Solutions de compromis (Exode 8: 25-32; 10: 8-11, 24-29)
Lorsque l'Eternel entreprit de faire sortir son peuple d'Egypte et de le délivrer de son dur esclavage, il envoya plusieurs plaies sur le pays pour contraindre le Pharaon à laisser aller Israël. Nous nous arrêterons sur trois étapes des tractations qui eurent lieu alors entre le roi d'Egypte et Moïse. La délivrance d'Israël hors d'Egypte et sa mise à part pour Dieu étant l'image de notre délivrance du monde et de notre séparation pour Dieu, ces versets nous apportent des enseignements pratiques importants.
Nous y voyons le Pharaon proposer des solutions de compromis qui, naturellement, lui permettraient de garder le peuple comme esclave. Il fait trois propositions successives à Moïse. Chacune d'elles aurait empêché une délivrance en accord avec la pensée de Dieu, et même, une délivrance quelconque.
Le premier compromis proposé est: «Allez, sacrifiez à votre Dieu dans le pays» (8: 25).
Aujourd'hui encore, le monde demande: Pourquoi devriez-vous sortir? Vous avez droit à vos opinions. Mais pourquoi être si extrêmes? Pourquoi vous séparer du milieu dans lequel vous avez été élevés et de personnes qui sont aussi bonnes que vous? Pourquoi ces trois journées de chemin dans le désert? (Moïse avait en effet demandé au roi d'Egypte: «Nous te prions, laisse-nous aller le chemin de trois jours dans le désert, et que nous sacrifiions à l'Eternel, notre Dieu» — 5: 3.) Ah! c'est que le monde ne sait pas ce qu'impliquent ces trois journées de chemin, ni que la mort et la résurrection de Christ nous ont donné une place où nous ne sommes pas plus du monde que Christ ne l'est. Sommes-nous bien conscients que Christ «s'est donné lui-même pour nos péchés, en sorte qu'il nous retirât du présent siècle mauvais» (Gal. 1.4) ?
L'Egypte luxueuse, civilisée, satisfaite d'elle-même, l'Egypte idolâtre, d'un côté — et le désert de l'autre! Quel contraste! Et ce n'est cependant que dans le désert que vous pouvez véritablement adorer Dieu.
Moïse refuse la proposition du Pharaon. Celui-ci essaie alors un autre stratagème. Moïse ayant dit: «Nous irons avec nos jeunes gens et avec nos vieillards, nous irons avec nos fils et avec nos filles, avec notre menu bétail et avec notre gros bétail; car nous avons à célébrer une fête à l'Eternel» (10: 9), le Pharaon rétorque: «Que l'Eternel soit ainsi avec vous, comme je vous laisserai aller avec vos petits enfants! Regardez, car le mal est devant vous. Il n'en sera pas ainsi; allez donc, vous les hommes faits, et servez l'Eternel: car c'est là ce que vous avez désiré» (versets 10, 11).
En retenant leurs petits enfants, le Pharaon s'assurait que les Israélites n'iraient pas trop loin. Il en est encore de même aujourd'hui. Combien nombreux sont ceux qui retournent dans le monde à cause des enfants qu'ils n'ont pas amenés avec eux en dehors du monde!
Le roi d'Egypte fait une ultime tentative. «Et le Pharaon appela Moïse, et dit: Allez, servez l'Eternel; seulement que votre menu et votre gros bétail restent; vos petits enfants aussi iront avec vous» (10: 24).
Allez! Allez même avec vos enfants! Mais que vos biens restent en Egypte! Combien y en a-t-il qui suivent ce conseil! Eux-mêmes sont sauvés, mais ils considèrent que leurs affaires, leurs occupations terrestres ne sont pas des choses sacrées. Ce ne sont que des choses profanes, disent-ils. Elles n'ont rien à faire avec le salut de l'âme! Elles appartiennent à une autre sphère, celle de la vie professionnelle. Mais Dieu dit, non: emportez-les toutes hors d'Egypte; vous-mêmes, vos familles, vos possessions — tout doit m'appartenir. Et en vérité, c'est à lui qu'elles doivent être, si nous voulons vraiment les conserver.
Tant que vous n'êtes pas clairement délivrés du monde sous ce triple rapport, vous ne pouvez pas être heureux avec Dieu, ni même en sécurité. Bien entendu, je ne parle pas de votre entrée au ciel. Vous pouvez n'avoir aucun doute à cet égard. Mais tout ce que vous possédez et qui n'appartient pas à Christ appartient en fait encore au monde. Et cela vous fera retourner au monde. Pouvez-vous vous rendre à votre travail et fermer la porte à Christ en pensant qu'il ne le remarquera pas, et que vous n'en serez pas gêné? Pouvez-vous lui dire: Seigneur, le dimanche est à toi, mais le lundi est à moi — ou bien: Seigneur, voici la dîme que je te dois, les neuf autres dixièmes sont pour moi — et vous sentir parfaitement à l'aise devant lui?
Demandons au Seigneur de sonder nos coeurs, et ne reculons pas devant les conséquences de cet examen. Si celui-ci ne manifeste rien, nous n'avons rien à craindre. Et s'il manifeste un mal insoupçonné, souvenons-nous que le jugement complet du mal est toujours le chemin de la bénédiction de nos âmes.
