Jérémie

Chapitres 11 et 12

Quelques remarques se présentent à l’occasion du chapitre 11. Dieu traite encore Israël sur le pied de la responsabilité, lui rappelant l’invitation à lui obéir qui lui avait été adressée depuis sa sortie d’Égypte. Il va faire venir sur le peuple le mal dont il l’a menacé. Il ne veut pas que Jérémie intercède. Il nomme cependant encore Israël sa bien-aimée. Mais corrompue maintenant, qu’a-t-elle à faire dans sa maison? Quelle qu’elle ait pu être pour Lui, le jugement allait venir. À la fin du chapitre, Jérémie se présente dans la position du résidu fidèle ayant le témoignage de Dieu. Sa position rappelle constamment celle de Christ dans les Psaumes. L’Esprit de Christ évidemment s’exprime fréquemment par sa bouche, mais à mon sens, dans des termes quelquefois plus relatifs aux circonstances personnelles de Jérémie, et par là même, moins profonds et moins rapprochés des sentiments de Christ, quoique l’intention soit la même, que dans les Psaumes. Jérémie, à cause de sa fidélité et de son témoignage, était en butte aux machinations des méchants. Le Seigneur lui révèle ces choses, et selon la justice qui caractérise l’état du résidu, Jérémie réclame la vengeance de Dieu1; c’était le moyen de délivrer le résidu. Il annonce le jugement de ces hommes méchants par la parole de l’Éternel. Dans le Psaume 83, on trouve les mêmes principes et la même méchanceté des ennemis de Dieu, seulement ces ennemis sont des gentils, et la sphère des pensées est plus étendue: toutefois, Israël et la connaissance de l’Éternel sont le but de la prière qui y est contenue (comp. aussi ch. 9 et Ps. 65). Dans Jérémie, l’intercession occupe plus de place. Le Psaume parle de jugement (comp. aussi Ps. 69:7, 8 et Jér. 15:15). Les paroles du Psaume sortant de la bouche même de Christ, la demande concerne d’autres, et est infiniment plus touchante. Le rapprochement de ces passages aidera à faire saisir le rapport entre la position de Jérémie et celle du résidu dépeinte dans le Psaume. On peut comparer aussi le Psaume 73 et le commencement du chapitre 12. Ce dernier chapitre fait partie de la même prophétie que le précédent. Jérémie plaide avec Dieu au sujet de ses jugements, mais d’une manière humble et soumise, que Dieu accueille en lui faisant sentir (pénible nécessité) plus profondément le mal dans lequel était plongé le peuple. Mais soutenant aussi la foi du prophète par l’intérêt personnel qu’il lui témoigne, Dieu lui fait comprendre qu’il avait abandonné son héritage. C’est pourquoi, il ne fallait pas s’étonner si les choses allaient ainsi. En même temps, il révèle ses intentions de bénédiction à l’égard de son peuple et même des nations2 parmi lesquelles il serait dispersé, si elles apprenaient les voies de l’Éternel.

1 La justice, aussi bien que l’amour, caractérise le saint, et a sa place là où il y a des adversaires de cet amour et de la bénédiction du peuple bien-aimé. Il ne s’agit pas de l’évangile, des voies présentes de Dieu en grâce souveraine, mais de l’esprit prophétique en rapport avec le gouvernement de Dieu. C’est pourquoi, dans l’Apocalypse, les saints réclament la vengeance.

2 On voit en même temps l’amour immanquable de Dieu pour son peuple, et le lien de sa fidélité qui ne saurait être brisé. Il appelle les nations qui environnaient le pays qu’il avait donné à son peuple, Ses voisins. On voit aussi le rejet de tout ce système de nations dont Israël était le centre de la part de Dieu, et qui succombe lorsqu’Israël qui en était la clef de voûte est ôté, verset 14. Puis ces nations seront rétablies ainsi qu’Israël et bénies, à condition qu’elles reconnaissent le Dieu d’Israël, l’Éternel. Christ réunira les deux systèmes: celui d’avoir des nations autour d’Israël comme centre et celui de la suprématie individuelle du Roi des rois dans sa personne. Il sera l’homme seul à qui tout l’empire est confié, et Israël sera rétabli, ainsi que les diverses nations avec leurs rois, chacune en son pays et dans son lieu, comme avant Nebucadnetsar, excepté Édom, Damas, Hatsor, et Babylone elle-même, c’est-à-dire les nations qui sont sur le territoire d’Israël. Babylone qui a absorbé et remplacé toutes les autres, doit disparaître par le jugement de Dieu, pour leur faire place de nouveau (comp. chapitre 46 et suivants).