Nombres

Chapitre 3

Nous avons les Lévites, mis à part selon les pensées de Dieu, pour le service. C’est une figure de l’Église, ou plutôt des membres de l’Église dans leur service, de même que les sacrificateurs sont la figure des chrétiens s’approchant du trône de Dieu, bien que ces deux choses soient une ombre, non une image parfaite.

Les Lévites étaient des prémices offertes à Dieu, car ils étaient à la place des premiers-nés, dans lesquels Dieu avait pris Israël à lui, lorsqu’il frappa les premiers-nés des Égyptiens. C’est ainsi que l’Église1 est, comme les prémices des créatures de Dieu, sainte au Seigneur. Le nombre des premiers-nés étant plus grand que celui des Lévites, le surplus fut racheté comme signe qu’ils appartenaient à Dieu, et les Lévites devinrent la possession de Dieu pour son service (vers. 12, 13). Il en est de même de l’Église, elle est entièrement à Dieu pour le servir ici-bas.

1 Je parle toujours ici de l’Église vue individuellement dans ses membres.

Mais, en outre, les Lévites étaient entièrement donnés à Aaron, le souverain sacrificateur; car le service de l’Église ou de ses membres dépend entièrement de Christ dans la présence de Dieu, et n’a pour objet que ce qui le concerne et ce qui se rapporte au service qu’il rend lui-même à Dieu dans le vrai tabernacle. Le service des saints n’a aucune valeur (c’est un péché, au contraire) si ce n’est autant qu’il est uni à la sacrificature. Aussi notre service ne vaut-il absolument rien, s’il ne se lie, dans ses détails, à notre communion avec le Seigneur et à la sacrificature (c’est-à-dire à Christ dans les lieux célestes, en la présence de Dieu pour nous, qui sommes associés avec lui dans cette proximité, sacrificateurs par grâce). Ainsi, tout s’accomplit en rapport direct avec lui dans ce caractère céleste. Christ est «Fils sur sa maison». «Il y a diversité de services, mais le même Seigneur». Le Saint Esprit donne la capacité et le don pour le service; mais, dans l’exercice de cette capacité et de ce don, nous sommes serviteurs de Christ.

Ainsi, en ce qui concerne notre service, nous avons ces trois principes: l° nous sommes rachetés, délivrés des jugements sous le coup desquels sont les ennemis de Dieu, étant pris du milieu de ces ennemis; 2° en conséquence de ce premier fait, nous appartenons absolument à Dieu; achetés à prix, nous ne sommes plus à nous-mêmes, mais à Dieu, pour le glorifier dans nos corps qui lui appartiennent; 3° nous sommes entièrement donnés à Christ, chef de la maison de Dieu, sacrificateur pour le service de son tabernacle. Esclavage béni, heureuse abnégation de soi, vraie délivrance d’un monde de péché! Le service a lieu sous la dépendance de Christ et dans la communion du Seigneur; il est attaché à la sacrificature.

Le service apparaît ici comme limité au tabernacle, c’est-à-dire qu’il s’exerce au milieu du peuple de Dieu et en rapport avec lui lorsqu’il s’approche de Dieu. La prédication de l’évangile à ceux de dehors ne faisait pas partie du système juif, qui était l’ombre, mais non la parfaite image de l’ordre de choses dans lequel nous nous trouvons. L’évangile est l’expression de la grâce visitant les pécheurs. L’institution des Lévites nous est ici présentée en principe; nous trouverons plus tard leur purification et leur consécration à Dieu.

Nous pouvons remarquer à cette occasion que, par rapport à ce qu’il y a de plus élevé dans la vocation de l’Église, tous ses membres sont un. Les sacrificateurs, le souverain sacrificateur excepté, accomplissaient tous également, ou ensemble, le service des offrandes à Dieu. Il en est de même de l’Église: tous ses membres s’approchent également de Dieu, et sont avec Lui dans la même relation. (Un sacrificateur agissant pour un autre Israélite qui offrait une offrande ou avait péché, représentait plutôt Christ lui-même).

D’autre part, l’ordre de service des Lévites était réglé par la souveraineté de Dieu, qui mettait chacun à sa place. Ainsi, dans le service de l’Église, on trouve les plus grandes différences, et chacun a sa place assignée. C’est ce qui, je le pense, aura lieu pareillement dans la gloire (comp. Éph. 4, et 1 Corinth. 12). Tous seront rendus conformes à l’image du Fils; mais de même que chacun sera rempli du Saint Esprit pour le service, ainsi, selon les conseils de Dieu, ceux à qui ce sera donné par le Père, seront assis l’un à la droite, l’autre à la gauche, établis sur dix villes ou sur cinq. Mais tous entrent également dans la joie de leur Seigneur. Nous sommes tous frères, n’ayant qu’un seul Maître. Mais le Maître départit ses grâces à chacun comme bon lui semble, selon les conseils de Dieu le Père. Celui qui nie l’unité fraternelle, nie l’autorité unique du Maître. Celui qui nie la diversité des services, nie de même l’autorité du Maître, qui dispose de ses serviteurs comme il l’entend, et les choisit selon sa sagesse et ses droits divins.