Jean

Chapitre 17

Ce chapitre se divise ainsi: Les vers. 1-5 se rapportent à Christ lui-même, à sa position en gloire, à son œuvre, et à cette gloire, comme appartenant à sa Personne, et étant le résultat de son œuvre. Les vers. 1-3 présentent sa nouvelle position sous deux points de vue: «Glorifie ton Fils» — autorité sur toute chair, pour la vie éternelle à ceux qui lui ont été donnés; les vers. 4 et 5 présentent son œuvre et ses résultats. Les vers. 6-13 nous donnent la relation de ses disciples avec le Père duquel il leur avait révélé le nom, leur donnant les paroles qu’il avait lui-même reçues du Père, afin qu’ils pussent jouir de la pleine bénédiction résultant de cette relation; Jésus aussi prie pour eux, afin qu’ils soient un, comme Lui et le Père sont un. Aux vers. 14-21, est présentée leur relation avec le monde, en vertu de ce que la parole du Père leur avait été confiée; dans les vers. 20-21, Jésus introduit dans la jouissance des bénédictions que ses propres disciples posséderaient, ceux qui croiraient par leur moyen. Les vers. 22-26 en révèlent le résultat à venir et le résultat dans ce monde pour eux, savoir: la possession de la gloire que Christ lui-même avait reçue de la part du Père, le bonheur d’être avec lui, jouissant de la vue de sa gloire. L’amour du Père serait avec eux ici-bas, comme Christ lui-même a été l’objet de cet amour — et Christ lui-même serait en eux. Seuls les trois derniers versets élèvent les disciples dans les cieux, comme vérité supplémentaire.

Tel est le court résumé de ce merveilleux chapitre où nous sommes admis à entendre, non les discours de Jésus à l’homme, mais les vœux de son cœur quand il épanche ce cœur dans celui de son Père, pour la bénédiction de ceux qui Lui appartiennent. Merveilleuse grâce que celle qui nous admet à entendre ces vœux de Jésus, et à comprendre tous les privilèges qui découlent de ses soins à notre égard, qui faisons le sujet des entretiens du Fils avec le Père, de leur amour mutuel envers nous, lorsque Christ exprime ses propres vœux, ce qui lui tient au cœur, ce qu’il présente au Père, comme étant son désir à lui. Quelques explications peuvent aider à saisir la portée de certains passages dans ce merveilleux et précieux chapitre. Que l’Esprit de Dieu nous y aide!

Le Seigneur, dont les regards d’amour avaient été jusqu’alors dirigés sur ses disciples sur la terre, lève maintenant ses yeux au ciel, en s’adressant à son Père. L’heure était venue de glorifier le Fils, afin que, dans la gloire, il glorifiât le Père. Telle est, en général, la nouvelle position de toute l’œuvre de Dieu pour sa gloire. La carrière de Jésus était achevée ici-bas et il devait monter en haut. Deux choses se rattachaient à cette exaltation, l’autorité sur toute chair, et le don de la vie éternelle à ceux que le Père lui avait donnés. «Le chef de tout homme, c’est Christ». Ceux que le Père lui a donnés reçoivent la vie éternelle de Celui qui est monté en haut. La vie éternelle, c’était la connaissance du Père, seul vrai Dieu, et de Jésus Christ qu’il avait envoyé (vers. 3). La connaissance du Tout-puissant donnait de la sécurité au pèlerin de la foi; — la connaissance de Jéhovah donnait la certitude de l’accomplissement des promesses de Dieu à Israël; — la connaissance du Père qui envoyait le Fils Jésus Christ (Homme oint et Sauveur), qui était cette vie elle-même, et reçue ainsi comme une chose actuelle (1 Jean 1:1-4), était la vie éternelle. Ici, la vraie connaissance n’est pas une protection extérieure, ou une espérance future, mais la communication, en vie, de la communion avec l’Être connu ainsi dans l’âme — la communion avec Dieu lui-même, pleinement connu comme le Père et le Fils. La vérité qui fait le sujet de ce passage, n’est pas la divinité de la personne du Fils — quoiqu’une Personne divine pût seule occuper une telle place et parler de cette manière — mais la place que le Fils a prise en accomplissant les conseils de Dieu. Ce qui est dit de Jésus dans ce chapitre ne saurait se dire que de Celui qui est Dieu; mais ce passage s’occupe de la place de Jésus dans les conseils de Dieu, et non de la révélation de sa nature. Il reçoit tout de son Père. Il est envoyé de lui. Son Père le glorifie1. On peut voir la même vérité de la communication de la vie éternelle, en rapport avec sa nature divine et son unité avec le Père, dans 1 Jean 5:20. Ici, dans le passage qui nous occupe, le Seigneur accomplit la volonté du Père, et dépend de cette volonté dans la position qu’il a prise, dans celle-là même qu’il va prendre dans la gloire, quelque glorieuse que soit sa nature. Au chap. 5 de notre évangile, il vivifie qui il veut; ici, il donne la vie à ceux que le Père lui a donnés; et cette vie se trouve réalisée dans la connaissance du Père et de Jésus Christ qu’il a envoyé.

1 Plus nous examinons l’évangile de Jean, et plus nous voyons une personne qui parle et agit comme une Personne divine — une avec le Père — et pouvait seule le faire, mais cependant toujours comme Celui qui a pris la place de serviteur, qui ne prend rien sur lui, mais reçoit tout de son Père. «Je t’ai glorifié»; «maintenant, glorifie-moi». Quel langage d’égalité de nature et d’amour! Jésus ne dit pas: Et maintenant je me glorifierai moi-même. Il a pris la position d’un homme pour tout recevoir, quoique ce fût la gloire qu’il possédait avec le Père avant que le monde fût. Ceci est d’une beauté exquise. J’ajouterai que c’est sur ce point que l’Ennemi chercha en vain à le séduire, dans le désert.

Dans ce qui suit, le Seigneur déclare les conditions sous lesquelles il prend cette place en haut dans le ciel, place qui se rattache à sa personne, au vers. 1. Il avait parfaitement glorifié le Père sur la terre; rien de ce qui manifestait Dieu le Père n’avait manqué, quelle que fût la difficulté de l’accomplissement de cette tâche. La contradiction des pécheurs en était devenue l’occasion; mais par ce fait même, la douleur dans l’accomplissement de son œuvre était infinie pour Jésus: toutefois il avait accompli sa tâche de manifester la gloire de Dieu sur la terre, en face de tout ce qui s’y opposait. Sa gloire avec le Père dans les cieux n’était que la juste conséquence, conséquence même nécessaire en justice, d’avoir glorifié Dieu ici-bas. Au reste, Jésus avait eu cette gloire avec son Père, avant que le monde fût; son œuvre et sa Personne lui en donnaient le droit. Le Père glorifié sur la terre par le Fils, le Fils glorifié avec le Père en haut dans le ciel: telle est la révélation contenue dans ces versets. Or la participation à cette gloire était un droit qui découlait de la personne de Jésus comme Fils; mais la participation à une gloire dans laquelle il entrait comme homme, à la suite de ce qu’il avait, comme tel, parfaitement glorifié son Père sur la terre.

Ce sont là les versets qui concernent le Christ; en outre, cela démontre la relation dans laquelle il entre dans cette position nouvelle comme homme: Son Fils — et l’œuvre par laquelle il accomplit cela en justice, nous donnant ainsi un droit et le caractère dans lequel nous y avons place. Maintenant (vers. 6 et suiv.), Jésus parle des disciples — comment ils entraient dans leur position à eux, en rapport avec cette position de Jésus, dans cette relation avec son Père. Il avait manifesté le nom du Père à ceux que le Père lui avait donnés du monde: ils appartenaient au Père, et le Père les avait donnés à Jésus. Ils avaient gardé la parole du Père: c’était la foi dans la révélation que le Fils avait faite du Père. Les paroles des prophètes étaient vraies; les fidèles en jouissaient, elles soutenaient leur foi; mais la parole du Père par Jésus révélait le Père lui-même dans Celui qu’il avait envoyé, et plaçait celui qui les recevait dans la position de l’amour, qui était celle de Christ; et connaître le Père et le Fils, c’était la vie éternelle. C’était donc tout autre chose que les espérances relatives au Messie, ou à ce que l’Éternel leur avait donné. De même aussi les disciples sont présentés au Père; non comme recevant Christ sous le caractère de Messie, et l’honorant comme possédant la puissance attachée à ce titre: ils avaient connu que tout ce que Jésus avait, venait du Père (vers. 7). Jésus était donc pour eux le Fils; sa relation avec le Père était reconnue et, tout stupides qu’ils fussent, le Seigneur les reconnaît d’après son appréciation de leur foi, d’après l’objet de cette foi, comme connue de lui-même et non d’après leur intelligence. Précieuse vérité! (Comp. 14:7).

Les disciples reconnaissaient donc Jésus recevant tout du Père, et non comme le Messie, venant de Jéhovah; car toutes les paroles que le Père avait données à Jésus, Jésus les leur avait données (vers. 8). Ainsi Jésus avait amené les disciples quant à leurs propres âmes (dans la conscience des relations qui existaient entre le Fils et le Père), en pleine communion, selon les communications du Père au Fils, avec la position qu’il avait eue lui-même pendant son séjour sur la terre, par le moyen de ces communications qui lui étaient faites en vertu de sa position de Fils ici-bas. Il parle de leur position par la foi — non de leur réalisation de cette position. Ainsi les disciples avaient reconnu que Jésus était sorti d’auprès du Père, et qu’il venait avec l’autorité du Père. Le Père l’avait envoyé; il venait de ce lieu-là, et il en venait muni de l’autorité d’une mission de la part du Père. Telle est la position des disciples par la foi.

Maintenant, étant déjà dans cette position, les disciples sont placés par Jésus, selon ses pensées et ses désirs, devant le Père, en prière. Il prie pour eux, en les distinguant complètement du monde (vers. 9 et suiv.). Le temps viendrait où il présenterait au Père ses demandes à l’égard du monde, selon le Ps. 2; il ne faisait pas cela maintenant, mais il priait pour ceux que, hors du monde, le Père lui avait donnés, car ils étaient au Père. Car tout ce qui est du Père est en opposition avec le monde (comp. 1 Jean 2:16). Le Seigneur présente au Père deux motifs de sa requête: 1° «Ils sont à toi» — les disciples étaient au Père, de sorte que le Père, pour sa propre gloire, et à cause de son affection pour ce qui lui appartenait, devait les garder; 2° «Je suis glorifié en eux» — en sorte que, si Jésus était l’objet de l’affection du Père, pour cette raison aussi le Père devait les garder. Au reste, les intérêts du Père et du Fils ne pouvaient être séparés; si les disciples étaient au Père, ils étaient par ce fait au Fils, et ceci n’était qu’un exemple de cette vérité universelle, que tout ce qui est au Fils est au Père, et que tout ce qui est au Père est au Fils (vers. 10). Quelle position pour nous que celle d’être les objets de cette affection mutuelle, de ces intérêts communs et inséparables du Père et du Fils!

C’est le grand principe, le grand fondement de la prière de Jésus. Il priait le Père pour ses disciples, parce qu’ils appartenaient au Père. Jésus ne pouvait donc que chercher leur bénédiction. Le Père s’intéresserait parfaitement aux disciples, car en eux le Fils devait être glorifié. Maintenant (vers. 11 et suiv.), Jésus présente les circonstances auxquelles sa prière s’appliquait. Il n’était plus lui-même dans ce monde; ses disciples seraient privés de ses soins personnels, comme présent avec eux; or eux seraient dans ce monde, tandis que lui s’en allait au Père. C’est la base de la demande de Jésus quant à la position des disciples. Il les met en relation avec le Père saint, avec toute la perfection de l’amour d’un tel Père, le Père de Jésus et leur Père, en maintenant (et c’était leur bénédiction) la sainteté que sa nature exigeait, s’ils devaient être en relation avec lui. C’étaient les soins directs du Père. Le Père garderait en son propre nom ceux qu’il avait donnés à Jésus. Les rapports étaient ainsi directs. Jésus remettait les disciples au Père, et les lui remettait, non seulement comme appartenant au Père, mais maintenant comme étant siens, revêtus de toute la valeur que ce fait leur donnait aux yeux du Père.

L’objet de sa sollicitude était de garder les disciples dans l’unité, comme le Père et le Fils sont un: un seul Esprit divin était le lien de cette unité; dans ce sens, le lien était vraiment divin. En tant que remplis du Saint Esprit, ils n’avaient qu’une pensée, une vie, un but. C’est l’unité dont il est parlé ici. Le Père et le Fils étaient leur seul objet; l’accomplissement de leurs conseils et de leurs desseins, leur seule occupation. Ils n’avaient que les pensées de Dieu, parce que Dieu lui-même, le Saint Esprit, était la source de ces pensées. Une seule puissance et une seule nature divines — le Saint Esprit — les unissaient. Les pensées, le but, la vie, l’existence morale tout entière étaient une en conséquence. Les paroles du Seigneur sont nécessairement à la hauteur de ses propres pensées quand il exprime ses désirs pour les siens. Lorsqu’il s’agit de réalisation, il faut penser à l’homme, mais aussi à une force qui s’accomplit dans l’infirmité. — La somme des désirs du Seigneur, c’est que les siens fussent, en pratique, saints sous les soins du Père: un, non par un effort, ou un accord mutuel, mais un selon la puissance divine. Lui-même étant ici-bas, les avait gardés selon le nom du Père, fidèle à accomplir tout ce que le Père lui avait confié, et à ne perdre aucun de ceux qui étaient à Lui. Quant au sort de Judas, il n’était que l’accomplissement de la parole. Désormais ces soins d’un Jésus présent dans le monde ne pouvaient plus avoir lieu; mais Jésus disait ces choses, étant encore ici-bas, les disciples les entendant, afin qu’ils comprissent qu’ils étaient placés vis-à-vis du Père dans la même position dans laquelle Christ avait été, et qu’ils eussent ainsi accomplie en eux, dans cette même relation, la joie que Jésus avait ressentie. Quelle grâce indicible! Ils avaient perdu Jésus visiblement, pour se trouver (par lui et en lui) dans sa propre relation avec le Père, jouissant de tout ce dont il jouissait dans cette communion ici-bas, comme étant dans leur propre relation avec le Père, et ainsi dans la place que Jésus avait eue. C’est pourquoi il leur avait communiqué toutes les paroles que le Père lui avait données, les communications de l’amour du Père à lui-même, quand il marchait ici-bas comme Fils; et dans le propre nom du Père saint, par lequel le Fils lui-même s’adressait à lui de la terre, le Père devait garder ceux que le Fils y avait laissés: ainsi ils auraient sa joie accomplie en eux.

Telle était la relation des disciples avec le Père, Jésus étant absent: maintenant (vers. 14 et suiv.), le Seigneur en vient à leur relation avec le monde à la suite de celle-là. Il leur avait donné la parole de son Père (non pas les paroles) pour les placer en communion avec Lui; il leur avait donné sa parole, témoignage de ce qu’il était; — et le monde les avait haïs, comme il a haï Jésus (témoin vivant et personnel du Père), et haï le Père lui-même. Étant ainsi en relation avec le Père, qui les avait pris d’entre les hommes du monde, et ayant reçu la parole du Père (et par cette connaissance la vie éternelle dans le Fils), les disciples n’étaient pas du monde, comme Jésus n’en était pas. C’est pourquoi le monde les haïssait. Cependant le Seigneur ne prie pas qu’ils soient ôtés du monde, mais que le Père les garde du mal; il entre dans les détails de ses vœux à cet égard, fondant ces vœux sur ce que les disciples n’étaient pas du monde. Il répète cette pensée comme devant servir de base à leur position ici-bas: «Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde» (vers. 16). Que devaient-ils donc être? D’après quelle règle, sur quel modèle devaient-ils être formés?... Par la vérité! — et la parole du Père est la vérité. Christ a été toujours la Parole, mais la Parole vivante chez les hommes. Nous possédons cette Parole par écrit et stable dans les Écritures comme le Saint Esprit la fait connaître. Les Écritures révèlent Christ et lui rendent témoignage. C’était ainsi que les disciples devaient être mis à part: «Sanctifie-les par la vérité; ta parole est la vérité» (vers. 17). Voilà ce qu’ils devaient être personnellement: formés par la Parole du Père, tel qu’il a été révélé en Jésus.

Vient ensuite la mission des disciples. Jésus les envoie dans le monde, comme le Père l’avait envoyé lui dans le monde: — dans le monde, nullement du monde. Ils sont envoyés de la part de Christ dans le monde: s’ils avaient été du monde, ils n’auraient pu être envoyés dans le monde. Mais Jésus ne parle pas seulement ici, comme il l’avait fait depuis le vers. 14, de la Parole du Père qui était la vérité, ni de la communication de cette Parole par Jésus présent avec ses disciples, disant: «Je leur ai donné ta parole». Il y avait plus: Jésus se sanctifiait lui-même, il se mettait à part, comme homme céleste, au-dessus des cieux, Homme glorifié, dans la gloire, pour que toute la vérité resplendît en lui, dans sa Personne. Ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père, tout ce que le Père est, est ainsi manifesté en lui; témoignage de justice divine, d’amour divin, de puissance divine, renversant absolument le mensonge de Satan, par lequel l’homme avait été trompé et ce qui est faux introduit dans le monde; modèle parfait de ce qu’était l’homme, d’après les desseins de Dieu; et comme expression de sa puissance, moralement et dans la gloire — l’image du Dieu invisible, et, dans la gloire, le Fils. Jésus s’est mis à part, dans cette position, afin que les disciples fussent sanctifiés par la communication faite à eux de ce qu’il était; car cette communication était la vérité, et les créait à l’image de ce qu’elle révélait. Ainsi la vérité par laquelle les disciples devaient être sanctifiés, était la gloire du Père, révélée par Christ ici-bas, et la gloire dans laquelle celui-ci était monté comme homme: car son état dans le ciel est le résultat complet, la pleine manifestation dans la gloire, de la manière dont il s’est mis à part pour Dieu, mais en faveur des siens. Ainsi, il n’y a pas ici seulement la formation et la conduite des pensées par la Parole, nous mettant moralement à part pour Dieu, mais ces affections précieuses découlent de notre possession de cette vérité dans la personne de Christ, nos cœurs étant liés avec Lui par la grâce. Ici se termine la seconde partie de ce qui concerne les disciples en communion et en témoignage.

Au vers. 20, Jésus déclare qu’il prie aussi pour ceux qui croiraient en Lui, par le moyen de ceux auxquels il avait tout premièrement confié le témoignage. Le caractère de l’unité dont le Seigneur parle ici, est un peu différent de celui du verset 11. Là en parlant des disciples, il dit: «Afin qu’ils soient un comme nous»; car l’unité du Père et du Fils se montrait dans une unité de propos arrêté, d’objet, d’amour, d’œuvre, de tout en un mot. — Ainsi les disciples devaient avoir ce genre d’unité. Maintenant, ceux qui croyaient, en tant que recevant ce qui était communiqué et y prenant part, trouvaient leur unité dans la puissance de la bénédiction dans laquelle ils étaient amenés. Par l’Esprit, dans lequel ils étaient nécessairement unis, ils avaient une place de communion avec le Père et le Fils. C’était la communion du Père et du Fils1; ainsi le Sauveur demande que tous les siens soient un en eux (le Père et le Fils). C’était le moyen de convaincre le monde que le Père avait envoyé le Fils; car ici ceux qui y avaient cru, quelque opposés que fussent leurs intérêts, leurs habitudes, quelques forts que fussent leurs préjugés, étaient cependant un dans le Père et dans le Fils par cette puissante révélation et par cette œuvre.

1 Comp. 1 Jean 1:3; et voyez combien le langage de l’apôtre ressemble à celui de Christ.

Ici se termine la prière du Sauveur, mais non pas tout son entretien avec son Père. Il nous donne (et ici les témoins et les croyants sont confondus) la gloire que le Père lui a donnée: c’est la base d’un autre et troisième1 genre d’unité. Tous partageront, il est vrai, dans la gloire cette unité absolue de pensée, d’objet, de propos arrêté, qui se trouve dans l’unité du Père et du Fils. La perfection étant arrivée, ce que le Saint Esprit avait produit spirituellement, dans son énergie absorbante qui excluait toute autre source de pensée et d’action, était naturel à tous dans la gloire. Mais la raison d’être de cette unité, dans la gloire fait qu’un autre caractère s’ajoute à cette unité, celui de manifestation, ou du moins d’une source intérieure qui réalise sa manifestation dans les fidèles glorifiés. «Moi en eux, et toi en moi», dit Jésus (vers. 23). Ce n’est pas la simple unité parfaite du vers. 11, ni la mutualité et la communion du vers. 21; c’est Christ en tous ceux qui auront cru, et le Père en Christ, une unité en manifestation dans la gloire, non pas simplement en communion — unité dans laquelle tout est parfaitement lié à sa source; et Christ, le seul que ceux qui ont cru devaient manifester, est en eux; et le Père, que Christ manifestait parfaitement, est en Christ. Alors le monde (car ceci aura lieu dans la gloire millénaire qui sera manifestée au monde), le monde saura2 que Jésus avait été envoyé du Père — comment le nier, quand Jésus sera vu en gloire? — et de plus, que les disciples avaient été aimés du Père, comme Jésus lui-même avait été aimé. Le fait qu’ils possèdent la même gloire que lui, en est bien la preuve!

1 Il est parlé ici de trois unités. Premièrement, celle des disciples: «un, comme nous», unité formée par la puissance d’un seul Esprit, en pensée, en dessein, en service, le Saint Esprit les rendant tous un, leur chemin en commun étant l’expression de ses pensées et de sa puissance, et de pas autre chose. Ensuite, l’unité de ceux qui croiraient par leur moyen, l’unité en communion avec le Père et le Fils: «un en nous» — toujours par le Saint Esprit, mais comme y étant amenés, ainsi que nous l’avons déjà dit (voir 1 Jean 1:3). Enfin l’unité dans la gloire: «consommés en un», en manifestation et révélation descendant sur eux, le Père dans le Fils, et le Fils en eux tous. La seconde unité était pour que le monde crût; la troisième pour qu’il connût. Les deux premières étaient littéralement accomplies, selon les termes dans lesquels elles avaient été exprimées. Il n’est pas nécessaire de dire combien dès lors les croyants se sont éloignés de ces vérités.

2 Jésus ne dit pas ici: Afin que le monde croie.

Mais il y avait plus encore. Il y a ce que le monde ne verra pas, parce qu’il ne sera pas là où on peut le voir: «Père, je veux quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi» (vers. 24). Nous voilà, non seulement comme Christ, portant l’image de l’homme céleste, conformes au Fils, devant les yeux du monde, mais avec lui, là où il est. Jésus désire que nous voyions sa gloire1 après avoir partagé sa honte. C’est une consolation et un encouragement pour nous, mais bien plus encore, en ce que nous voyons que Celui qui a été déshonoré comme homme, et parce qu’il s’est fait homme pour l’amour de nous, sera par là même glorifié d’une gloire au-dessus de toute autre gloire, sauf de la gloire de Celui qui a assujetti toutes choses sous ses pieds; car Jésus parle ici de la gloire donnée. C’est ce qui est si précieux pour nous, parce que Jésus a acquis cette gloire par ses souffrances pour nous, et cependant c’est ce qui Lui était parfaitement dû — juste récompense pour avoir parfaitement glorifié le Père par ce moyen. Or ceci est une joie qui nous est propre, la portion exclusive de ceux qui ont suivi Christ, une joie qui est entièrement en dehors du monde. Le monde verra la gloire que nous avons en commun avec Christ, et saura que nous avons été aimés comme il a été aimé; mais il y a pour ceux qui l’aiment, un secret qui tient à sa Personne et à leur union avec lui. Le Père l’a aimé avant que le monde fût, amour qui ne souffre pas de comparaison, mais qui est infini, parfait, et ainsi satisfaisant en soi: nous partagerons cela dans ce sens que nous verrons notre Bien-aimé là, que nous serons avec lui, et que nous contemplerons la gloire que le Père lui a conférée, selon l’amour qu’il a eu pour lui avant que le monde eût une part quelconque aux voies de Dieu. Jusqu’ici nous étions dans le monde; maintenant dans les cieux, loin de toutes les revendications du monde, ou de ce qu’il peut comprendre (Christ vu dans le résultat de cet amour que le Père avait pour Lui avant que le monde fût). Alors Christ avait fait les délices du Père. Nous le verrons dans le fruit éternel de cet amour comme Homme; nous y serons avec lui pour toujours, jouissant de son séjour dans la gloire — que notre Jésus, notre Bien-aimé se trouve là, et qu’il est ce qu’il est.

1 Ceci correspond à Moïse et à Élie entrant dans la nuée, outre leur manifestation dans la même gloire que Christ, se tenant sur la montagne.

En attendant, étant tel, il y avait justice dans les voies de Dieu en ce qui concernait son rejet. Il avait pleinement et parfaitement manifesté le Père. Le monde ne l’avait pas connu, mais Jésus l’avait connu, et les disciples avaient connu que le Père l’avait envoyé. Il fait appel ici, non pas à la sainteté du Père, afin qu’il les garde selon ce nom béni, mais à la justice du Père, pour qu’il fasse une distinction entre le monde, d’un côté, et Jésus avec les siens, de l’autre côté; car il y avait une raison morale, aussi bien que l’amour ineffable du Père pour le Fils. Et Jésus veut que nous ayons la joie, pendant que nous sommes ici-bas, de la conscience que la distinction a été faite par les communications de la grâce, avant qu’elle soit faite par le jugement.

Il leur avait fait connaître le nom du Père, et le leur ferait connaître même quand il serait monté en haut, afin que l’amour dont le Père l’avait aimé fût en eux (que leurs cœurs pussent le posséder dans ce monde — quelle grâce!) et Jésus lui-même en eux, leur communiquant cet amour, Lui, la source de force pour en jouir, le dirigeant, pour ainsi dire — avec toute la perfection par laquelle il en jouit — dans leurs cœurs, dans lesquels il demeure; étant lui-même la force, la vie, la capacité, le droit et le moyen d’en jouir ainsi, et comme tel, dans le cœur. Car c’est dans le Fils qui nous le déclare, que nous connaissons le nom du Père qu’il nous révèle. C’est-à-dire il désire que nous jouissions maintenant de ces rapports d’amour, dans lesquels nous le verrons dans les cieux. Le monde saura que nous avons été aimés comme Jésus, quand nous apparaîtrons avec Lui dans la même gloire; mais notre part est de le savoir déjà maintenant, Christ étant en nous.