Néhémie

Chapitres 8 à 10

Par les soins d’Esdras et de Néhémie, la loi reprend son autorité, et cela sur la demande même du peuple; car Dieu avait disposé leurs cœurs. Aussi Dieu les avait-il rassemblés le premier jour du septième mois. C’était vraiment la trompette de Dieu, dont le peuple ne se rendait pas compte, qui le rassemblait lors de cette nouvelle lune que la grâce faisait luire de nouveau, quels que fussent les nuages qui en dérobaient la faible lumière. Le peuple a le cœur touché par le témoignage de la loi, et pleure. Mais Néhémie et Esdras les engagent à se réjouir, car cette journée était sainte. Sans doute, ces hommes de Dieu avaient raison. Puisque Dieu rétablissait son peuple, il convenait que son peuple s’en réjouît et rendît grâces.

Le second jour, en continuant à s’enquérir du saint livre, ils trouvent qu’Israël devait se réjouir le quinzième jour de ce même mois. Lorsque l’on sort d’une période de châtiment et que l’Assemblée se retrouve devant Dieu, il arrive souvent que l’on se souvient de commandements, longtemps oubliés et perdus en des jours en apparence meilleurs pour le peuple de Dieu, et que l’on retrouve, avec eux, des bénédictions qui en accompagnent l’observation. Depuis les jours de Josué, les enfants d’Israël n’avaient pas suivi ces préceptes de la loi. Quelle leçon! Cette fête des tabernacles est célébrée avec une très grande joie1, touchante expression de l’intérêt que Dieu mettait à signaler le retour de son peuple; retour partiel, il est vrai, et bientôt assombri (et même l’espérance à laquelle il donnait lieu a été détruite de fond en comble par le rejet du Messie qui devait en être la couronne), mais retour précieux, comme prémices en grâce de ce rétablissement qui accompagnera le retour du cœur d’Israël à Christ, et se manifestera lorsque le peuple dira: «Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur!» La joie était sincère et réelle; mais tout était imparfait. Le dixième jour n’avait pas son antitype. L’humiliation d’Israël ne se rapportait pas encore à cette mort qui mettait en même temps le comble à leur iniquité et en faisait l’expiation. La joie était bien fondée, mais n’était encore que temporaire.

1 La fête des tabernacles était la célébration de leur repos et de la possession du pays, après avoir passé à travers le désert. Les tabernacles rappelaient qu’ils avaient été comme pèlerins sous des tentes.

Au vingt-quatrième jour, le peuple s’assemble pour s’humilier d’une manière qui convenait à sa position, et il se sépare de tous les étrangers. En commençant par la bénédiction promise à Abraham, ils racontent tous les témoignages de la grâce de Dieu dont Israël avait été l’objet, les infidélités dont il s’était par la suite rendu coupable, et, expression vraie de la repentance du cœur, ils reconnaissent leur état sans se le déguiser (9:36, 37); et ils s’engagent à obéir à la loi (10), à se séparer complètement d’avec les peuples du pays, et à remplir fidèlement ce qu’exige le service de la maison de Dieu.

Tout ceci donne à leur position un caractère très net. Reconnaissant la promesse faite à Abraham, et l’introduction du peuple en Canaan en vertu de cette promesse, ils se replacent sous l’obligation de la loi, tout en confessant que la bonté de Dieu les avait épargnés. Ils ne voient pas plus loin qu’une restauration conditionnelle et mosaïque. Ni le Messie, ni la nouvelle alliance, n’entrent en ligne de compte comme fondement de leur joie ou de leur espérance. Ils sont et demeurent esclaves des nations.

C’est dans cette condition qu’Israël est resté jusqu’à ce que, par la bonté souveraine de Dieu, le Messie lui eût été présenté. Le Messie aurait pu les faire sortir de cette position, et les rassembler sous ses ailes; mais ils n’ont pas voulu.