Il priait

M Wölfinger

Luc 11: 1

La vie du Seigneur Jésus sur la terre se réalisait dans une communion ininterrompue avec son Dieu et Père. Cette communion se manifestait par une dépendance parfaite, dont la prière était l’expression. «Il priait», tel était le signe distinctif du Seigneur comme homme sur la terre, ainsi qu’en témoignent si souvent les évangiles. Rien que dans l’évangile de Luc, on le trouve sept fois en prière. Aucun homme n’a été aussi constant dans la prière; et pourtant il était lui-même Dieu, et à ce titre il n’était pas astreint à la prière. Mais comme homme parfait sur la terre, il s’adressait à Dieu en prière comme nul autre.

Combien Dieu a été réjoui et honoré de voir ainsi son Fils sur la terre, au milieu de l’humanité qui s’était détournée de lui et corrompue (cf. Psaumes 14: 3) ! Le prophète Esaïe compare ce monde à une terre aride, qui ne peut porter aucun fruit pour Dieu. Néanmoins, de ce terrain stérile devait sortir «un rejeton», «une racine» (53: 2). Comment cela allait-il se réaliser ? Par la venue du Seigneur Jésus, le saint serviteur de Dieu , le seul homme qui ait jamais porté pour Dieu un fruit parfait. Ce saint serviteur avait une vie de prière et d’entière dépendance de Dieu.

Nous sommes confondus quand nous voyons que c’est le Fils de Dieu, en même temps vrai homme, qui s’est consacré à Dieu dans la prière comme aucun autre ne l’a fait. Vérité qui nous dépasse, et qui montre que Jésus avait parfaitement pris la condition humaine tout en demeurant Dieu.

Les disciples eux-mêmes, qui ont été de jour en jour ses compagnons de route, ont bien pu être impressionnés par cette vie de prière sans égale. Luc nous le laisse entendre lorsqu’il rapporte leur demande: «Seigneur, enseigne-nous à prier» (11: 1). Ils désiraient pouvoir prier comme le faisait leur Maître, réalisant que, par eux-mêmes, ils n’en étaient pas capables. Cela ne devrait-il pas aussi être notre désir, afin de ressembler davantage au Seigneur à cet égard ?

Habituellement, le Seigneur se retirait dans la solitude, ou profitait de la tranquillité de la nuit, pour être seul avec Dieu et prier. Les disciples savaient qu’il priait, mais ne savaient que peu de chose du contenu de ses prières. Les évangiles ne nous rapportent que très rarement les mots eux-mêmes que le Seigneur a prononcés. On en trouve quelque chose en Luc 22 et en Jean 17.

Parmi les précieux passages qui nous rapportent les paroles du Seigneur dans ses prières, on peut compter le psaume 16. S’il est vrai que c’est d’abord David qui s’exprime là, l’apôtre Pierre nous indique en Actes 2 que ces paroles peuvent être placées dans la bouche de notre Seigneur (versets 25-28).

Arrêtons-nous un peu sur le début de cette prière: «Garde-moi, ô Dieu ! car je me confie en toi» (Psaumes 16: 1). Quel sujet d’adoration, et en même temps d’humiliation pour nous, de voir comment le Seigneur se recommande à la garde de Dieu ! Celui qui était absolument sans péché, et qui n’avait aucune faiblesse, comme nous en avons si souvent, demandait pourtant à Dieu de le garder. C’est dans une telle profondeur de dépendance qu’il se remettait à Dieu. Que cela est grand ! 

«Car je me confie en toi.» Le fondement de sa demande est la confiance entière en la puissance du «Dieu Fort» qui peut le garder. Cette confiance de notre Seigneur était si grande que les hommes, même ses ennemis, ont pu la constater et en témoigner lorsqu’il était sur la croix: «Il s’est confié en Dieu» (Matthieu 27: 43).

Quel modèle pour nous, qui, incomparablement plus que lui, avons besoin de la garde de Dieu et de la dépendance qui s’exprime dans la prière!