La création et les miracles

Monard J.A

Introduction

«Par la foi, nous comprenons que les mondes ont été formés par la parole de Dieu» (Hébreux 11: 3). Dès son premier chapitre, la Bible nous présente Dieu appelant les choses à l’existence par une simple parole: «Et Dieu dit » (Genèse 1: 3, 6). «Il a parlé, et la chose a été» (Psaumes 33: 9). La foi s’incline devant l’autorité de cette parole toute-puissante et n’a besoin d’aucune explication scientifique, philosophique ou autre. Par la foi, nous comprenons.

Les premiers versets de l’évangile de Jean nous présentent d’une façon majestueuse la gloire du Fils de Dieu, de Celui qui est «la Parole» de Dieu. Nous y apprenons que toutes les choses créées ont été faites par lui. Il est, si l’on peut s’exprimer ainsi, l’artisan de Dieu dans la création. C’est ce que confirment les premiers versets de l’épître aux Hébreux. Ceux-ci nous apprennent en outre que le Fils de Dieu soutient toutes choses par la parole de sa puissance (Hébreux 1, 3). Cette déclaration établit le fait que le Créateur agit de façon permanente dans la création.

Les Ecritures attirent notre attention sur le témoignage universel et constant que constitue la création pour tout être humain. «Les cieux racontent la gloire de Dieu, et l’étendue annonce l’ouvrage de ses mains» (Psaumes 19, 1). La création entière, de l’infiniment grand à l’infiniment petit, manifeste la puissance et la sagesse de Dieu. «Que tes oeuvres sont nombreuses, ô Eternel! tu les as toutes faites avec sagesse. La terre est pleine de tes richesses» (Psaumes 104, 24). Ainsi, même en l’absence de toute révélation écrite de Dieu, l’homme est responsable de discerner la gloire divine dans la création et de s’incliner devant le Créateur. «Depuis la fondation du monde, ce qui ne peut se voir de lui, savoir et sa puissance éternelle et sa divinité, se discerne par le moyen de l’intelligence, par les choses qui sont faites» (Romains 1, 20; cf. Actes des Apôtres 14, 17).

Dans son éloignement de Dieu, l’homme a cherché de plusieurs manières à mettre ce témoignage de côté. L’un des succès de Satan à cet égard a été l’élaboration de théories d’apparence scientifique qui prétendent expliquer l’existence des nombreuses espèces d’êtres vivants (plantes et animaux) par un processus de transformation progressive. Nous ne nous arrêterons pas sur les défauts de ces théories, mais nous soulignons d’emblée deux points essentiels du récit de Genèse 1:

  1.  Dieu crée, ou appelle à l’existence, les plantes et les animaux «selon leur espèce» (expression plusieurs fois répétée). Cela exclut l’idée de diversification des espèces par transformations, c’est-à-dire toutes les théories évolutionnistes.
  2.  Dieu crée l’homme d’une manière entièrement distincte des animaux, et unique en son genre. Il le crée à son image, à sa ressemblance, et lui confie une position d’autorité sur le reste de la création (versets 26-28). Le chapitre suivant précise: «L’Eternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante» (verset 7). L’homme n’est donc pas le descendant d’un animal, singe anthropomorphe ou autre. Les ressemblances biologiques entre certains animaux et les hommes n’ont rien de troublant: nous avons le même Créateur !

Les lois de la nature

En observant l’univers dans lequel ils vivent, et en utilisant les facultés intellectuelles que le Créateur leur a données, les hommes ont découvert que la nature obéit à des lois. Les phénomènes se déroulent, non de façon chaotique et arbitraire, mais suivant des règles dont les hommes ont progressivement pris conscience et qu’ils ont essayé de formuler. La découverte, la formulation, la vérification et l’application de ces règles constituent ce qu’on appelle la science. Les hommes qui y sont engagés, sans cesse avides de nouvelles découvertes, cherchent à perfectionner leurs théories, et à comprendre toujours mieux le fonctionnement de l’univers.

Cependant, la formulation des lois de la nature reste toujours une approximation, parfois suffisante pour rendre compte de ce que nous observons en pratique, mais qui n’explique pas la réalité profonde des choses. D’ailleurs, il est permis de penser que la complexité des lois naturelles dépasse toute formulation complète possible.

En fait, le mot science recouvre des connaissances et des activités assez diverses :

D’un côté, il y a des sciences qui décrivent avec une grande précision le comportement de la nature dans un environnement proche de l’homme. Ces sciences-là sont à la base de la technique d’appareils et de machines dont nous nous servons constamment : lampes, horloges, téléphones, automobiles, etc. Le fonctionnement de ces objets courants n’est possible que parce que la nature obéit à certaines lois, et que les hommes ont appris, dans une mesure au moins, à les connaître et à les utiliser. Cette utilisation, si elle est faite dans le respect du Créateur et de la création n’est pas contraire à la volonté de Dieu. Elle entre dans le cadre de l’ordre qu’il a donné dès le début: «Fructifiez, et multipliez, et remplissez la terre et l’assujettissez» (Genèse 1: 28).

A l’opposé, il y a des sciences qui résultent des efforts de l’esprit humain pour tenter de percer les mystères de domaines très éloignés de lui, éloignés en distance, en temps ou en dimension. Dans de tels domaines, l’observation devient difficile, fragmentaire et indirecte, et l’expérimentation est souvent impossible. Les théories deviennent alors très fragiles, de sorte qu’on les voit naître, s’affronter les unes les autres pendant quelque temps, et mourir. C’est évidemment à cette catégorie qu’appartiennent les sciences qui cherchent à expliquer l’histoire de la création. Ne nous laissons pas troubler par leurs raisonnements spécieux.

Mais revenons à ce qui nous concerne plus directement, nous chrétiens. La création, cette création qui rend témoignage de la gloire de Dieu, ne consiste pas seulement dans les objets innombrables et admirables qu’elle contient, mais dans les lois qui conditionnent leur existence même et qui gouvernent leur fonctionnement. Les lois de la nature font partie de la création aussi bien que les objets de la nature. Et le fonctionnement de l’univers est, lui aussi, un témoignage à la sagesse et à la puissance de Dieu.

Ceci ressort clairement de plusieurs passages qui évoquent l’existence de ces lois, et la gloire de Dieu que nous avons à y discerner. Dieu demande à Job: «Fais-tu sortir les signes du zodiaque en leurs saisons, et mènes-tu la grande Ourse avec ses filles ? Connais-tu les lois des cieux ?» (Job 38: 32, 33). La sagesse de Dieu s’est manifestée «quand il faisait une loi pour la pluie, et un chemin pour le sillon de la foudre» (28: 26). Le livre des Psaumes, dans un langage poétique, présente la gloire de Dieu dans le fonctionnement de la création. Il y a le mouvement majestueux et régulier du soleil (Psaumes 19: 5, 6). Dieu «a fait la lune pour les saisons; le soleil connaît son coucher» (104: 19). «Les ordonnances de la lune et des étoiles» et «les ordonnances des cieux et de la terre» sont si fermes que Dieu les cite comme points de comparaison lorsqu’il parle de sa fidélité envers son peuple (Jérémie  31: 35, 36; 33: 25, 26).

Beaucoup de croyants, par leur profession ou leurs études, sont mis en contact avec les merveilles de la nature mises en évidence par la recherche scientifique. Qu’ils sachent découvrir et admirer la grandeur et la gloire de Celui qui a tout ordonné avec une sagesse parfaite ! Qu’ils y soient encouragés par les nombreux passages bibliques qui mettent cela en évidence ! Parmi ceux-ci, citons notamment: Job 36: 24 à 37: 18 et 38: 22-30 pour les phénomènes atmosphériques et Job 39 à 41 et Psaume 104: 10-31 pour les merveilles de la création animée. Lorsque nous songeons au développement d’un embryon, sachons partager l’émerveillement de David: «Car tu as possédé mes reins, tu m’as tissé dans le ventre de ma mère. Je te célébrerai de ce que j’ai été fait d’une étrange et admirable manière. Tes oeuvres sont merveilleuses, et mon âme le sait très bien. Mes os ne t’ont point été cachés lorsque j’ai été fait dans le secret, façonné comme une broderie dans les lieux bas de la terre» (Psaumes 139: 13-15).

La puissance et la sagesse du Dieu créateur, joints à son amour merveilleux, constituent un puissant encouragement pour le fidèle. L’homme de foi s’appuie sur un Dieu qui montre sa grandeur et sa bonté dans la création et pour lequel rien n’est trop difficile. «N’avez-vous pas compris la fondation de la terre ? Lui, qui est assis au-dessus du cercle de la terre, et ses habitants sont comme des sauterelles» (Esaïe 40: 21, 22; voir aussi versets 26-31). «Ah, Seigneur Eternel ! voici, tu as fait les cieux et la terre par ta grande puissance, et par ton bras étendu; aucune chose n’est trop difficile pour toi» (Jérémie 32: 17).

(A suivre)