|
19 ▪
Et Akhimaats, fils de Tsadok, dit: Laisse-moi courir et porter au roi
la nouvelle que l’Éternel lui a fait justice de la main de ses ennemis.
20
Et Joab lui dit: Tu ne seras pas l’homme qui porteras les nouvelles
aujourd’hui, mais tu porteras les nouvelles un autre jour; aujourd’hui
tu ne porteras pas les nouvelles, puisque le fils du roi est mort.
21
Et Joab dit au Cushite¹: Va, rapporte au roi ce que tu as vu. Et le
Cushite se prosterna devant Joab, et courut.
— ¹
ou: à l’Éthiopien;
selon d’autres: à
Cushi.
22
Et Akhimaats, le fils de Tsadok, dit encore une fois à Joab: Quoi qu’il
arrive, que je coure, moi aussi, je te prie, après le Cushite. Et Joab
dit: Pourquoi veux-tu courir, mon fils, puisque tu n’as pas des
nouvelles opportunes?
23 —
Et quoi qu’il arrive, je veux courir. Et [Joab] lui dit: Cours!
▪ Et
Akhimaats courut par le chemin de la plaine, et dépassa le Cushite.
24
Et David était assis entre les deux portes; et la sentinelle alla sur
le toit de la porte, sur la muraille, et elle leva les yeux, et regarda,
et voici un homme qui courait seul.
25
Et la sentinelle cria et le rapporta au roi; et le roi dit: S’il est
seul, il y a des nouvelles dans sa bouche. Et [l’homme] allait toujours,
et approchait.
26
Et la sentinelle vit un autre homme qui courait, et la sentinelle cria
au portier et dit: Voici, un homme qui court seul. Et le roi dit:
Celui-ci aussi apporte des nouvelles.
27
Et la sentinelle dit: Je vois le premier courir comme court Akhimaats,
fils de Tsadok. Et le roi dit: C’est un homme de bien, il vient avec de
bonnes nouvelles.
28
Et Akhimaats cria, et dit au roi: Paix! Et il se prosterna devant le
roi, le visage contre terre, et dit: Béni soit l’Éternel, ton Dieu, qui
a livré les hommes qui avaient levé leurs mains contre le roi, mon
seigneur!
29
Et le roi dit: y a-t-il paix pour le jeune homme Absalom? Akhimaats
dit: J’ai vu un grand tumulte lorsque Joab envoya le serviteur du roi
et ton serviteur; et je ne sais ce qu’il y avait.
30
Et le roi dit: Tourne-toi, et tiens-toi là. Et il se tourna, et se tint
là.
31 ▪
Et voici, le Cushite arriva, et le Cushite dit: Que le roi, mon
seigneur, reçoive une bonne nouvelle, car l’Éternel t’a aujourd’hui fait
justice de la main de tous ceux qui s’étaient levés contre toi.
32
Et le roi dit au Cushite: Y a-t-il paix pour le jeune homme Absalom?
Et le Cushite dit: Que les ennemis du roi, mon seigneur, et tous ceux
qui se sont levés contre toi pour le mal, soient comme ce jeune homme!
33
Et le roi fut très ému, et il monta à la chambre au-dessus de la porte
et pleura; et en allant, il disait ainsi: Mon fils Absalom! mon
fils! mon fils Absalom! Fussé-je mort à ta place! Absalom, mon fils,
mon fils!
|
Au chapitre précédent Akhimaats avait
couru par obéissance et son service avait été efficace. Ici sa
propre volonté parait en jeu: «Je veux courir», déclare-t-il
(verset 23). Et comme conséquence, son exploit va être inutile,
entraînant même à la dissimulation. Il en est ainsi, non seulement de
nos bonnes jambes si nous en avons, mais de toutes
nos facultés;
elles sont utiles, ou ne le sont pas, suivant que nous sommes ou non
soumis au Seigneur Jésus.
La victoire qui vient d’être
remportée, ne réjouit pas le cœur de David. Qu’importe pour lui le
trône, la vie même; Absalom est mort et la douloureuse nouvelle
transperce le cœur du pauvre père qui sent sa part de responsabilité
dans les événements qui viennent de se dérouler: «Absalom mon fils, mon
fils». Nous avons là un des cris les plus terribles de toute l'Écriture,
propre à faire frissonner tous les parents chrétiens. Cri sans écho,
sans espoir, qui exprime l'affreuse certitude d'une séparation
définitive,
éternelle. Bien différente était la mort du petit
enfant de Bath-Shéba! David, au lieu de se désoler, avait alors déclaré
avec la conviction du revoir dans la résurrection: «Moi je vais vers
lui...» (chapitre 12. 23
).
Mais pour Absalom, il eut été bon comme pour Judas qu'il ne fût pas né
(Matthieu 26. 24
). |