Proverbes

John Nelson Darby

Introduction

Le livre des Proverbes nous fournit l’application aux détails de la vie, dans ce monde de confusion et de mal, de la sagesse qui a créé les cieux et la terre. Cette pensée fait ressortir la grande grâce qui s’y déploie. Dieu daigne appliquer sa sagesse aux circonstances de notre vie pratique, et nous montrer, avec sa propre intelligence, les conséquences de toutes les voies dans lesquelles l’homme peut marcher. Car souvent les vérités du livre des Proverbes sont présentées, non sous forme de préceptes, mais pour donner la connaissance. C’est une grande grâce que d’être pourvu d’un livre qui, dans le labyrinthe de ce monde où un faux pas peut amener des résultats si amers, nous montre le chemin de la prudence et de la vie, et cela en rapport avec une sagesse qui vient de Dieu.

Il est bon de se souvenir que le livre des Proverbes s’occupe de ce monde et du gouvernement de Dieu, selon lequel l’homme moissonne ce qu’il a semé. Ceci reste toujours vrai, quelle que soit la grâce souveraine qui nous accorde des choses en dehors de ce monde et infiniment supérieures à ce monde.

Salomon a été rempli d’une sagesse d’en haut, mais cette sagesse s’exerçait dans ce monde, c’est-à-dire qu’elle y appliquait la manière de voir de Dieu, en discernant la vérité de toutes les choses qui s’y déployaient jour par jour. Nous avons ici les voies de Dieu, le chemin divin pour la conduite humaine, le discernement de ce que le cœur de l’homme produit et de ce qui en est la conséquence, ainsi que le moyen — pour l’homme soumis à la Parole — d’éviter le chemin de sa volonté propre et de la folie de son propre cœur (qui est incapable de comprendre la portée d’une foule d’actes qu’il lui suggère) et cela, non pas en le ramenant à la perfection morale — car le livre des Proverbes n’a pas pour but de la développer — mais à cette sagesse et à cette prudence qui le rendent capable d’éviter bien des écarts et de conserver une marche sérieuse devant Dieu et une soumission habituelle à ses pensées. Les préceptes de ce livre établissent le bonheur pratique dans ce monde par le maintien, dans leur intégrité selon Dieu, des relations qui subsistent sur la terre. Or ce n’est pas la prudence et la sagacité humaines qui sont recommandées; ce dont il est question ici, c’est la crainte de l’Éternel1, qui est le commencement de la sagesse.

1 J’ai laissé ici «l’Éternel», comme une expression d’application générale, mais Jéhovah est toujours son nom en Israël, et son nom gouvernemental, sauf dans quelques cas où l’on trouve Adonaï (Éternel, dans son emploi propre appellatif). Mais il faut remarquer que Jéhovah est employé dans les Proverbes, parce que l’instruction y est donnée avec autorité dans une relation connue: il n’a jamais cet emploi en Ecclésiaste, où c’est Dieu en contraste avec l’homme, ayant sa propre expérience comme tel sur la terre. «Dieu», d’une manière abstraite, ne se trouve qu’une fois dans les Proverbes (25:2). Nous avons «son Dieu», au chap. 2:17.

 

Ce livre a deux parties très distinctes:

Les neuf premiers chapitres qui donnent des principes généraux; et les proverbes proprement dits, ou aphorismes moraux, ou sentences indiquant le chemin où l’homme sage doit marcher. Il y a aussi, à la fin du livre, un recueil de ces derniers, fait par Ézéchias.

Examinons la première partie. Un grand principe y est posé d’emblée. La crainte de l’Éternel, d’un côté, et, de l’autre, cette folie de la volonté qui méprise la sagesse et l’instruction qui la brident. Car, outre la connaissance du bien et du mal à l’égard duquel la crainte de l’Éternel opérera, il y a cet exercice de l’autorité dans l’ordre que Dieu a créé qui est un frein à la volonté (cette origine de tout désordre), comme ce qui est confié aux parents et à ceux qui sont dans leur position. Et l’Esprit insiste soigneusement sur ces choses, comme étant la base du bonheur et de l’ordre moral dans le monde, en contraste avec l’indépendance. Ce n’est pas seulement l’autorité de Dieu donnant des préceptes, ni même exposant la conséquence des actions, mais c’est l’ordre qu’il a institué dans les relations qu’il a établies au milieu des hommes, surtout celles qui se rapportent aux parents. Se soumettre aux parents, c’est réellement reconnaître l’ordre institué de Dieu. C’est le premier commandement avec promesse.

Le péché ou l’activité de la volonté de l’homme se produit sous deux formes: la violence et la corruption. C’est ce qui a eu lieu au temps du déluge. La terre était corrompue devant Dieu, et elle était remplie de violence. Satan est menteur et meurtrier. Les désirs corrompus sont même, dans l’homme, une source plus abondante de mal.