Le chantre du sanctuaire

 

Asaph, auteur inspiré par l'Esprit de Dieu des Psaumes 50 et 73 à 83, fait partie des chantres de l'Ancien Testament dont les cantiques ont enrichi la louange de l'Éternel. Ce qu'il a écrit nous fait comprendre sa position privilégiée dans le service de Dieu, ainsi que la raison pour laquelle il a été estimé digne d'entonner dans le sanctuaire des cantiques de reconnaissance et d'adoration à la gloire du Très-haut. Sa piété, tout comme sa droiture pour mettre en pratique ce qu'il avait appris dans des expériences vécues avec Dieu, le qualifiaient pour occuper cette position prééminente parmi les lévites et les chantres choisis pour le service dans la maison de Dieu.

 

L'invitation à la louange — Psaume 50

«Sacrifie à Dieu la louange, et acquitte tes vœux envers le Très-haut.» Avec ces paroles, Asaph exhorte les «saints» à exalter le Très-haut (Psaume 50: 14). Conscient de la grandeur de Dieu, de sa bonté et de sa grâce envers ceux qui lui appartiennent, il s'empresse d'encourager aussi les autres à exalter l'Éternel.

Il en sera toujours ainsi. Un cœur qui adore désire que d'autres goûtent cette même part. La place que Dieu nous a donnée est liée à des bénédictions d'un ordre supérieur à celles que connaissait Asaph. Appelés, en raison de la révélation de Dieu en Christ, à nous approcher du sanctuaire céleste comme de «vrais adorateurs», établis dans la pleine lumière de la face de Dieu, introduits dans la communion du Père et du Fils, constitués «une maison spirituelle, une sainte sacrificature», nous sommes rendus capables d'offrir «des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ». Et lorsque nous avons goûté pour nous-mêmes la douceur et la solennité d'une telle adoration, pouvons-nous faire autrement que de désirer pour d'autres les sentiments profonds et ardents produits en nous par le Seigneur et par son Esprit? L'amour versé dans nos cœurs par Dieu, le «lien de la perfection» qui unit tous les saints, ne nous poussera-t-il pas à dire à nos frères et sœurs en Christ ce dont nous avons joui? Cet amour ne ressent-il pas avec douleur la division des enfants de Dieu et l'absence de tant de membres du corps de Christ dans la présence du Chef — de la Tête — lorsque l'assemblée est réunie pour offrir à Dieu l'adoration et «le fruit des lèvres qui confessent son nom»?

 

L'expérience d'Asaph dans le Psaume 73

Comme chaque croyant, le psalmiste avait fait des expériences de toutes sortes. Il conclut à la fin du Psaume 73: «Mais, pour moi, m'approcher de Dieu est mon bien». Puissions-nous aussi découvrir et apprécier de plus en plus ce que c'est que de nous approcher du Seigneur; il en résultera une croissance dans la connaissance de sa personne, une confiance accrue en lui, et le désir d'exalter sa bonté par des cantiques et des actions de grâces. Dans le Psaume 80, Asaph attire prophétiquement l'attention sur l'homme de la droite de l'Éternel, sur le Fils de l'homme, qu'il a fortifié pour lui (verset 17).

Il y eut pourtant des jours dans sa vie, peut-être même une période prolongée, où ses yeux étaient voilés, où son regard ne se fixait pas sur le Seigneur, mais sur les circonstances de cette vie. Cela amenait le trouble dans son âme. En observant le bien-être des impies, il doutait de la justice de Dieu et se sentait lésé. Les voies de Dieu lui paraissaient une énigme insoluble (Psaume 73: 2 et suivants). Dès que nous regardons aux choses de la terre avec le désir de mener une vie confortable, nous faisons la même expérience.

Mais le Seigneur, dans sa patience et sa fidélité, amena le psalmiste à comparer la fin de l'impie et celle du croyant. La vie des uns s'écoule sans Dieu et leur fin est terrible, tandis que le chemin des justes, dont Dieu tient la «main droite» (verset 23), est béni et s'achève dans le bonheur éternel. Dieu conduisit Asaph dans ses sanctuaires (verset 17); là, il apprit à connaître les voies, la fidélité et l'amour de son Dieu. Il n'existe pas de place plus bénie que la proximité du Seigneur. Là, la volonté de l'homme est brisée, la sagesse et la grâce de Dieu sont connues. Dans cette proximité, Asaph reconnaît combien heureuse est la part de la foi. Dans le sanctuaire, le croyant apprend aussi à supporter avec patience les torts qui lui sont infligés par le monde et à s'attendre à Dieu dans le silence. Être près de Dieu dans le sanctuaire… quelle place! C'est là qu'on entend la voix du Très-haut. On comprend sans peine ces paroles d'Asaph exprimant la part du croyant: «Ma chair et mon cœur sont consumés; Dieu est le rocher de mon cœur, et mon partage pour toujours» (verset 26).

Asaph avait connu un exercice pénible avant de parvenir à ce sommet de la foi. Il voulait comprendre l'œuvre de Dieu par son intelligence naturelle; son cœur s'aigrissait, il se tourmentait en observant la vie des méchants qui prospéraient dans ce monde et augmentaient leurs richesses, alors que lui-même était — dit-il — battu tout le jour et que son châtiment revenait chaque matin. Mais le chemin qui conduit à une vraie connaissance va jusque dans les sanctuaires de Dieu. Là se trouve la source des bénédictions. Dans la lumière infaillible du sanctuaire, nous acquérons la connaissance du Seigneur, et les choses vaines de ce monde perdent leur attrait. Même si les voies de Dieu envers nous paraissent étranges et incompréhensibles, au point que l'âme refuse la consolation et que l'esprit est accablé, le cœur reste paisible; il reconnaît que la voie de Dieu est «dans le lieu saint» (Psaume 77: 13).

 

La place d'Asaph dans la louange d'Israël

Asaph, dans son service, était en relation avec le roi David. Tout ce que la Parole nous communique au sujet de ce chantre mérite notre attention. Chaque fois qu'il est mentionné, nous le trouvons dans le sanctuaire, là où l'Éternel est adoré. Il ne fait pas partie des hommes forts du roi. Son service était devant l'Éternel, avec Héman et Ethan.

En 1 Chroniques 15, nous lisons que David prépara dans sa ville un lieu pour l'arche de Dieu et tendit une tente pour elle. Selon ses instructions, les sacrificateurs et les lévites devaient se sanctifier pour faire monter l'arche de l'Éternel, le Dieu d'Israël, au lieu qu'il avait préparé pour elle. Ceci n'avait pas été fait la première fois où on avait voulu l'amener, et il en était résulté de l'irritation et de l'affliction. Dieu avait dû faire une brèche parmi le peuple, car on ne l'avait pas recherché conformément à l'ordonnance. Mais maintenant David ordonne aux chefs des lévites «d'établir leurs frères, les chantres, avec des instruments de musique, des luths, et des harpes et des cymbales», les faisant «retentir en élevant leur voix avec joie». Parmi les voix consacrées à la louange de l'Éternel, s'élève celle d'Asaph.

Au chapitre 16, verset 4, après avoir achevé d'offrir les holocaustes et les sacrifices de prospérités, et après avoir béni le peuple au nom de l'Éternel, David établit dans le service quelques-uns des lévites «pour rappeler et célébrer et louer l'Éternel». Le chef des lévites est Asaph. Tandis que d'autres jouent de divers instruments, Asaph fait retentir les cymbales. Le reste du chapitre décrit la glorieuse mission qui lui est confiée. Il est appelé avec ses frères à louer l'Éternel et à servir continuellement devant l'arche de l'alliance de l'Éternel (versets 7, 37). Le psaume qui est remis entre ses mains invite à chanter des cantiques à l'Éternel et à méditer toutes ses œuvres merveilleuses. Il se termine par ces paroles: «Béni soit l'Éternel, le Dieu d'Israël, de l'éternité jusqu'en éternité!»

Plus tard, au chapitre 25, les lévites établis par David accompliront le service devant l'Éternel sous la conduite d'Asaph, de Jeduthun et d'Héman, qui prophétisaient «sous la direction du roi», «avec des cymbales, des luths et des harpes». Et lorsque les lévites «jetèrent les sorts pour leurs charges, le petit comme le grand, l'homme expert avec le disciple», le premier sort échut à Asaph.

Après la construction de la maison de l'Éternel par le roi Salomon, nous rencontrons de nouveau Asaph (2 Chroniques 5: 12). Il est cité en tête des chantres, vêtus de byssus, qui se tenaient à l'orient de l'autel avec leurs instruments de musique, et louaient l'Éternel «parce que sa bonté demeure à toujours». Asaph est présent quand la maison de l'Éternel est remplie d'une nuée — la même nuée qui marchait autrefois devant le peuple et couvrait la tente d'assignation. Ainsi, à chaque mention du nom d'Asaph, nous le trouvons dans le sanctuaire de Dieu. Dieu a conduit son serviteur de gloire en gloire. Il désire nous amener aussi à des bénédictions excellentes. Ne nous y laisserons-nous pas conduire?

Bien longtemps après son départ d'une terre dont il avait profondément ressenti la vanité, la fidélité de ce psalmiste reste en mémoire. «Et le roi Ézéchias et les chefs dirent aux lévites de louer l'Éternel avec les paroles de David et d'Asaph, le voyant: et ils louèrent avec joie, et ils s'inclinèrent et se prosternèrent» (2 Chroniques 29: 30).

Plus tard encore dans l'histoire du peuple de Dieu, Asaph est mentionné en relation avec David. Aux jours de Néhémie, les Juifs rentrés de la captivité babylonienne se souviennent de la glorieuse époque de David et de Salomon, lorsque «il y avait des chefs pour diriger les chantres et les chants de louanges et les cantiques d'actions de grâces à Dieu» (Néhémie 12: 46). Le résidu se souvient des jours de gloire du temps de David et d'Asaph, lorsque les cantiques s'élevaient avec intelligence vers le Très-haut.

Ne perdons jamais de vue que nous avons été choisis pour louer Dieu le Père, dans la présence de notre Seigneur ressuscité et glorifié. Bientôt, autour du Bien-aimé dans la gloire, loin des troubles d'ici-bas, nous le ferons d'une manière parfaite. Quel avenir pour tous ceux qui appartiennent au Seigneur!

En attendant, soyons de ceux qui connaissent les saintes activités et les joies du sanctuaire, et qui peuvent dire à tout moment dans un sens bien plus élevé: «Qui ai-je dans les cieux? Et je n'ai eu de plaisir sur la terre qu'en toi».

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