Zacharie

Chapitre 1er

L’Esprit de Dieu commence par une exhortation fondée sur les preuves fournies par l’histoire du peuple, de la manière dont il était atteint par la parole des prophètes. Le déplaisir de l’Éternel, dont ces prophètes n’avaient pas manqué d’avertir le peuple, avait porté des fruits; mais maintenant Dieu prenait connaissance de la conduite des gentils, auxquels il avait confié la puissance, et qui, tout entiers à leurs aises, ne s’inquiétaient pas de la misère et de la ruine du peuple de Dieu.

Mais l’Éternel s’intéresse à son peuple. Il est indigné contre les gentils qui sont à leur aise, et ému d’une grande jalousie pour Jérusalem; il est revenu vers elle en miséricorde; la prospérité et l’abondance seront la portion de son peuple. Ici, on peut remarquer que le jugement de Babylone, déjà accompli, était en principe le jugement exécuté contre l’oppresseur d’entre les gentils, contre le chef de l’empire, — de la statue; et la promesse de bénédiction s’étend à celle qui sera la portion de Jérusalem, lorsque l’oppresseur sera finalement jugé.

Trois empires subsistaient encore aux yeux de l’Esprit; le monde était tranquille sous l’autorité du second des quatre, ou du premier de ces trois. Le cheval est, en général, le symbole de la divine énergie de gouvernement sur la terre, et ici, dans les empires qui succèdent à celui de Nebucadnetsar. Outre celui qui se tient parmi les myrtes, il y en a trois. Mais ils prennent, il me semble, plutôt le caractère des esprits administrateurs providentiels de ces empires, que celui des empires eux-mêmes. Le cheval du premier des trois a la même couleur que celui de l’homme qui se tenait parmi les myrtes; peut-être parce que Cyrus et les Perses avaient délivré et favorisé le peuple de Dieu, ainsi que le fera dans sa grande puissance le Seigneur Jésus lui-même.

C’est donc là la portée de cette première portion de la prophétie. En premier lieu, le jugement déjà accompli sur Israël faisant voir la vertu de la parole de l’Éternel, et puis Dieu revenant à Jérusalem en consolation et en bonté, ému de jalousie pour elle et indigné contre les nations qui étaient à leur aise, tandis qu’elle était en ruine.

La vision juge toute l’action des empires des nations, et montre que tout était soumis au gouvernement providentiel de Dieu, qui s’enquérait de tout en faveur de son peuple, et qui, portant ses regards jusqu’à la fin de ces temps des gentils, annonçait la prospérité et la bénédiction de la ville de son élection. Remarquez, en attendant, que Juda avait été provisoirement rendu aux privilèges de son propre culte et à une position où il pouvait être prêt à recevoir le Messie pour l’accomplissement des desseins de Dieu.

La vision, à la fin du chapitre, embrasse l’ensemble des empires qui auront été en rapport avec Juda et Jérusalem, qui les auront opprimés jusqu’à leur délivrance finale. Les cornes sont les symboles des puissances, et les charpentiers sont des instruments employés de Dieu pour les briser. On remarquera, sans entrer dans les détails, qu’Israël est compris, au verset 19, comme une partie de l’ensemble, à ce qu’il me paraît; Ninive ayant passé sous le joug de Babylone, et Israël étant assujetti comme il l’était aux empires, tout est mis ensemble.