Dépouillé – Revêtu – Renouvelé

Éphésiens 4: 17 à 6: 9

 

Le premier homme créé, Adam, tiré de la poussière, devint une âme vivante. Il a engendré une immense descendance d'hommes et de femmes en leur imprimant ses propres caractères. Ayant péché, il est devenu le chef de la race des pécheurs, dont la fin est la mort.

En contraste, le Nouveau Testament nous présente un autre homme, venu du ciel, appelé «le second homme» ou «le dernier Adam», qui donne la vie à ceux qui le reçoivent: c'est Jésus Christ (1 Corinthiens 15: 45-47). Il est le chef de ceux qui sont justifiés par la grâce divine (Romains 5: 17, 19).

Deux hommes sont donc présentés dans la parole de Dieu. Tous les deux impriment leurs caractères à leur descendance. D'Adam provient le vieil homme, «qui se corrompt selon les convoitises trompeuses», alors que le nouvel homme fait partie de la nouvelle création (2 Corinthiens 5: 17). Il est «créé selon Dieu» (Éphésiens 4: 24), à «l'image de celui qui l'a créé», c'est-à-dire de Christ (Colossiens 3: 10). Son rôle est de manifester les caractères du Seigneur Jésus sur la terre.

Dans la première création, Dieu a créé d'abord les cieux et la terre, ensuite l'homme dans lequel il souffla une respiration de vie. Le péché a non seulement interrompu les relations entre Dieu et l'homme, mais a aussi souillé toute la création. Une nouvelle création est donc nécessaire, basée sur un ordre nouveau. Le Seigneur en est le commencement, l'origine ou l'essence, et ceux qui sont «en Christ» sont devenus «une sorte de prémices de ses créatures» (Jacques 1: 18). À la conversion, l'esprit de l'homme est régénéré, renouvelé par l'Esprit Saint et la parole de Dieu. Plus tard, lorsque «la dernière trompette sonnera», son corps physique sera changé en un corps spirituel qui aura perdu toute trace du péché. Enfin, les cieux et la terre seront changés en un «nouveau ciel et une nouvelle terre» (Apocalypse 21: 1).

Le chrétien est donc actuellement dans une situation transitoire: tout en ayant revêtu l'homme nouveau, il se trouve au milieu de la première création où règne le péché. Cette situation a deux corollaires:

- la difficulté de vivre comme chrétien, car ici-bas tout est opposé à la nouvelle création,

- la nécessité de rendre témoignage des transformations que Dieu a produites dans sa vie.

Tous les caractères du nouvel homme ont été vus dans le Seigneur Jésus. L'apôtre dit que «la vérité est en Jésus». Dieu a pleinement approuvé la vie de l'homme Christ Jésus. Il est pour les croyants le modèle parfait. En étant occupés de lui, nourris de lui par la parole de Dieu, nous sommes instruits à son sujet; c'est le moyen de pouvoir concrètement montrer ce que c'est que d'avoir dépouillé le vieil homme, revêtu le nouvel homme et d'être renouvelé dans l'esprit de notre entendement (Éphésiens 4: 22-24).

Expliquons ces trois expressions:

1 — Dépouiller le vieil homme

Le vieil homme se caractérise par un état de rébellion ou de péché contre Dieu. Ceci n'implique pas forcément une révolte ouverte, mais simplement le fait de «vouloir» sans se soumettre à la volonté de Dieu. Chaque fois que notre volonté s'exerce sous l'influence, par exemple, de notre raisonnement ou de nos sentiments, en dehors du contrôle divin, notre vie est en fait dirigée par le «vieil homme». C'est la caractéristique permanente de toute personne dans la chair.

Dépouiller se dit d'un animal ou d'un arbre quand on lui enlève la peau ou l'écorce; cela se dit également d'une personne à laquelle on ôte ses vêtements ou tous ses biens. À la conversion nous sommes dépouillés du vieil homme, de sorte que ses manifestations (notre «première manière de vivre») ne sont en principe plus visibles, elles sont annulées; les œuvres du diable sont détruites (Romains 6: 6; 1 Jean 3: 8). Nous devons savoir qu'à la croix du Calvaire, «notre vieil homme a été crucifié avec Christ, afin que le corps du péché (par lequel les manifestations de la chair se concrétisent) soit annulé». Par la foi nous acceptons comme étant vraie cette certitude de l'Écriture. Puisque nous ne sommes plus dans la chair, nous sommes exhortés à ne plus vivre selon la chair; nous recevons l'ordre de nous considérer «pour morts au péché». Le péché ne domine donc plus sur nous puisque nous sommes libérés de son esclavage. La conséquence est un «non» catégorique aux tentations qu'il nous suggère, afin de ne produire aucune des «œuvres de la chair» (pour exemples, lire Galates 5: 19-21).

2 — Revêtir le nouvel homme créé selon Dieu

Le vieil homme est dépouillé lorsque le nouvel homme, créé selon Dieu, est revêtu. À la conversion, l'homme naît de l'Esprit (Jean 3: 5) par la vivante parole de Dieu (1 Pierre 1: 23). C'est la nouvelle naissance. Et, comme l'enseigne l'apôtre Paul, «si quelqu'un est en Christ, c'est une nouvelle création» (2 Corinthiens 5: 17; Galates 3: 26, 27). Le croyant régénéré est entièrement transformé, c'est aussi visible que lorsqu'on change des vêtements déchirés en habits de fête. Les actes de ce nouvel homme se manifestent sous la forme du «fruit de l'Esprit» (voir Galates 5: 22).

Éphésiens 2: 11-22 montre que le sang de Christ nous approche de Dieu individuellement (verset 13), et qu'ensemble, les Juifs et les Gentils rachetés sont une nouvelle création en Christ, appelée «un seul homme nouveau» (verset 15), qui est «un seul corps» (verset 16), «un temple saint» (verset 21), «une habitation de Dieu par l'Esprit» (verset 22). Si tous les caractères du nouvel homme ont été vus en Christ, ceux qui sont «engendrés par la parole de la vérité», pour être «une sorte de prémices de ses créatures» (Jacques 1: 18), sont autant d'exemplaires de la nouvelle création au milieu de la vieille, pour montrer Christ.

3 — Être renouvelé dans l'esprit de notre entendement

Avoir revêtu le nouvel homme a entraîné un changement total du processus de la pensée (l'entendement); c'est une métamorphose, car la même personne, animée par l'Esprit Saint, agit avec des motifs entièrement nouveaux, dans la recherche et la soumission à l'autorité du Seigneur, par amour pour lui. Pour que ces effets soient durables, l'Esprit qui est à l'origine de ce renouvellement entretient cette «jeunesse (renouveau) spirituelle»; il en est la puissance. Le nouvel homme, créé selon le modèle de Dieu, peut dans la puissance du Saint Esprit pratiquer la justice et la sainteté.

 

Les changements sont constatés dans les domaines suivants:

1 — De nouvelles relations

«Nous, désormais, nous ne connaissons personne selon la chair… Si quelqu'un est en Christ, c'est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici toutes choses sont faites nouvelles» (2 Corinthiens 5: 16, 17). Lorsqu'on annonce à Jésus la venue de sa mère et de ses frères, il apprend à ses disciples que ses vraies relations, les plus intimes, ne sont plus avec les Juifs, ses frères selon la chair. «Voici ma mère et mes frères; car quiconque fera la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère» (Matthieu 12: 46-50). C'est à eux qu'il fera dire: «Va vers mes frères, et dis-leur: Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu» (Jean 20: 17).

Dans les choses passées, devenues vieilles (précédant notre conversion), se trouvent certaines relations qui ne sont plus compatibles avec notre nouvelle position en Christ, et en même temps de nouveaux liens s'établissent. Le chrétien trouve son plaisir dans la compagnie des chrétiens, parce qu'il peut partager là ce qui est devenu le plus précieux à son cœur. C'est la communion pratique réalisée. Au début de la vie de l'Église, «la multitude de ceux qui avaient cru étaient un cœur et une âme», «ils avaient toutes choses communes» (Actes des Apôtres 4: 32; 2: 44).

2 — Une nouvelle règle (Galates 6: 2, 12-16)

La loi, règle du Sinaï, bien que parfaite, a démontré que l'homme de la première création ne pouvait l'accomplir; tout au plus a-t-elle confirmé son état de péché, sans lui donner la possibilité d'en être délivré. Une nouvelle règle est apparue avec la nouvelle création, appelée «loi du Christ», dont le fondement est l'amour, et dont les effets sont de montrer Christ dans notre vie; exemple: «comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l'un l'autre» (Jean 13: 34). Cet amour ne cherche pas son propre intérêt. Il donne et se donne aux autres.

3 — Une nouvelle morale (Éphésiens 4: 17-19)

Si nous avons appris à connaître le Christ, nous ne marchons plus comme le reste des nations, dont l'entendement a été obscurci et qui ont perdu tout sentiment moral. Le monde, sous prétexte de liberté, a abandonné les principes moraux établis par Dieu. Il se trouve à son insu prisonnier de ses propres passions. Mais en considérant Jésus dans sa vie d'homme sur la terre, vie de sainteté et de justice au milieu d'un monde corrompu et injuste, nous acquérons une nouvelle conception de la vie, une nouvelle manière d'être. Cela nous amène à vivre «sobrement, et justement, et pieusement» (Tite 2: 12).

Cette morale découle de la vérité de Dieu révélée dans son Fils. C'est ainsi que nous vivrons «d'une manière digne du Seigneur pour lui plaire à tous égards», parce que nous aimons Dieu (Colossiens 1: 10). Ce peut même être pour nous une source de souffrance, mais «cela est digne de louange devant Dieu» (1 Pierre 2: 20).

4 — Une nouvelle connaissance (Colossiens 3: 9-11)

«Le nouvel homme… est renouvelé en connaissance, selon l'image de celui qui l'a créé». La sagesse de l'homme, aussi grande soit-elle, ne peut comprendre la sagesse de Dieu. «L'homme animal ne reçoit pas les choses qui sont de l'Esprit de Dieu, car elles lui sont folie» (1 Corinthiens 2: 14). Il croit connaître, mais sa connaissance est une «connaissance faussement ainsi nommée» (1 Timothée 6: 20). Par l'onction que nous avons de la part du Saint Esprit, nous avons la capacité de connaître toutes choses, de discerner la pensée de Dieu. À la conversion nous acquérons cette faculté nouvelle, mais elle doit être chaque jour enrichie. Cette croissance spirituelle se fait «par la connaissance de Dieu». Elle nous fait passer du stade de petit enfant au stade de père expérimenté (Colossiens 1: 10; 1 Jean 2). C'est en Christ que «sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance», à nous de les rechercher (Colossiens 2: 3). Il y a aussi des connaissances que l'homme, par son intelligence naturelle, a pu mettre à profit pour scruter le monde dans lequel il vit et découvrir les merveilles que Dieu a cachées dans sa création. Nous accumulons beaucoup de ces connaissances au moment de nos études. Elles sont utiles pour la vie de tous les jours, mais elles doivent prendre leur place à la lumière de la parole de Dieu, selon la connaissance que nous recevons du Seigneur.

Quelle que soit la sphère dans laquelle nous nous mouvons, le nouvel homme doit être remarqué. C'est ainsi que Christ peut être vu dans nos relations avec le monde et avec les autres chrétiens, dans nos relations familiales, entre mari et femme, entre parents et enfants, comme aussi dans nos relations professionnelles, entre patron et employé, entre camarades ou collègues.

Apprenons ainsi le Christ, afin qu'il soit vu en nous (voir Éphésiens 4: 20, 21).

Philippe Calame (1992)

 


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