Philippiens

John Nelson Darby

Introduction

Dans l’épître aux Philippiens nous trouvons beaucoup plus d’expérience chrétienne que dans la plupart des autres épîtres: les exercices du cœur y sont aussi développés davantage. C’est en réalité l’expérience chrétienne normale. La doctrine et la pratique se retrouvent dans toutes les épîtres; mais à la seule exception de la seconde à Timothée, qui a un autre caractère, aucune épître ne renferme autant que celle-ci l’expression de l’expérience que fait le chrétien dans sa vie de labeur; aucune ne présente comme celle-ci les ressources qui sont ouvertes au chrétien pour traverser cette vie, et les motifs qui doivent le gouverner dans sa course. On peut même dire que cette épître nous présente l’expérience de la vie chrétienne dans son expression la plus élevée et la plus parfaite — disons plutôt, dans son état normal sous la puissance de l’Esprit de Dieu. Dieu a daigné nous fournir ce magnifique tableau, comme ailleurs il nous présente les vérités qui nous éclairent et les règles d’après lesquelles nous devons nous diriger.

L’occasion s’en offrait tout naturellement. Paul était en prison, et les Philippiens qui lui étaient très chers et qui, au commencement de ses travaux, lui avaient témoigné leur affection par des dons semblables, venaient encore de lui envoyer des secours par Épaphrodite dans un moment où il se trouvait, déjà depuis quelque temps à ce qu’il parait, dans le besoin. Une prison, le besoin, l’Assemblée de Dieu privée de ses soins vigilants, l’expression de l’affection qui pensait à lui dans ses nécessités, quoiqu’il fût loin, n’étaient-ce pas là les circonstances les plus propres à ouvrir le cœur de l’apôtre et à amener l’expression des sentiments de confiance en Dieu dont il était animé? N’y avait-il pas là tout ce qu’il fallait pour l’amener à exprimer ce qu’il sentait à l’égard de l’Assemblée, quand elle se trouvait privée de l’appui des soins apostoliques et qu’elle devait se confier directement en Dieu Lui-même. Or il était tout naturel que Paul épanchât son cœur dans le sein de ses chers Philippiens qui venaient de lui donner ce témoignage de leur affection; c’est pourquoi il parle plus d’une fois de la communion des Philippiens avec l’Évangile, c’est-à-dire de la part qu’ils prenaient aux travaux, aux peines, aux nécessités, dont la prédication de l’Évangile était l’occasion pour ceux qui s’y vouaient. Leurs cœurs s’associaient à l’Évangile, comme font ceux dont parle le Seigneur, qui reçoivent un prophète en qualité de prophète.