Troisième voyage missionnaire de l’apôtre Paul

Actes des Apôtres 18, 2.3 à 21, 17

Revenus depuis peu de leur deuxième voyage missionnaire, l'apôtre Paul et ses compagnons se retrouvent à Antioche. Ils avaient été en route pendant deux, voire trois ans, et avaient parcouru des milliers de kilomètres — sans voiture et sans avion, bien sûr. Inlassablement, ils avaient annoncé le message du salut. Ils avaient enseigné les croyants quant à la doctrine et à la marche chrétiennes et les avaient encouragés à s'appuyer sur le Seigneur en toutes circons­tances.

C'est vraisemblablement en l'an 54 que Paul entreprend son troisième voyage missionnaire, avec tout ce que cela comporte de peines et de travail pour celui qui veut servir le Seigneur, «il (Paul) s'en alla, et traversa successivement le pays de Galatie et la Phrygie, fortifiant tous les disciples» (Actes 18, 23). Lors de ce parcours, il se rend dans plusieurs villes d'Asie, de Macédoine et de Grèce, villes qu'il avait déjà visitées lors de son précédent voyage. Il s'arrête plus ou moins longtemps aux endroits qu'il visite. Son séjour en Grèce dure trois mois, mais il séjourne trois ans à Ephèse (20, 31). Il écrit aussi des lettres durant ce voyage: les deux épîtres aux Corinthiens, l'épître aux Romains et probablement l'épitre aux Galates. Quel homme actif et infatigable!

Nous ne pouvons pas nous comparer à l'apôtre Paul. Mais une chose est sûre, c'est que le Seigneur aime voir en nous le désir de le servir. Il n'est pas nécessaire d'accomplir de grandes choses, mais de se mettre à sa disposition. Un service, si petit soit-il, réjouira son coeur et nous rendra heureux!

Scène d'adieux à Milet

Paul se trouve sur le chemin du retour et le voici arrivé à Milet, une étape importante de son périple. Il s'y déroule une scène émouvante. Il fait venir les anciens d'Ephèse, une ville proche de Milet, pour leur parler, En fait, c'est un discours d'adieux qu'il leur adresse, car il a le sentiment qu'il ne les reverra pas. Pendant de nombreuses années, il s'était dévoué entièrement, prêchant et travaillant avec le plus grand zèle, et priant beaucoup pour les croyants. Maintenant, il met les anciens en garde contre les faux docteurs et les méchants hommes qui viendraient dans l'intention de nuire aux croyants et à l'assemblée, et cela d'autant plus qu'il n'y aurait plus d'apôtres. Paul leur dit: «Moi je sais que vous tous... vous ne verrez plus mon visage... Et maintenant je vous recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce.» (20, 25, 32). «Prenez... garde à vous-mêmes», leur dit-il encore. Quelles paroles saisissantes pour- ces frères qui l'écoutent! Beaucoup se mettent à pleurer, sachant qu'ils ne le reverraient plus. Mais ces croyants ne restent pas sans ressources. Paul les a rendus attentifs au fait qu'ils avaient Dieu et sa Parole. N'était- ce pas une grande consolation? Dieu veillerait à ce que le témoignage chrétien subsiste après le départ de l'apôtre Paul.

Paul ne les recommande pas à un quelconque successeur, mais à Dieu et à la parole de sa grâce.

Nous n'avons plus d'apôtres aujourd’hui. Dieu l'a voulu ainsi. C'est lui qui prend soin de nous et nous apporte son soutien dans notre vie quotidienne et dans l'assemblée. Il nous a aussi donné son. Esprit et sa Parole pour notre marche ici-bas. En faisons-nous bon usage?

Jérusalem

En cours de route, Paul s'était proposé d'aller a Jérusalem pour le jour de la Pentecôte et de se rendre ensuite à Rome.

«Et ils l'accompagnèrent au navire» (v. 38). Le voyage se poursuit donc en direction de Jérusalem, dans une atmosphère qui devait être bien particulière. Après avoir fait escale dans d'autres villes encore, Paul et ses compagnons arrivent à Césarée. Ils s'y arrêtent pour plusieurs jours et logent dans la maison de Philippe. Un prophète, nommé Agabus descend alors de Judée pour les rejoindre. «Ayant pris hi ceinture de Paul, et s'étant lié les pieds et les mains, il dit: L'Esprit Saint dit ces choses:

L'homme à qui est cette ceinture, les juifs à Jérusalem le lieront ainsi et le livreront entre les mains des nations» (21, 11). En entendant cela, ceux qui se trouvaient là supplient Paul de ne pas y aller, vu le danger pour lui. Mais sa décision est prise: «Je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus. Et comme il ne se laissait pas persuader, nous nous tûmes, disant: La volonté du Seigneur soit faite! » (v. 13, 14). Puis ils se mettent en route. «Et quand nous fûmes arrivés à Jérusalem, les frères nous reçurent avec joie» (v. 17).

Quelle abnégation dans l'attitude de Paul! Il était prêt à tout pour servir son Seigneur! Aurait- il dû tenir compte de cet avertissement? Dieu seul sait pourquoi il en a décidé ainsi. Il nous arrive aussi de mal interpréter une situation ou les décisions prises par d'autres. Prenons alors exemple sur ces croyants de Césarée: ils ne jugent pas l'apôtre, mais s'en remettent à Dieu: «La volonté du Seigneur soit faite! »

A suivre