Osée

Chapitres 6 et 7

Ceci inspire au prophète (ch. 6) son touchant plaidoyer, dans lequel il engage le peuple à se retourner vers l’Éternel. La foi a toujours cette ressource, parce qu’elle voit la main de Dieu, de son Dieu, dans le châtiment, et peut en appeler à la miséricorde d’un Dieu qu’elle connaît. Au verset 4, l’Esprit exprime la tendresse de Dieu envers son enfant rebelle, et montre combien sont passagers les quelques petits mouvements vers le bien qui peuvent exister dans son cœur. C’est pourquoi Dieu avait envoyé le témoignage des prophètes, un moyen extraordinaire, comme nous l’avons vu, pour maintenir encore, et cela moralement et réellement, la relation du peuple avec Dieu. Il ne s’agissait pas, pour le cœur de Dieu, de formes extérieures; les rapports moraux avec Dieu manquaient. Il avait suscité des prophètes comme moyen de relation avec Lui, pour ramener le cœur du peuple à lui-même. Mais, comme1 Adam l’avait fait dans le jardin d’Éden, ils avaient violé l’alliance de laquelle dépendait la jouissance des bénédictions dont Dieu les avait comblés; ils avaient agi en traîtres à son égard. L’Éternel, leur Dieu, était tout disposé à relever Israël de sa ruine; mais s’il intervenait, sa présence mettrait à découvert cette iniquité, qui présentait une barrière morale à ce relèvement. Là-dessus, le cœur du prophète déborde de nouveau en plaintes à l’égard de l’iniquité du peuple.

1 Il faut lire: «Ils ont transgressé l’alliance, ainsi que l’a fait Adam». Adam, en hébreu, est un nom propre et un nom de race. Mais ce dernier a ordinairement l’article (ha). C’est à ce passage que Paul fait allusion dans Rom. 5:14.

La prophétie d’Osée est importante sous ce rapport, qu’elle fournit le tableau moral du peuple que Dieu a jugé, l’état de ce peuple qui a rendu ce jugement absolument nécessaire. Rien de plus touchant dans la bouche de Dieu que ce mélange de reproches, de tendresse, d’appel de retour à des moments plus heureux. Mais tout a été vain; Dieu a dû juger et avoir recours à sa grâce souveraine, qui amènera Israël à la repentance et à Lui. Le peuple encouragerait le roi et les princes dans leur iniquité. Déjà, le fruit de l’iniquité d’Israël se manifestait dans sa faiblesse; des étrangers aussi le dévoraient (ch. 7:9); mais ce n’était pas un motif pour qu’il revînt à l’Éternel. Si, sensible parfois à sa misère, il poussait des cris sur son lit, il ne criait pas à Dieu. Quel tableau de l’homme sous l’effet du péché: il ne veut pas se tourner vers le Seigneur!