Echos d'Afrique
Partie de foot pendant la pause
De retour à Rata
C'est justement la pause de dix heures: élèves et apprentis s'ébattent dans la grande cour de récréation. Inutile de chercher Pedro; il est bien sûr en train de jouer au football! La dizaine de garçons qui courent après le ballon ne semblent pas se préoccuper de la chaleur étouffante. Plein d'ardeur, ils s'appliquent à faire circuler le ballon.
Le maître d'apprentissage de Pedro, Don Feliciano, est assis à l'ombre sur un muret et les regarde jouer. Nous nous saluons aimablement. Mais qui est donc assis tout près de là sur le petit mur? Ce jeune homme avec une veste orange, n'est-ce pas Mariano? Nous nous connaissons bien. Lorsque j'habitais à Bata, il venait régulièrement s'occuper de mon jardin le samedi matin. Malheureusement, c'est à cette époque que son papa était décédé de façon inattendue.
«Comment vas-tu Mariano? Que fais-tu ici au centre?»
Mariano raconte: «Après la mort de mon père, j'ai encore suivi l'école pendant une année. En parallèle, j'aidais le plus possible ma maman et j'essayais de gagner un peu d'argent en faisant des petits travaux. Mais cet argent ne suffisait pas pour payer l'écolage de mes petits frères et soeurs. Ils ont donc dû rester à la maison.
Un jour, je me suis dit: «Ce n'est quand même pas juste. Moi, j'ai pu suivre l'école primaire et je suis maintenant dans une école supérieure, alors que mes frères et soeurs ne savent même pas lire et écrire correctement... C'est moi le fils aîné. Papa n'est plus là. Je vais donc essayer de gagner de l'argent pour payer leurs frais de scolarité!
»J'ai alors trouvé un sculpteur sur bois qui m'a enseigné son art. Il m'a montré comment sculpter de beaux fruits avec différents bois. Puisque mon père avait travaillé dans ce centre, j'ai reçu la permission d'utiliser un atelier pour terminer mes fruits et les polir. Viens, je vais te montrer où je travaille.»
Mariano se lève et me conduit au fond de l'atelier. On y trouve plusieurs vieilles machines, des meubles en construction et tout un bric-à-brac... «Regarde ça!» Sur un établi, je découvre un étrange appareil cylindrique entouré d'une bande de caoutchouc. Une tige dc métal d'environ 20 cm dépasse du cylindre; à son extrémité est fixé un disque de ponçage. Mariano explique: «Un ami m'a offert ce moteur de machine à laver. Je l'ai transformé en ponceuse. Regarde comme cela fonctionne bien!» A ces mots, il enclenche le courant. Aussitôt, la tige se met à tourner. Mariano prend un des fruits qu'il a sculptés et l'appuie délicatement contre le disque de ponçage. Tout dans son attitude indique qu'il est déjà bien expérimenté. «Tu es devenu un véritable artiste Mariano! Ces fruits sont façonnés soigneusement et ce plat est aussi très bien fait. Trouves-tu toujours des clients pour acheter ces jolies choses?» «Dès que j'ai fini deux ou trois plats avec leurs fruits, je vais en ville et les offre aux passants.
Les meilleures affaires, je les fais avec les Blancs. Souvent, je les rencontre sur la terrasse du restaurant «Bar Central». Malheureusement, ils ne me payent pas tous bien. Cependant je gagne assez d'argent pour permettre à mes frères et soeurs d'aller à l'école et pour aider ma mère à acheter à manger.»
«C'est vraiment beau de ta part, Mariano. Je te souhaite un plein succès! Mais dis, penses-tu encore à ce que tu as appris du Seigneur Jésus? Lis-tu ta Bible?» «De temps à autre» est la réponse hésitante. «Prends le temps de le faire! Car la Bible, c'est la Parole de Dieu. Sais-tu qui, en vérité, est celui qui veille fidèlement sur votre famille et qui te donne chaque jour les forces nécessaires et l'habileté pour ton travail? C'est Dieu seul! Il nous aime et veut notre bien. C'est pour cela que le Seigneur Jésus est venu sur la terre et est mort sur la croix pour nos péchés. Celui qui croit en lui et l'accepte comme son Sauveur, reçoit le pardon de ses péchés et la vie éternelle. Ne veux-tu pas aussi lui ouvrir ton coeur?» Mariano me regarde, puis répond: «Je vais y réfléchir».
A suivre
