La sollicitude du Seigneur envers les siens
L’heure où le Seigneur Jésus serait livré approchait. Il y avait dans son âme et dans son esprit, non un simple pressentiment de ce qui allait arriver, mais tout le poids des indicibles souffrances qu’il devrait subir dans les heures à venir et dont il était parfaitement conscient. Fils éternel de Dieu, il connaissait absolument tout à l’avance. Homme parfait, il éprouvait tout avec la sensibilité de son âme sainte.
Or, dans ces moments de grande détresse, nous le voyons se préoccuper avec amour de ses disciples: «Alors Jésus leur dit: Vous serez tous scandalisés en moi cette nuit». Il ne veut pas qu’ils traversent sans y être préparés les heures où ils seront privés de lui. Il est vrai qu’il leur avait déjà parlé à plusieurs reprises de ses souffrances à venir, de sa mort et de sa résurrection. Mais ils n’avaient pas compris ces choses; «cette parole leur était cachée» (Luc 18: 34).
Dans le passage qui est devant nous, Jésus ne parle pas de ce que feront les hommes, Juifs ou nations, mais de ce que Dieu fera. Il rappelle cette parole de Zacharie: «Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées». C’est le côté de Dieu, son conseil, pour ainsi dire. Pierre dira aux Juifs: «Ayant été livré par le conseil défini et par la préconnaissance de Dieu, lui, vous l’avez cloué à une croix et vous l’avez fait périr par la main d’hommes iniques» (Actes des Apôtres 2: 23). On ne peut pas dissocier ces deux côtés de la mort de notre Sauveur: la souveraineté de Dieu et la responsabilité des hommes. Mais il est impossible à l’esprit humain de comprendre comment ces choses se lient.
Toutefois, le Seigneur Jésus ne s’arrête pas ici à ce que l’épée de Dieu (cf. Zacharie 13: 7) signifie pour lui-même. Le moment viendra, dans le jardin de Gethsémané, où il connaîtra l’angoisse du combat, et recevra de la main du Père, en toute soumission, la coupe qu’il devra boire durant les trois heures de ténèbres. Ici, il est préoccupé par la souffrance qui sera celle de ses disciples au moment où ces choses arriveront. Quel amour et quelle abnégation ! David en parle prophétiquement dans le psaume 69, mettant cette prière dans la bouche du Messie souffrant: «Que ceux qui s’attendent à toi ne soient pas rendus honteux à cause de moi, Seigneur, Eternel des armées!» (verset 6). La foi des disciples et leur confiance en Dieu pouvaient bien être ébranlées par le jugement qui frapperait le Seigneur Jésus. Si Dieu agissait de cette manière envers Jésus, l’homme parfait, auprès de qui trouveraient-ils eux-mêmes aide et refuge?
Ce qui s’est passé lorsque Christ a été crucifié est, à tous points de vue, un évènement unique dans l’histoire du monde. A ce moment, il pouvait sembler que Dieu ne se préoccupait pas du seul homme juste que la terre ait porté, et n’intervenait pas en sa faveur. Le prophète Esaïe exprime cela quand il dit: «Et nous, nous l’avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé» (53: 4). Nous savons bien que cela est arrivé à cause de nous. Mais pour les disciples, c’était un bouleversement. Que serait-il advenu d’eux si le Seigneur n’avait pas prié pour eux, selon cette prière du psaume 69?
Cependant, le Seigneur ne leur parle pas seulement du jugement qui va le frapper, il leur annonce aussi sa résurrection. Quelle perspective ! Les disciples n’y avaient sans doute pas été attentifs, lorsque le Maître leur avait parlé de sa mort imminente et de ce qui allait s’ensuivre. Mais ne faisons-nous pas souvent la même chose ? Si nous perdons de vue ce qui doit suivre, ce qui vient ensuite, nous nous tromperons toujours. C’est ce qui était arrivé aux disciples. Ils ne s’étaient souciés que d’eux-mêmes et de ce qui les concernait, de sorte que les évènements qui ont suivi ont mis en évidence leur incapacité et leurs manquements. Pierre, qui avait la plus grande confiance en lui-même, est celui qui est tombé le plus bas. Mais le Seigneur, dans sa grâce avait tout particulièrement prié pour lui, afin que sa foi ne défaille pas (Luc 22: 32).
Ecoutons le Seigneur et faisons-lui confiance. Il a soin de nous. Si nos coeurs étaient davantage occupés de lui, si nous étions plus sensibles à la manière dont il nous ouvre son coeur dans sa Parole, nous serions moins imbus de nous-mêmes et les expériences amères que nous faisons avec notre vieille nature seraient moins fréquentes. Qu’il nous donne un sentiment toujours plus profond de son amour et de ses soins envers nous, de sorte que nous puissions nous reposer sur lui en toutes circonstances!
