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Équilibre «Des drogues odoriférantes, … de tout, à poids égal» (Exode 30: 34)
L'encens, dans le culte lévitique L'encens composé préparé par Moïse selon les instructions de Dieu devait être utilisé chaque matin et chaque soir lors de l'adoration à l'autel d'or (voir Exode 30: 7, 8). Ce même encens était mis dans l'encensoir lorsque le souverain sacrificateur entrait dans le lieu très saint pour y apporter le sang des propitiations. Entouré de la fumée de l'encens, Aaron pouvait pénétrer jusque devant l'arche de l'alliance sans encourir de jugement, si du moins les charbons qui alimentaient l'encensoir avaient été pris à l'autel de l'holocauste (voir Lévitique 16: 12, 13). Pour ne pas avoir agi ainsi, Nadab et Abihu ont été frappés devant l'Éternel (Lévitique 10: 1).
Le parfait équilibre en Jésus Christ Tout ce cérémonial contient de riches instructions. Les divers composants de l'encens représentent les gloires variées de la personne de Jésus Christ. De telles gloires brillaient en perfection au sein même des souffrances de l'Homme obéissant. Leur parfum s'exhalait, pur et subtil, durant la vie et jusqu'à la mort de l'Homme de douleurs, selon que nous lisons: «Tu en feras un encens composé, d'ouvrage de parfumeur, salé, pur, saint. Et tu en pileras très fin…» (Exode 30: 35, 36). Ce sont aussi ses gloires morales, liées à sa personne, et qui ne pouvaient être cachées, même durant le temps de son humiliation: «Nous vîmes sa gloire, une gloire comme d'un Fils unique de la part du Père» (Jean 1: 14). Dans son épître encore, l'apôtre Jean nous propose de partager avec lui et ses condisciples tout ce qu'ils ont pu entendre, voir, contempler et même toucher concernant notre Sauveur, lorsque, durant son ministère ici-bas, il a été la pleine manifestation de la vie divine (voir 1 Jean 1: 1-3). L'ordonnance concernant l'offrande de gâteau stipule que, outre la fine fleur de farine et l'huile, les galettes confectionnées ne devaient pas manquer de sel, image de la séparation du mal. De l'encens encore y était adjoint, mais celui-ci était tout entier pour Dieu. Il y a, dans la vie de Jésus, des perfections que Dieu seul peut apprécier, des gloires morales dépassant notre perception. De telles gloires donnent à l'homme Christ Jésus le droit de se présenter devant le Dieu saint, indépendamment même de son œuvre à la croix. Pour les applications détaillées des composants de l'encens, lire le texte «Les parfums du sanctuaire» (M.E. 1935, page 72). D'autre part aussi, le fait qu'Aaron devait être comme enveloppé par la fumée de l'encens nous dit que seule la valeur de la personne de Christ confère la valeur à son œuvre. L'excellence de l'offrande en détermine le caractère. La mort d'un martyr, fût-il des plus généreux, ne pourrait rien faire pour personne devant le Dieu saint. Or Jésus n'est pas seulement mort en martyr, il a donné sa vie sur la croix afin de faire la propitiation pour nos péchés. Et c'était la vie du Fils de Dieu devenu un homme, une vie de perfection absolue.
Le culte chrétien Seule la mort expiatoire de Christ ouvre au chrétien l'accès devant Dieu. Prétendre être accepté par Dieu sur la seule base des caractères moraux de Christ que l'on chercherait à refléter tant soit peu, ce serait faire comme Nabab et Abihu. La Parole dit que Dieu «nous a rendus agréables dans le Bien-aimé», mais ajoute aussitôt: «en qui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des fautes» (Éphésiens 1: 6, 7). S'il n'a pas la croix de Christ pour fondement, notre culte ne peut être agréé. Le culte d'adoration, ayant pour base l'œuvre de la croix, pourra exprimer devant notre Dieu et Père tout ce que rappelle le nom glorieux de Jésus. Le Saint Esprit se plaira à mettre en évidence les gloires variées de notre Sauveur, ce qui alimentera notre louange, dès ici-bas et jusque dans l'éternité.
Caractères moraux du chrétien Si l'encens composé nous présente Christ dans ses perfections, ne sommes-nous pas exhortés à refléter les caractères de notre Sauveur? En lui demeurant attachés, il en résultera un rayonnement dans toute notre manière d'être. Si Christ est révélé en nous (Galates 1: 16), afin qu'il vive aussi en nous de façon visible (2: 20) et qu'il soit comme un vêtement qui nous couvre (3: 27), il faut qu'il soit vraiment formé en nous (4: 19); l'Esprit nous fera alors prendre conscience de notre position d'enfant de Dieu (4: 6) et produira par nous le fruit qui lui est propre (5: 22). Ce fruit de l'Esprit n'est rien d'autre que les glorieux caractères de Jésus lorsqu'il était sur la terre. En Jésus, de façon parfaite, tout était «à poids égal». Aucun caractère dominant ne laissait dans l'ombre quelque autre qualité morale. Non seulement la grâce et la vérité, mais aussi toutes les autres vertus étaient en parfait équilibre. L'exemple de notre Sauveur nous enseigne à cet égard. Car que constatons-nous dans nos propres cœurs? La mise en évidence d'une vertu particulière dépend surtout du tempérament de chacun. Ainsi par exemple, l'un aura la propension à souligner l'importance de la patience, tandis que l'autre insistera sur la fermeté. Le premier risque de tomber dans la faiblesse et le second dans le rigorisme.
L'équilibre dans la nature La nature même ne nous enseigne-t-elle pas à ce sujet? Nous disons volontiers que l'homme en a détruit l'équilibre. Cela se constate en maints endroits sur la terre, que ce soit dans les forêts ou dans les campagnes. Le Créateur a établi la diversité des espèces, et cette diversité est la garantie de l'équilibre de l'ensemble, aussi bien dans le règne végétal que dans le règne animal. Les interventions de l'homme, spécialement dès le début de l'ère industrielle, ont souvent eu des effets désastreux. Dans nos jardins aussi, on peut trouver un bon enseignement. Il y a quelques années déjà, une plate-bande fleurie contenait une ou deux touffes de belles fleurs jaunes, lesquelles s'épanouissaient en avril, donnant une note de gaieté dès les premières effluves printanières. Se multipliant naturellement, les deux touffes initiales en donnèrent plusieurs autres, ce qui augmenta le charme de cette plate-bande. Mais cette année, l'envahissement était tel que beaucoup d'autres fleurs périrent étouffées. Il fallut donc arracher ce qui était pourtant une réelle beauté. Eh bien, il en est ainsi de nos qualités même, lorsqu'elles ne sont pas en équilibre. L'Ecclésiaste disait déjà: «Ne sois pas juste à l'excès, et ne fais pas le sage outre mesure» (7: 16).
Dans la vie de l'assemblée Que ce soit donc à l'égard de nos caractéristiques personnelles ou quant à la vie d'une assemblée locale, si une vertu est placée au-dessus des autres, ou si un aspect du ministère est trop prépondérant, il en résultera l'étouffement des autres dons. Veillons donc à maintenir un sain équilibre dans notre comportement personnel, comme aussi dans l'enseignement dispensé au troupeau du Seigneur. Une nourriture équilibrée est garante d'une bonne santé et d'un accroissement régulier, pour nos âmes aussi bien que pour nos corps. Que notre Dieu nous en accorde la grâce dans chaque rassemblement! O Bien-aimé, fais que ta vie Brille ici-bas dans tous les tiens: Que chacun d'eux te glorifie, Toi qui nous combles de tous biens.
De tes vertus, que l'excellence Soit vue aussi dans tes élus; Sagesse, amour et bienveillance: Le parfum du nom de Jésus. Frédy Gfeller (1992)
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