Luc

Chapitre 17

La grâce est le ressort de la marche chrétienne et en fournit les règles. On ne méprise donc pas impunément les faibles, et sans se lasser on pardonne à son frère; on dispose, pour ainsi dire, de la puissance de Dieu par la foi, celle-ci fût-elle comme un grain de moutarde. Toutefois, quand on a tout fait, on n’a fait que son devoir (vers. 5-10). — Puis dans les vers. 11-37, Jésus montre la délivrance du joug du judaïsme, et il juge le système qu’il reconnaissait encore. Comme il parcourait la Samarie et la Galilée, dix lépreux le supplient de loin de les guérir, et il les renvoie aux sacrificateurs: c’était par le fait leur dire qu’ils étaient nets. Le Seigneur ne les envoyait pas aux sacrificateurs pour leur faire reconnaître leur souillure, puisqu’ils savaient qu’ils avaient la lèpre. Prenant donc Jésus sur parole, ils s’en vont dans la confiance qu’ils se présenteront nets aux sacrificateurs, et ils sont guéris aussitôt en chemin. Contents d’avoir profité de sa puissance, neuf d’entre eux poursuivent leur route vers les sacrificateurs et restent Juifs, ne sortant pas de l’ancien bercail. Jésus connaissait bien le bercail, mais eux ne le reconnaissaient que pour profiter de la présence du Sauveur et rester là où ils étaient. Ils ne voyaient ni dans sa personne, ni dans la puissance de Dieu en lui, rien qui les attirât: ils étaient Juifs. Mais le dixième lépreux, ce pauvre étranger, un Samaritain, reconnaît la bonne main de Dieu, et se prosterne devant le Seigneur en lui rendant grâces; celui-ci le renvoie dans la liberté de la foi: «Lève-toi, et t’en va; ta foi t’a guérie!» Le Samaritain n’a pas besoin d’aller chez les sacrificateurs, car il a trouvé Dieu et la source de bénédiction en Christ; et il s’en va affranchi du joug qui allait se rompre judiciairement pour tous; car le royaume de Dieu était là pour qui le pouvait discerner, le Roi étant au milieu d’Israël. Le royaume ne venait pas, il est vrai, de manière à attirer l’attention du monde, mais il était au monde; de sorte que les disciples désireraient voir l’un des jours dont ils avaient joui pendant la présence du Seigneur sur la terre, et ils ne le verraient point (v. 22).

Ensuite, le Seigneur annonce à ses disciples les prétentions des faux christs, le vrai Christ ayant été rejeté; de sorte que le peuple sera en proie aux ruses de l’Ennemi; mais les disciples doivent se garder de les suivre. En tant qu’en rapport avec Jérusalem, ils seront exposés à ces tentations; mais ils ont, pour les traverser, les directions du Seigneur. Or le Fils de l’homme, dans son jour, sera comme l’éclair; avant cela néanmoins, il doit souffrir beaucoup de la part des Juifs incrédules. Le jour du Fils de l’homme sera, comme les jours de Noé et de Lot: — les hommes seront à leur aise et occupés à réaliser des projets charnels, comme le monde surpris par le déluge, ou comme Sodome surprise par le feu du ciel. Ainsi en sera-t-il lors de la révélation du Fils de l’homme, révélation publique, éclatante et soudaine. — Tout ceci concernait Jérusalem: ainsi avertie, toute son affaire était d’échapper au jugement qui éclaterait, lors de la venue du Fils de l’homme, contre la ville qui l’avait rejeté, car ce Fils de l’homme qu’ils avaient méconnu reviendrait dans sa gloire. Alors pas de regard en arrière! — car ce serait avoir son cœur là où était le jugement: mieux valait tout perdre, jusqu’à la vie, plutôt que de s’associer avec ce qui devait être jugé. Si par infidélité on avait échappé à ceux qui avant le jugement n’épargnaient pas les fidèles, et cherché à sauver sa vie, le jugement, étant celui de Dieu, saurait atteindre les gens dans leur lit, et distinguer entre deux qui s’y trouvaient, comme entre deux femmes broyant leur grain aux mêmes meules. Le caractère de ce jugement montre qu’il ne s’agit pas de la destruction de Jérusalem par Titus; on y voit la main de Dieu qui sait discerner, prendre et épargner. Aussi n’est-ce pas un jugement de morts, mais un jugement sur la terre: un est dans un lit, l’autre au moulin, celui-ci sur le toit, celui-là dans les champs. Prévenus par le Seigneur, ceux qui avaient des oreilles pour écouter avaient à tout abandonner, et ne devaient avoir égard qu’à Celui qui était venu pour juger.

À qui s’enquerrait du lieu du jugement, la réponse était qu’il aurait lieu «là où est le corps mort»: le jugement descendrait là comme les aigles que l’on ne voit pas, mais auxquels leur proie n’échappe pas.