Jérémie

Chapitre 18

Cette porte, ouverte à la repentance, est pleinement constatée devant le peuple, dans cette prophétie, versets 1-10. Mais le peuple, plein de hardiesse dans le mal, méprise la patience merveilleuse de Dieu, et se livre à son mauvais train, par lequel Satan lui ôte tout espoir du côté de Dieu. Dieu annonce son jugement par le prophète, et son témoignage provoque l’expression d’une conscience endurcie dans la certitude et l’immutabilité de ses privilèges et des bénédictions attachées aux ordonnances dont Dieu avait doté son peuple, et par lesquelles il entretenait ses relations avec lui. Quel affreux tableau d’aveuglement! L’influence ecclésiastique est toujours plus grande au moment de l’endurcissement de la conscience contre le témoignage de Dieu, parce que l’incrédulité qui, après tout, tremble, s’abrite derrière la stabilité présumée de ce que Dieu a établi, et fait des formes apostates un mur contre le témoignage du Dieu qu’elles cachent, en attribuant à ces ordonnances la fermeté de Dieu lui-même. La conscience dit trop pour laisser à l’incrédule l’espoir d’être bien avec Dieu, lors même que Dieu lui ouvre son cœur. Il n’y a plus d’espoir, dit-il. Il continuera à mal faire, et puis la loi ne se perdra pas chez le sacrificateur, ni le conseil chez le sage, et les faux prophètes ayant l’oreille du peuple, le peuple ajoute: ni la parole chez le prophète. Je trouve l’avertissement de ce chapitre très solennel. Il n’est guère possible de supposer un tableau plus terrible de l’état du peuple professant. Le prophète demande son jugement; il parle dans l’esprit du résidu, foulé aux pieds par la méchanceté des adversaires du Seigneur.