Daniel

Daniel 5:13-30; 6:1

13 Alors Daniel fut introduit devant le roi. Le roi prit la parole et dit à Daniel : « Es-tu ce Daniel, l'un des fils de la captivité de Juda, que le roi mon père a amenés de Juda ?

14 Or j'ai entendu dire à ton sujet que l'esprit des dieux est en toi, et que de la lumière et de l'intelligence et une sagesse extraordinaire se trouvent en toi.

15 Et maintenant, les sages, les magiciens ont été amenés devant moi afin qu'ils lisent cette écriture et m'en fassent connaître l'interprétation, mais ils n'ont pas pu indiquer l'interprétation des mots1.
1 littéralement : de la parole.

16 Et moi, j'ai entendu dire à ton sujet que tu peux donner des interprétations et résoudre les problèmes difficiles. Maintenant, si tu peux lire l'écriture et m'en faire connaître l'interprétation, tu seras revêtu de pourpre et tu auras une chaîne en or à ton cou et tu seras le troisième gouverneur dans le royaume. »

Déclaration de Daniel et interprétation de l'écriture

17 Alors Daniel répondit et dit devant le roi : « Garde tes dons pour toi et donne tes récompenses à un autre ! Toutefois je lirai l'écriture au roi et je lui en ferai connaître l'interprétation.

18 Ô roi1 ! le Dieu Très-Haut donna à Nebucadnetsar ton père la royauté et la grandeur, et l'honneur, et la majesté.
1 littéralement : Toi, ô roi.

19 Et à cause de la grandeur qu'il lui donna, tous les peuples, les peuplades et les langues tremblaient devant lui et le craignaient. Il tuait qui il voulait et conservait en vie qui il voulait. Il élevait qui il voulait et abaissait qui il voulait.

20 Mais quand son cœur s'éleva et que son esprit s'endurcit jusqu'à l'orgueil, il fut précipité de son trône royal et sa dignité lui fut ôtée.

21 Et il fut chassé du milieu des fils des hommes et son cœur fut rendu semblable à celui des bêtes et son habitation fut avec les ânes sauvages. On lui donna à manger de l'herbe, comme aux bœufs, et son corps fut trempé par la rosée des cieux, jusqu'à ce qu'il reconnaisse que le Dieu Très-Haut domine sur le royaume des hommes et qu'il y établit qui il veut.

22 Et toi, son fils Belshatsar, tu n'as pas humilié ton cœur, bien que tu aies connu tout cela.

23 Mais tu t'es dressé contre le Seigneur des cieux. Et l'on a apporté devant toi les coupes de sa Maison et toi et tes dignitaires, tes femmes et tes concubines, vous y avez bu du vin. Et tu as loué les dieux en argent et en or, en bronze, en fer, en bois et en pierre qui ne voient pas et n'entendent pas et ne comprennent pas. Et tu n'as pas glorifié le Dieu dans la main duquel est ton souffle et à qui appartiennent toutes tes voies.

24 Alors, de sa part1, l'extrémité de la main a été envoyée et cette écriture a été tracée.
1 littéralement : de devant lui.

25 Et voici l'écriture qui a été tracée : "Mené, mené, tékel, upharsîn1."
1 Compté, compté, pesé et divisé.

26 Voici l'interprétation des mots1. Mené : Dieu a compté ton règne et y a mis fin.
1 littéralement : de la parole.

27 Tékel : Tu as été pesé à la balance et tu as été trouvé manquant [de poids].

28 Pérès1 : Ton royaume est divisé et donné aux Mèdes et aux Perses. »
1 pérès : singulier de pharsîn.

29 Alors Belshatsar ordonna de revêtir Daniel de pourpre et [de mette] une chaîne en or à son cou et de proclamer à son sujet qu'il serait le troisième gouverneur dans le royaume.

Jugement du roi Belshatsar

30 Dans cette même nuit, Belshatsar, le roi des Chaldéens, fut tué.

6 Et Darius le Mède s'empara du royaume, étant âgé de 62 ans.

C’est la troisième fois qu’en un moment critique Daniel entre en scène pour interpréter la pensée de Dieu. Mais nous sommes ici au dernier quart d’heure de l’histoire de Babylone. Et l’homme de Dieu ne prend plus aucun ménagement pour annoncer son effondrement. Belshatsar n’a pas tenu compte du témoignage de son père (v. 22). Daniel ne peut que lui traduire la sentence irrévocable. Trois mots suffisent à Dieu pour régler le sort de Babylone et de son prince. «Mené, Mené»; compté et recompté. Admirons cette répétition! C’est comme si le Dieu juste vérifiait avec soin son addition avant la décision finale (comp. Gen. 18:21 gn 18.16-22). Pesé! Ah! Ce monarque frivole et ses dignitaires «placés dans la balance… montent ensemble plus légers que la vanité» (Ps. 62:10 ps 62.9-13). Divisé enfin! Le Très-Haut qui «domine sur le royaume des hommes» va donner celui-ci à un autre (ch. 4 v. 17 dn 4.17-18). L’histoire relate comment Cyrus le Perse, ayant détourné le cours de l’Euphrate (qui traverse Babylone), s’est servi de son lit asséché pour s’introduire dans la ville avec ses soldats, profitant de la nuit et de l’orgie du palais. Que ce récit solennel nous instruise aussi! Veillons et soyons sobres pour ne pas être surpris par la venue du Seigneur.