Joël

Chapitre 4

Dans le chapitre 3, l’Esprit développe avec plus de détails les circonstances des derniers jours, ces jours dans lesquels Dieu ramènerait les captifs de Juda et de Jérusalem. Cette époque précède le temps de paix et de bénédiction, dans lequel toute malédiction serait ôtée. C’est le jugement des nations, jugement nécessaire pour revendiquer les droits de Dieu en rapport avec son peuple opprimé, et pour faire valoir à la vue des nations tout ce qu’il est dans son gouvernement de la terre. Il ne s’agit pas ici des dix tribus, ni de la restauration générale d’Israël. Avant, la pleine bénédiction de son peuple, il faut que Dieu reprenne le gouvernement immédiat de ce peuple, là où il l’avait abandonné, en prenant possession du siège de ce gouvernement, siège qu’il avait choisi lui-même. Là, il plaidera dans sa puissance avec toutes les nations qui disputent ses droits, en se manifestant au milieu de son peuple et agissant comme demeurant avec lui, soutenant ses droits en tant que Lui appartenant. Israël est son héritage. Josaphat signifie le jugement ou le sceptre de l’Éternel. Là, il plaide en jugement avec les nations pour son peuple, qu’elles avaient dispersé, et sa terre qu’elles avaient partagée.

Il rappelle tous les griefs de son peuple comme sien; ses maux retomberaient en jugement, par son moyen, sur les nations qui les avaient infligés.

Les nations sont sommées de se préparer pour la guerre; elles doivent toutes s’assembler. Qu’elles se réveillent donc (c’en est fini de leurs occupations paisibles), et viennent à la vallée de Josaphat. Là, l’Éternel siégera pour juger toutes les nations d’alentour, et si les nations doivent réveiller leurs hommes forts pour cette journée de Dieu, Dieu, de son côté, fera descendre ses hommes forts (v. 11).

Mais quel que soit l’orgueil des hommes forts, c’est, après tout, le jugement de Dieu: la faucille de Dieu moissonnera la terre; son pressoir sera plein et ses cuves regorgeront, car l’iniquité est grande. Dans l’Apocalypse, la moisson et la vendange sont distinguées, la première étant un jugement qui sépare les bons et les méchants, et vice versa; la seconde, l’exécution de la vengeance. Ici, il me semble que les deux présentent l’idée générale, l’exécution du jugement, quoique la figure du pressoir soit toujours la plus forte. Quelles multitudes, dans ce jour-là, sauront la conséquence de leur mépris de la parole de grâce, et de l’orgueil qui les aura soulevées en rébellion contre l’Éternel des armées! Tout l’ordre gouvernemental, son éclat et sa puissance disparaissent devant le jugement de Dieu.

Mais l’Éternel lui-même reprendrait les rênes du gouvernement sur la terre, et ferait entendre sa voix de Jérusalem; les cieux et la terre trembleraient à son intervention. Or, si cette intervention était le jugement des rebelles, Celui qui intervenait, l’Éternel, serait la confiance de son peuple; Lui-même, la force des fils d’Israël. Et ainsi ils le reconnaîtraient pour l’Éternel leur Dieu, demeurant en Sion, la montagne de sa sainteté. Jérusalem serait sainte; les étrangers n’y passeraient plus en la profanant comme leur proie. Non seulement cela, mais une abondante bénédiction serait sur la terre du peuple bien-aimé; le vin coulerait de leurs montagnes, le lait, de leurs coteaux; les rivières de Juda seraient pleines d’eau, et une source sortirait de la maison de l’Éternel même, et arroserait la vallée de Sittim (comp. Ézéch. 47, et Zach. 14:8). L’Égypte et Édom seraient dévastés, mais Juda et Jérusalem demeureraient en bénédiction perpétuelle; car l’Éternel les aurait purifiés. On voit que c’est la grâce efficace et souveraine.

On remarquera aussi que le prophète se borne à constater la bénédiction de Juda et de Jérusalem; que la scène du jugement des nations se rapporte au jugement qui s’accomplira dans le pays de Judée, où leurs armées seront rassemblées, — jugement qui s’accomplira pour mettre l’Éternel en possession de son trône sur la terre; ou plutôt, il en prend possession en exécutant ce jugement, et, à la suite, il bénit le peuple qu’il a purifié en grâce. Une armée dévastatrice est signalée en particulier, celle qui vient du nord. Il paraît aussi que la désolation de la terre sera fort grande avant l’intervention de l’Éternel, de sorte que le peuple serait en opprobre aux nations. Mais malheur à ceux qui mépriseraient le peuple de Dieu! Si cette armée annonce la journée de l’Éternel, l’Éternel lui-même intervient pour qu’elle soit vraiment sienne, et, en intervenant, délivre le peuple qu’il aime.