Osée

Chapitre 2

Le chapitre 2 introduit quelques événements nouveaux d’un haut intérêt, et en même temps une magnifique révélation des voies de Dieu en grâce envers Israël. Les premiers mots du chapitre reconnaissent, il me semble, le principe d’un résidu reconnu pour peuple par le cœur de Dieu, et objet de miséricorde, pendant que la nation en corps est rejetée par le Seigneur. Mais la pensée de la restauration d’Israël, annoncée au dernier verset du chapitre 1, donne au résidu sa valeur et sa place selon les conseils de Dieu. Dieu n’a pas rejeté son peuple qu’il a préconnu. L’Éternel, cependant, dit au prophète par l’Esprit, non pas: J’ai épousé ta mère, ou: Je ne la répudierai pas; mais: «Dites à vos frères, Ammi (mon peuple) et à vos sœurs, Rukhama (reçue en grâce)» c’est-à-dire qu’il s’adresse à ceux qui, touchés par l’Esprit, entrent vraiment dans la pensée du prophète quant à leurs cœurs, à ceux qui ont le caractère qui a fait dire à Jésus: Voilà mes frères et mes sœurs. Ceux-là ont, aux yeux du prophète, la position de peuple et de bien-aimés de Dieu. C’est ainsi que Pierre l’applique, chapitre 2:23, à ce résidu, que Paul raisonne, Rom. 9, et que le Seigneur lui-même peut s’appeler «le vrai cep».

Le prophète donc (lui seul le pouvait) devait reconnaître ses frères et ses sœurs comme en relation avec Dieu, selon tout l’effet de la promesse, quoique cet effet ne fût pas encore accompli. Mais de fait, quant aux voies de Dieu, il a dû plaider avec sa mère, avec Israël envisagé comme un tout. Dieu ne voulait pas le reconnaître pour sa femme; lui-même ne serait pas son mari. Elle devait aussi se repentir, pour ne pas être punie et mise à nu devant le monde. L’Éternel n’aurait pas non plus pitié de ses enfants, car elle les avait enfantés dans son commerce avec les faux dieux. Israël attribuait toutes les bénédictions dont l’Éternel l’avait comblé, à la faveur des faux dieux. C’est pourquoi l’Éternel l’arrêterait forcément dans son chemin; et puisque Israël ne reconnaissait pas que c’était l’Éternel qui lui prodiguait cette abondance, il la lui ôterait et le laisserait nu et dépourvu de tout. Il visiterait sur lui les jours des Baals, pendant lesquels Israël les avait servis et avait oublié l’Éternel. Mais après avoir amené cette femme infidèle dans le désert, où elle devait apprendre que ses faux dieux ne pouvaient l’enrichir, après l’avoir lui-même attirée là, l’Éternel parlerait à son cœur en grâce. Ce serait là, lorsqu’elle aurait compris où son péché l’avait amenée et qu’elle serait seule avec l’Éternel dans le désert où il l’avait attirée, qu’il lui donnerait la consolation et une porte pour entrer dans la jouissance des bénédictions dont il était seul le donateur.

La circonstance par laquelle Dieu exprime ce retour à la grâce, est d’un touchant intérêt. La vallée d’Acor serait sa porte d’espérance. Là où le jugement de Dieu avait commencé à tomber sur le peuple infidèle après son entrée dans la terre, lorsque Dieu agissait d’après la responsabilité du peuple, là il ferait voir que la grâce maintenant surmontait tout son péché. La joie de sa première délivrance et de sa rédemption lui serait rendue; ce serait un recommencement de son histoire en grâce; seulement, ce serait une bénédiction assurée. Le principe de ses relations avec l’Éternel serait changé. Il ne serait pas comme un maître (Baal) envers qui elle était responsable, mais comme un mari qui l’avait épousée. Les Baals seraient entièrement oubliés. Il ôterait toute espèce d’ennemi de dessus la terre, soit bête féroce, soit homme violent, et il l’épouserait en justice, en jugement, en tendresse, en miséricorde et en fidélité. Elle connaîtrait que c’était l’Éternel. Israël étant ainsi fermement épousé par l’Éternel, et tels étant les principes assurés de ses relations avec Lui, l’enchaînement de bénédiction entre l’Éternel et son peuple sur la terre, serait certain et non interrompu. L’Éternel serait en rapport avec les cieux, les cieux avec la terre; la terre rapporterait ses bénédictions, et celles-ci répondraient à tous les besoins d’Israël, semence de Dieu; aussi Dieu le sèmerait dans la terre, et son nom serait Rukhama (reçue en miséricorde ou en grâce), Ammi, c’est-à-dire mon peuple, et Israël dirait: «Mon Dieu». En un mot, il y aurait un entier rétablissement de bénédiction, mais sur le pied de la grâce et de la fidélité de Dieu.