Osée

John Nelson Darby

Introduction

Introduction aux livres des Petits Prophètes

Avant d’entrer dans l’examen particulier des petits prophètes, je saisirai l’occasion que nous fournit leur étude, pour faire quelques remarques sur les livres prophétiques en général, au point de vue des sujets qu’ils traitent. On peut, sous ce rapport, classer ces livres en quatre catégories principales, et remarquer que leur sujet se lie souvent à leur date:

1° Ceux qui parlent de la grande crise de la prise de Jérusalem et de ses conséquences: ce sont Jérémie, Ézéchiel, Daniel, tous les grands prophètes, sauf Ésaïe. Cet événement, en effet, a changé le gouvernement du monde et mis de côté, en jugement, le peuple élu. Je place Daniel dans cette catégorie, bien que son thème principal soit les conséquences de la prise de la ville sous la domination des gentils, jusqu’à la venue du Seigneur, parce que tout en parlant des gentils, il le fait en rapport avec la substitution de la monarchie des gentils à celle de Dieu en Israël, et en vue du sort de ce peuple.

2° Ceux qui s’occupent du gouvernement des gentils, comme tels; ce sont Jonas, Nahum, Abdias.

3° Ceux qui s’occupent de la décadence complète d’Israël et du sort qui déjà menaçait Juda, — comme Ésaïe, Osée, Amos, Michée. Ils portent un jugement moral sur le peuple, en développant, avec plus ou moins d’étendue, les voies de Dieu en grâce à la fin. Si l’on en excepte Amos, qui a prophétisé sous le règne d’Ozias, avant les trois autres, ils ont tous vécu du temps des rois Ozias, Jotham, Achaz et Ézéchias. Le règne de ce dernier roi fait époque dans ces prophéties, l’Assyrien, pendant son règne, ayant renversé le royaume d’Israël et menacé Jérusalem.

4° Enfin, les prophètes Aggée, Zacharie et Malachie, qui ont prophétisé après la captivité, les deux premiers pour encourager le peuple, le dernier pour témoigner contre l’infidélité des Juifs revenus de la captivité, et pour annoncer le témoignage et le jugement des derniers jours, qui sépareraient le résidu des méchants dont ils étaient entourés.

Je n’ai pas parlé de Joël, ni de Habakuk, parce que ces deux prophètes ont chacun un caractère particulier. Leur prophétie ne s’applique pas au jugement des gentils, comme celle de Nahum ou d’Abdias, et il n ‘y a pas non plus de date qui leur donne une portée morale fondée sur l’état d’Israël. Les deux signalent, d’une manière spéciale, les jugements des derniers temps. Joël parle d’une invasion particulière de la terre, et du jugement des nations qui s’accomplit à la même époque, en rapport avec la bénédiction d’Israël. L’Esprit, dans Habakuk, tout en prenant l’occasion d’un jugement particulier, fait ressortir les affections spirituelles et les exercices de cœur produits par la vue du mal et du jugement qui en est la suite, et montre sur quel terrain l’âme enseignée de Dieu se trouve en vue de ces choses.

Ainsi, nous trouvons dans les prophètes (les sujets qu’ils traitent étant envisagés moralement):

1° Le jugement du peuple en général, la famille de David étant épargnée pour un temps, Dieu suscitant Ézéchias, et à cette occasion le vrai fils de David annoncé. Ce sont Osée, Amos, Ésaïe et Michée.

2° Le jugement de Jérusalem et la substitution de la monarchie des gentils, le peuple étant entièrement mis de côté. Ce sont Jérémie, Daniel et Ézéchiel; ce dernier discutant tous les grands principes de relation avec Dieu et le sort de l’ensemble comme nation et pays.

3° Le jugement du monde. Ce sont Jonas, Nahum, Abdias.

4° La désolation des derniers jours par l’armée du nord, et le jugement des nations, et, après le jugement, la bénédiction temporelle d’Israël et de toute chair, spirituellement. C’est Joël.

5° Le châtiment du peuple de Dieu par le succès de la violence de l’homme, succès que Dieu permet dans ce but. L’esprit du prophète, accablé par le mal qu’il voit dans le peuple, et plus encore par la vue de l’oppression qu’il attire sur lui, comprend que le juste vivra par la foi, et que Dieu a dû permettre cette oppression, pour châtier le mal et laisser monter l’orgueil de l’homme à ce degré d’iniquité qui devait amener le jugement qui mettrait fin à cet orgueil pour toujours. C’est Habakuk. Le dernier chapitre est l’expression des sentiments produits par cette circonstance, des désirs, des souvenirs et de la confiance de la foi, foi qui se repose en Dieu lui-même à travers tous les exercices auxquels l’histoire de son peuple donne lieu dans le fidèle: précieuse consolation, quand on pense à tout ce qui se prévaut du nom de Dieu.

Ensuite, nous avons ce qui concerne les circonstances spéciales des Juifs ramenés à Jérusalem, en vue de la venue du Christ, et les conséquences de cette venue, aussi bien que de la responsabilité propre du peuple, eu égard aux circonstances dans lesquelles il était déjà placé: ce sont Aggée, Zacharie et Malachie.

Quelques détails restent encore à signaler. Jonas nous présente, d’une manière bien frappante, la patiente bonté de Dieu envers un monde de pécheurs orgueilleux et insouciants, et cela en contraste avec l’impatience qu’éprouve celui à qui sont confiés ses oracles, et qui appelle leur accomplissement pour sa propre satisfaction, lors même que ce serait par l’exécution du jugement, que la grâce renvoie à cause de l’humiliation de ceux qui en étaient l’objet.

Nahum nous fait voir, néanmoins, que ce jugement doit être à la fin exécuté, et qu’une patience inutile à tout, sinon à la gloire de Dieu, ferait enfin place à un jugement qui mettrait fin définitivement et pour toujours à tout ce qui s’élevait contre Lui.

Abdias nous révèle, non pas cet orgueil général et public du monde, mais la haine contre le peuple de Dieu qui se trouve spécialement chez ceux qui, extérieurement, étaient en rapport avec lui et prétendaient, selon la chair, avoir droit à l’héritage du premier-né.

La notion que Dieu nous donne dans ces prophètes, de ses rapports avec le monde et de sa manière de l’envisager, est pleine d’intérêt. Jonas nous fait comprendre la force de l’expression de Pierre: «un fidèle créateur». On a pu remarquer, dans Ésaïe, le riche développement des voies de Dieu en rapport avec Christ et avec Israël, et la liaison de ces choses entre elles et avec le jugement du monde. Les plans de Dieu en gouvernement y sont largement exposés.

Les trois autres grands prophètes nous font comprendre la vaste importance de cette crise dans l’histoire du monde entier, — ce moment critique où l’Éternel a cessé de le gouverner au milieu de son peuple, a transporté le siège de sa puissance au milieu des gentils, et a placé cette puissance entre les mains des hommes.

Amos et Osée nous fournissent quelque précieuse lumière sur le gouvernement moral de Dieu; ils fournissent au lecteur de la Bible, des tableaux frappants de l’état de choses existant au milieu de son peuple, les faits qui ont servi de motif au jugement que Dieu infligeait; non seulement les faits qui résultaient des voies de Dieu, mais aussi la conduite de ceux qui donnaient lieu à ces voies à l’égard de son peuple. Cet exposé de leur conduite est plein d’humiliant intérêt.

Michée (Ésaïe également), tout en s’occupant des mêmes circonstances, s’étend davantage sur les promesses en rapport avec le Christ, dont l’effet relèverait le peuple de l’état où le péché et le jugement de Dieu à la suite du péché, l’avaient placé. Nous avons déjà pu remarquer dans Ésaïe, qu’au début, tout en parlant du Seigneur Jésus, il s’occupe essentiellement de Juda, d’Israël et des nations; et à la fin, spécialement du Christ et des conséquences de son rejet par le peuple.

Ce que j’ai déjà dit des trois prophètes qui ont prophétisé après le retour de la captivité, aura pu faire comprendre que ces deux sujets les occupent aussi.

Le Christ paraît dans Aggée, et avec plus de détails encore dans Zacharie; dans Malachie, il s’agit davantage de l’état et du sort du peuple, le tout en rapport avec les derniers jours1.

1 Je désire ajouter quelque chose de plus détaillé et de plus précis que ce que j’ai dit au sujet de la prophétie au commencement d’Ésaïe. La prophétie est l’intervention de la souveraine grâce de Dieu en témoignage, pour maintenir ses relations avec son peuple, lorsque celui-ci a manqué à sa responsabilité envers Dieu dans la position où il avait été placé, de sorte que sa relation avec Dieu, dans cette position, avait été rompue, et avant que Dieu en ait établi de nouvelle par sa propre puissance en grâce. Les sujets dont la prophétie s’occupe, sont par conséquent les suivants: les voies de Dieu en gouvernement sur la terre au milieu d’Israël; les détails moraux de la conduite du peuple qui a amené sa ruine; l’intervention de Dieu en grâce, à la fin, par le Messie, pour établir son peuple dans un état de bénédiction assurée par la puissance de Dieu lui-même selon son propos.

Deux choses se lient à ces sujets principaux: le jugement des nations, jugement nécessaire pour l’établissement d’Israël dans son pays; et le rejet du Christ par les Juifs lors de sa première venue dans ce monde.

Israël avait été le centre et la clef de voûte du système établi à la suite du jugement exécuté à Babel sur la famille de Noé, à cause de son orgueil. D’après ce système, le trône et le temple de Dieu à Jérusalem étaient, l’un le siège de l’autorité divine sur tous les peuples, et l’autre le lieu de leur rendez-vous pour adorer Celui qui y était assis entre les chérubins. Or, Israël ayant manqué à l’obéissance, qui était la condition de sa bénédiction et la base de tout l’ordre reconnu de Dieu sur la terre, un autre système de suprématie humaine est établi dans la personne de Nebucadnetsar. La prophétie s’occupe donc aussi de ce qui regarde cette puissance unitaire et ses rapports avec le peuple de Dieu sur la terre, et de sa culpabilité pour s’être révoltée contre Dieu, s’être associée à Israël dans le rejet du Christ, s’être élevée à la fin en opposition ouverte contre Lui. S’étant ainsi unie aux Juifs dans le mal, elle est enveloppée avec eux dans le même jugement. Ce qui a été dit ici au sujet de la prophétie, se rapporte évidemment à l’Ancien Testament dont nous nous occupons, mais soulève la question de la différence entre la prophétie du Nouveau Testament et celle de l’Ancien. L’Assemblée n’est pas la scène du gouvernement terrestre de Dieu, elle est assise dans les lieux célestes; c’est pourquoi la prophétie ne peut pas être l’action directe de l’Esprit sur son état présent, comme elle l’était en Israël. Les communications viennent directement du Père et du Seigneur, selon les relations qui existent entre elle et eux; il en était de même pour la prophétie chez les Juifs. Mais l’Esprit peut regarder en avant dans l’Assemblée, vers le moment où la ruine du système extérieur préparera le chemin à la réintroduction du gouvernement direct de Dieu dans la personne de Christ. C’est ce que nous trouvons, en général, dans l’Apocalypse, depuis le commencement de la décadence de l’assemblée jusqu’à sa réjection, et ensuite dans le monde. C’est pourquoi, nous avons aussi les prophéties qui annoncent le déclin et la ruine de l’Assemblée après la mort des apôtres, comme nous voyons en 1 Tim. 4:1; 2 Tim. 3, et 2 Thess. 2; les épîtres de Jean, de Jude, et la seconde épître de Pierre parlent de la ruine elle-même. Un autre sujet se rattache à ceci, et met la prophétie dans la bouche du Seigneur, et l’épître de Jacques s’y rapporte, mais ne concerne pas l’Assemblée, à proprement parler: je parle des rapports de Christ comme ministre de la circoncision avec le peuple juif, tels que nous les donnent Matt. 24, et les passages parallèles dans Marc et dans Luc, et même Matt. 10, depuis le verset 15 jusqu’à la fin, où la part du résidu, dans son service en Israël, est tracée jusqu’à la venue du Seigneur. Ainsi donc, la ruine morale de l’assemblée sur la terre et l’histoire du résidu, nous fournissent les liens qui unissent ensemble ces jours et la mission de Christ à Israël avec sa venue dans les derniers jours.

 

Introduction au livre d’Osée 

Le prophète Osée a prophétisé dans la même période de temps qu’Ésaïe; mais il s’occupe davantage de l’état actuel du peuple, et en particulier d’Israël, quoiqu’aussi il parle souvent de Juda. Sa prophétie est plus simple dans son caractère que celle d’Ésaïe; son style, au contraire, est extrêmement énergique et rempli de transitions abruptes. Le règne du roi d’Israël, dont le nom sert de date à la prophétie, était extérieurement un moment de prospérité pour cette partie du pays. La prophétie elle-même nous fera savoir son état moral. La patience de Dieu a longtemps supporté la rébellion de son peuple, dont l’affliction excitait sa pitié (voyez 2 Rois 14:26), aussi longtemps que cette patience pouvait servir de témoignage au vrai caractère de Celui qui en usait, et ne niait pas la sainteté et la justice, qu’elle n’était pas une sanction donnée au péché, et qu’il était ainsi possible de bénir le peuple sans sacrifier, aux yeux des nations, tout témoignage de ce que Dieu lui-même était; en un mot, jusqu’à ce qu’il n’y eût point de remède.

Jéroboam a régné à une époque qui précède de quelques années les règnes d’Ozias, de Jotham, d’Achaz et d’Ézéchias, rois de Juda. Ozias a commencé son règne quatorze ans avant la fin du règne de Jéroboam. Il a régné cinquante-deux ans. Jotham a régné seize ans. Achaz seize ans, Ézéchias vingt-neuf ans; de sorte qu’Osée a prophétisé pendant plus de cinquante ans1, et peut-être pendant plus de temps encore, témoin de la rébellion d’Israël contre l’Éternel pendant ces longues années, navré et brisé par l’iniquité d’un peuple qu’il aimait, et dont la prospérité lui tenait au cœur, parce qu’il était le peuple de l’Éternel.

1 Une partie du règne de Jotham (la plus grande peut-être) coïncidait avec celui d’Ozias qui fut mis de côté comme étant lépreux.

La prophétie d’Osée se divise en deux parties: la révélation des desseins de Dieu à l’égard d’Israël, et les remontrances que le prophète adresse au peuple au nom de l’Éternel. Souvent, dans cette dernière partie, il parle d’Israël comme d’un tout; souvent aussi, il distingue entre Israël ou Éphraïm et Juda. Mais je ne vois pas qu’il s’adresse directement à Éphraïm, soit aux dix tribus. Il parle d’Éphraïm, mais non à Éphraïm. Au reste, le caractère général de sa prophétie est une espèce de plainte soutenue, qui exprime son angoisse à l’égard de l’état du peuple, en développant toutes les voies de Dieu envers lui, sauf le chapitre 14, où il invite Israël à la repentance telle qu’elle aura lieu aux derniers jours.

Chapitre 1er

Les trois premiers chapitres composent la première partie ou la révélation des desseins de Dieu à l’égard d’Israël. Dès l’entrée, Israël est traité comme étant dans un état de révolte contre Dieu. Le prophète devait s’unir à une femme corrompue (image prophétique, je n’en doute pas), dont la conduite était l’expression de celle du peuple. Le fils qu’elle enfante est un signe, par le nom que le prophète doit lui donner, du jugement de Dieu sur la famille de Jéhu, et sur le royaume d’Israël, qui devait cesser d’exister. En effet, après l’extinction de la famille de Jéhu, quoiqu’il y ait eu plusieurs rois, tout était confusion dans le royaume d’Israël; le royaume était perdu. Il paraît bien que, quoique le zèle de Jéhu ait été énergique pour extirper l’idolâtrie, de sorte que Dieu, dans son gouvernement extérieur, a pu, et, comme témoignage, a dû y mettre sa sanction et le récompenser, les mobiles de ce chef étaient loin d’être purs. Dieu donc, tout en le bénissant dans son gouvernement public, nous montre ici, où il révèle ses pensées et sa véritable appréciation des choses, qu’il juge justement et saintement, qu’il sait dévoiler ce que l’homme met dans ses actes d’ambition, de cruauté et même de ce faux zèle qui n’est au fond que de l’hypocrisie (couvrant du nom de zèle pour l’Éternel, ce qui n’est que la satisfaction de la volonté propre), en un mot, tout ce qui est de l’homme, et lui infliger sa juste rétribution, et cela d’autant plus qu’il se pare du nom de l’Éternel.

Jizreël, autrefois témoin du jugement de Dieu exécuté sur la maison d’Achab, serait maintenant témoin de la ruine de tout Israël.

Une fille ensuite est née à la femme que le prophète a prise. Dieu dit au prophète de l’appeler Lo-Rukhama, c’est-à-dire: plus de miséricorde. Non seulement le jugement était exécuté sur Israël, mais à part la grâce souveraine dont l’exercice était réservé pour les derniers temps, ce jugement était final. La patience de Dieu ne trouvait plus de place pour s’exercer envers le royaume d’Israël; Juda serait encore préservé par la puissance de Dieu.

Un second fils s’appelle Lo-Ammi, c’est-à-dire: pas mon peuple; car maintenant l’Éternel ne reconnaissait plus le peuple comme sien. Juda, qui pour un temps s’était maintenu dans cette position, quoique les dix tribus fussent perdues, a aussi, par son infidélité, plongé Israël tout entier sous le jugement terrible de n’être plus le peuple de Dieu et d’être abandonné par l’Éternel, qui ne voulait plus être son Dieu. Dieu ayant ainsi brièvement, mais clairement, prononcé le jugement du peuple, annonce immédiatement, avec une égale clarté, la grâce souveraine à son égard. Néanmoins, dit-il par la bouche du prophète, le nombre des fils d’Israël sera comme le sable de la mer, qu’on ne saurait compter. Mais cette grâce ouvre la porte à d’autres qu’aux Juifs; là où il avait été dit: vous n’êtes pas mon peuple, là ils seront appelés: fils du Dieu vivant1. L’application de ce passage aux gentils est constatée par l’apôtre, Rom. 9:24-26. Il cite, dans ce passage, la fin du second chapitre de notre prophète, comme exprimant la grâce envers les Juifs, et le verset que nous examinons, la miséricorde envers les gentils; au contraire, 1 Pierre 2:10, qui ne s’adresse qu’aux Juifs convertis, ne cite que la fin du second chapitre. Il n’y a pas de doute que les Juifs ne rentrent, selon ce principe, aux derniers jours; mais le Saint Esprit s’exprime ici, comme il l’a fait dans une foule de passages cités par l’apôtre, de manière à s’adapter à l’admission des gentils, lorsque le temps prévu de Dieu serait arrivé. Mais il va plus loin ici, et il annonce le retour des fils de Juda et des dix tribus, réunis et soumis à un seul chef dans la grande journée de la semence de Dieu2. Il est dit qu’ils remonteront hors du pays; mais c’est plutôt: «ils monteront du pays». On a supposé que c’est le retour d’un pays étranger; mais j’ai l’idée que le sens est plutôt que tous monteront à Jérusalem, comme un seul peuple, dans leurs fêtes solennelles.

1 On peut remarquer qu’il n’est pas dit: Ils seront mon peuple, expression moins applicable aux gentils, mais: «Fils du Dieu vivant», ce qui est précisément le privilège accordé en grâce à ceux amenés à la connaissance du Seigneur depuis la résurrection de Christ.

2 C’est le sens de Jizreël, ou plus exactement: Dieu sèmera.

Ainsi, le jugement du peuple, d’un peuple corrompu et infidèle, et la grâce envers les gentils, puis envers Israël comme peuple, sont très clairement annoncés en peu de mots, mais de manière à embrasser toute la série des voies de Dieu.

Chapitre 2

Le chapitre 2 introduit quelques événements nouveaux d’un haut intérêt, et en même temps une magnifique révélation des voies de Dieu en grâce envers Israël. Les premiers mots du chapitre reconnaissent, il me semble, le principe d’un résidu reconnu pour peuple par le cœur de Dieu, et objet de miséricorde, pendant que la nation en corps est rejetée par le Seigneur. Mais la pensée de la restauration d’Israël, annoncée au dernier verset du chapitre 1, donne au résidu sa valeur et sa place selon les conseils de Dieu. Dieu n’a pas rejeté son peuple qu’il a préconnu. L’Éternel, cependant, dit au prophète par l’Esprit, non pas: J’ai épousé ta mère, ou: Je ne la répudierai pas; mais: «Dites à vos frères, Ammi (mon peuple) et à vos sœurs, Rukhama (reçue en grâce)» c’est-à-dire qu’il s’adresse à ceux qui, touchés par l’Esprit, entrent vraiment dans la pensée du prophète quant à leurs cœurs, à ceux qui ont le caractère qui a fait dire à Jésus: Voilà mes frères et mes sœurs. Ceux-là ont, aux yeux du prophète, la position de peuple et de bien-aimés de Dieu. C’est ainsi que Pierre l’applique, chapitre 2:23, à ce résidu, que Paul raisonne, Rom. 9, et que le Seigneur lui-même peut s’appeler «le vrai cep».

Le prophète donc (lui seul le pouvait) devait reconnaître ses frères et ses sœurs comme en relation avec Dieu, selon tout l’effet de la promesse, quoique cet effet ne fût pas encore accompli. Mais de fait, quant aux voies de Dieu, il a dû plaider avec sa mère, avec Israël envisagé comme un tout. Dieu ne voulait pas le reconnaître pour sa femme; lui-même ne serait pas son mari. Elle devait aussi se repentir, pour ne pas être punie et mise à nu devant le monde. L’Éternel n’aurait pas non plus pitié de ses enfants, car elle les avait enfantés dans son commerce avec les faux dieux. Israël attribuait toutes les bénédictions dont l’Éternel l’avait comblé, à la faveur des faux dieux. C’est pourquoi l’Éternel l’arrêterait forcément dans son chemin; et puisque Israël ne reconnaissait pas que c’était l’Éternel qui lui prodiguait cette abondance, il la lui ôterait et le laisserait nu et dépourvu de tout. Il visiterait sur lui les jours des Baals, pendant lesquels Israël les avait servis et avait oublié l’Éternel. Mais après avoir amené cette femme infidèle dans le désert, où elle devait apprendre que ses faux dieux ne pouvaient l’enrichir, après l’avoir lui-même attirée là, l’Éternel parlerait à son cœur en grâce. Ce serait là, lorsqu’elle aurait compris où son péché l’avait amenée et qu’elle serait seule avec l’Éternel dans le désert où il l’avait attirée, qu’il lui donnerait la consolation et une porte pour entrer dans la jouissance des bénédictions dont il était seul le donateur.

La circonstance par laquelle Dieu exprime ce retour à la grâce, est d’un touchant intérêt. La vallée d’Acor serait sa porte d’espérance. Là où le jugement de Dieu avait commencé à tomber sur le peuple infidèle après son entrée dans la terre, lorsque Dieu agissait d’après la responsabilité du peuple, là il ferait voir que la grâce maintenant surmontait tout son péché. La joie de sa première délivrance et de sa rédemption lui serait rendue; ce serait un recommencement de son histoire en grâce; seulement, ce serait une bénédiction assurée. Le principe de ses relations avec l’Éternel serait changé. Il ne serait pas comme un maître (Baal) envers qui elle était responsable, mais comme un mari qui l’avait épousée. Les Baals seraient entièrement oubliés. Il ôterait toute espèce d’ennemi de dessus la terre, soit bête féroce, soit homme violent, et il l’épouserait en justice, en jugement, en tendresse, en miséricorde et en fidélité. Elle connaîtrait que c’était l’Éternel. Israël étant ainsi fermement épousé par l’Éternel, et tels étant les principes assurés de ses relations avec Lui, l’enchaînement de bénédiction entre l’Éternel et son peuple sur la terre, serait certain et non interrompu. L’Éternel serait en rapport avec les cieux, les cieux avec la terre; la terre rapporterait ses bénédictions, et celles-ci répondraient à tous les besoins d’Israël, semence de Dieu; aussi Dieu le sèmerait dans la terre, et son nom serait Rukhama (reçue en miséricorde ou en grâce), Ammi, c’est-à-dire mon peuple, et Israël dirait: «Mon Dieu». En un mot, il y aurait un entier rétablissement de bénédiction, mais sur le pied de la grâce et de la fidélité de Dieu.

Chapitre 3

Le chapitre 3 révèle un autre détail de l’histoire du peuple, pendant le temps de son délaissement suivi par son retour vers Dieu. Israël resterait longtemps à part pour attendre son Dieu. Il n’aurait ni vrai Dieu, ni faux dieux, ni roi, ni sacrificateur, ni sacrifice; mais après, il retournerait, il chercherait l’Éternel son Dieu et David son roi; en d’autres termes, tout Israël chercherait la vraie royauté de promesse donnée de Dieu, dont Christ est l’accomplissement. Son cœur fléchirait devant l’Éternel et devant sa bonté aux derniers jours.

Chapitres 4 et 5

Au chapitre 4, on voit que le prophète s’adresse à tout le peuple ensemble. Au verset 15, il distingue Juda d’Israël, en avertissant le premier de ne pas suivre celui-ci dans son apostasie. Il insiste, verset 2, sur les péchés dont le peuple était coupable; Israël est rejeté pour ne plus être un peuple de sacrificateurs à l’Éternel, gloire qui lui avait été promise (Ex. 19). Ceci introduit le jugement des sacrificateurs proprement dits, qui trouvaient leur satisfaction dans les péchés du peuple, pour se nourrir des sacrifices. Le proverbe: «Comme le peuple, ainsi le sacrificateur», s’accomplirait à leur égard. La corruption et le vin ôtaient tout jugement sain du cœur, et le peuple de Dieu demandait conseil à son bois et à son bâton, sacrifiait dans les hauts lieux et s’y prosternait. Dieu le livrerait aux fruits de son iniquité.

C’est alors que Dieu engage Juda à ne pas suivre ce train. Cependant, l’Esprit de l’Éternel développant toute l’iniquité d’Éphraïm, qui était accomplie sous ses yeux, montre que Juda aussi était coupable devant Lui (ch. 5:10, 13).

Sacrificateurs, peuple, roi, tous sont interpellés comme objet du jugement, comme étant tous adonnés à la violence malgré les répréhensions de Dieu. Ils ne voulaient pas revenir à Dieu. Plus tard, ils le chercheraient et ne le trouveraient point. Il se serait retiré d’avec eux. Un autre péché leur est reproché à tous les deux. Éphraïm s’est aperçu de son affaiblissement, conséquence de son péché, et Juda de sa plaie; mais ils s’étaient trop éloignés de l’Éternel pour avoir recours à Lui; ils sont allés chercher du secours en Assyrie. Délivrerait-elle le peuple méchant du jugement de Dieu? Sûrement pas. Dieu les déchirerait, comme un lion déchire sa proie; puis il se retirerait pour se renfermer dans sa demeure, jusqu’à ce qu’ils reconnussent leur offense. Dans leur affliction, ils mettraient de la diligence à le chercher.

Chapitres 6 et 7

Ceci inspire au prophète (ch. 6) son touchant plaidoyer, dans lequel il engage le peuple à se retourner vers l’Éternel. La foi a toujours cette ressource, parce qu’elle voit la main de Dieu, de son Dieu, dans le châtiment, et peut en appeler à la miséricorde d’un Dieu qu’elle connaît. Au verset 4, l’Esprit exprime la tendresse de Dieu envers son enfant rebelle, et montre combien sont passagers les quelques petits mouvements vers le bien qui peuvent exister dans son cœur. C’est pourquoi Dieu avait envoyé le témoignage des prophètes, un moyen extraordinaire, comme nous l’avons vu, pour maintenir encore, et cela moralement et réellement, la relation du peuple avec Dieu. Il ne s’agissait pas, pour le cœur de Dieu, de formes extérieures; les rapports moraux avec Dieu manquaient. Il avait suscité des prophètes comme moyen de relation avec Lui, pour ramener le cœur du peuple à lui-même. Mais, comme1 Adam l’avait fait dans le jardin d’Éden, ils avaient violé l’alliance de laquelle dépendait la jouissance des bénédictions dont Dieu les avait comblés; ils avaient agi en traîtres à son égard. L’Éternel, leur Dieu, était tout disposé à relever Israël de sa ruine; mais s’il intervenait, sa présence mettrait à découvert cette iniquité, qui présentait une barrière morale à ce relèvement. Là-dessus, le cœur du prophète déborde de nouveau en plaintes à l’égard de l’iniquité du peuple.

1 Il faut lire: «Ils ont transgressé l’alliance, ainsi que l’a fait Adam». Adam, en hébreu, est un nom propre et un nom de race. Mais ce dernier a ordinairement l’article (ha). C’est à ce passage que Paul fait allusion dans Rom. 5:14.

La prophétie d’Osée est importante sous ce rapport, qu’elle fournit le tableau moral du peuple que Dieu a jugé, l’état de ce peuple qui a rendu ce jugement absolument nécessaire. Rien de plus touchant dans la bouche de Dieu que ce mélange de reproches, de tendresse, d’appel de retour à des moments plus heureux. Mais tout a été vain; Dieu a dû juger et avoir recours à sa grâce souveraine, qui amènera Israël à la repentance et à Lui. Le peuple encouragerait le roi et les princes dans leur iniquité. Déjà, le fruit de l’iniquité d’Israël se manifestait dans sa faiblesse; des étrangers aussi le dévoraient (ch. 7:9); mais ce n’était pas un motif pour qu’il revînt à l’Éternel. Si, sensible parfois à sa misère, il poussait des cris sur son lit, il ne criait pas à Dieu. Quel tableau de l’homme sous l’effet du péché: il ne veut pas se tourner vers le Seigneur!

Chapitre 8

Au chapitre 8, c’est spécialement la violation hardie et continuelle de la loi de son Dieu, qui est ouvertement reprochée à Israël, et qui est présentée comme devant amener le jugement avec la rapidité d’un aigle. Ici, remarquez que le dévastateur dont Israël est menacé, vient jusqu’au temple de l’Éternel. Israël avait abandonné l’Éternel pour se faire ses propres autels, et Juda s’était appuyé sur un bras de chair. On peut remarquer également ici, que la prophétie présente Éphraïm comme ayant entièrement abandonné Dieu, et comme étant plongé dans l’iniquité et exposé à un jugement certain; Juda comme étant encore extérieurement fidèle, mais au fond infidèle de cœur aussi (voyez 6:11; 8:14; 11:12). Le jugement devait venir sur l’un et sur l’autre.

Chapitres 9 à 11

Nous avons sous les yeux ce touchant mélange d’affection et de jugement, qui se reproduit si souvent dans ce prophète. Éphraïm ne resterait pas dans la terre qui était celle de l’Éternel, car Dieu n’abandonnait pas ses droits, quelle que fût l’iniquité du peuple. Celui-ci irait en captivité et ne s’approcherait plus du Seigneur. Le prophète et l’homme spirituel ne lui serviraient plus de lien avec l’Éternel; Dieu le confondrait par le moyen de ce qui aurait dû l’éclairer et le conduire. Le prophète serait même un piège pour son âme, quoiqu’autrefois il eût été une sentinelle de la part de Dieu. La corruption d’Éphraïm était profonde, comme dans les jours de Guibha, dont l’histoire est racontée à la fin des Juges, et il serait visité. Dieu avait pris Israël d’entre les nations, comme objet de ses délices; et Israël avait suivi Baal-Péor même avant d’entrer dans le pays. Si Dieu supporte longtemps, il prend connaissance de tout. Maintenant Éphraïm serait vagabond parmi les nations.

À la fin du chapitre 9 et au chapitre 10, l’Esprit reproche à Israël ses autels et ses veaux d’or; il serait transporté en captivité; Juda même aussi porterait le joug. L’Assyrien prendrait ces veaux qui avaient été la confiance d’Israël. Après tout (ch. 11), Dieu se souvient de sa première affection pour Jacob. Il leur rappelle toute sa tendresse, sa bonté, ses soins. Ils ne retourneraient pas à leur ancien état en Égypte, mais seraient captifs en Assyrie. Mais, quelque grand que soit le péché d’Israël, le cœur de leur Dieu se refuse à abandonner son peuple; il ne les détruirait pas. Il était Dieu, et non point un homme; et enfin, soumis et tremblant, le peuple serait replacé par Lui dans ses demeures.

Chapitre 12

L’Esprit présente un autre côté des relations d’Israël avec Dieu. Dieu punirait Éphraïm, et Juda porterait la peine de ses fautes. Mais il leur rappelle que, dans le temps, Jacob avait su lutter avec son Dieu, le supplier et être le plus fort; qu’ensuite il l’avait trouvé à Béthel, et que là Dieu, l’Éternel même lui avait parlé, lui avait révélé son nom: en effet, il ne l’avait pas fait à Péniel. Remarquez bien ici, comment Dieu entre dans tous les détails de ses relations morales avec Israël, pour faire comprendre la force, la portée et la justice du «Lo-Rukhama» qu’il prononce sur le peuple. Il raconte toute son affection pour lui au commencement, ses tendres soins, de quelle manière il en avait été récompensé déjà à Baal-Péor, l’iniquité affreuse de Guibha maintenant renouvelée, leur corruption, leur idolâtrie, leur refus d’écouter, enfin, de quelle manière ils avaient réussi anciennement à détourner Sa colère, et comment Dieu s’était alors révélé à eux. Or, le nom qu’il avait annoncé à cette occasion était son mémorial pour toujours. Qu’ils reviennent donc à Dieu et s’attendent à Lui. Mais non, tout est corruption, et Éphraïm ne veut pas non plus reconnaître son péché. Celui qui l’avait fait monter d’Égypte le ferait encore demeurer dans des tentes, sans patrie. Dieu avait parlé constamment par ses prophètes; mais l’iniquité était là. Israël avait été déjà pauvre, vagabond et fugitif, et Dieu avait dû intervenir souverainement par un messager de délivrance, lorsqu’il n’y avait pas d’alliance sur laquelle le peuple pût compter comme étant en vigueur pour sa délivrance.

Chapitre 13

Le chapitre 13 exprime le conflit perpétuel des affections et du jugement de Dieu. La pensée du péché fait annoncer le jugement, nécessaire, immanquable; le jugement une fois prononcé, le cœur de Dieu retourne à ses propres pensées de grâce (voyez versets 1-3, 4, 7, 9, 12, 14, et les deux derniers). Il est beau de voir ce mélange de nécessité morale de jugement, de juste indignation de Dieu contre un tel péché, et d’arguments pour engager Israël à abandonner ses mauvaises voies et à chercher l’Éternel, qui se laisserait sûrement fléchir, et puis de retour aux conseils éternels de la grâce qui assurent le peuple de la jouissance de ce dont son iniquité le privait, et en même temps lui rappellent les anciennes relations soutenues avec lui, le peuple de la dilection de Dieu. Quelle condescendance et quelle grâce de la part de son Dieu, bien qu’Israël eût mérité cette sentence, tout affreuse qu’elle fût, précisément en proportion de tout ce que Dieu s’était montré pour lui: «Je ne ferai plus miséricorde». Le Seigneur Jésus peut bien dire: «Que de fois j’ai voulu rassembler tes enfants, comme une poule sa couvée sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulut»

Voyez aussi comment Dieu déduit l’histoire de l’iniquité d’Israël, depuis le désert même, et présente les moyens mis à sa disposition pour revenir à Lui, expose ses voies quand il avait dû résister à Jacob l’infidèle, mais l’avait béni lorsqu’il avait lutté par la foi, Lui qui ne change pas, et qui était encore le même pour Israël. Toute la conduite d’Israël avait été remarquée par Dieu, était conservée dans sa mémoire, et reproduite pour l’instruction du peuple, si, en quelque manière, il avait été possible de l’épargner.

Tout l’ensemble de ce tableau, fait par Dieu lui-même, nous fournit une profonde instruction, et nous engage à nous tenir près de Lui qui, quelle que soit sa patience, prend connaissance de toutes nos voies, et fait que nous moissonnons ce que nous avons semé. Rien non plus ne fait mieux voir la longue et merveilleuse patience de l’amour de Dieu. C’est le but spécial de cette prophétie, que de faire ressortir

  • l’état moral du peuple, qui a abouti à la sentence de Lo-Rukhama, et ensuite à celle de Lo-Ammi, développée dans le résumé des voies de Dieu avec le peuple, donné dans les chapitres 1-3,
  • la relation qui subsiste entre les voies morales de Dieu et ses conseils immuables,
  • le rapport entre ces conseils et les affections d’après lesquelles Dieu les accomplit,
  • l’ingratitude de l’homme dans sa conduite à l’égard de ces affections,
  • la longue patience dont Dieu use dans son amour à l’égard de son peuple ingrat,
  • et enfin, cet éloignement de Dieu, qui laisse son peuple en proie à sa propre corruption et aux séductions de l’ennemi.

En dernier résultat, l’état dans lequel son peuple se trouve, oblige Dieu à faire venir le jugement que le péché de ce peuple réclame, lorsque tous les avertissements de Dieu par ses messagers ont été inutiles; mais ceci fait place à l’accomplissement des conseils de Dieu, qui amène son peuple à la repentance, après l’avoir longtemps abandonné aux fruits de ses propres voies, et le fait ainsi jouir de l’effet de ces conseils.

Chapitre 14

C’est cette dernière œuvre que présente le chapitre 14 du prophète. Israël, revenant à l’Éternel, reconnaît son iniquité, et s’adresse à la grâce de son Dieu. C’est ainsi qu’il pouvait lui rendre un culte agréable. Son cœur, instruit et purifié, refuse le secours d’Assur, qu’il avait cherché dans son incrédulité, quand il ne voulait pas son Dieu qui sondait ses voies; il ne s’appuie plus sur le bras de la chair ni sur la force charnelle, et repousse les faux dieux devant lesquels il avait fléchi le genou. Son recours serait auprès de Celui qui avait compassion des orphelins. Dieu n’attendait que le retour du cœur du peuple, retour qu’il a produit par sa grâce, lorsque le châtiment nécessaire à sa gloire morale et au bien du peuple était terminé. Dieu lui-même (le prophète nous le fait voir) guérirait leur abandon de Lui, et les aimerait volontairement. Sa colère s’était détournée de son peuple. Il l’arroserait de bénédiction et de grâce. La beauté et la fertilité divines reparaîtraient en Israël, son peuple.

Je lis le huitième verset de la manière suivante: «Éphraïm dira: Qu’ai-je plus à faire avec les idoles?» L’Éternel dit: «Moi, je lui répondrai et je le regarderai». Puis Éphraïm: «Moi, je suis comme un cyprès vert». Ensuite la réponse de l’Éternel: «De moi provient ton fruit». C’est la repentance, dont l’Éternel prend connaissance, la conscience joyeuse d’un état béni, que Dieu fait sentir, qui procède de lui seul, et qui par là devient certain et s’accroît sous sa main. Le dernier verset nous fait comprendre ce que nous avons cherché à faire remarquer déjà, savoir, que cette histoire fait connaître les voies de Dieu que le sage, divinement enseigné dans son cœur, comprendra bien; «car les voies de l’Éternel sont justes», quelque grande que soit sa miséricorde; l’Éternel va droit devant Lui quand il agit. Le juste, soutenu et aidé par la force de Dieu, peut marcher dans ce chemin; mais le transgresseur y sera renversé par la force même qui y agit.

Il n’y a pas de prophète, en effet, qui donne l’ensemble de ces voies, comme Osée le fait.