Préparation au combat
Josué 5: 2-15
Après des années de marche à travers le désert, le peuple d’Israël arrive enfin au pays de Canaan. Il passe le Jourdain à pied sec, atteignant ainsi le but tant espéré, le pays promis, dont Dieu a dit qu’il ruisselait de lait et de miel. Mais Israël peut-il entrer immédiatement en possession de son héritage? Non, il doit constater que le pays est habité par des ennemis.
Pourtant, Dieu a dit: «Tout lieu que foulera la plante de votre pied, je vous l’ai donné» (Josué 1: 3). Israël doit d’abord conquérir le pays, et cette conquête nécessite une préparation adéquate. Celle-ci est décrite en Josué 5. Elle comporte: la circoncision, la nourriture, et la conscience de la présence de Dieu. Ces trois points ont une grande signification spirituelle pour nous.
La circoncision
Tout d’abord, le peuple est circoncis à Guilgal. Quand cela est réalisé, Dieu dit à Josué: «Aujourd’hui j’ai roulé de dessus vous l’opprobre de l’Egypte» (verset 9).
Bien que la circoncision soit ici un acte extérieur, Dieu nous montre, dans l’Ancien Testament déjà, que la vraie circoncision s’accomplit à l’intérieur, dans le coeur: «Circoncisez-vous pour l’Eternel, et ôtez le prépuce de vos coeurs, hommes de Juda et habitants de Jérusalem» (Jérémie 4: 4).
Dans le Nouveau Testament, il est parlé à plusieurs reprises de la circoncision dans ce sens spirituel. Etienne adresse aux conducteurs d’Israël le reproche: «Gens de col roide et incirconcis de coeur et d’oreilles, vous résistez toujours à l’Esprit Saint; comme vos pères, vous aussi» (Actes des Apôtres 7: 51). Et Paul déclare: «La circoncision est du coeur, en esprit, non pas dans la lettre» (Romains 2: 29).
Nous trouvons en Colossiens 2: 9-13 ce que signifie véritablement la circoncision pour nous chrétiens. Nous sommes «circoncis d’une circoncision qui n’a pas été faite de main», que Paul appelle «le dépouillement du corps de la chair», et qui a eu lieu «par la circoncision du Christ» c’est-à-dire, figurativement, par sa mort. Il s’agit donc de notre mort avec Christ. Concrètement, en ce qui concerne notre vie pratique de chrétiens, cela signifie que la nature et les ressources humaines sont absolument inaptes au combat de la foi. «Notre lutte n’est pas contre le sang et la chair, mais contre les principautés, contre les autorités, contre les dominateurs de ces ténèbres, contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes» (Ephésiens 6: 12).
Il s’agit donc d’appliquer le couteau à l’endroit où la vieille nature est active, là où elle développe des pousses. Dans l’épître aux Colossiens, nous trouvons l’exhortation: «Mortifiez donc vos membres qui sont sur la terre, la fornication, l’impureté, les affections déréglées, la mauvaise convoitise, et la cupidité, qui est de l’idolâtrie» (3: 5). Cette circoncision spirituelle ne touche pas seulement les péchés manifestes, elle doit être appliquée à tout ce qui vient de nous-mêmes, de notre propre nature. Notre intelligence naturelle en fait également partie, ainsi que toutes nos facultés, notre expérience de la vie, notre sagesse humaine, notre connaissance des choses terrestres et le bon jugement qui s’y lie.
Le roi Saül nous fournit une illustration. Cette circoncision intérieure lui manquait totalement. Lorsque David propose ses services pour combattre contre Goliath, il lui répond: «Tu n’es pas capable d’aller contre ce Philistin pour combattre avec lui; car tu es un jeune homme, et lui, il est un homme de guerre dès sa jeunesse» (1 Samuel 17: 33). C’est là le raisonnement de l’homme naturel, du guerrier expérimenté. Et lorsque David persiste dans sa requête, Saül lui offre son armure. Mais David ne peut pas marcher avec ces choses et s’en débarrasse bien vite. C’est par la foi et avec les moyens de Dieu qu’il vaincra Goliath.
L’apôtre Paul résume en quelques mots ce qui caractérise la vie pratique de la foi: «Nous qui rendons culte par l’Esprit de Dieu, et qui nous glorifions dans le Christ Jésus, et qui n’avons pas confiance en la chair» (Philippiens 3: 3).
Par la suite, Israël devait toujours revenir à Guilgal. Cela nous montre que le jugement de soi-même n’est jamais terminé. Pour remporter la victoire, il doit être appliqué journellement dans notre vie.
La nourriture
Après la circoncision, nous trouvons la nourriture (versets 10-12). Elle nous est présentée sous trois formes: la Pâque, la manne, et le vieux blé du pays.
Le peuple célèbre la Pâque à Guilgal. Il l’avait célébrée pour la première fois en Egypte (Exode 12). Là, le sang de l’agneau avait été placé sur les portes des Israélites. La Pâque est une image de l’oeuvre du Seigneur Jésus à la croix, oeuvre qui nous met à l’abri du jugement.
Lors de l’institution de la Pâque, Dieu avait dit: «Et ce jour-là vous sera en mémorial, et vous le célébrerez comme une fête à l’Eternel; vous le célébrerez en vos générations comme un statut perpétuel» (Exode 12: 14). Depuis ce jour, la Pâque devait être mangée en mémoire de ce que le peuple avait vécu en Egypte. L’injonction faite à Israël reporte nos pensées sur celle que le Seigneur à faite à ses disciples: «Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi!» (Luc 22: 19). La première épître aux Corinthiens nous donne des enseignements complémentaires au sujet de ce mémorial (chapitre 11).
Après la sortie d’Egypte, les Israélites ont célébré la Pâque pour la première fois dans le désert (Nombres 9: 1-14). Là nous apprenons qu’on ne pouvait la manger que si on était «pur». De façon similaire, la pureté personnelle de ceux qui prennent part à la cène est de toute importance (cf. 1 Corinthiens 11: 28).
En Josué 5, la Pâque est célébrée dans le pays pour la première fois. Ce récit évoque, en ce qui nous concerne, le souvenir de l’oeuvre de rédemption accomplie en notre faveur et le repos qui en découle. Ainsi, quand nous annonçons la mort du Seigneur en mangeant le pain et en buvant la coupe, nous sommes occupés de son oeuvre rédemptrice à la croix et de son sacrifice, et c’est une nourriture pour nos âmes. Cependant, c’est tous les jours de notre vie que nous pouvons nous nourrir d’un Christ mort.
La manne qui servait de nourriture au peuple d’Israël dans le désert nous parle de la vie de Jésus sur la terre (cf. Jean 6: 32-35). Contempler notre Seigneur comme homme ici-bas, dans sa manière d’être, dans sa douceur et son humilité, est réellement une nourriture pour nos âmes. C’est ce dont nous avons particulièrement besoin pour faire face aux circonstances de notre vie quotidienne. Lui-même nous dit: «Apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de coeur» (Matthieu 11: 29). Nous lisons aussi: «Car considérez celui qui a enduré une telle contradiction de la part des pécheurs contre lui-même, afin que vous ne soyez pas las, étant découragés dans vos âmes» (Hébreux 12: 3). Et encore: «Car aussi Christ a souffert pour vous, vous laissant un modèle, afin que vous suiviez ses traces, lui qui n’a pas commis de péché, et dans la bouche duquel il n’a pas été trouvé de fraude, qui, lorsqu’on l’outrageait, ne rendait pas d’outrage, quand il souffrait, ne menaçait pas, mais se remettait à celui qui juge justement» (1 Pierre 2: 21-23). Malheureusement, dans notre vie pratique, nous sommes souvent bien loin du modèle que le Seigneur nous a laissé. Que Dieu exerce nos coeurs à cet égard et nous donne de refléter quelque chose de ses caractères.
Le pays de Canaan étant pour nous une image des lieux célestes, le vieux blé du pays nous parle du Christ glorifié. Lorsque nous nous réjouissons en lui dans sa gloire et dans le fait que les pensées et les conseils éternels de Dieu ont trouvé leur accomplissement en lui, alors nos coeurs sont nourris. Plus encore: «Contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image» (2 Corinthiens 3: 18).
Dieu donne cette nourriture à son peuple «devant les portes de Jéricho», en présence de l’ennemi. «Tu dresses devant moi une table, en la présence de mes ennemis; tu as oint ma tête d’huile, ma coupe est comble» (Psaumes 23: 5).
La conscience de la présence de Dieu
La fin du chapitre place devant nous une scène remarquable: «Le chef de l’armée de l’Eternel», son épée nue dans sa main, se présente à Josué tandis qu’il est près de Jéricho.
Il est important pour nous, dans le combat contre nos ennemis, de connaître la puissance de notre Dieu. «Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?» (Romains 8: 31). Dans les dernières paroles qu’il adresse à ses disciples, le Seigneur leur dit: «Vous avez de la tribulation dans le monde; mais ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde» (Jean 16: 33). Quel encouragement pour nous de savoir que le Seigneur dans les cieux dirige les combats!
Josué fait ici l’expérience merveilleuse de la présence de Dieu et reçoit ainsi l’assurance de son aide dans les batailles qui sont en perspective. C’est une expérience semblable à celle qu’avait faite Moïse près du buisson d’épines, dans le désert (Exode 3: 5). Comme Moïse et Josué, nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes pour faire face aux circonstances éprouvantes qui sont devant nous.
La première épée tirée dont il est question dans le livre de Josué se trouve dans la main du Seigneur. En présence du chef de l’armée de l’Eternel, Josué est invité à se déchausser: le lieu sur lequel il se tient est saint. Nous ne pourrons vraiment recevoir son aide que si notre vie est marquée par la sainteté pratique.
Ces versets nous enseignent aussi qu’il n’y a pas de position neutre dans le combat spirituel. «Es-tu pour nous, ou pour nos ennemis?» demande Josué. En principe, toutes choses sont soit pour le bien du croyant, soit une entrave pour lui.
