Nombres

Chapitre 10

Au chap. 10, il est question des trompettes d’argent qui servaient à rassembler le peuple pour la marche, ainsi qu’au départ du camp, mais qui avaient aussi d’autres usages. Elles étaient le témoignage de Dieu, rendu publiquement, avec deux buts principaux: rassembler le peuple et le faire partir. Il en est ainsi en pratique: le témoignage de Dieu rassemble son peuple autour de Lui et le fait marcher en avant. Le témoignage de Dieu était le signe de son intervention, en même temps qu’il avait pour résultat de la produire. Les sacrificateurs qui devaient, en communion avec leur chef, être dans l’intimité des pensées de Dieu, sonnaient des trompettes quand le cas se présentait. Tout se faisait ainsi selon la communion avec Dieu dans son sanctuaire. Après l’introduction du peuple dans le pays, si la guerre survenait, les sacrificateurs sonnaient avec éclat; ils proclamaient le témoignage de Dieu, sans s’effrayer; alors Dieu se souvenait de son peuple pour intervenir. Il en est de même pour nous; nous n’avons jamais à craindre l’attaque de l’ennemi; au lieu de nous effrayer, rendons un témoignage fidèle, en réponse auquel Dieu a promis d’intervenir en puissance. Ne craignons pas.

On se servait aussi des trompettes dans les fêtes solennelles, car le témoignage et le mémorial de Dieu constituent la joie de son peuple rassemblé.

Enfin, le peuple est appelé à faire sa première traite. L’ordre suivi dans la marche diffère de celui qui avait été prescrit, en ceci que le tabernacle avec ses courtines allait après les trois premières tribus, afin qu’il pût être dressé pour recevoir l’arche; celle-ci suivait la seconde division. Mais en outre, Dieu se montre d’une manière remarquable en grâce, en dehors de tout l’ordre qu’il avait prescrit (2:17), car, de fait, c’est l’arche elle-même qui précède le camp (v. 33). Moïse avait demandé à un enfant du désert de «servir d’yeux» au peuple; mais quand l’homme ne se soucie pas de le faire, Dieu lui-même s’en charge. Il sort de la place qu’il avait prise au milieu des tribus pour qu’elles prissent soin de lui et veillassent à son honneur, si l’on ose s’exprimer ainsi, et se fait en quelque sorte leur serviteur, cherchant un lieu où elles pussent se reposer dans ce chemin qui leur était inconnu. Ce n’était point le repos de Canaan, mais un lieu dans le désert où l’Éternel faisait le chemin de trois jours pour chercher un lieu de repos à Israël. Beau tableau de la grâce tendre et précieuse du Seigneur, qui ne manque pas, s’il nous fait traverser le désert pour notre bien, de s’y trouver avec nous, et qui a soin, en menant ses brebis dehors, de marcher devant elles et de les soulager par son amour. Puissant Conducteur des siens pendant le voyage, il est leur joie et leur gloire, lorsqu’il vient se reposer au milieu d’eux!