Jacob
Ces prochains mois, nous allons suivre ensemble, si Dieu le permet, l'histoire si instructive de Jacob.
Isaac, père de Jacob (Lire Genèse 25, 19-28)
Isaac et Ismaël: deux principes, deux natures.
Dieu avait promis à Abraham, le grand-père de Jacob, une descendance très nombreuse. Mais voilà qu'à l'âge de 86 ans, il n'a toujours pas d'enfant. Sa patience et sa foi sont mises à rude épreuve, et il écoute la voix de Sara, sa femme, qui lui propose en quelque sorte «d'aider Dieu» à accomplir sa promesse en ayant un enfant de sa servante Agar.
C'était bien entendu une très mauvaise idée, une idée charnelle. Bien des difficultés vont survenir suite à la naissance de cet enfant, Ismaël, dont les descendants vont devenir plus tard une nation ennemie du peuple de Dieu.
Cependant, Dieu est fidèle et il accomplit toujours ce qu'il a promis. C'est ainsi que naît Isaac, le fils de Sara, le fils de la promesse. Il vient au monde alors qu'Abraham a 100 ans, et Sara environ 90 ans! Seul Dieu pouvait accomplir un tel miracle; c'est pour cela qu'Isaac est le type de notre nouvelle nature, de ce qui est né de Dieu, alors qu'Ismaël est une image de l'homme charnel qui persécute le croyant (Gal. 4, 22, 29-31; 5, 1).
La persévérance d'Isaac
Dans ce chapitre 25, il est question de la génération suivante. Isaac a grandi et a épousé Rebecca. Rebecca est stérile, mais Isaac prie instamment l'Eternel. Sais-tu combien de temps Isaac a dû prier avant d'être exaucé? En comparant les versets 20 et 26, nous voyons qu'Isaac a persévéré dans la prière pendant près de 20 ans! Quel exemple pour nous, n'est-ce pas? Parfois, nous prions pendant quelques jours, quelques semaines peut-être, puis nous nous décourageons... Que ceci soit pour nous un puissant stimulant à prier et ne pas nous lasser (Luc 18, 1)!
Voici donc qu'Isaac et Rebecca attendent des jumeaux. Comme pour Isaac et Ismaël, une rivalité oppose ces deux petits êtres dans le ventre de leur maman déjà (v. 22); mais là, ce n'est pas un combat extérieur: les deux «principes» opposés de la chair et de l'Esprit, évoqués plus haut à propos d'Ismaël et d'Isaac, se trouvent en Rebecca, et combattent en elle (lire Gal. 5, 17). De la même manière, il y a en nous, dans le croyant, une opposition nécessaire entre la chair et l'Esprit. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce sujet qui a été traité dans les numéros de janvier et février, sous le titre «Né de nouveau, esclave ou libre?».
Jacob chez ses parents.
Esaü et Jacob
Avant que les jumeaux, Esaü et Jacob, naissent, Dieu déclare que le plus grand serait asservi au plus petit (v. 23). Pourquoi donc les uns sont-ils bénis et pas les autres? Nous devons accepter que Dieu est souverain; il n'a de comptes à rendre à personne! De plus, l'homme veut mériter la grâce de Dieu; mais si c'était possible, ce ne serait précisément plus la grâce. Non, Dieu a béni Jacob avant même sa naissance. Par contre, il n'est jamais dit que Dieu ait choisi quelqu'un pour la perdition! Il y a toujours ces deux aspects: la grâce souveraine de Dieu d'un côté, et la responsabilité de l'homme de l'autre. Il est bien vrai que Dieu a dit: «j'ai haï Esaü»; mais cela est dit en Malachie 1, 2, 3, plusieurs siècles après la mort d'Esaü, lorsque, malgré sa patience, Edom (le peuple descendant d'Esaü) s'est montré l'ennemi implacable de l'Eternel et de son peuple.
Les jumeaux ont grandi et sont devenus des hommes. Esaü est habile à la chasse et aime vivre dans les champs, alors que Jacob est un homme simple, qui préfère rester à la maison (v. 27).
Esaü représente l'homme actif à l'extérieur, celui qui utilise sa force et son habileté pour servir sa convoitise; bref, un être comme on en voit beaucoup aujourd'hui.
Jacob, lui, est quelqu'un de plus discret, qui habite les tentes. On peut ici déjà reconnaître en lui un trait de la famille de la foi. La simplicité, chez lui, n'est pas l'opposé de la ruse (hélas!), mais c'est celle d'un homme qui n'a pas de besoins particuliers, qui se contente de ce que Dieu lui donne. Il n'est pas ambitieux (ce mauvais état d'esprit que le monde d'aujourd'hui considère comme une qualité!). Sommes-nous satisfaits, reconnaissants de ce que Dieu nous accorde? Ou bien aimerions-nous être riche, respecté, habiter dans une maison plus belle, etc...? «Or la piété avec le contentement est un grand gain» (1 Tim. 6, 6).
Le verset 28 laisse entrevoir une situation anormale qui va porter ses mauvais fruits au chapitre 27: «Et Isaac aimait Esaü, car le gibier était sa viande; mais Rebecca aimait Jacob.» Isaac a un faible pour Esaü. Son motif, peu avouable, est que ce dernier lui rapporte du gibier, ce qu'il apprécie particulièrement. Quant à Rebecca, peut-être que le caractère plus paisible de Jacob correspond mieux au sien... Quoi qu'il en soit, cela n'aurait pas dû être ainsi. Encourageons-nous à cultiver la communion entre les différents membres de la famille.
À suivre
