Nombres

Chapitre 18

Au chap. 18, la position de la sacrificature est clairement définie, aussi bien que celle des Lévites. Les sacrificateurs seuls s’approchent du sanctuaire; eux seuls sont capables de cette intimité avec Dieu. Mais, en conséquence de leur position, il y a, comme effet de cette proximité, des péchés, de l’iniquité, qu’ils sont appelés à porter, et qui ne seraient pas remarqués chez ceux de dehors. Ce qui ne convient pas à la présence et au sanctuaire de Dieu, ne convient pas à ses sacrificateurs. Ils portent l’iniquité du sanctuaire. Si le peuple désobéissait à la loi, sans doute il était puni; mais ce qui souillait le sanctuaire tombait sur Aaron et sur ses fils. Quelle est donc la mesure de sainteté donnée aux enfants de Dieu, qui seuls sont les vrais sacrificateurs! Le service des Lévites et les Lévites eux-mêmes étaient donnés en pur don aux sacrificateurs. La sacrificature aussi était un pur don à Aaron et à ses fils. À cause de l’onction, les choses saintes leur étaient données à manger, ce qui était un privilège spécial des sacrificateurs. Il en est de même pour nous.

Ce qu’il y a de précieux sous tous les rapports dans l’offrande de Christ, dans sa vie et dans sa mort; dans ce pain descendu du ciel, contemplé dans sa vie de dévouement et de grâce ici-bas, et dans sa mort pour nous, — tout cela est la nourriture de nos âmes, dans cette communion avec Dieu, dans laquelle nous sommes nous-mêmes gardés dans notre sacrificature. Les sacrificateurs seuls mangeaient les choses saintes, et ils les mangeaient dans un lieu saint. Ce n’est que dans le sentiment de la présence de Dieu et sous l’efficace d’une huile qui n’est jamais placée sur la chair, que nous pouvons vraiment réaliser ce qui est précieux dans l’œuvre de Christ.

Le vers. 10 du chap. 18 présente quelque chose de très remarquable, car ce qui est dit ici, c’est qu’ils devaient les manger dans le lieu très saint. Il est vrai que l’on peut traduire: «comme des choses très saintes». Mais si le sens est bien «dans le lieu très saint», il ne se rapporte qu’à l’antitype, savoir, que c’est dans la pensée et devant le trône du Dieu souverain lui-même, que nous pouvons réellement goûter cette précieuse nourriture. Historiquement les sacrificateurs n’y étaient pas; ils seraient ici censés y être, étant dans le sanctuaire de Dieu.

Il y avait des choses qui appartenaient à la famille sacerdotale, mais qui n’étaient pas mangées comme celles du vers. 10 dans le caractère sacerdotal, telles que des offrandes élevées, des offrandes tournoyées; les filles en mangeaient comme les fils; tous ceux qui étaient nets dans la maison sacerdotale pouvaient y participer. Ainsi, dans les joies des enfants de Dieu, il y en a qui leur appartiennent comme formant une famille. Nous jouissons des bénédictions qui nous sont accordées, et de tout ce qui est offert par l’homme à Dieu. C’est une joie pour l’âme. Tout ce que l’Esprit de Christ opère à la gloire de Dieu, même dans ses membres, et encore plus ce qu’il fait en Christ lui-même, est la nourriture de l’âme des gens de la maison de Dieu et les fortifie. Nos âmes ne jouissent-elles pas de ces prémices, le meilleur du moût et du froment, les premiers fruits de cette belle récolte de Dieu, le produit de sa semence sur le terrain de son élection? Oui, nous en jouissons en y pensant. Mais les sacrifices pour le péché, pour le délit, les gâteaux, tout ce en quoi nous prenons part en esprit dans l’œuvre profonde de Christ, ne se mange que dans le caractère et dans l’esprit du sacrificateur. Il nous faut entrer, selon l’efficace de cette œuvre de Christ, dans l’esprit dans lequel il se présente lui-même à la suite de son sacrifice, mus par son amour parfait, en la présence du Très-Haut; il nous faut participer aux sentiments d’amour, de dévouement, dans la conscience de la sainteté de Dieu; en un mot, il nous faut entrer dans les sentiments avec lesquels Christ se présente comme sacrificateur devant Dieu, afin de lier, par l’amour et l’efficace de son offrande, la sainteté de Dieu à la bénédiction de celui qui a péché, afin de réaliser ce qui est précieux en Christ dans cette œuvre, et afin d’y prendre part (car il en est ainsi) en grâce. En effet, cela n’a lieu que dans le lieu très saint, dans la présence de Dieu, où Christ comparaît pour nous.

Enfin, soit les joies familiales de la maison de Dieu, soit cette sainte participation en esprit à l’œuvre de Christ, tout ce dont nous venons de parler appartient à la sacrificature. Les Lévites mêmes devaient reconnaître, en tout ce que Dieu leur donnait comme étrangers sur la terre de promesse, les droits et l’autorité des sacrificateurs.

Or, si l’on veut distinguer, tous les chrétiens sont sacrificateurs: les ministres, en tant que ministres, ne sont que des Lévites. Leur service consiste à fournir à la joie de la sacrificature et à vaquer au service des saints devant Dieu (il n’est pas question ici de service vis-à-vis du monde, parce que l’économie judaïque ne le comportait pas). Notre service, à nous, recevra sa récompense dans le ciel; notre place, comme sacrificateurs, sera la proximité de Dieu et la joie en Lui.

Il est évident que participer en esprit (car on ne peut y participer réellement) au sacrifice de Christ pour le péché, en en mangeant comme sacrificateur, est une chose très sainte, un privilège dont on jouit dans un lieu très saint: tout est spécialement sainteté ici.