Michée

Chapitre 5

Or, il y avait quelque chose de plus précis encore à annoncer. Le principal ennemi des derniers jours devait être signalé, et cela en rapport spécial avec un autre et fatal péché de Jérusalem et de son peuple. Le Messie et sa réjection sont introduits. La fille de troupes s’assemble par troupes pour assiéger Jérusalem, c’est-à-dire l’armée de l’Assyrien (voyez v. 5). Mais c’est bien autre chose maintenant que l’attaque de Sankhérib; Juda s’était plongé bien plus avant dans le péché et dans la rébellion. Le vrai juge d’Israël serait frappé de la verge sur la joue. Le Christ serait insulté et battu. Le verset 2 le désigne d’une manière frappante. C’est le verset sur lequel les scribes et les principaux sacrificateurs se sont appuyés pour certifier à Hérode que le Christ naîtrait à Bethléhem. Il y est désigné comme né à Bethléhem, et étant en même temps éternel, et le vrai dominateur en Israël.

Le second verset est une parenthèse, et constate bien le lieu d’où devait sortir celui qui serait gouverneur d’Israël pour l’Éternel, et en même temps révèle la gloire éternelle de sa personne. Le troisième se lie au premier et montre l’effet du péché qui y est signalé. Israël, et plus spécialement Juda, est livré; mais ce n’est toutefois que pour un temps, dont la période est désignée d’une manière assez remarquable et instructive — jusqu’au temps où celle qui enfante aura enfanté. Israël exercé, travaillé, a aussi, pendant longtemps, mieux aimé être sur le pied d’Agar que sur celui de Sara. Il doit donc traverser toutes les peines, les angoisses, les jugements, les châtiments de Dieu, indispensables pour que, étant par sa grâce pénétré de la nécessité de cette grâce et de la miséricorde de Dieu, il accepte la punition de son iniquité, et qu’il soit amené à un état dans lequel il sera propre à être le vase de la manifestation du fils qui lui serait né, à être la Naomi ramenée par grâce, à laquelle, en tant que manifesté dans ce monde, le roi est censé être né. Comparez És. 9:2, où l’idée est développée en rapport avec Israël, et Apoc. 12, où sont rapprochés le fait historique et ses rapports avec Israël aux derniers jours.

Un autre élément, bien important, de cette dernière scène du présent siècle, est signalé dans ce verset: Israël est livré au jugement, abandonné, dans un certain sens, de Dieu, pour avoir rejeté le Christ, le Seigneur. Mais maintenant, celle qui était en travail a enfanté. Ensuite (et c’est à cet élément que je fais allusion), le résidu des frères de ce fils premier-né, au lieu d’être ajouté à l’Église (Actes 2), revient aux enfants d’Israël. Le Christ ne prend pas à honte de les appeler ses frères, mais maintenant, ils ne deviennent plus les membres de son corps: leur relation est avec Israël. C’est là, la position dans laquelle ils sont placés devant Dieu.

Lui, donc, qui avait été rejeté, devient le pasteur d’Israël, et cela, selon la force de l’Éternel, avec la magnificence du nom de l’Éternel son Dieu. Israël demeure en sûreté, car son roi devient grand jusqu’aux bouts de la terre. Par lui, l’Assyrien sera abattu, sa terre sera ravagée par Israël qu’il a voulu dévaster.

Dans ce jour-là, Israël reçoit un double caractère. En premier lieu, il est l’instrument de rafraîchissement selon l’efficace de cette précieuse grâce qui vient de Dieu, et n’attend pas les laborieux et vains efforts de l’homme. Il sera comme la pluie menue qui tombe sur l’herbe, qui n’attend pas l’homme et ne dépend pas des fils des hommes.

Mais, en second lieu, Israël est pour tout ce qui s’oppose d’entre les nations, comme un lion parmi les bêtes des champs; rien ne délivre de sa main, instrument et témoignage de la puissance de Dieu. La bénédiction et la force de l’Éternel sont avec le prophète; il déclare que tous les ennemis d’Israël seront retranchés et périront; mais l’Éternel détruira en même temps, du milieu d’Israël, toute sa prétendue force humaine: ses chariots, ses forteresses, tout ce qui fait l’orgueil de l’homme et le porte à se fier à lui-même. Il détruira toutes les idoles; Israël n’adorera plus l’ouvrage de ses mains. Toute trace d’idolâtrie sera ôtée. En même temps, la vengeance et la colère seront exécutées contre les nations, comme on n’en a jamais entendu parler.

Cette partie de la prophétie se termine ici; la première s’est terminée à la fin du second chapitre. Le chapitre 4:9-13, donne, en général, les deux calamités auxquelles Jérusalem jugée a affaire, Babylone et le rassemblement des nations aux derniers jours, puis la délivrance glorieuse de Jérusalem; et au chapitre 5, la manière dont le Messie entre en scène, soit avec le jugement, soit avec la délivrance du peuple des derniers de ces malheurs, et l’introduction de la bénédiction, dont la description nous avait été donnée dans le chapitre 4:1-8, comme étant le dessein de l’Éternel. Dans ce sens, la seconde partie du livre se termine au chapitre 4:8; mais de là à la fin du chapitre 5, nous avons, pour ainsi dire, deux appendices qui exposent le double mal qui vient sur Jérusalem, ainsi que les rapports du peuple avec ses libérateurs, en jugement d’abord, et puis dans la délivrance.