L’élévation de Joseph
Genèse 41: 38-46
Introduction
L’histoire de Joseph est riche en enseignements sur la personne du Seigneur Jésus. Les souffrances que ses frères lui ont infligées font de lui un type très clair de Christ rejeté par les Juifs. De nombreux détails de son histoire présentent une correspondance remarquable avec la vie de Jésus.
Le parallèle entre l’élévation de Joseph et celle du Seigneur Jésus, faisant l’une et l’autre suite aux souffrances endurées, nous est peut-être moins familier.
Nous désirons nous occuper ici des distinctions et des honneurs dont le Pharaon a comblé Joseph, images des gloires de Christ qui ont suivi ses souffrances (cf. Luc 24: 26). La parole de Dieu nous exhorte: «Si donc vous avez été ressuscités avec le Christ, cherchez les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu; pensez aux choses qui sont en haut» (Colossiens 3: 1, 2). Et le Seigneur lui-même nous dit: «Là où est ton trésor, là sera aussi ton coeur» (Matthieu 6: 21).
Appelé par le Pharaon hors de sa prison, Joseph se rasa et changea de vêtements. Il ne pouvait entrer devant lui en tenue de prisonnier. Lorsqu’il entendit l’interprétation du songe qu’il avait eu, le roi d’Egypte comprit tout de suite qu’il avait affaire à quelqu’un d’extraordinaire. «Trouverons-nous un homme semblable à celui-ci, en qui est l’esprit des dieux?» s’écrie-t-il devant ses serviteurs (verset 38). Et immédiatement, il accorde à Joseph plusieurs distinctions exceptionnelles (versets 42-45):
- Il met son propre anneau à la main de Joseph,
- il le revêt de vêtements de byssus,
- il met un collier d’or à son cou,
- il décrète que tous s’agenouillent devant lui,
- il lui confie le gouvernement de tout son royaume,
- il lui accorde un titre,
- et lui donne une épouse.
L’anneau
Autrefois, le détenteur de l’anneau du souverain apposait le sceau royal sur des écrits ou des documents importants, afin d’en prouver l’origine et l’authenticité. Une fois scellé, un décret pouvait être irrévocable (cf. Esther 8: 8).
Essayons de nous représenter cette scène: l’homme le plus puissant de cette époque enlève son anneau, emblème de son autorité et de son pouvoir absolu. Il le met à la main de ce jeune Hébreu qui, il y a quelques heures, n’était qu’un prisonnier sans droit. Joseph est maintenant établi gouverneur d’Egypte, revêtu de la plus haute autorité et des plus vastes compétences.
Et qu’en est-il de notre Seigneur? Il est maintenant l’homme haut élevé et glorifié dans le ciel. Dieu a remis toutes choses entre ses mains. A son sujet, la seconde épître aux Corinthiens nous déclare: «Car autant il y a de promesses de Dieu, en lui est le oui et en lui l’amen, à la gloire de Dieu par nous» (1, 20). Toutes les promesses de Dieu et tous ses desseins trouvent leur confirmation et leur accomplissement définitif dans le Seigneur Jésus. En particulier quant à notre salut, c’est par lui que tout est définitivement sûr et ferme.
Mais le jugement que Dieu annonce dans la Bible est tout aussi sûr et irrévocable. Parmi les distinctions et les gloires qui ont été données au Seigneur Jésus comme homme glorifié, il y a celle-ci: «Le Père a donné tout le jugement au Fils Il lui a donné autorité de juger aussi, parce qu’il est Fils de l’homme» (Jean 5: 22, 27). Il ne s’agit pas seulement d’une pensée solennelle pour les incroyants, c’est aussi pour chacun de nous un appel sérieux à faire connaître aux hommes l’amour de Dieu et les conséquences éternelles du mépris de cet amour.
Les vêtements de byssus
Le lin ou le byssus1 désigne un tissu blanc ou de couleur claire que l’on utilisait pour la confection de vêtements. Ordinairement, il n’était porté que par les sacrificateurs ou les personnes très haut placées. En Exode 28, nous avons la description des vêtements des sacrificateurs: «Et tu feras de saints vêtements à Aaron, ton frère, pour gloire et pour ornement Et tu broderas la tunique de fin coton; et tu feras la tiare de fin coton» (versets 2, 39). Dans le livre d’Esther, nous trouvons Mardochée, «l’homme que le roi se plaît à honorer», sortant de devant le roi «avec un vêtement royal bleu et blanc et un manteau de byssus et de pourpre» (Esther 6: 6; 8: 15).
Joseph a quitté sa tenue de prisonnier pour revêtir des vêtements royaux. Quel contraste! Une accusation injuste l’avait conduit en prison. Maintenant, ces vêtements de byssus attestent sans équivoque sa réhabilitation publique.
Christ est mort sur la croix bien que n’ayant commis aucune faute. Il pouvait demander aux Juifs: «Qui d’entre vous me convainc de péché?» (Jean 8: 46). Peu avant, il leur avait déjà dit qu’il faisait toujours ce qui plaisait au Père (verset 29). A chaque pas, dans tous ses actes, ses paroles ou ses silences, il était en parfait accord avec son Dieu et Père; sa personne et sa vie étaient d’une pureté parfaite aux yeux de Dieu.
En réponse à cette vie de sainteté et de pureté, Dieu a ressuscité son Fils d’entre les morts: «Tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption» (Psaumes 16: 10; Actes des Apôtres 2: 27). Il a ainsi confirmé d’une manière éloquente que le Seigneur Jésus était mort pour des fautes qui n’étaient pas les siennes.
Le collier d’or
Au collier d’or se lie la pensée d’un ornement et celle d’une dignité officielle. C’est ce que l’on voit en Daniel 5: «Alors Belshatsar donna des ordres, et on vêtit Daniel de pourpre, et on mit une chaîne d’or à son cou, et on proclama qu’il serait le troisième gouverneur dans le royaume» (verset 29). Joseph reçoit du Pharaon cet ornement et cette dignité officielle.
Dans la Bible, l’or symbolise le rayonnement d’une justice divine absolue et parfaite.
En ce qui concerne le Seigneur, le collier d’or nous rappelle sa gloire actuelle: «Tu l’as fait un peu moindre que les anges; tu l’as couronné de gloire et d’honneur, et l’as établi sur les oeuvres de tes mains; nous voyons Jésus, qui a été fait un peu moindre que les anges à cause de la passion de la mort, couronné de gloire et d’honneur» (Hébreux 2: 7, 9).
Qu’on s’agenouille!
Le char du verset 43 est du genre de ceux que les hommes importants d’autrefois utilisaient lors de leurs somptueux déplacements par les villes et les campagnes. Ces superbes attelages pouvaient être reconnus de loin. C’est sur son second char que le Pharaon fait monter Joseph pour traverser le pays.
Mais plus encore que ce char magnifique, c’était l’ordre de s’agenouiller devant Joseph qui montrait clairement la position exceptionnelle qu’il occupait. Si les distinctions précédentes étaient plutôt d’ordre personnel, c’était sa gloire publique qui était mise en évidence aux yeux de tous par sa présence dans ce char. Chaque passant était invité à se prosterner devant celui qui était le second personnage du royaume, et à lui rendre hommage.
Au sujet du Seigneur Jésus, nous lisons ceci: «C’est pourquoi aussi Dieu l’a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père» (Philippiens 2: 9-11). Toute créature reconnaîtra bientôt que Celui qui a été crucifié à Golgotha est établi par Dieu Seigneur de tout. Chacun devra lui rendre hommage et se soumettre à lui.
Quant à nous, croyants, nous avons à le faire de coeur dès aujourd’hui, en réponse à son amour insondable. Oui, dans notre vie de tous les jours, reconnaissons effectivement Jésus comme Seigneur, recherchons sa volonté et faisons-la, en allant à la rencontre de ses désirs. C’est ainsi que nous pourrons, aujourd’hui déjà, le glorifier et réjouir son coeur.
Mais pour tous ceux qui l’auront rejeté ou méprisé, quel sort terrible lorsqu’ils seront contraints de s’agenouiller devant lui!
Gouverneur sur toute l’Egypte
Déjà avant de lui remettre les signes honorifiques dont nous venons de parler, le Pharaon avait dit à Joseph: «Tu seras sur ma maison, et tout mon peuple se dirigera d’après ton commandement; seulement quant au trône, je serai plus grand que toi» (verset 40). Il confie sa maison et son peuple à l’autorité de Joseph. Pouvait-il trouver un homme mieux qualifié que lui, puisque Dieu faisait prospérer tout ce qu’il entreprenait? (cf. Genèse 39: 3, 23). L’intelligence et la sagesse de Joseph le qualifiaient parfaitement pour ces hautes responsabilités.
La domination confiée ici à Joseph est une image très parlante de la domination universelle du Seigneur Jésus. Dieu a remis au Fils de l’homme glorifié tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Cette domination universelle lui appartient déjà, mais il ne l’exerce pas encore publiquement. «Car en lui assujettissant toutes choses, il n’a rien laissé qui ne lui soit assujetti; mais maintenant nous ne voyons pas encore que toutes choses lui soient assujetties» (Hébreux 2: 8).
Christ est le centre des desseins éternels de Dieu. Ce «qu’il s’est proposé en lui-même pour l’administration de la plénitude des temps» consiste essentiellement à «réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre» (Ephésiens 1: 9, 10). «Car il faut qu’il règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous les ennemis sous ses pieds» (1 Corinthiens 15: 25).
Notre Seigneur, aujourd’hui méprisé, dominera sur toutes choses et «le plaisir de l’Eternel prospérera en sa main» (Esaïe 53: 10). Il régnera en justice, et tout sera en harmonie avec Dieu.
Le nouveau nom de Joseph
Autrefois, il arrivait que des rois changent le nom de leurs sujets. C’était une marque de leur pouvoir absolu. Le nom de «Tsaphnath-Pahnéakh» attribué à Joseph signifie, d’après l’égyptien: «Sauveur du monde» ou «soutien de la vie». N’était-ce pas sa sagesse qui allait sauver les Egyptiens de la famine et les maintenir en vie? Eux-mêmes le confirmeront plus tard: «Tu nous as conservé la vie» (Genèse 47: 25). Et Joseph pourra dire à ses frères: «Dieu m’a envoyé devant vous, pour vous conserver la vie par une grande délivrance» (45: 7).
En plus de sa signification en langue égyptienne, ce nouveau nom en a aussi une en hébreu: «Révélateur de secrets». En interprétant les songes du Pharaon, Joseph avait pu lui communiquer les intentions de Dieu et sauver les hommes de la famine.
Cette double signification se rapporte également à notre Sauveur. Ce titre contient aussi bien l’idée de délivrance que celle de maintien en vie. Notre «Dieu sauveur veut que tous les hommes soient sauvés et viennent à la connaissance de la vérité», et il est «le conservateur de tous les hommes, spécialement des fidèles» (1 Timothée 2: 4; 4, 10).
Dans le Nouveau Testament, le salut nous est présenté en rapport avec le passé, le présent et l’avenir. Tite 3: 4, 5 évoque un fait passé: «Mais, quand la bonté de notre Dieu sauveur et son amour envers les hommes sont apparus, il nous sauva, non sur le principe d’oeuvres accomplies en justice, mais selon sa propre miséricorde». Actuellement, Jésus «peut sauver entièrement ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux» (Hébreux 7: 25). Et quant au futur, «nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire, selon l’opération de ce pouvoir qu’il a de s’assujettir même toutes choses» (Philippiens 3: 20, 21).
D’un autre côté, Jésus a révélé les plans glorieux de Dieu, et il a fait connaître Dieu. «J’ai manifesté ton nom aux hommes», dit-il dans sa prière à son Père (Jean 17: 6). Mais il n’a pas seulement fait connaître les plans de Dieu. Par ses souffrances et sa mort, il a lui-même posé le fondement qui permet la réalisation de tout ce que Dieu s’est proposé en grâce et en bénédiction.
Une épouse pour Joseph
Pour couronner le tout, et comme dernière preuve de sa bienveillance, le Pharaon donne à Joseph une épouse. Les privilèges précédents accordés à Joseph sont en rapport avec sa position. Mais c’est pour son coeur qu’il reçoit Asnath. Celle-ci va être l’objet de son amour; elle sera à son côté tandis qu’il gouverne l’Egypte et lui donnera deux fils, Ephraïm et Manassé.
Asnath, unie à Joseph au moment de sa domination glorieuse, est une figure de l’assemblée unie à Christ glorifié dans le ciel. Celle-ci goûte son amour et participera à sa domination universelle.
Conclusion
Ayant pu méditer quelque peu sur divers aspects de la gloire du Seigneur, nous pouvons prendre à coeur la recommandation que Joseph faisait à ses frères: «Vous raconterez à mon Père toute ma gloire» (Genèse 45: 13).
Par son Esprit, Dieu veut nous entretenir de la personne de son Fils, continuellement et toujours davantage. Il faut «que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père» (Jean 5: 23). Dieu se réjouit quand son Fils est honoré sur la terre. Nous pouvons déjà le faire aujourd’hui, en attendant qu’il en soit ainsi publiquement.
1 Les termes «byssus», «fin lin» et «fin coton» semblent plus ou moins interchangeables. Ils désignent un tissu splendide. Les traducteurs de la Bible n’ont pas toujours interprété de façon systématique les différents termes originaux.
