Lamentations

Conclusion

Ce livre des Lamentations est remarquable, parce qu’on y voit l’expression des pensées de l’Esprit de Dieu, c’est-à-dire, celles qui sont produites en ceux qui sont sous son influence, les vases de son témoignage lorsque Dieu a dû mettre de côté ce qu’il avait établi comme sien dans le monde. Il n’y a rien de pareil dans le cercle des révélations et des affections de Dieu. Comment pourrait-il traiter l’objet de ses affections, dit-il lui-même, comme Adma et Tseboïm! Christ a passé pleinement par cet abandon; il y a passé dans sa propre perfection avec Dieu; il a agi ainsi à l’égard de Jérusalem, et l’a pleurée. Mais ici se trouve l’homme qui a perdu l’espoir de l’intervention de Dieu en faveur de son peuple: Dieu ne devrait pas l’épargner! — comment cette pensée pourrait-elle être supportée par l’homme qui était de ce peuple, qui l’aimait, qui comprenait que Dieu l’aimait aussi et que le peuple était l’objet de son affection? Il en était; — comment supporter la pensée que Dieu l’avait rejeté? Sans doute, Dieu le rétablira. Mais là où Dieu l’avait placé, tout espoir était perdu pour toujours. Auprès du Seigneur lui-même, il ne se perd jamais. C’est en vue de cela qu’il y a tout cet exercice du cœur, afin que le cœur entre pleinement dans la pensée et dans les affections de Dieu lui-même. Du reste, c’est ce qui est toujours vrai.

C’est le tableau de ces exercices qui nous est donné ici par l’Esprit. Quelle bonté! Voir l’Esprit de Dieu entrer dans tous ces détails, non seulement des voies de Dieu, mais aussi de ce qui se passe dans un cœur où le jugement de Dieu est senti par la grâce, jusqu’à ce que tout soit mis en ordre dans la présence de Dieu même. L’inspiration ne nous donne pas seulement les pensées parfaites de Dieu, et Christ la perfection de l’homme selon Dieu, mais aussi tous les exercices produits dans nos pauvres cœurs, lorsque l’Esprit parfait y agit, en tant que ces pensées, toutes mélangées qu’elles soient, se rapportent au fond à Dieu, ou sont produites par Lui, tant il s’intéresse à nous. Il ne méprise pas nos soupirs, quoiqu’il s’y mêle bien de l’imperfection et ce qui est de notre propre cœur. C’est ce que nous voyons ici, dans le livre des Lamentations, dans les Psaumes, en d’autres endroits, et abondamment dans le Nouveau Testament, quoique d’une autre manière.