Jean

Chapitre 15

Le commencement de ce chapitre et ce qui a trait au cep, se rattache à la partie terrestre de la position de Jésus et des relations de ses disciples avec lui, à ce que Jésus a été sur la terre, à ses relations avec ses disciples envisagés comme étant sur la terre, et ne dépasse pas cette position.

«Je suis le vrai cep». L’Éternel avait planté un cep transporté d’Égypte (Ps. 80:9): c’est Israël selon la chair, mais ce n’était pas le vrai cep. Le vrai cep était le Fils, que l’Éternel a fait monter d’Égypte, Jésus1 (Matt. 2:15). Celui-ci se présente comme tel à ses disciples. Le vrai cep n’est pas ici ce qu’il sera après son départ: il l’était sur la terre, et sur la terre en contraste avec sa position céleste. — Nous ne parlons pas de planter des ceps dans le ciel, ni d’y émonder des sarments. Les disciples auraient considéré le Seigneur comme le plus excellent sarment du cep; mais ainsi il aurait été seulement un membre d’Israël, tandis que c’était lui qui était le vase, la source de bénédiction selon les promesses de Dieu. Ce n’est donc pas Israël qui est le vrai cep duquel notre chapitre parle; bien au contraire, c’est Christ, en contraste avec Israël, mais Christ, planté sur la terre, prenant comme le vrai cep la place d’Israël. Le Père soigne cette plante, et évidemment sur la terre; dans le ciel, il n’est pas besoin de vigneron. Ceux qui comme résidu d’Israël sont attachés à Christ — les disciples — ont besoin d’être ainsi soignés. C’est sur la terre que Dieu attend du fruit du cep qu’il a planté. Aussi voyons-nous qu’étant encore dans le monde, le Seigneur leur dit: «Vous, vous êtes déjà nets, à cause de la parole que je vous ai dite»: «Vous êtes les sarments» (vers. 3-5). Judas, pourrait-on dire, avait été ôté, et aussi les disciples qui ne marchaient plus avec Christ; les autres devaient être éprouvés et purifiés afin qu’ils produisissent plus de fruit. Je ne doute pas que cette relation ne subsiste encore en principe et d’une façon analogue et générale: ceux qui font profession d’appartenir à Christ, qui s’attachent à lui pour le suivre, si la vie se trouve en eux, seront purifiés; sinon, ce qu’ils ont leur sera ôté. Ici donc, ce n’est que de sa parole — celle du vrai prophète — et du jugement, soit de discipline, soit de retranchement, que le Sauveur parle. Par conséquent, il est question, non pas de la puissance de Dieu, mais de la responsabilité de l’homme, responsabilité à laquelle certes l’homme ne satisfera pas sans la grâce, mais qui n’en a pas moins ici ce caractère. Jésus était la source de toute la force des disciples; ils devaient demeurer en lui; et ainsi — car c’est là l’ordre — lui demeurerait en eux.

1 Comparez, pour cette substitution de Christ à Israël, És. 49. Il recommence Israël en bénédiction comme il a recommencé l’homme.

Nous avons vu ceci au chap. 14; il ne s’agit pas dans ces discours de l’exercice souverain de l’amour dans le salut, mais du gouvernement des enfants par leur Père, de sorte que cette bénédiction dépend de la marche (14:21-23). Ici, le vigneron cherche du fruit, mais l’enseignement donné présente la dépendance complète du cep dans laquelle les sarments se trouvent pour produire du fruit; il montre aux disciples qu’en marchant sur la terre, ils seront émondés par le Père, — et si quelqu’un (car, au v. 6, il a soin de changer l’expression, connaissant ses disciples et les ayant déjà déclarés nets) — «si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors». Car il ne s’agit pas ici de l’union avec le Christ en haut, par le Saint Esprit, union qui ne se rompt pas, mais des relations qui se formaient déjà alors ici-bas et qui pouvaient être vitales et éternelles, et pouvaient ne l’être pas, ce dont le fruit serait la preuve. Dans le vieux cep, porter du fruit n’était pas nécessaire: on naissait Juif, on était circoncis, on observait les ordonnances, et on restait sur le cep, bon sarment sans porter aucun fruit quelconque pour Dieu: on n’était retranché d’Israël que pour une violation volontaire de la loi.

Ce qui se formait maintenant n’était pas une relation avec Jéhovah, fondée sur le fait qu’on était né d’une telle famille; ce qu’il fallait c’était de glorifier le Père par des fruits; c’est ce qui montrerait qu’on était disciple de Celui qui en avait tant porté. Christ donc était le vrai cep; le Père, le vigneron; les onze étaient les sarments. Ils devaient demeurer en lui, ce qu’ils réaliseraient en pensant ne produire aucun fruit sinon en lui, et en regardant tout premièrement à lui. Christ précède le fruit. Demeurer en lui, c’est la dépendance, la proximité pratique et habituelle du cœur, et la confiance, lui étant attachés par notre dépendance en sa Personne: en faisant cela, Christ en nous sera une source constante de force et de fruit: — il est en nous. Hors de lui les disciples ne pouvaient rien faire: si en demeurant en lui, ils trouvaient la force de sa présence, ils produiraient beaucoup de fruit. Mais «si quelqu’un» (il ne dit pas: «ils»; Jésus les connaissait, comme de vrais sarments et nets) ne demeurait pas en lui, il était jeté dehors pour le feu. De plus, s’ils demeuraient en lui, s’il y avait la dépendance constante qui puise à la source, et si les paroles de Jésus demeuraient dans les disciples, dirigeant leurs cœurs et leurs pensées, ils auraient à leur disposition les ressources de la puissance divine: ils demanderaient ce qu’ils voudraient, et il leur serait fait. Mais, en outre, le Père avait aimé le Fils divinement, pendant son séjour sur la terre; Jésus en avait fait autant à leur égard. Ils devaient demeurer dans cet amour; — dans les versets précédents, c’était en lui, maintenant c’est dans son amour1. En gardant les commandements de son Père, Jésus était demeuré dans son amour; en gardant les commandements de Jésus, ses disciples demeureraient dans son amour à lui. La dépendance (qui implique la confiance, et nos rapports avec Celui dont nous dépendons pour la force, car nous sommes incapables de rien faire sans Lui, et nous appuyant ainsi fermement sur Lui) et l’obéissance sont les deux grands principes de la vie pratique ici-bas. Jésus a marché ainsi en tant qu’homme; il savait par expérience quel était le chemin pour les siens. Les commandements de son Père étaient l’expression de ce que le Père était: en les observant dans l’esprit de l’obéissance, Jésus avait toujours marché dans la communion de son amour. Il avait maintenu, dans le cœur de ses disciples, leur communion avec lui-même. Les commandements de Jésus, lorsqu’il était ici-bas, sont l’expression de ce qu’il était, divinement parfait dans le chemin de l’homme. En marchant selon ces commandements, ses disciples demeureraient dans la communion de son amour.

1 Il y a trois exhortations: Demeurez en moi. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez. Demeurez dans mon amour.

Le Seigneur dit ces choses à ses disciples afin que sa joie1 demeurât en eux et que leur joie fût accomplie. On voit qu’il ne s’agit pas ici du salut d’un pécheur, mais du chemin qu’un disciple doit suivre pour qu’il jouisse pleinement de l’amour de Jésus, et que son cœur soit sans nuage là où la joie se trouve. Il n’est pas dit non plus si, étant vraiment croyant, on peut être séparé de Dieu, parce que le Seigneur fait de l’obéissance le moyen de demeurer dans son amour. Certainement lui ne pouvait pas perdre la faveur de son Père ou cesser d’être l’objet de son amour. Il ne pouvait pas être question de cela; et cependant Jésus dit: «J’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour» (vers. 10). Mais c’était dans le sentier divin qu’il en avait joui. Il s’agit donc de la marche et de la force d’un disciple, et non pas du moyen d’être sauvé.

1 On a pensé que la joie dont il est question ici, est la joie de Christ dans la marche d’un disciple obéissant: je ne le pense pas. C’est la joie dont il jouissait ici-bas, comme il nous a laissé sa propre paix, et nous donnera sa propre gloire.

Au verset 12, commence une autre partie du sujet. Le Seigneur veut, c’est là son commandement, que ses disciples s’entr’aiment, comme lui les avait aimés: auparavant il avait parlé de l’amour du Père pour lui, amour qui découlait du ciel dans son âme ici-bas1. Il avait aimé ses disciples de cette même manière, mais il avait aussi été un compagnon, un serviteur, dans cet amour. Ainsi les disciples devaient s’aimer les uns les autres, d’un amour qui se montrerait supérieur aux faiblesses d’autrui, et qui étant en même temps fraternel, rendrait celui qui en était animé, serviteur de son frère. Cet amour devait se manifester jusqu’à donner sa vie pour ses amis: or pour Jésus, celui qui lui obéissait était son ami. Remarquez qu’ici Jésus ne dit pas que lui serait ami des autres: il a été notre ami quand il a donné sa vie pour les pécheurs; — nous sommes ses amis, lorsque nous jouissons de sa confiance, ainsi qu’il l’exprime ici: «Je vous ai fait connaître tout ce que j’ai ouï de mon Père» (vers. 15). On parle de ses affaires à celui que cela regarde, selon la nécessité où l’on peut être de le faire: Je communique mes propres pensées à celui qui est mon ami. «Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire?» dit l’Éternel; — aussi Abraham a-t-il été appelé «l’ami de Dieu». Or Dieu a communiqué à Abraham, non pas ce qui le regardait lui (il l’avait déjà fait dans diverses révélations, comme Dieu), mais les choses qui concernaient le monde, Sodome. C’est ainsi que Dieu en agit à l’égard de l’Église, et en pratique à l’égard du disciple obéissant; il est, comme tel, le dépositaire de ses pensées. Au reste, il avait choisi les disciples pour cela; ce n’était pas eux qui l’avaient choisi par un acte de leur propre volonté. Il les avait choisis et établis pour aller et porter du fruit, et un fruit qui demeurerait; de sorte qu’étant ainsi choisis de Christ pour l’œuvre, ils reçussent du Père, qui dans ce cas ne pouvait leur manquer, tout ce qu’ils demanderaient (vers. 16). Le Seigneur en revient ici à la source et à la certitude de la grâce, afin que la responsabilité pratique sous laquelle il les plaçait moralement, n’obscurcît pas la divine grâce qui agissait à leur égard et les avait placés sous cette responsabilité.

1 Jésus ne dit pas: Le Père «m’aime», mais, «m’a aimé», c’est-à-dire qu’il ne parle pas simplement de l’amour éternel du Père pour le Fils, mais de l’amour du Père déployé envers lui, le Fils, durant son humanité ici-bas.

Qu’ils s’aimassent donc les uns les autres1! Que le monde les haït, n’était qu’une suite naturelle de la haine que ce monde avait eue pour Jésus: c’était un sceau de leur association avec Lui. Le monde aime ce qui est du monde: c’est très naturel. — Les disciples n’étaient point du monde; en outre, le Jésus que ce monde avait rejeté, les avait choisis et séparés du monde; c’est pourquoi le monde les haïssait, parce que la grâce les avait choisis. «Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien; mais parce que vous n’êtes pas du monde, mais que moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela le monde vous hait» (vers. 19). Cette haine que le monde portait aux disciples, avait sa raison morale, savoir qu’ils n’en étaient pas; mais cela mettait en évidence leur relation avec Jésus, et ses droits souverains d’après lesquels il les avait pris à Lui hors d’un monde rebelle. Les disciples auraient la même part que leur Maître, et cela à cause de son nom, parce que le monde (et ici Jésus parle particulièrement des Juifs, parmi lesquels il avait travaillé) ne connaissait pas le Père qui l’avait envoyé dans son amour. S’enorgueillir de Jéhovah comme étant leur Dieu, allait bien à ce pauvre peuple: il aurait reçu le Messie sur ce pied-là. Mais connaître le Père, révélé dans son vrai caractère par le Fils, était tout autre chose: cependant le Fils avait révélé le Père; et par ses paroles et par ses œuvres, avait manifesté le Père et ses perfections. Si Christ n’était pas venu leur parler, Dieu n’aurait pas à leur reprocher le péché; ils subsisteraient encore, quoique misérablement; leur véritable état n’aurait pas été complètement mis à l’épreuve (quoiqu’il y eût abondance de péché et de transgression en tant qu’hommes et peuple sous la loi), c’est qu’ils ne voulaient pas de Dieu — pas même venu en grâce. Le fruit d’une nature en chute était là, sans doute, mais non la preuve que cette nature préférait le péché à Dieu, lorsque Dieu se trouvait là en miséricorde, n’imputant pas le péché. La grâce était en action envers eux, ne leur imputant pas le péché. La miséricorde les avait considérés comme étant en chute, mais non comme des créatures coupables. Dieu n’agissait pas sur le fondement de la loi, qui impute, ou sur celui du jugement, mais il présentait la grâce dans la révélation du Père par le Fils. Les paroles et les œuvres du Fils, révélant le Père en grâce, étant rejetées, cela les laissait sans espoir (comp. 16:9). Autrement leur condition réelle n’aurait pas été manifestée d’une manière aussi complète, Dieu aurait pu encore employer un moyen; et il aimait trop Israël pour le condamner, s’il y en avait eu un seul dont il ne se fût pas servi.

1 En les choisissant et les mettant à part pour jouir ensemble de cette relation avec lui en dehors du monde, Jésus avait placé les disciples dans une position dont l’amour mutuel était comme une conséquence naturelle; et, en effet, la conscience de cette position et l’amour vont ensemble.

Si même le Seigneur n’avait pas fait au milieu d’eux les œuvres que nul autre n’eût jamais faites, ils auraient pu rester tranquilles, refuser de croire en lui, et ne pas être coupables aux yeux de Dieu: ils auraient été encore l’objet de la longue patience de l’Éternel. Mais de fait, ils avaient vu et haï le Fils et le Père (vers. 22-24). Le Père avait été pleinement manifesté dans le Fils — en Jésus, et si, lorsque Dieu était pleinement manifesté, et cela en grâce, l’homme le rejetait, que pouvait-il être fait, sinon de le laisser dans le péché, loin de Dieu? Si le Père n’avait été que partiellement manifesté, il restait encore une excuse; les Juifs auraient pu dire. Ah! s’il avait montré de la grâce, et si nous l’avions connu comme il est, nous ne l’aurions pas rejeté! Maintenant ils ne pouvaient plus dire cela, ils avaient vu le Père et le Fils en Jésus. Hélas! ils les avaient vus et haïs1. Or cela ne faisait qu’accomplir ce qui avait été prédit à leur égard dans leur loi: pour ce qui regardait le témoignage envers Dieu par le peuple et un Messie reçu de lui comme accomplissement des promesses, tout était fini: «Ils m’ont haï sans cause!»

1 Remarquez qu’il est fait de nouveau mention ici de sa Parole et de ses œuvres.

Maintenant (vers. 26 et suiv.), le Seigneur commence à parler de l’Esprit qui devait venir pour maintenir sa gloire que le peuple avait jetée à terre. Les Juifs n’avaient pas connu le Père manifesté dans le Fils: le Saint Esprit viendrait du Père pour rendre témoignage au Fils; le Fils l’enverrait de la part du Père. Au chap. 14, le Père l’envoie au nom de Jésus, pour la relation personnelle des disciples avec Jésus. Ici, Jésus, monté dans les lieux célestes, l’enverra comme témoin de sa gloire suprême, de sa position céleste. C’était le nouveau témoignage; il devait être rendu à Jésus, Fils de Dieu, tel qu’il est dans le ciel. Les disciples aussi rendaient témoignage de lui, parce qu’ils avaient été avec lui dès le commencement. Ils devaient être pour Jésus — avec le secours du Saint Esprit — les témoins oculaires de sa vie ici-bas, de la manifestation du Père en lui; le Saint Esprit lui-même, envoyé par Christ, serait le témoin de sa gloire auprès du Père duquel il venait.

Ainsi ces discours nous ont montré en Jésus le vrai cep, dans les disciples les sarments déjà nettoyés, Christ étant là, présent sur la terre; puis, après son départ, ses disciples devaient maintenir cette relation pratique sur la terre; ils seraient en relation avec lui monté en haut, comme lui ici-bas avait été avec le Père: ils devaient alors être entre eux comme il avait été avec eux. Leur position était en dehors du monde. Or les Juifs avaient haï le Fils et le Père: le Saint Esprit rendrait témoignage au Fils auprès du Père et dans le Père; — les disciples en feraient de même à l’égard de ce qu’il avait été ici-bas. Le Saint Esprit, et, dans un certain sens, les disciples, remplacent Jésus aussi bien que l’ancien cep, sur la terre. Dans ce qui suit, la présence et le témoignage du Saint Esprit sur la terre sont développés.

Il est bon de remarquer la correspondance qui existe entre les sujets des passages que nous examinons. Au chap. 14, nous avons la Personne du Fils révélant le Père, et le Saint Esprit enseignant aux disciples la présence du Fils dans le Père, et eux-mêmes en Jésus en haut. C’était la condition personnelle, à la fois de Christ et des disciples, et tout cela est lié ensemble; seulement, en premier lieu, le Père, le Fils étant ici-bas, et ensuite, le Saint Esprit envoyé par le Père. Dans les chap. 15 et 16, nous avons les diverses dispensations: Christ, le vrai cep sur la terre, et ensuite le Consolateur envoyé ici-bas par le Christ exalté. Au chap. 14, Christ prie le Père, qui envoie l’Esprit au nom de Christ. Au chap. 15, Christ exalté envoie de la part du Père l’Esprit, témoin de son exaltation, comme les disciples, conduits par l’Esprit, l’étaient de sa vie d’humiliation sur la terre, mais comme Fils.

Cependant, bien qu’en reproduisant les mêmes vérités, il y a un développement dans l’enseignement du Seigneur. Au chap. 14, tout en quittant la terre, Jésus parle en rapport avec ce qu’il était sur la terre. C’est le Père (non Christ lui-même) qui envoie le Saint Esprit sur sa demande. Lui va pour ses disciples, de la terre au ciel, comme Médiateur. Il prie le Père, et le Père leur donnera un autre Consolateur pour demeurer avec eux, et ne pas les quitter comme lui. Leurs relations avec le Père dépendront de ce Consolateur; ce sera à eux, comme croyant en lui, Jésus, que l’Esprit sera envoyé, et non au monde, ni sur des Juifs comme tels; il sera envoyé «en son nom». Ensuite, le Saint Esprit les enseignera lui-même, et il leur rappellera les commandements de Jésus, tout ce qu’il leur avait dit; car le chap. 14 donne l’ensemble de la position qui résultait de la manifestation1 du Fils et de celle du Père en lui, et du départ du Seigneur, c’est-à-dire le résultat de ce départ à l’égard des disciples. Or au chap. 15, le Seigneur avait épuisé le sujet des commandements en rapport avec la vie manifestée en lui ici-bas; et, à la fin du chapitre, il se considère comme monté en haut, et il ajoute: «Mais quand le Consolateur sera venu, lequel moi je vous enverrai d’auprès du Père ...» (vers. 26). Le Consolateur vient bien du Père, car notre relation est, et doit être directe avec lui; — c’est dans cette relation que Jésus nous a placés. Mais ici, ce n’est pas le Père qui envoie le Consolateur sur la demande de Jésus et en son nom. Jésus a pris sa place dans la gloire, comme Fils de l’homme, et selon les fruits glorieux de son œuvre, et il envoie le Consolateur en rapport avec cette position. Par conséquent, l’Esprit descendu d’en haut rend témoignage à ce que Jésus est en haut, dans le ciel. Sans doute, il nous fait sentir ce que Jésus était ici-bas, où en grâce infinie il a manifesté le Père, il nous le fait sentir bien davantage qu’à ceux qui étaient avec Jésus pendant son séjour sur la terre. Mais ceci se trouve dans le chap. 14. Toutefois le Saint Esprit est envoyé par Jésus d’en haut, et il nous révèle le Fils, que nous connaissons maintenant, comme ayant parfaitement, et divinement (comme homme toutefois, et au milieu des hommes pécheurs) manifesté le Père. Nous connaissons, dis-je le Fils, comme étant auprès du Père et dans le Père. C’est Lui qui, de là, nous a envoyé le Saint Esprit.

1 Remarquez ici le développement pratique, pour ce qui regarde la vie, de ce sujet si profondément intéressant. En 1 Jean 1 et 2, la vie éternelle qui avait été avec le Père, a été manifestée (car «en lui», le Fils, «était la vie), aussi était-il la Parole de vie, et Dieu était lumière (comp. Jean 1); les chrétiens devaient (l Jean 2:3-5) garder ses commandements: c’était un ancien commandement qu’ils avaient eu depuis le commencement (c’est-à-dire depuis le commencement du ministère de Jésus lui-même ici-bas, de Celui que leurs mains avaient touché). Mais maintenant ce commandement était vrai en lui et en eux; cette vie, c’est-à-dire cette vie d’amour dont ces commandements étaient l’expression ainsi que celle de la justice, se reproduirait en eux, en vertu de leur union avec Jésus par le Saint Esprit, selon Jean 14:20. Aussi demeurait-on en Jésus (1 Jean 2:6). Dans notre évangile, chap. 1, nous trouvons le Fils qui est dans le sein du Père, qui révèle le Père. Or il révèle le Père comme il le connaît lui-même étant dans son sein; il révèle ce que le Père était pour lui-même. Jésus a apporté cet amour (dont il était l’objet) au sein de l’humanité, et l’a placé dans le cœur de ses disciples (comp. 17:26). Ceci est manifesté actuellement en perfection par l’habitation de Dieu en nous, et par son amour rendu parfait en nous, tandis que nous demeurons dans l’amour fraternel (1 Jean 4:12; comp. Jean 1:18). La manifestation du fait que nous avons été ainsi aimés, aura lieu par notre apparition dans la même gloire que Christ (17:22-23). Christ manifeste cet amour en venant du Père; ses commandements nous l’enseignent; la vie que nous avons en lui le reproduit. Ainsi, les préceptes du Seigneur forment et dirigent cette vie à travers les voies de la chair et les tentations, au milieu desquelles, sans péché, il a vécu de cette vie; le Saint Esprit est la force de cette vie en nous, comme étant le lien puissant et vivant de nos âmes avec lui, l’Esprit par lequel nous avons la conscience d’être en Lui, et Lui en nous (L’union comme corps à la Tête est une autre chose, qui n’est jamais le sujet traité dans Jean). De sa plénitude nous recevons grâce sur grâce. C’est pourquoi nous devrions non pas être ce qu’il a été, mais marcher comme il a marché; car nous ne devons pas marcher selon la chair, quoiqu’elle soit en nous, et pas en lui.