Marc

Chapitre 3

Telle était la question suscitée dans la synagogue à l’occasion de l’homme à la main sèche. Le Seigneur soulève cette question publiquement devant la conscience de ceux qui l’observaient; mais ni cœur, ni conscience ne lui répondent, et il agit dans son service selon la bonté et les droits de Dieu, et il guérit l’homme1. Les pharisiens et leurs ennemis, les hérodiens — car tous étaient contre Dieu, et unis en cela — consultent ensemble comment ils détruiront Christ. Jésus s’en va vers la mer2. Là, la multitude le suit à cause de tout ce qu’il avait fait; de sorte qu’il est obligé de prendre une nacelle, afin de pouvoir se tenir en dehors de la foule. Les esprits Lui sont soumis, forcés qu’ils sont de reconnaître qu’il est le Fils de Dieu; mais il leur défend de le faire connaître.

1 On ne peut que voir comment l’ancien système, basé sur ce que l’homme devait être pour Dieu, est mis de côté pour introduire ce que Dieu est pour l’homme. Mais le premier, ayant été établi de Dieu, rien d’autre que les paroles et les œuvres de Jésus n’aurait autorisé les Juifs à y renoncer. Tel qu’était celui-ci, c’était visiblement de l’opposition et de la haine contre la pleine révélation de Celui qui avait ordonné l’autre système (Comp. Jean 15:22-24).

2 C’est-à-dire la mer de Tibérias.

Prêcher, chercher les âmes, se dévouer à tous, en se montrant par ses actes possesseur de la puissance divine, se cachant en même temps loin de l’observation des hommes pour accomplir, en dehors de leurs applaudissements, ce service qu’il avait entrepris — telle était sa vie d’homme ici-bas. L’amour et la puissance divine se révèlent dans le service que cet amour le poussait à accomplir et dans l’accomplissement duquel cette puissance s’exerçait. Mais cela ne pouvait être circonscrit par le judaïsme, tout soumis que fut le Seigneur aux ordonnances de Dieu données aux Juifs.

Or, Dieu étant ainsi manifesté, l’opposition charnelle de l’homme se montre bientôt1. La description du service de Christ se termine donc ici, et son effet se manifeste. Puis, dans ce qui suit, cet effet est développé quant à l’iniquité de l’homme et quant aux conseils de Dieu. En attendant, le Seigneur établit douze de ses disciples pour l’accompagner et pour les envoyer prêcher en son nom (v. 13-19). Il pouvait, non seulement faire des miracles, mais encore communiquer à d’autres ce pouvoir, et le faire par voie d’autorité. Il retourne dans la maison et la multitude s’y rassemble. Et ici, les pensées de l’homme se développent en même temps que celles de Dieu. Ses amis le cherchent comme quelqu’un qui était hors de sens. Les scribes, ayant de l’influence comme hommes instruits, attribuent à Satan une puissance qu’ils ne peuvent nier. Le Seigneur leur répond en montrant que tout péché en général pouvait être pardonné; mais que reconnaître la puissance et l’attribuer à l’ennemi, plutôt que de reconnaître Celui qui la tenait, c’était prendre la place, non d’une incrédulité ignorante, mais celle d’adversaires, blasphémant ainsi contre le Saint Esprit — c’était un péché qui ne serait jamais pardonné (v. 23-30). L’«homme fort» était là; mais Jésus était plus fort que lui, car il chassait les démons. Satan cherchait-il à renverser sa propre maison? Le fait que la puissance de Jésus se manifestait ainsi, les laissait sans excuse. L’«homme fort» de Dieu était venu: Israël le repoussait et, quant à ses chefs, en blasphémant contre le Saint Esprit, ils se plaçaient eux-mêmes sous une condamnation sans espoir. Aussi le Seigneur distingue-t-il immédiatement le résidu qui recevait sa parole, de tout ce qui le liait à Israël selon la chair. Sa mère ou ses «frères», ce sont les disciples qui l’entourent, et ceux qui font la volonté de Dieu. Cela met réellement Israël de côté à ce moment-là.

1 Voilà le secret de toute l’histoire de Jésus, Fils de David. Toutes les promesses pour les Juifs étant en Lui, le serviteur aussi de tous les besoins et de toutes les peines, quoique étant Dieu et que Dieu fût manifesté en Lui, voilà ce que l’homme ne pouvait supporter. La pensée de la chair est inimitié contre Dieu.