Exode

Chapitres 28 et 29

Ces chapitres nous font connaître la sacrificature dans toute sa valeur et son efficacité, et sont pleins d’un profond intérêt. Le nom seul de sacrificature réveille dans le cœur des sentiments de vive reconnaissance envers la grâce, qui non seulement a trouvé pour nous un moyen par lequel nous pouvons parvenir jusque dans la présence de Dieu, mais qui a encore pourvu à ce que nous puissions nous y maintenir, selon le caractère et les exigences de cette haute et sainte position.

La sacrificature d’Aaron était un don de Dieu à un peuple qui, en lui-même, était loin de lui et avait besoin de quelqu’un qui se tînt pour lui dans la présence de Dieu, continuellement. Le chap. 7 aux Hébreux nous apprend que cet ordre de sacrificature était lié à la loi, qu’il fut établi «selon la loi d’un commandement charnel» (vers. 16); que ceux qui l’exerçaient étaient plusieurs, «parce que la mort les empêchait de demeurer» (vers. 23) et qu’ils avaient les infirmités (vers. 28). Cet ordre de sacrificature ne pouvait rien amener à la perfection; de sorte que nous avons à bénir Dieu de ce qu’il fut institué «sans serment» (Vers. 21). Le serment de Dieu ne pouvait s’allier qu’à ce qui devait durer pour toujours, savoir au sacerdoce parfait, immortel, non transmissible, de notre grand et glorieux Melchisédec, qui communique, et à son sacrifice et à son sacerdoce, toute la valeur, toute la glorieuse dignité de sa personne incomparable. La pensée que nous avons un tel sacrifice et un tel sacrificateur produit dans le cœur des sentiments de vive gratitude.

Mais poursuivons l’examen de ces deux chapitres. — Au chapitre 28, il est question des vêtements, et au chap. 29 des sacrifices. Les premiers sont plus immédiatement en rapport avec les besoins du peuple; les derniers avec les droits de Dieu. Les vêtements sont et représentent les diverses fonctions et les divers attributs de la sacrificature. «L’éphod» était le vêtement sacerdotal par excellence; il était inséparablement uni aux deux épaulettes et au pectoral, nous enseignant ainsi que la force de l’épaule du sacrificateur et l’affection de son cœur étaient entièrement consacrées aux intérêts de ceux qu’il représentait, et en faveur desquels il portait l’éphod. Ces choses, typifiées dans Aaron, sont réalisées en Christ: sa force toute puissante et son amour infini sont à nous, éternellement, incontestablement. L’épaule, qui soutient l’univers, soutient le membre le plus faible et le plus obscur de l’assemblée rachetée à prix de sang. Le cœur de Jésus est plein d’une affection invariable, d’un amour éternel et infatigable pour le membre de l’assemblée le moins considéré.

Les noms des douze tribus, gravés sur des pierres précieuses, étaient portés à la fois sur les épaules et sur le cœur du souverain sacrificateur. (Vers. 9-12, 15-29). L’excellence particulière d’une pierre précieuse se montre en ce que, plus la lumière qui l’éclaire est intense, plus elle brille avec éclat. La lumière ne peut jamais amoindrir l’éclat d’une pierre précieuse; au contraire, elle en augmente et en développe le lustre. Les douze tribus, l’une aussi bien que l’autre, la plus petite aussi bien que la plus grande, étaient portées continuellement devant l’Éternel sur le cœur et les épaules d’Aaron. Elles étaient, toutes et chacune en particulier, maintenues en la présence de Dieu dans cet éclat parfait et cette beauté inaltérable, qui étaient le propre de la position dans laquelle la parfaite grâce du Dieu d’Israël les avait placées. Le peuple était représenté devant Dieu par le souverain sacrificateur. Quelles que pussent être ses infirmités, ses erreurs ou ses fatigues, son nom brillait sur «le pectoral» d’un internissable éclat. L’Éternel lui avait donné cette place; qui aurait pu l’en arracher? Quel autre aurait pu le placer là? Qui aurait pu pénétrer dans le lieu saint, pour enlever de dessus le cœur d’Aaron le nom d’une seule des tribus d’Israël? Qui aurait pu ternir l’éclat qui entourait ces noms, là où Dieu les avait placés? Ils étaient hors de l’atteinte de tout ennemi, au-delà de toute influence du mal.

Combien il est encourageant pour les enfants de Dieu qui sont éprouvés, tentés, assaillis, humiliés, de penser que Dieu ne les voit que sur le cœur de Jésus! Aux yeux de Dieu, ils brillent continuellement de l’éclat suprême de Christ; ils sont revêtus d’une beauté divine. Le monde ne peut pas les voir ainsi, mais Dieu les voit ainsi et en cela gît toute la différence. En considérant les enfants de Dieu, les hommes ne voient que leurs taches et leurs défauts; ils sont incapables de voir autre chose, en sorte que leur jugement est toujours faux, toujours partial. Ils ne peuvent pas voir les joyaux étincelants où sont gravés, par l’amour éternel, les noms des rachetés de Dieu. Les chrétiens, il est vrai, devraient être soigneux de ne donner au monde aucune occasion de mal parler d’eux; ils devraient chercher, «en persévérant à bien faire», à «fermer la bouche à l’ignorance des hommes dépourvus de sens» (Rom. 2:7; 1 Pierre 2:15). Si, par la puissance du Saint Esprit, ils saisissaient la beauté dont ils brillent sans cesse aux yeux de Dieu, ils en réaliseraient certainement les caractères dans toute leur conduite; leur marche serait sainte, pure, digne de Dieu, et leur lumière serait visible aux yeux des hommes. Plus nous entrerons, par la foi, dans ce qui est vrai de nous en Christ, plus aussi l’œuvre intérieure en nous sera profonde, réelle et pratique, et plus la manifestation de l’effet moral de cette œuvre en nous sera complète.

Mais, Dieu en soit béni! nous n’avons pas affaire aux hommes pour être jugés, mais avec Dieu lui-même; et dans sa miséricorde, il nous montre notre grand sacrificateur «portant notre jugement sur son cœur, devant l’Éternel, continuellement». (Vers. 30). Cette assurance donne une paix profonde et solide, une paix que rien ne peut ébranler. Nous pouvons avoir à confesser nos fautes et nos manquements, et à en mener deuil; l’œil peut être parfois tellement obscurci par les larmes d’une repentance véritable, que nous ne sommes guère en état de voir l’éclat des pierres précieuses où nos noms sont gravés; toutefois nos noms sont toujours là. Dieu les voit et cela suffit. Il est glorifié par leur éclat, — éclat qui ne vient pas de nous, mais dont Dieu lui-même nous a revêtus. Nous n’étions rien que ténèbres, impureté et difformité; Dieu nous a donné la lumière, la pureté, la beauté; — à Lui soit la louange, pendant toute l’éternité des siècles!

La «ceinture» est le symbole bien connu du service; et Christ est le parfait Serviteur, le Serviteur des conseils et des affections de Dieu, et des besoins profonds et variés de son peuple. Christ se ceignit lui-même pour son œuvre, dans un dévouement à toute épreuve et que rien ne pouvait décourager; et quand la foi voit le Fils de Dieu ainsi ceint, elle juge que nulle difficulté n’est trop grande pour lui. Nous voyons, dans le type qui nous occupe, que toutes les vertus et toutes les gloires de Christ, dans sa nature divine, comme dans sa nature humaine, entrent pleinement dans son caractère de serviteur. «Et la ceinture de son éphod, qui sera par-dessus, sera du même travail, de la même matière, d’or, de bleu et de pourpre, et d’écarlate, et de fin coton retors». (Vers. 8). Ceci doit satisfaire à tous les besoins de l’âme et aux plus ardents désirs du cœur. Christ est non seulement la victime égorgée à l’autel d’airain, mais aussi le Souverain Sacrificateur ceint sur la maison de Dieu. L’apôtre peut donc dire en toute vérité: «Approchons; — retenons; — prenons garde l’un à l’autre». (Héb. 10:19-24).

«Et tu mettras sur le pectoral de jugement les urim et les thummim (lumières et perfections), et ils seront sur le cœur d’Aaron, quand il entrera devant l’Éternel; et Aaron portera le jugement des fils d’Israël sur son cœur, devant l’Éternel, continuellement». (Vers. 30). Nous apprenons par différents passages de la Parole que les «urim» étaient en rapport avec la communication des pensées de Dieu à l’égard des diverses questions qui s’élevaient dans les détails de l’histoire d’Israël. Ainsi, par exemple, lors de la nomination de Josué, il est dit: «Et il se tiendra devant Éléazar, le sacrificateur, qui interrogera pour lui les jugements d’urim devant l’Éternel». (Nomb. 27:21). «Et de Lévi il dit: Tes thummim et tes urim (tes perfections et tes lumières) sont à l’homme de ta bonté, — ils enseigneront tes ordonnances à Jacob, et ta loi à Israël». (Deut. 33:8-10). «Et Saül interrogea l’Éternel, et l’Éternel ne lui répondit pas, ni par des songes, ni par l’urim, ni par les prophètes». (1 Sam. 28:6). «Et le Thirshatha leur dit qu’ils ne devaient point manger des choses très saintes, jusqu’à ce que fût suscité un sacrificateur avec les urim et les thummim». (Esdras 2:63). Nous apprenons ainsi que le souverain sacrificateur ne portait pas seulement le jugement de l’assemblée devant l’Éternel, mais qu’il communiquait aussi le jugement de l’Éternel à l’assemblée: précieuses et solennelles fonctions! Il en est de même, et avec une perfection divine, de notre «grand Souverain Sacrificateur, qui a traversé les cieux» (Héb. 4:14). Il porte le jugement de son peuple sur son cœur continuellement et, par le Saint Esprit, il nous communique le conseil de Dieu, à l’égard des moindres circonstances de notre vie journalière. Nous n’avons besoin ni de songes, ni de visions: pourvu que nous marchions selon l’Esprit, nous jouirons de toute l’assurance que peut donner le parfait «urim», sur le cœur de notre grand Souverain Sacrificateur.

«Et tu feras la robe de l’éphod entièrement de bleu; — sur ses bords des grenades de bleu, et de pourpre, et d’écarlate, sur ses bords, tout autour, et des clochettes d’or entre elles, tout autour: une clochette d’or et une grenade, une clochette d’or et une grenade, sur les bords de la robe, tout autour. Et Aaron en sera revêtu quand il fera le service; et on en entendra le son quand il entrera dans le lieu saint, devant l’Éternel, et quand il en sortira, afin qu’il ne meure pas». (Vers. 31-35). La robe bleue de l’éphod est l’emblème du caractère entièrement céleste de notre grand Souverain Sacrificateur. Il est allé dans les cieux, au-delà de la portée de toute vision humaine; mais par la puissance du Saint Esprit il y a un témoignage rendu à la vérité qu’il est vivant, dans la présence de Dieu; et non seulement un témoignage, mais aussi du fruit. «Une clochette d’or, et une grenade, une clochette d’or, et une grenade». — Tel est l’ordre plein de beauté. Un témoignage fidèle à la grande vérité, que Jésus est toujours vivant pour intercéder pour nous, sera inséparablement lié à un service fructueux. Puissions-nous avoir une intelligence plus profonde de ces précieux et saints mystères!

«Et tu feras une lame d’or pur, et tu graveras sur elle, en gravure de cachet: Sainteté à l’Éternel; et tu la poseras sur un cordon de bleu, et elle sera sur la tiare; et elle sera sur le devant de la tiare: elle sera sur le front d’Aaron; et Aaron portera l’iniquité des choses saintes que les fils d’Israël auront sanctifiées, dans tous les dons de leurs choses saintes; et elle sera sur son front continuellement, pour être agréée pour eux devant l’Éternel». (Vers. 36-38). C’est ici une vérité importante pour l’âme. La lame d’or, sur le front d’Aaron, était le type de la sainteté essentielle du Seigneur Jésus. «Elle sera sur son front continuellement, pour être agréée pour eux devant l’Éternel». Quel repos pour le cœur au milieu de toutes les fluctuations de notre propre expérience! Notre grand Souverain Sacrificateur est «continuellement» devant Dieu pour nous. Nous sommes représentés par lui, et rendus agréables en lui. La sainteté nous appartient. Plus nous connaîtrons profondément notre indignité personnelle et notre faiblesse, plus nous ferons l’expérience de cette humiliante vérité: qu’en nous n’habite aucun bien, et plus nous bénirons avec ferveur le Dieu de toute grâce pour cette vérité consolante: «Elle sera sur son front continuellement, pour être agréée pour eux devant l’Éternel».

S’il arrivait que mon lecteur fût fréquemment tenté et harassé par des doutes et des craintes, des hauts et des bas dans son état spirituel, avec un penchant continuel à regarder au-dedans de lui-même, à son pauvre cœur froid, inconstant et revêche, il n’a qu’à s’appuyer de tout son cœur sur cette précieuse vérité, que ce grand Souverain Sacrificateur le représente devant le trône de Dieu; il n’a qu’à fixer ses yeux sur la lame d’or, et à lire sur elle la mesure de son acceptation éternelle auprès de Dieu. Que le Saint Esprit lui donne de goûter la douceur et la puissance de cette divine et céleste doctrine!

«Et pour les fils d’Aaron tu feras des tuniques, et tu leur feras des ceintures, et tu leur feras des bonnets, pour gloire et pour ornement. — Et tu leur feras des caleçons de lin pour couvrir la nudité de leur chair. — Et ils seront sur Aaron et sur ses fils lorsqu’ils entreront dans la tente d’assignation ou lorsqu’ils s’approcheront de l’autel pour faire le service dans le lieu saint; afin qu’ils ne portent pas d’iniquité et ne meurent pas». (Vers. 40-43). Ici Aaron et ses fils représentent en figure Christ et l’Église, dans la puissance d’une seule justice divine et éternelle. Les vêtements sacerdotaux d’Aaron sont l’expression des qualités intrinsèques, essentielles, personnelles et éternelles de Christ; tandis que les «tuniques» et les «bonnets» des fils d’Aaron représentent les grâces dont l’Église est revêtue, en vertu de son association avec le Chef souverain de la famille des sacrificateurs.

Ainsi, tout ce qui vient de passer devant nos yeux nous montre avec quel soin miséricordieux l’Éternel pourvoyait aux besoins de son peuple, en permettant que les siens vissent celui qui se préparait à intervenir en leur faveur, et à les représenter devant Lui, revêtu de tous les vêtements qui répondaient directement à la condition du peuple, telle que Dieu la connaissait. Rien de ce que le cœur pouvait désirer, ou dont il pouvait avoir besoin, n’était oublié. Le peuple d’Israël, en considérant Aaron de la tête aux pieds, pouvait voir que tout était complet en lui. Depuis la sainte tiare qui couvrait son front, jusqu’aux clochettes et aux grenades qui bordaient sa robe, toutes choses étaient comme elles devaient être, parce que tout était conforme au modèle montré sur la montagne, tout était selon l’estimation que l’Éternel faisait des besoins de son peuple et de ses propres exigences.

Mais il y a encore un point relatif aux vêtements d’Aaron, qui réclame l’attention spéciale du lecteur: c’est la manière dont l’or est introduit dans la confection de ces habits. Ce sujet est développé au chapitre 39, mais l’interprétation peut trouver sa place ici: «Et ils étendirent des lames d’or, et on les coupa par filets pour les brocher parmi le bleu, et parmi la pourpre, et parmi l’écarlate, et parmi le fin coton, en ouvrage d’art». (Chapitre 39:3). Nous avons déjà fait remarquer que «le bleu, la pourpre, l’écarlate et le fin coton» représentent les différents caractères de l’humanité de Christ, et que l’or représente sa nature divine. Les filets d’or étaient brochés d’une manière exquise parmi les autres matériaux, de façon à être inséparablement unis à ces derniers, et à en être néanmoins parfaitement distincts. L’application de cette image frappante au caractère du Seigneur Jésus, est pleine d’intérêt. Dans différentes scènes présentées dans les récits de l’Évangile, il est facile de discerner, à la fois, le caractère distinct et la mystérieuse union de l’humanité et de la divinité.

Considérez, par exemple, Christ sur la mer de Galilée. Il était au milieu de la tempête, «dormant sur un oreiller» (Marc 4:38), précieuse manifestation de son humanité! Mais un moment après, il apparaît dans toute la grandeur et la majesté de la divinité; et comme gouverneur suprême de l’univers, il tance le vent et impose silence à la mer. Il n’y a ici ni effort, ni précipitation, ni préparation préalable. Le repos dans l’humanité n’est pas plus naturel que l’activité dans la nature divine. Christ est aussi complètement dans son élément dans l’une que dans l’autre. — Voyez-le encore, quand les receveurs des drachmes s’adressent à Pierre. Comme le «Dieu fort, souverain, possesseur des cieux et de la terre», il pose sa main sur les trésors de l’océan, et il dit: «Ils sont à moi» (Ps. 50:12; 24:1; Job 41:2); et après avoir déclaré que c’est «à lui qu’appartient la mer, car lui-même l’a faite» (Ps. 95:5), il change de langage, et manifestant sa parfaite humanité, il s’associe à son pauvre serviteur par ces paroles touchantes: «Prends-le et donne-le leur pour moi et pour toi». (Matt. 17:27). Paroles pleines de grâce, ici surtout, devant le miracle qui manifestait, d’une manière si complète, la divinité de celui qui s’associait ainsi, dans une condescendance infinie, avec un pauvre faible ver de terre. — Puis encore, au tombeau de Lazare (Jean 11), il frémit et pleure; et ces frémissements, ces larmes proviennent des profondeurs d’une humanité parfaite, de ce cœur humain parfait qui sentait, comme nul autre cœur ne pouvait sentir, ce que c’est que de se trouver au milieu d’une scène où le péché a produit d’aussi terribles fruits. Mais alors, comme la Résurrection et la Vie, comme Celui qui tenait dans sa main toute-puissante «les clefs de la mort et du hadès» (Apoc. 1:18), il s’écrie: «Lazare, sors dehors!» et la mort et le sépulcre, à la voix de Jésus, ouvrent leurs portes et laissent sortir leur captif.

D’autres scènes de l’Évangile se présenteront à l’esprit du lecteur, comme illustrations de cette union des filets d’or avec «le bleu, la pourpre, l’écarlate et le fin coton retors», c’est-à-dire de cette union de la divinité avec l’humanité dans la Personne mystérieuse du Fils de Dieu. Il n’y a rien de nouveau dans cette pensée, souvent signalée par ceux qui ont étudié avec quelque soin les écrits de l’Ancien Testament. Elle est toujours profitable, toutefois, pour nos âmes, quand elles sont tournées vers le Seigneur Jésus comme vers Celui qui est véritablement Dieu et véritablement homme. Le Saint Esprit a uni ensemble la divinité et l’humanité par un «ouvrage d’art», et les présente à l’esprit renouvelé du croyant pour qu’il en jouisse et qu’il les admire.

Avant de quitter cette partie du livre, examinons un peu le chapitre 29. Nous avons déjà fait remarquer qu’Aaron et ses fils représentent Christ et l’Église; mais ici Dieu donne à Aaron la préséance: «Et tu feras approcher Aaron et ses fils à l’entrée de la tente d’assignation, et tu les laveras avec de l’eau». (Vers. 4). Le lavage d’eau faisait qu’Aaron devenait, typiquement, ce que Christ est par lui-même, c’est-à-dire saint. L’Église est sainte en vertu de son union avec Christ dans une vie de résurrection; Christ est la définition parfaite de ce qu’elle est devant Dieu. L’acte cérémoniel de laver avec de l’eau figure l’action de la parole de Dieu. (Voyez Éph. 5:26). «Je me sanctifie moi-même pour eux, dit Christ, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité». (Jean 17:19). Il se sanctifie lui-même pour Dieu dans la puissance d’une obéissance parfaite, étant, comme homme, conduit et dirigé en toutes choses, par la parole de Dieu, par l’Esprit éternel; afin que ceux qui lui appartiennent fussent entièrement sanctifiés par la puissance morale de la vérité.

«Et tu prendras l’huile de l’onction, et tu la répandras sur sa tête, et tu l’oindras». (Vers. 7). Ici il s’agit du Saint Esprit; mais il faut remarquer qu’Aaron fut oint avant que le sang fût répandu, parce qu’il nous est présenté comme le type de Christ qui, en vertu de ce qu’il était dans sa propre personne, fut oint du Saint Esprit longtemps avant que l’œuvre de la croix fût accomplie. D’un autre côté, les fils d’Aaron ne furent oints qu’après que le sang eut été répandu. «Et tu égorgeras le bélier, et tu prendras de son sang, et tu le mettras sur le lobe de l’oreille droite d’Aaron, et sur le lobe de l’oreille droite de ses fils, et sur le pouce de leur main droite, et sur le gros orteil de leur pied droit; et tu feras aspersion du sang sur l’autel tout autour1. Et tu prendras du sang qui sera sur l’autel, et de l’huile de l’onction, et tu en feras aspersion sur Aaron et sur ses vêtements, et sur ses fils et sur les vêtements de ses fils avec lui: et il sera saint, lui et ses vêtements, et ses fils et les vêtements de ses fils avec lui». (Vers. 20, 21). Pour ce qui concerne l’Église, le sang de la croix est le fondement de toute bénédiction. L’Église ne pouvait pas recevoir l’onction du Saint Esprit, avant que son Chef ressuscité ne fût monté au ciel, et n’eût déposé sur le trône de la Majesté le témoignage du sacrifice qu’il avait accompli. «Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, ce dont nous sommes tous témoins. Ayant donc été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père l’Esprit Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez». (Actes 2:32, 33; comp. Jean 7:39; Actes 19:1-6). Depuis les jours d’Abel jusqu’à maintenant, il y a eu des âmes régénérées par le Saint Esprit, des âmes qui ont subi son influence, sur lesquelles il a agi, et qu’il a qualifiées pour le service; mais l’Église ne pouvait pas être ointe du Saint Esprit, avant que son Seigneur victorieux ne fût entré au ciel et qu’il n’eût reçu pour elle la promesse du Père. Cette doctrine est enseignée de la manière la plus directe et la plus absolue dans tout le Nouveau Testament; et elle était préfigurée déjà, dans toute son intégrité, dans le type que nous méditons, par le fait que, bien qu’Aaron fût oint avant que le sang ne fût répandu, ses fils néanmoins ne le furent et ne pouvaient l’être qu’après (Vers. 7, 21).

1 L’oreille, la main et le pied sont tous consacrés à Dieu, dans la puissance de l’expiation accomplie, et par l’énergie du Saint Esprit.

Mais l’ordre suivi ici pour l’onction nous apprend autre chose encore que ce qui concerne l’œuvre de l’Esprit et la position de l’Église. La prééminence personnelle du Fils nous y est aussi présentée. «Tu as aimé la justice, et tu as haï la méchanceté; c’est pourquoi Dieu, ton Dieu, t’a oint d’une huile de joie au-dessus de tes compagnons». (Ps. 45:8; Héb. 1:9). Il faut que les enfants de Dieu maintiennent toujours cette vérité dans leurs convictions et leur expérience. La grâce de Dieu, il est vrai, est manifestée par le fait merveilleux, que des pécheurs coupables et dignes de l’enfer se sont trouvés être appelés les «compagnons» du Fils de Dieu; mais n’oublions jamais l’expression «au-dessus». Quelque étroite que soit l’union, et elle est aussi étroite que les conseils éternels de la grâce pouvaient la rendre, il faut néanmoins «qu’en toutes choses, Christ tienne la première place» (Col. 1:18). Il ne pourrait en être autrement. Il est Chef sur toutes choses, Chef de l’Église, Chef de la création, Chef des anges, Seigneur de l’univers. Il n’est pas un seul des astres qui se meuvent dans l’espace, qui ne lui appartienne, et dont il ne dirige les mouvements; pas un seul des vermisseaux qui rampent sur la terre, qui ne soit sous son œil toujours ouvert. Il est «Dieu sur toutes choses» (Rom. 9:5); «le premier-né d’entre les morts» et «de toute la création» (Col. 1:15, 18; Apoc. 1:5); «le commencement de la création de Dieu» (Apoc. 3:14). «Toute famille dans les cieux et sur la terre» (Éph. 3:15) doit se ranger sous lui. Toute âme spirituelle reconnaît cette vérité avec gratitude; bien plus, l’énonciation seule de ces choses fait tressaillir le cœur du chrétien. Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit se réjouiront à chaque nouveau développement des gloires personnelles du Fils; de même qu’ils ne pourront supporter quoi que ce soit qui porte atteinte à ces gloires. Quand l’Église sera élevée dans les plus hautes régions de la gloire, sa joie sera de se prosterner aux pieds de Celui qui s’abaissa pour l’élever jusqu’à l’unir avec lui-même, en vertu du sacrifice qu’il a accompli et qui, ayant pleinement répondu à toutes les exigences de la justice de Dieu, peut satisfaire toutes les affections divines, en unissant son Église avec lui-même d’une manière inséparable, comme juste objet de l’amour du Père, et dans sa gloire éternelle d’homme ressuscité. «Il n’a pas honte de les appeler frères». (Héb. 2:11).