Néhémie

Chapitres 11 à 13

Cette position est expressément formulée dans le livre de Néhémie. C’est le commandement du roi qui pourvoit à l’entretien des chantres. Un Juif est commissaire du roi pour tout ce qui concernait le peuple (11:23, 24).

Nous avons déjà vu que la joie était la part du peuple; une joie qui reconnaissait Dieu, car Dieu avait gardé le peuple et l’avait béni. Mais les chefs du peuple étaient aussitôt retombés dans l’infidélité; et, pendant l’absence de Néhémie, les chambres du temple, où l’on gardait précédemment les offrandes, avaient été évacuées pour faire place à Tobija, ce subtil et persévérant ennemi du peuple de Dieu. Mais, à la dédicace de la muraille de Jérusalem, la joie du peuple et la fidélité de Néhémie le ramènent à la Parole écrite, et Israël se sépare de nouveau de tout le peuple mélangé (13:3). Tous les effets de Tobija sont jetés hors de la chambre, et lui-même est chassé du temple. L’observation du sabbat est renforcée. Ceux qui s’étaient mariés avec des femmes étrangères, et dont les enfants parlaient moitié la langue des étrangers et moitié celle des Juifs, sont placés sous la malédiction et repris avec des châtiments sévères. L’ordre et la pureté légale sont rétablis; et cette pensée principale du livre, quant à l’état du peuple, termine le récit.

Ce que nous avons dit donnera l’idée du grand principe de ce livre.

J’ajouterai encore ici quelques remarques.

Le livre de Néhémie place Israël, ou plutôt les Juifs, dans la position où ils devaient se trouver dans leur pays jusqu’à la venue du Messie; séparés des nations, fidèles à l’égard de l’observation de la loi, mais privés des privilèges qui leur avaient appartenu comme peuple de Dieu; placés sous le joug des Gentils, capables de rendre à Dieu les choses qui étaient à Dieu, mais privés de Sa présence au milieu d’eux, telle qu’ils en avaient joui précédemment dans le temple; tenus finalement de rendre à César les choses qui étaient à César. Quand est venu l’Ange de l’alliance (le Fils de Dieu, qui aurait pu placer la gloire dans le temple en le purifiant), ils ne l’ont pas reçu et ils sont encore sous le poids des conséquences de cette réjection. C’est l’état où ils se trouvent actuellement, jusqu’à la venue de Christ.

C’est là ce qui donne au livre de Néhémie son importance. La foi de Néhémie embrassait les promesses de Dieu qui se rattachaient à son gouvernement, comme elles se trouvent par exemple exprimées au chapitre 26 du Lévitique. Mais sa foi n’allait pas plus loin (voyez chap. 1). Cette foi était bénie, et elle accomplissait les desseins de Dieu; mais elle laissait Israël au point où il était. La formule précieuse: «Sa bonté demeure à toujours», ne se trouve pas dans ce livre. La foi de Néhémie ne s’élève pas aussi haut. Il est lui-même serviteur des Gentils, et il les reconnaît. La confiance en Dieu, exprimée dans les paroles que nous venons de citer, se rattachait à l’autel et au temple, où l’Éternel était tout pour la foi, et où les Gentils n’étaient rien, sinon des ennemis (Esdras 3:4).

Quoiqu’il laisse les Juifs dans un état bien meilleur qu’auparavant, par la bonne main de Dieu sur eux pour les bénir présentement, le livre de Néhémie n’a pas d’avenir prophétique, pas d’avenir pour la foi1. Les Juifs sont toujours Lo-Ammi (pas mon peuple). La présence de Dieu assis entre les chérubins n’est pas avec eux et ne pouvait y être, vu que Dieu avait transporté le trône au milieu des Gentils. Je parle de sa présence dans le temple, dans la demeure de sa gloire. Placés ainsi dans la bénédiction et sous la responsabilité, la venue du Messie devait mettre tout à l’épreuve. Le résultat a fait voir une maison vide, balayée et ornée, d’où l’esprit impur était sorti, mais dans laquelle il n’y avait rien. Cet esprit reviendra, avec d’autres esprits plus méchants que lui-même. Ayant rejeté le Christ, ce malheureux peuple recevra l’Antichrist; mais ceci n’a été manifesté que par la venue de Christ.

1 Or là où il n’y avait pas de foi, mais où ils s’étaient intérieurement éloignés de Dieu, leur exactitude légale, sans grâce dans leur cœur, devenait de l’étroitesse et de l’hypocrisie. L’esprit scrupuleux n’est pas la droiture.

En Néhémie, le peuple est seulement placé, en attendant, dans cette position de bénédiction. Les prophéties de Zacharie et d’Aggée se rattachent à l’œuvre de Zorobabel et non à celle de Néhémie: à la foi simple qui a dressé l’autel comme moyen de bénédiction et de sûreté. Là (Zach. 1:16), l’Éternel peut dire qu’il est «revenu à Jérusalem avec miséricorde»; mais c’est «après la gloire» qu’Il viendra y demeurer (2:8-13). La prophétie les encourage par la bénédiction, et leur promet la venue du Christ et la gloire de la présence de l’Éternel pour une époque encore à venir. Le chapitre 8 de ce même prophète lie ces deux choses pour encourager le peuple à marcher avec droiture; mais, en le lisant, on verra que l’accomplissement est indiqué très nettement comme ayant lieu à la fin des temps, le rejet du Christ (chap. 9) devenant l’occasion des jugements qui devaient les atteindre, et donnant lieu, d’une manière plus éclatante encore, à cette grâce souveraine qui emploiera la puissance du Messie rejeté, pour délivrer son peuple entièrement ruiné par suite de son iniquité.

La prophétie de Malachie, prononcée plus tard, déclare et dénonce la corruption introduite après que, par grâce, la bénédiction avait été retrouvée dans une certaine mesure, puis elle prédit la venue de l’Éternel en jugement.

On peut ajouter aux remarques déjà faites, que ni en Zacharie, ni en Aggée, Dieu n’appelle le peuple: Mon peuple. Il est dit, prophétiquement, que cela aurait lieu dans le temps à venir, aux derniers jours, lorsque le Christ viendrait établir Sa gloire. Mais le jugement prononcé en Osée n’a jamais été révoqué, et aucune expression qui le contredise n’est jamais employée.

Le livre de Néhémie nous donne donc le rétablissement partiel et extérieur des Juifs dans le pays, sans le trône de Dieu, sans le trône de David, en attendant la manifestation du Messie, et Sa venue pour chercher le fruit de tant de grâces; en un mot, leur rétablissement, afin que cette présentation pût avoir lieu. C’est le peuple provisoirement dans le pays, de la part de Dieu, mais sous la puissance des Gentils qui possèdent le trône.