Nombres

Chapitre 5

Poursuivons l’étude du livre. Le chapitre 5 nous présente trois choses en rapport avec la pureté du camp, considéré comme la demeure de Dieu, et en rapport avec notre pèlerinage à travers le désert; principal sujet du livre des Nombres. Pendant ce pèlerinage où tout est mis à l’épreuve, la présence au milieu de nous d’un Dieu non contristé, est notre seule sécurité, notre force, et notre direction. Toute souillure devait être écartée. Dieu prenait connaissance des torts que, pendant le voyage, on commettait contre son frère. Si cela est toujours vrai, ce l’est bien plus encore quand il s’agit d’un tort fait à celui qui n’a pas eu honte de nous appeler ses frères. La restitution, quand elle ne pouvait être faite à la personne qui avait souffert le dommage, ou à son proche parent, devait être faite à l’Éternel dans la personne du sacrificateur, outre l’offrande pour le péché. Dans le camp de Dieu, on ne pouvait pas commettre des torts, sans les réparer.

Puis vient la question de la jalousie. Si la fidélité d’Israël, de l’Église, ou d’un individu, à Dieu ou au Christ, est mise en question, il faut que l’épreuve en soit faite. La poussière sur le sol du tabernacle (v. 17) était, à ce qu’il me semble, la puissance de la mort dans la présence de Dieu, fatale à l’homme naturel, mais précieuse, comme la mort du péché, pour celui qui a la vie. L’eau représente la puissance du Saint Esprit agissant par la Parole sur la conscience.

La puissance du Saint Esprit jugeant ainsi (selon la sentence de mort contre la chair) l’état d’infidélité qu’on croyait caché au vrai mari du peuple, manifeste le péché et fait venir le châtiment et la malédiction sur l’infidèle, et cela évidemment par le juste jugement de Dieu. Boire la mort selon la puissance de l’Esprit, c’est la vie pour l’âme. «Par ces choses on vit, dit Ézéchias, et dans toutes ces choses est la vie de mon esprit», même alors qu’elles sont l’effet d’un châtiment, ce qui n’est pas toujours nécessairement le cas. Mais s’il y a de l’interdit caché, s’il y a de l’infidélité envers Jésus, inaperçue peut-être de l’homme, et que Dieu la mette à l’épreuve; si l’on s’est laissé enlacer par celui qui a l’empire de la mort, et que la sainte puissance de Dieu s’occupe de la mort et vienne se mettre en rapport avec cette puissance de l’ennemi, le mal caché est mis à découvert, la chair est atteinte, sa pourriture et son impuissance sont manifestées, quelque belles que soient au reste ses apparences. Mais si elle est exempte d’infidélité, l’épreuve n’a qu’un résultat négatif; elle montre que l’Esprit de sainteté ne trouve rien à juger, lorsqu’il applique la mort, selon la sainteté de Dieu.

Dans l’offrande sans huile ni encens, la femme est placée devant Dieu selon le jugement que Dieu a porté sur le péché, dans sa sainteté et sa majesté, lorsque Christ a été fait péché pour nous. Le péché confessé n’a jamais cet effet, car la conscience en est purifiée par Christ. L’infidélité dont il est ici question est celle du cœur d’Israël, ou celle de l’Église envers Christ. Toutes ces choses s’appliquent non point à l’acceptation du croyant ou de l’Église au point de vue de la justification (il en est question quand il s’agit de s’approcher de Dieu), mais au jugement de notre marche pendant la traversée du désert, Dieu étant au milieu de nous.

L’Église ferait bien d’apprécier jusqu’à quel point elle s’est donnée à un autre. Assurément, il en est parmi ses membres qui ne l’ont pas fait dans leur cœur. Si Christ ne découvrait pas l’iniquité, avec l’obligation de la juger, il s’identifierait, pour ainsi dire, avec l’iniquité de son épouse et serait ainsi souillé par elle (vers. 31). C’est pourquoi il agira certainement de cette manière. Ce qui se dit de l’Église peut être dit également de chacun de ses membres, mais nous répétons qu’il est ici question de la marche ici-bas, et non du salut, la marche dans le désert étant le sujet de tout ce livre. Remarquons aussi que l’âme individuelle ou l’Église peut, à d’autres égards, montrer un zèle, un dévouement extraordinaires, qui ne manquent nullement de sincérité, tandis qu’elle tombe dans une faute qu’elle se cache jusqu’à un certain point à elle-même; mais rien n’est capable de contrebalancer l’infidélité à son mari.