est
le vrai «arbre de vie» donnant la vie éternelle aux croyants (Apoc. 2. 7;
22. 2). La mort de l’Homme n’entrait pas dans les conseils éternels divins.
Il a dû l’introduire dans ses voies gouvernementales, à cause du péché et de
ses conséquences. Bien que la réalité du paradis nous soit réservée dans
l’avenir, nous pouvons déjà en goûter les bénédictions, spirituellement, par
le sacrifice de Christ, en entrant librement dans la présence de Dieu (Héb.
10. 19).
Désormais, l’Homme devra manger en
«travaillant péniblement»; en
labourant la terre vouée aux ronces et aux épines: labeur long, pénible et
usant… Depuis la chute, les hommes cherchent à atténuer la dureté du travail; à escamoter les douleurs de l’enfantement pour les femmes. S’il ne peut
supprimer la mort, il réussit à allonger la vie, mais détruit la cellule
familiale.
En Éden, l’Eternel visitait sa créature
chaque jour (ch. 3 v. 8), jouissant de la communion avec elle. Hors du jardin,
il n’y a plus de communion, plus de visites…
Chapitre 4 -
Le développement du péché se traduit
par le meurtre (v. 8; 23), et la corruption: «Lémec prit deux femmes»
(v. 19).
Ève pense que Caïn, son premier-né, est
cette «semence» devant écraser la tête du serpent. Son erreur ne durera
pas! Caïn va tuer son frère; et ce meurtre est prophétique: plus tard, le
peuple juif mettra à mort le Seigneur, son frère en la chair. La vraie
semence, c’est Christ qui vaincra Satan à la croix. Abel, berger humble,
comme Moïse et David, conscient d’être pécheur (Ps. 51. 5), avait la foi qui
lui donne l’intelligence des exigences de Dieu: il offre les premiers-nés
de son troupeau, sacrifices de substitution, et Dieu a égard à «ses dons»
(Héb. 11. 4). Caïn, homme religieux mais sans la vraie foi, offre les
meilleurs fruits d’un sol que Dieu a maudit (ch. 3 v. 17). L’humanité connaît
toujours ces différences: certains hommes, conscients du péché, attendent
le salut du sacrifice du Seigneur. D’autres, veulent offrir à Dieu leurs
propres œuvres qu’ils jugent «méritoires»! Mais Ésaïe dit: «Toutes vos
justices sont comme un vêtement souillé» (ch. 64 v. 6). Malgré l’offre divine
de «relèvement» (v. 6, 7), Caïn, sourd à la grâce offerte, se fait de Dieu
une image selon sa propre perception d’incrédulité humaine.
Mais la sainteté de Dieu a ses
exigences, et il faut que tout homme s’y soumette pour être sauvé.
«Par la foi, Abel offrit à Dieu un
plus excellent sacrifice que Caïn, et par ce sacrifice il a reçu le
témoignage d’être juste, Dieu rendant témoignage à ses dons» (Héb. 11. 4).
Le Seigneur Lui-même rappelle qu’il était le premier dans la lignée des
justes persécutés (Matt. 23. 34, 35). Abel n’était pas meilleur que Caïn;
mais, conscient d’être pécheur, il offre un holocauste à Dieu, un sacrifice
sanglant: «les premiers-nés de son troupeau, et de leur graisse» (v. 4).
Par anticipation, la graisse parle de la puissance des affections de Christ
pour Son Dieu, offensé par le péché de l’Homme. Caïn le premier, éprouve le
besoin de s’approcher de Dieu avec une offrande. Mais il lui apporte les
fruits d’un sol que Dieu a maudit (ch. 3 v. 17) et qu’Il ne peut accepter.
Cependant, Caïn lui-même n’est pas rejeté et Dieu lui montre les ressources
pour être agréé (v. 7): S’il ne faisait pas bien, il y avait un sacrifice
pour le péché.
Ève, en nommant son premier-né: Caïn —
acquisition —, se repose sur l’homme. Mais l’homme ne transmet à sa
descendance que la vieille nature: Adam, le premier homme, est pécheur. Le
Seigneur Jésus, le second homme, est sans péché. Ève, désabusée, nomme son
second fils Abel: Vanité, qui ne mène à rien. Mais Abel est un type de
Christ mis à mort par le peuple juif. On pense à cette parole de Nathanaël:
«Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth» (Jean 1. 47)? Mais à «celui que la nation abhorre» Dieu va tout donner. Caïn est irrité de voir
que son frère est agréé de Dieu. De même, l’approbation divine sur le
Seigneur que le peuple méprisait, l’a poussé à la haine et au meurtre, comme
Caïn. «Et pour quelle raison le tua-t-il? Parce
que ses œuvres étaient mauvaises et que celles de son frère étaient justes» (1 Jean 3. 11, 12). Caïn, fier de son travail et plein
de lui-même, pensait être «méritant». Abel a l’intelligence des pensées de
Dieu quant à la rédemption, et s’y soumet humblement. Peut-être était-ce une
habitude chez lui d’apporter des holocaustes: Dieu rend témoignage à «ses
dons» (Héb. 11. 4). Chez Caïn, la jalousie devient très vite de la haine et
le pousse au meurtre. C’est dans les champs, marqués par le travail de
l’homme, qu’Abel est tué. Haïr, c’est déjà être «meurtrier» (1 Jean 3.
15).
Dieu sait ce que Caïn vient de faire
(Héb. 4. 12, 13), mais il le pousse à la confession: «Où est Abel, ton
frère?», puis à la repentance: «Qu’as-tu fait? La voix du sang de ton frère
crie de la terre à moi». Le péché offense
toujours Dieu. Mais Caïn rejette tout en bloc: la grâce offerte
au v. 7; son châtiment (v. 13) et, finalement, Dieu lui-même (v. 16). A Adam
tombé dans le péché, Dieu avait dit: «maudit est le sol à cause de
toi». A Caïn, il dit: «Tu es maudit de la terre». L’Homme amène toujours
la chute, le déclin». Mais Dieu amène toujours l’espérance.
Caïn, loin de Dieu, et le sol ne lui
donnant «plus sa force» (v. 12), devient «errant et vagabond»; et
voulant échapper au jugement de Dieu, il se bâtit une ville qu’il nomme du
nom de son fils: Hénoc. Si quelqu’un tuait Caïn, il serait «puni sept fois» (v. 15), et Dieu met sur lui un signe pour qu’on ne le tuât point. Il est
le type du peuple juif meurtrier du Seigneur, et que Dieu a conservé malgré
d’innombrables persécutions dont il a été l’objet, durant des siècles.
Au v. 9, Caïn ment à Dieu et dévoile
son égoïsme: «Suis-je, moi, le gardien de mon frère?». La pensée de Dieu
est que nous ayons «un égal soin les uns des
autres» (1 Cor. 12. 25), spirituellement et matériellement. Caïn,
meurtrier et menteur, répond aux caractères de Satan. Le Seigneur dit à
Israël, méditant le meurtre envers son Messie et s’enorgueillissant d’être
la postérité d’Abraham: «Vous, vous avez pour père le diable» (Jean 8.
33-42). Désormais «vagabond sur la terre», Caïn serait vengé si on le
tuait. La chute d’Adam a rompu la communion avec Dieu et il est chassé
d’Éden; le meurtre de Caïn fait de lui un errant, un vagabond. Il peut bien
s’installer «à l’orient d’Éden» (v. 16), l’accès du jardin est
définitivement fermé par l’épée des chérubins, et Caïn n’y entrera pas…
Deux lignées humaines
se séparent, dès lors: La lignée de Caïn,
incrédule et fuyant Dieu. Elle s’installe dans le monde en le façonnant
selon ses propres goûts, l’agrémentant pour se passer de Dieu (v. 17-24). Et
la lignée de la foi, petit nombre
d’hommes humbles mais attachés à Dieu. Déjà, Adam, après sa chute,
s’appuyant sur la promesse divine (ch. 3 v. 15), a appelé sa femme: «Ève…
la mère de tous les vivants» (v. 20). Puis, Abel, type de Christ mis à
mort. Enfin, «Seth… assigné au lieu d’Abel», prend, symboliquement la
figure de Christ ressuscité. Et, avec Hénoc, «on commença à invoquer le nom
de l’Eternel» (ch. 4 v. 26), répondant à la pensée de grâce divine: «Quiconque invoquera le nom de l’Eternel sera sauvé» (Joël 2. 32). La lignée
de la foi a vécu sous des tentes, comme on le voit encore avec Abraham (Héb.
11. 9), malgré sa grande prospérité. Cependant, certains de la lignée de
Caïn ont aussi vécu sous des tentes, mais sans Dieu et attachés aux choses
terrestres (v. 20).
Caïn a bâti la première ville de
l’Histoire, en opposition avec la pensée de Dieu, et il l’appela du nom de
son fils: «Hénoc» (Ps. 49. 11). Un homme de grande foi porta ce même nom,
et «marcha avec Dieu trois cents ans» (ch. 5. 21-24). La ville est un
fruit de l’orgueil humain qui veut se perpétuer à travers son œuvre: Babel
en est une illustration (Gen. 11. 4). Le Cant. des Cant. 3. 2-4, et 5. 6, 7,
montre que le Bien-aimé — le Seigneur — ne se trouve jamais dans ce qui fait
la gloire de l’Homme sans Dieu. La Bien-aimée qui s’y égare, n’y rencontre
que blessures et humiliations. Jacob lui-même, attiré par le confort, «s'en
alla à Succoth, et bâtit une maison pour lui…» (Gen. 33. 17). Il s’en
suivra de grandes misères dans sa famille.
Le monde sans Dieu a travaillé pour le
progrès social, mais cela ne change pas son caractère pervers: «Lémec prit
deux femmes» (v. 19). Au lieu de repentance, on s’enfonce toujours plus
dans la rébellion (Amos 6. 3-6). Caïn a tué son frère par jalousie, comme le
peuple juif, plus tard, mettra son Messie à mort. Lémec, profondément
corrompu, prémédite la mort d’un homme pour être «vengé soixante-dix-sept
fois» (v. 23, 24). Les chefs du peuple ont longuement prémédité la mort du
Seigneur. Cependant, Dieu avait mis un «signe sur Caïn afin que quiconque
le trouverait ne le tuât point» (v. 15).
La lignée de la foi, par opposition,
est marquée par l’humilité dont le Seigneur est
le divin modèle: «Il n’a ni forme ni éclat…» (Es. 53. 2). Mais
Il est «le rejeton»… «le Germe»… «qui a la vie en Lui-même» (Jean 5.
26), et Il la donne à ceux qui croient.
Adam a engendré Seth «à sa
ressemblance» (ch. 5 v. 3). Par la foi, l’Homme pécheur est l’objet de la
grâce de Dieu, car Dieu n’est jamais surmonté par le mal. Mais: «… là où
le péché abondait, la grâce a surabondé» (Rom. 5. 20).
Dieu en a fini avec la lignée de Caïn,
installée dans le monde, sans Dieu. Le ch. 5, reprend l’histoire de l’Homme
à ses débuts: Adam, créé à la ressemblance de Dieu, «créés mâle et femelle», montrant ainsi la pérennité des propos divins, quant à ce qui était
«très bon» (ch. 1 v. 31). A cent trente ans, à son tour, Adam engendre un fils
«à sa ressemblance… et appela son nom Seth» (v. 3). Seth remplace Abel car
Dieu veut établir pour Lui, la lignée de la foi, et l’on trouve Seth dans la
généalogie du Seigneur Jésus (Luc 3. 23-36). C’est le départ du fil d’or de la foi à travers les âges.
Cependant, les conséquences de la chute se transmettent de père en fils:
tous nés dans le péché, nous ajoutons nos propres péchés (Ps. 51. 5). Mais
la grâce divine opère déjà en revêtant Adam et Ève de «peau», ayant
sacrifié un animal, type du sacrifice de Christ. Avec Enosh, «on commença à
invoquer le nom de l’Eternel» (ch. 4 v. 26); il y a la foi en Dieu qui
conduit au salut (Joël 2. 32), dans la conscience de la perdition, mais de
la grâce divine.
Enosh veut dire: homme mortel. Et,
c’est avec la lignée de la foi que Dieu rappelle son solennel avertissement
à Adam: «… au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement» (ch. 2 v.
17). Et c’est Adam lui-même qui passe le premier par la mort: «… tous les
jours qu’Adam vécut furent neuf cent trente ans; et il mourut» (v. 4, 5).
«Le jour que tu en mangeras…» ne désigne pas un jour de vingt-quatre
heures, puisqu’Adam a vécu neuf cent trente ans, mais un jour de mille ans
(Ps. 90. 4; 2 Pi. 3. 9). Peut-être ces mille ans font-ils référence au
futur règne du Seigneur qui durera mille ans complets (Apoc. 20. 3). Et
la longue liste des morts commence… (v.
5-31). Hénoc qui, après avoir
engendré Methushélah à l’âge de soixante-cinq ans, «marcha trois cents ans
avec Dieu», ne passa pas par la mort; «et il ne fut plus car Dieu le prit» (v. 21-24). Il a reçu le témoignage
«d’avoir plu à Dieu» (Héb. 11. 5); son nom signifie: «instruit», et il a
prophétisé du jugement sur les impies (Jude 14). Sa vie sur la terre fut
courte par rapport à la longévité des hommes de l’époque, mais elle se
prolonge dans l’éternité. Elie sera, lui aussi, enlevé vivant au ciel. Elie
et Moïse apparaissant sur la sainte montagne (Matt. 17), typifient les
croyants enlevés au ciel à la venue du Seigneur, les uns ayant passé par la
mort, les autres non. Deux hommes diaboliques ne passeront pas par la mort:
«la bête et le faux prophète»
seront jetés «vifs dans l’étang de feu» (Apoc. 19. 20). Comme Hénoc,
marchons avec Dieu, «comme des enfants de lumière». Hénoc est un type de
l'Église qui sera enlevée au ciel sans passer par la mort.
Contrairement à la lignée de Caïn,
celle de la foi a vécu simplement, mais laborieusement (v. 29). Ces hommes
eurent beaucoup d’enfants, mais Dieu met son sceau sur un seul, à chaque
génération. Ayant vécu neuf cent trente ans, Adam a connu sept générations de ses descendants. On peut
comprendre qu’il leur a parlé du passé: la création… la chute et la grâce
divine. Aux parents, grands-parents et arrière-grands-parents d’instruire
leurs descendants des choses de Dieu et de les conduire à la foi. Une vie de
foi est essentielle.
Méthushélah
— cela va arriver — est mort juste avant le déluge. Si «la patience de Dieu
attendait dans les jours de Noé» (1 Pi. 3. 20), avant le déluge, image des
croyants sauvés à travers le jugement du monde, Dieu attend toujours,
voulant «que tous les hommes soient sauvés» (1 Tim. 2. 4), car le monde de
maintenant est réservé pour le feu (2 Pi. 3. 7). Personne n’est «prédestiné» au salut; mais Dieu
«préconnaît» ceux qui acceptent le salut par grâce
(Rom. 8. 29). «Élus — en Christ — dès avant la fondation du monde» (Eph.
1. 4).
Lémec
appelle son fils: Noé — consolation — voyant d’avance ce qui va arriver.
Puis Dieu nous parle de trois fils de Noé: Sem,
Cham et Japheth, ancêtres de toutes les nations de la terre. Et
la grâce de Dieu est ouverte à toutes: Dans les Actes, Pierre ouvre la
porte de la grâce d’abord à l’eunuque de la reine Candace, un Éthiopien — la
race de Cham qui a été maudit (ch. 8). Puis, à Saul de Tarse — futur apôtre
Paul — de la race de Sem (ch. 9). Enfin, à Corneille — centurion romain — de
la race de Japheth (ch. 10).
Le ch. 4 montre la ruine de la lignée
de Caïn, criminel et sorti de devant la face de Dieu. Le ch. 5 confirme que
l’Homme est mortel, même croyant. Le ch. 6 révèle
l’apostasie de la lignée de Seth qui s’est mêlée au
monde, et qui a chaviré dans la violence et la corruption: «Et
Dieu regarda la terre, et voici, elle était corrompue, car toute chair avait
corrompu sa voie sur la terre» (v. 12). Ceci est une première
interprétation. Une autre interprétation, s’appuyant sur Job 1. 6; 2. 1;
38. 7; 1 Pi. 3. 19 et Jude 6, 7, fait de l’expression «fils de Dieu» (v.
2; 4) des anges ayant pris des «filles des
hommes». Ceci est profondément mystérieux… «Les choses cachées
sont à l’Eternel… et les choses révélées sont à nous…» (Deut. 29 . 29). «Par la foi, nous comprenons…» (Héb. 11. 3). Au ciel, les croyants ne se
marieront plus, mais seront «comme les anges de Dieu dans le ciel» (Matt.
22. 30). «Les géants» ces «hommes de renom» sont les fruits de la
corruption et de la violence des hommes, et c’est souvent le cas, encore
aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, l’important est la conclusion que Dieu
Lui-même en tire (v. 5-7).
Devant la méchanceté permanente des
hommes Dieu prend encore patience. Il décrète d’abréger la vie humaine à
cent vingt ans (v. 3). Ces cent vingt ans parlent aussi du laps de temps que
Dieu laisse aux hommes pour se repentir, durant la construction de l'arche,
véritable témoignage de «Noé lui, huitième, prédicateur de justice» (2 Pi.
2. 4, 5), au milieu «d’un monde impie». Nous sommes, en tant que rachetés
du Seigneur, nous aussi, prédicateurs de justice. Quelles sont nos relations
avec le monde? Méfions-nous des innombrables applications de la technique
de plus en plus envahissante, des arts, des sports: ce sont, pour certains
d’entre nous, de vraies idoles qui tendent à nous détourner de Dieu. A la
cour de Pharaon, Moïse a découvert la violence dans le cœur d’un Égyptien
battant un Israélite; la violence dans le cœur d’un Israélite pour son
frère; et enfin, la violence dans son propre cœur quand il a tué lui-même
l’Égyptien (Ex. 2. 11-14). Il a dû fuir, au désert, la cour de Pharaon,
image du monde qui a rejeté Christ. Nous sommes appelés à nous séparer
moralement du monde (2 Cor. 6. 14-18).
Dieu, du temps de Noé, se «repent» —
change ses voies gouvernementales — devant le déchaînement du mal confirmé
en Ecc. 9. 3; Jér. 17. 9, 10. Seul, Noé trouva
grâce devant Dieu, avec sa famille, et cela est encourageant pour
les croyants ayant des enfants: amenons-les à Christ, la seule vraie arche
du salut. Quel contraste avec l’histoire de Lot qui seul de sa famille a été
sauvé comme à travers le feu, lui dont le témoignage était ruiné!
Dans le monde de plus en plus corrompu
et violent, attachons-nous au Seigneur avec amour, pour le suivre dans
l’obéissance à Sa Parole et dans l’humilité.
Noé, en son temps, n’a pas essayé d’améliorer le monde.
Il s’est contenté d’obéir à Dieu. Il n’a
pas parlé, mais agi. Comme lui, vivons et tenons ferme le témoignage jusqu’à
son terme.
Dieu nous montre les caractères heureux
de Noé: «Noé était un homme juste; il était parfait parmi ceux de son
temps; Noé marchait avec Dieu» (v. 9). Mais ce n’est pas à cause de ses
mérites qu’il a été sauvé. «Parfait» ne signifie pas: irréprochable. La
perfection reconnue de Job n’a pas empêché Dieu de travailler dans son cœur,
de sorte qu’à la fin il s’écria: «J’ai horreur de moi…» (Job 42. 6).
Noé est un type du
résidu Juif appelé à peupler
la terre milléniale, après avoir été préservé par Dieu, en traversant la
grande tribulation. Par la foi, il obéit au commandement de Dieu de se bâtir
une «arche pour la conservation de sa maison; et par cette arche il
condamna le monde et devint héritier de la justice qui est selon la foi» (Héb.
11. 7). Noé a passé cent ans à la construction de l’arche (comp. ch. 5 v. 32
et ch. 7 v. 6); et chaque pièce de bois ajoutée rappelait à ses contemporains
l’approche du jugement. Et pendant tout ce temps, Dieu patientait.
Dieu est un Dieu de grâce et ne juge pas
arbitrairement: Le juste Lot ne périt pas avec les méchants de
Sodome et de Gomorrhe: «le juge de toute la terre ne fera-t-il pas ce qui
est juste?» (Ge. 18. 25). Encore de nos jours, Dieu regarde toute la terre; et il y a
«de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se repent» (Luc
15. 7). En bâtissant l’arche, Noé devint «prédicateur de justice» (2 Pi. 2.
5). Sa prédication ne fut pas en paroles mais en actions d’obéissance: «Et Noé le fit; selon tout ce que Dieu lui avait commandé, ainsi il fit»
(v. 22). La différence de Noé avec ceux qui l’entouraient, c’est que lui
seul marchait par la foi, alors que «tous ont péché et n’atteignent pas à
la gloire de Dieu» (Rom. 3. 23). Le témoignage qui nous est confié sera
heureux si nous sommes empressés à obéir, par amour pour le Seigneur, en
contraste avec le monde: «… vous reluisez comme des luminaires dans le
monde» (Phil. 2. 14, 15). L’obéissance est le
fruit de la crainte de déplaire à Dieu. La violence et la
corruption sont toujours d’actualité; bien qu’adoucies pour un temps par le
christianisme, ces caractères ressortent de nouveau avec la
déchristianisation de l’Occident.
Noé a dû être considéré comme un
insensé de bâtir un immense bateau au milieu des terres. Mais il a agi par
la foi en la Parole de Dieu, qui l’avait convaincu de l’imminence du déluge! Notre conduite, si elle est fidèle, humble et pieuse, est beaucoup plus
convaincante que de longs et savants discours.
Sem, Cham et Japheth sont les points de
départ de toutes les nations réparties sur la terre.
La foi initiale vient de la
connaissance de la Parole de Dieu. Mais la foi journalière s’alimente aussi
de la Parole de Dieu qu’il nous faut connaître pour y obéir (Romains 10.
17). La plus grande difficulté d’une marche de foi, c’est la patience
qu’elle requiert: «Mon maître tarde à venir…». Mais le Seigneur nous
exhorte: «Possédez vos âmes par votre patience» (Luc 21. 19). «Il faut
que la patience ait son œuvre parfaite» (Jac. 1. 4).
«Les secrets de
l’Eternel sont pour ceux qui le craignent»
(Ps. 25. 14). Noé craignait Dieu, et Il lui a confié le terrible secret de
la venue du déluge. Abraham, lui aussi, craignait Dieu et Dieu dit: «Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire…? Car je le connais, et je sais
qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de
l’Eternel…» (Gen. 18. 17-19). Dieu nous communiquera ses pensées si nous
vivons dans la crainte de lui déplaire, ce qui nous donnera la force d’obéir
de cœur à sa Parole, dans Sa communion.
Dieu donne à Noé des indications
précises quoique succinctes, concernant la fabrication de l’arche: presque
cent cinquante mètres de long; vingt-cinq mètres de large et quinze de
hauteur, avec trois étages!… Les grandes dimensions de l’Arche nous
rappellent que la grâce de Dieu est suffisante pour tous les hommes. Une
énorme quantité d’animaux y a trouvé place et a été sauvée. Elle devait être
enduite de poix, dedans et dehors. Le mot poix,
dans l’original, signifie «qui couvre»; c'est le même mot
traduit ailleurs par «propitiatoire». Elle empêchait les eaux de pénétrer
dans l’arche, mettant ses occupants à l’abri du jugement (Ps. 32. 1). Notre
propitiatoire, c’est le Seigneur Jésus, mort sur la croix pour nous, et
ressuscité. Il a connu toute la pression des flots du jugement et nous
sommes à l'abri dans l'arche qui est une image de Christ. La construction de
l’arche ne suffisait pas à Noé pour être sauvé: Il fallait qu’il obéisse à
l’injonction divine: «entre dans l’arche, toi et toute ta maison» (ch. 7
v.
1). Mais, l’obéissance de Noé a manifesté sa foi: seule, la foi obéit à
Dieu.
Le péché de l’Homme a souillé la
création qui souffre et attend la délivrance (Rom. 8. 19-23). Lorsque
l’œuvre du Seigneur sera manifestée dans la plénitude de ses effets, toutes
choses seront «réconciliées» avec Dieu.
L’arche devait avoir une fenêtre
ouverte sur le ciel, empêchant ses occupants de regarder au déchaînement des
eaux du jugement. Nous sommes invités à manifester notre foi en «fixant les
yeux sur Jésus» (Héb. 12. 2), et non sur les évènements extérieurs qui
pourraient nous troubler. Puis, elle devait avoir une porte permettant d’y
entrer. Il n’y a qu’une seule porte pour le salut des hommes, Jésus Christ,
mort et ressuscité: «Moi, je suis la porte»
(Jean 10. 9). Mais pour être sauvé, il faut «entrer dans l’arche». En Luc
17. 26, 27, le Seigneur montre que beaucoup de gens sont occupés de jouir
des choses de la vie, légitimes en elles-mêmes, mais qui les détournent de
l’essentiel: leur salut!… Invités au grand souper de la grâce offert à
tous, beaucoup, indifférents, courent à leurs occupations et … à la
perdition (Luc 14. 16-24). Vivons toutes choses avec le Seigneur, et toutes
nos circonstances seront sanctifiées. L’incrédulité des hommes les conduit à
l’ignorance volontaire du jugement divin sur le monde impie (2 Pi. 3. 3-7):
C’est ainsi que raisonnaient les contemporains de Noé (Matt. 24. 38, 39)
qui, lui, était «averti divinement» (Héb. 11. 6). Ne marchons «plus comme
le reste des nations» (Eph. 4. 17-19).
L’arche n’était pas destinée à naviguer
mais simplement à flotter. Aussi, Dieu n’avait donné aucune instruction pour
installer un gouvernail; Lui-même prenait en
main la direction de l’arche. De même, nous n’avons pas la
direction de notre vie: c’est Dieu qui dirige tout ce qui concerne nos
circonstances. Dieu donne aussi à Noé, des informations sur ce qu’Il va
faire: «J’établis mon alliance avec toi» (v. 18). Il dévoile aussi qu’Il va
conserver en vie les espèces animales. On voit, que ces instructions et
informations ont produit un effet salutaire sur Noé: «Il craignit et bâtit
une arche…» (Héb. 11. 7). Les informations prophétiques que la Parole nous
donne doivent établir une communion pratique, entre Dieu et nous.
Les «loges» du v. 14 montrent l’ordre
établi de Dieu dans l’arche. Notre vie chrétienne doit être en ordre. Il
devait aussi y avoir de la nourriture en abondance pour tous: le déluge a
duré presque un an! Nous avons la Parole, nourriture suffisante pour
alimenter notre âme toute notre vie. Prenons donc «de tout aliment qui se
mange» (v. 21).
Les ch. 6 & 7 mettent en évidence
l’obéissance de Noé (ch. 6 v. 22; 7 v. 5, 9, 16). La foi obéit: Dieu avait
dit, Noé a cru et a exécuté ses ordres. Obéir à Dieu est la sécurité du
croyant (Ps. 32. 6, 7; 33. 18, 19). Noé et sa famille avait été mis à part
pour Dieu. Héb. 11. 7 montre trois caractères
chez Noé, caractères qui plaisent à Dieu:
La foi: «sans la foi il est impossible
de Lui plaire»; La crainte de Dieu: «il craignit»; et l’obéissance:
«il bâtit une arche». Dieu agit selon ce qu’Il apprécie: «Noé était un
homme juste» (ch. 6 v. 9). Il avait une marche identique à celle d’Énoch
(ch. 5 v. 21, 22). Il a obéi jusque dans les moindres détails, en ce qui
concerne les animaux. Notre obéissance va-t-elle jusqu’au bout? La foi de
Noé a été soutenue durant les cent ans qu’a duré la construction de l’arche; mais Dieu va la mettre à l’épreuve
«sept jours» de plus (v. 4), alors
que tout était prêt. «La patience de Dieu attendait dans les jours de Noé»
(1 Pi. 3. 20), mais elle a eu sa fin. Tant que la porte de la grâce est
encore ouverte, associons-nous à Sa patience. C’est Dieu qui fermera la
porte de la grâce à son moment à Lui (Matt. 25. 10). La porte est étroite et
peu d’hommes la trouvent (Luc 13. 24, 25). Au début du déluge, quelle
angoisse pour ceux qui n’étaient pas dans l’arche, alors qu’elle était
encore là! Mais la porte était fermée… Dans ce récit, lorsqu’il s’agit des
plans du Créateur pour conserver en vie les espèces animales, le nom de
Dieu est employé (ch. 6 v. 13, 22; ch.
7 v. 9, 16); mais lorsqu’il s’agit de relations morales avec Noé, c’est le
nom d’Eternel qu’on lit (ch. 7 v. 1,
5, 16 fin).
Noé devait veiller à ce que les animaux
entrent dans l’arche «mâle et femelle» (ch. 6 v. 19). Mais au ch. 7 v. 2,
3, il devait y avoir sept couples des «bêtes pures», et un couple des
bêtes non «pures». L’Esprit de Dieu donnait à Noé le discernement des
bêtes «pures», comme il avait donné à Abel de discerner que «les
premiers-nés de ses troupeaux» seuls devaient être offerts à Dieu (ch. 4 v.
4). Dieu révèle ses pensées à ceux qui le craignent (Ps. 25. 14). Ces bêtes
pures étaient destinées aux sacrifices pour Dieu (ch. 8 v. 20; Lév. 11).
Mais aussi, les animaux sont des créatures de Dieu, et Il en prend soin (Ps.
8. 4-8).
Noé était reconnu «juste» par Dieu,
et «sa maison» (sa famille) a été sauvée du déluge. Josué pouvait prendre
soin de sa maison: «Moi et ma maison nous servirons l’Eternel» (Josué 24.
15). Au geôlier d’Actes 16, Paul et Silas lui disent: «Crois au Seigneur
Jésus et tu seras sauvé, toi et ta maison» (v. 31).La maison d’un croyant
est une petite sphère de bénédictions pour tous ceux qui y demeurent, même
inconvertis (1 Cor. 7. 12-16). Et, de nos jours, les croyants sont revêtus
de la justice de Christ. Abraham fut «l’ami» de Dieu qui savait qu’il
prenait fidèlement soin de sa famille (Gen. 18. 19). Cependant, la
conversion est individuelle. Dieu rend toujours témoignage à la fidélité de
ses enfants (Actes 16. 14, 15). Dieu accorde le plus grand prix à «la
maison» de ses enfants. Aussi privilégiés que soient les enfants de parents
chrétiens, ils devront se tourner vers le Seigneur pour leur salut
personnel. Un enfant qui obéit à ses parents
obéit à Dieu. La lumière morale luit dans un foyer chrétien
fidèle (Ex. 10. 23).
La pluie est tombée durant quarante
jours et quarante nuits; quarante représentent
un temps complet d’épreuve: le peuple est resté quarante ans
dans le désert; le Seigneur Jésus a été tenté quarante ans dans le désert.
Il semble qu’il y eut également un
cataclysme marin: «toutes les fontaines du grand abîme se rompirent et les
écluses des cieux s’ouvrirent» (v. 11). Cette épreuve extraordinaire ne se
répètera pas (ch. 9 v. 11), car la création de maintenant est réservée pour
le feu (2 Pi. 3. 10). Le Tout-puissant tient tout dans sa main.
Si Noé était à l’abri des eaux du
déluge, en contraste, le Seigneur a été
pleinement exposé aux eaux de la colère de Dieu contre notre péché
(Ps. 42. 7; 69. 1, 2; Jonas 2. 4). Noé et sa famille protégés du déluge,
préfigurent le résidu Juif traversant la grande tribulation de la fin, mais
gardé du jugement des ennemis (Es. 56. 9-12; 1 Thes. 5. 3), et qui recevra
le Seigneur Jésus comme son Messie, dans la repentance (Zac. 12. 8-14).
Au ch. 1 v. 9, 10, Dieu a séparé les
eaux au-dessous des cieux afin de faire apparaître la terre sèche entourée
par les mers. Il a préparé un domaine propice à la vie des animaux
terrestres et à l’Homme, «soutenant toutes
choses par la parole de sa puissance» (Héb. 1. 3). Mais devant la
corruption et la méchanceté de l’Homme, Dieu retire sa main protectrice, et
la mer et les eaux des cieux recouvrent la terre et toute vie terrestre
périt (ch. 7), à l’exception des occupants de l’arche. Il manifeste ainsi sa
toute-puissance et sa souveraineté sur la création tout entière. Son
autorité se montre aussi au v. 16: «Et
l’Eternel ferma l’arche sur lui (Noé)». Ce sera Lui
encore qui fermera la porte de la grâce (Matt. 25. 10), sur ceux qui seront
sauvés (dedans), et sur ceux qui seront perdus (dehors), car le salut est
individuel (v. 9). «Un homme ne pourra en aucune
manière racheter son frère…» (Ps. 49. 7). Luc 16. 26
démontre qu’entre les «sauvés» et les «perdus», une séparation absolue et
définitive est établie. Dieu appelle: «Sauvez-vous de cette génération
perverse» (Actes 2. 40). C’est encore le temps de la grâce: on peut encore
entrer. L’arche typifie le Sauveur dont le sacrifice met les croyants à
l’abri du jugement, comme l’arche «flottait sur la face des eaux» (v. 18),
protégeant parfaitement Noé et sa famille du déluge.
«Dieu n’a pas épargné l’ancien monde mais a
préservé Noé» (2 Pi. 2. 5). Mais «Il n’a pas épargné son propre
Fils», le Seigneur qui a subi notre jugement (Rom. 8. 32). Comme «les eaux
se renforcèrent», les jugements apocalyptiques se renforceront aussi: les
sept sceaux, les sept trompettes et les sept coupes. Mais à travers ces
jugements, comme Noé a été préservé du déluge, un résidu Juif et des nations
sera sauvé (Apoc. 7. 4; 7-9). Énoc a été enlevé au ciel peu de temps avant
le déluge (ch. 5 v. 21-24), préfigurant l’enlèvement de l’Église qui
précèdera les jugements du monde ennemi de Dieu.
«Et toute chair… expira» (ch. 7 v.
21). Expirer, ici, est synonyme d’effacer, comme: être effacé du «livre de
vie» (Ps. 69. 28), forme négative. Dieu «efface» aussi nos transgressions
(Es. 43. 25), forme positive. Dieu est souverain en toutes choses. Il a
permis que les eaux se renforcent durant cent cinquante jours; mais le
jugement est «son œuvre inaccoutumée», et Il a permis aussi qu’elles
baissent et que la vie puisse reprendre son cours, par grâce. En
construisant son arche, Noé «condamna le monde» (Héb. 11. 7). Dieu avait annoncé les conséquences du déluge
(ch. 7 v. 4), et il les réalise (v. 22). «Et Dieu se souvint de Noé» (ch.
1 v. 8), comme il se souviendra d’Abraham, par rapport à Lot (ch. 19 v. 29).
Le renforcement du déluge rappelle
aussi «les eaux» du jugement de Dieu sur Son Fils (Ps. 42. 7; 69. 1; 88.
7, 16, 17; Jonas 2. 6), lorsqu’Il a «été fait péché pour nous» (2 Cor. 5.
21). Quant au jugement du monde, Dieu dit en Aggée 2. 6:
«Encore une fois, j’ébranlerai les cieux et la
terre». Ce verset est repris plusieurs fois en Héb. 12. 25-29.
C’est un temps d’épreuve intense en jugement sur le monde. Pour Noé aussi
c’était une épreuve ayant duré un an et dix jours (ch. 7 v. 11; ch. 8 v.
13, 14). D’une manière générale, l’épreuve, pour un croyant, doit être reçue
de la main du Père: c’est lui qui fait l’épreuve et qui en fait l’issue (1
Cor. 10. 13). Mais le jugement de Dieu ne peut plus atteindre le croyant à
l’abri du sacrifice du Seigneur «C’est pourquoi tout homme pieux te priera
au temps où l’on te trouve; certainement, en un déluge de grandes eaux,
celles-ci ne l’atteindront pas» (Ps. 32. 6).
A la fin, le jugement sur le monde
impie prendra le caractère «d’un feu consumant» (Héb. 12. 25-29).
«Dieu se souvint de Noé» (v. 1),
comme plus tard Il se souviendra d’Abraham et renverra Lot hors de la
destruction (ch. 19 v. 29). En Ex. 2. 24, «Dieu se souvint de son alliance
avec Abraham», et délivrera son peuple de l’esclavage de l’Égypte.
Au ch. 7 de la Genèse, Dieu juge et
purifie la terre corrompue. Au ch. 8, la terre étant purifiée, la grâce de
Dieu peut se donner libre cours: les eaux qui avaient crû jusqu’à sept
mètres «par-dessus les hautes montagnes» (ch. 7 v. 20), commencent à
baisser (ch. 8 v. 1). Noé et sa famille vont pouvoir vivre sur une terre
renouvelée. Dans un jour encore à venir, les jugements apocalyptiques
purifieront la terre pour préparer le règne millénial du Seigneur.
Au ch. 7 v. 11, «toutes les fontaines
du grand abîme se rompirent et les écluses des cieux s’ouvrirent». Mais au
ch. 8, un vent passe et «les fontaines de l’abîme et les écluses des cieux
furent fermées» (v. 2). Dieu seul dirige toutes choses: les puissances
naturelles ne sont pas livrées à elles-mêmes. On retrouve la haute main de
Dieu lorsque les eaux de la Mer Rouge se fendent pour livrer passage au
peuple racheté de l’Égypte (Ex. 14. 21). Les «lois de la nature»
n’expliquent pas tout (Job 38. 28; 33-37). Noé et sa famille ont été
délivrés à travers l’épreuve (Ps. 107. 29, 30). «Noé» signifie «consolation, repos».
«Et l’arche reposa sur les montagnes d’Ararat» (v.
4). Ce v. suggère la communion de Noé avec son Dieu, fruit d’une foi mise à
l’épreuve durant les cent ans de la construction de l’arche, et l’année qu’a
duré le déluge. Ce repos de l’arche sur les montagnes — près du ciel — nous
renvoie au Seigneur qui, après avoir subi toute l’ardeur de la colère de
Dieu contre notre péché, «fut élevé en haut dans le ciel, et s’assit à la
droite de Dieu» (Marc 16. 19). La pensée de Dieu était de prendre soin de
Noé, car à travers lui, l’Homme reste, de par la volonté divine, le chef de
la création. Comme créateur, Dieu se souvint aussi des animaux qu’Il a
préservés du déluge, afin de repeupler la terre. Rom. 8 v. 22 révèle les «soupirs» de la création qui souffre à cause du péché de l’Homme.
Dans ces ch., tout est divinement
réglé, et Noé agit paisiblement, sans hâte. Arraché avec sa famille à la
corruption d’une terre souillée par le péché, ils sont gardés purs sur la
montagne d’Ararat. Durant les jugements de l’Apocalypse, le résidu d’Israël
sera gardé de la destruction (Rom. 11. 26). Ces deux chiffres: Quarante et
sept parlent d’un temps complet d’épreuve (40), et de la perfection de Dieu
dans ses conseils (7). Noé avait été instruit de Dieu pour faire «un jour à
l’arche» (ch. 6 v. 16), et c’est dans la dépendance de Dieu qu’il «ouvrit
la fenêtre de l’arche» (ch. 8 v. 6). Cette fenêtre ouvrant sur le ciel
rappelle que nous devons regarder en haut (Ps. 121; Luc 21. 27, 28). Aussi,
Noé ne pouvant regarder autour de l’arche, lâche le corbeau qui va et vient
jusqu’à ce que les eaux aient séché, mais, semble-t-il, ne rentre pas dans
l’arche. C’est un oiseau impur (Lév. 11. 15), faisant penser à Satan qui «se promène sur la terre» (Job 2. 2). Il fait penser à l’impureté de la
chair en nous, par opposition à la colombe symbolisant la pureté du nouvel
homme. Elle est aussi un symbole du Saint Esprit descendant sur le Seigneur,
à son baptême (Matt. 3. 16), comme Jean le baptiseur en avait été averti
(Jean 1. 33). La colombe lâchée à son tour, ne s’accommode pas de la
souillure d’une terre où les eaux du jugement n’ont pas encore séché. Elle
revient vers Noé et «il étendit sa main, et la prit, et la fit entrer
auprès de lui dans l’arche» (v. 9). Lâchée trois fois, elle renseigne Noé
sur l’état de la terre; et c’est elle, et non le corbeau, qui lui rapporte «une feuille d’olivier arrachée», signe d’espérance d’une vie qui reprend
sur une terre renouvelée. La foi de Noé s’est nourrie de cette espérance, et
a sa récompense. Nous aussi, nous avons l’espérance d’une vie entièrement
nouvelle dans le ciel, auprès de notre Seigneur; espérance révélée et
entretenue par le Saint Esprit, éclairant pour nous, la Parole de Dieu.
Noé reste dépendant de Dieu, depuis
l’ordre de construire l’arche, jusqu’après le déluge: sa foi et son
obéissance n’ont pas défailli. Au ch. 7 v. 1, Dieu lui avait dit: «Entre
dans l’arche…»; Ici, Il lui dit: «Sors de l’arche…» (v. 16). Entre ces
deux ordres divins, la foi de Noé lui faisait lever les yeux vers le ciel
qu’il voyait par la fenêtre, ouverte au-dessus de l’arche. «J’élève mes
yeux… L’Eternel gardera ta sortie et ton entrée» (Ps. 121. 1-8). La
simplicité de ce récit montre la simplicité de la foi qui obéit:
«Noé marchait avec Dieu» (ch. 6 v. 9),
et Dieu dirige toutes choses pour son salut. Au sujet des animaux préservés,
Dieu donne les mêmes instructions qu’au moment de leur création: «Fructifiez et multipliez»
(ch. 1 v. 22). Au ch. 8 v. 17, Il dit: «qu’ils
fructifient et multiplient». C’est un monde nouveau qui commence, mais les
traces indélébiles du péché sont là: il y a des bêtes pures et impures!
Avec les bêtes pures, Dieu avait pourvu aux sacrifices qui lui seraient
offerts. Et Noé bâtit le premier autel mentionné dans l’Écriture, et offre
des animaux «purs» en holocaustes qui préfigurent l’offrande du Seigneur à
son Dieu et Père. «Et l’Eternel flaira une odeur
agréable» — littéralement: de repos. Dieu se reposait
dans Sa satisfaction de ce qui lui était offert. Au ch. 4 v. 4, Abel avait
offert des holocaustes, avec les graisses réservées à Dieu seul. Au v. 7 de
ce ch., il est proposé à Caïn un sacrifice pour le péché, s’il «ne faisait
pas bien». Dieu a dû détruire la terre à cause de la corruption de l’homme,
comme Il la purifiera de nouveau par les jugements apocalyptiques; c’est «son œuvre inaccoutumée» (Es. 28. 21). Mais Sa grâce suit le jugement (Juges
10. 14-16; Osée 11. 8). Il ne renonce jamais à ses conseils éternels, car
Il a en vue de manifester et de proposer à l’adoration de tout l’univers
créé, la gloire de Son Fils. Plus tard, le peuple adorera «le serpent
d’airain» que Moïse avait fait (2 Rois 18. 4): c’était l’idolâtrie.
Mais Noé, reconnaissant d’avoir été
préservé de la destruction avec sa famille,
adore Dieu à Sa pleine satisfaction. Dieu, alors, décide de ne
plus détruire la terre ainsi (v. 21, 22). Cependant, le cœur de l’homme n’a
pas changé, car il est mauvais «en tout temps» et «dès sa jeunesse» (ch.
6 v. 5; 8 v. 21; Ps. 51. 5). «La folie est liée au cœur du jeune enfant.
La verge de la correction l’éloignera de lui» (Prov. 22. 15). Il est «incurable» (Jér. 17. 9). Et les hommes sont
«haïssables et se haïssant
l’un l’autre». «Tous ont péché et n’atteignent pas à la gloire de Dieu…»,
mais nous sommes «justifiés gratuitement par sa grâce» (Rom. 3. 23, 24). Le
vieil homme a été cloué à la croix, mais Dieu nous a aimé
inconditionnellement (1 Jean 4. 10), de toute éternité:
«Je t’ai aimé d’un amour éternel» (Jér.
31. 3). Si Dieu nous a aimés et sauvés, c’est pour que nous l’aimions à
notre tour de «l’amour qu’Il a versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint
qu’Il nous a donné» (Rom. 5. 5) et qui remonte jusqu’à Lui, le Donateur.
Dieu, dans sa sainteté, a dû abandonner
son peuple, «pour un petit moment», à cause de son infidélité, mais «avec
de grandes compassions» Il le rassemblera (Es. 54. 7-10). Notre ch. montre
la patience et la bonté de Dieu qui «fait lever son soleil sur les méchants
et sur les bons, et envoie sa pluie sur les justes et sur les injustes»
(Matt. 5. 45). Mais les incrédules se moquent de cette patience divine: «…
aux derniers jours des moqueurs viendront… disant: où est la promesse de sa
venue? car, depuis que les pères se sont endormis, toutes choses demeurent
au même état dès le commencement de la création» (2 Pi. 3. 3, 4). Ce sont
les mêmes qui se séduisent en disant: «… demain sera comme aujourd’hui, et
encore bien supérieur» (Es. 56. 12).
Dans ce ch., la vie recommence sur une
terre renouvelée. Cela est rendu possible par la purification — les eaux du
déluge —, et par les holocaustes offerts par Noé, et dans lesquels Dieu a
flairé «une odeur agréable» — de repos. Ces holocaustes annoncent le
sacrifice du Seigneur ayant pleinement glorifié Dieu: sa mort, sa
résurrection et sa séance à la droite de Dieu sont les bases de la vie
nouvelle donnée aux croyants, vie éternelle qu’ils possèdent déjà
spirituellement, et qui se prolongera dans le millénium et jusque dans
l’état éternel. La vie nouvelle reprend pour Noé et sa famille sur ces deux
bases: les sacrifices (ch. 8 v. 20); et l’alliance que Dieu fait avec eux
(ch. 9 v. 8-17).
Les deux premiers versets contrastent
avec le ch. 1 v. 28, 29: désormais, les hommes seront pour les animaux
«un sujet de crainte et de frayeur».
La nature entière est assujettie aux hommes, et ils devaient en prendre
soin, en particulier, des bêtes (Prov. 12. 10), mais ils en ont abusé.
Depuis, toute la création souffre et soupire après la délivrance (Rom. 8.
23). Si les animaux sont notre nourriture, nous ne devons pas les faire
souffrir volontairement. Dieu distingue entre le chasseur qui tue pour son
plaisir et le berger. Le Seigneur, lui, est «le
bon Berger».
Dieu parle à Noé et à ses fils (v. 1,
8), car la bénédiction et l’alliance reposent sur toute la lignée de Noé (v.
9). Pour Dieu, le jugement est son «œuvre inaccoutumée» (Es. 28. 21).
Cependant, Dieu fait la distinction
entre les animaux et l’homme qui, seul, a été fait «à l’image de Dieu,
selon sa ressemblance». Avant le déluge, il semble qu’aucun être vivant ne
se nourrissait de chair; (ch. 1 v. 29, 30). Après le déluge, les animaux
vont se dévorer entre eux, mais désormais, l’homme devra se nourrir de ce
qui est mis à mort. Image de la vie éternelle que Dieu donne à quiconque se
«nourrit de Christ mis à mort» (Jean 6. 54).
La loi distinguait entre les animaux
purs que l’on pouvait manger, et les impurs dont il fallait impérativement
s’abstenir (Lév. 11). Sous la grâce, tout est
changé: toute créature est bonne si elle est prise avec actions de grâces
(1 Tim. 4. 1-5). Cependant, une restriction demeure pour tous les
temps: Le sang ne doit pas être consommé,
car en lui est la vie (Gen. 9. 4; Deut. 12. 23, 24; Actes 15. 19, 28, 29). «C’est le sang qui fait propitiation pour l’âme» et Dieu l’a
«donné sur
l’autel» (Lév. 17. 10, 11). Dieu avait en vue le sang de son Fils versé à
la croix. La vie appartient à Dieu et nous sommes vivants par pure grâce. Si
l’interdiction de manger le sang traverse toute l’Écriture, l’interdiction
de manger la graisse réservée à Dieu, dans l’A.T., ne se retrouve nullement
dans le N.T.
Dieu déclare qu’Il «redemandera le
sang» d’un homme tué, de tout meurtrier: homme ou bête (v. 5, 6). Il y a
là, le principe du gouvernement rétributif de l’homme, responsable devant
Dieu, principe nouveau établi après le déluge. Et cela est toujours valable,
même si les hommes de notre époque croient bon de supprimer la peine de mort
(Rom. 13. 1-4). La marche du monde nous habitue au meurtre et le banalise.
En Israël, Dieu avait établi des villes de refuge pour le meurtrier
involontaire; mais pour le meurtrier volontaire, il n’y avait pas de pardon
(Ex. 21. 12-14). Le meurtre d’Abel n’a pas été vengé par la mise à mort de
Caïn, bien qu’il l’ait craint (ch. 4 v. 14), mais Dieu a dû le châtier (v.
11-13).
Dieu prend soin de toute Sa Création
(Ps. 104. 27-30); mais aussi, des hommes en particulier (Gen. 9. 1; 7).
Toute la création est dépendante de l’amour de Dieu.
En désobéissance à la Parole de Dieu
qui voulaient que les hommes se répandent sur toute la terre (v. 1, 7), les
hommes ont voulu se rassembler et rester ensemble (ch. 11); et Dieu a dû
les disperser en confondant leur langage.
Aux v. 1 et 8, Dieu établit son
alliance avec Noé, ses fils et leur descendance (v. 9). Cette alliance, Il
l’étend à tous les êtres vivants sur la terre: c’est une alliance
universelle traversant, désormais, toute l’histoire de l’homme dans ses
relations avec Dieu. L’Eternel montre à Ézéchiel, lorsque Sa gloire va
quitter le temple, le signe de l’alliance, l’arc-en-ciel, lui rappelant que
l’alliance demeure, même si le temple, désormais, sera désert (Ez. 1. 28).
En Apoc. 4. 2, 3, Dieu apparaît à Jean, dans son caractère de Créateur,
entouré de l’arc-en-ciel. Puis, au |