Ésaïe

Chapitre 66

Le chapitre 66 parle du jugement qui introduit ce millénium, et par conséquent nous donne plus de détails historiques. Le temple est rebâti à Jérusalem, verset 6. Mais, étant rebâti de la part des hommes, l’Éternel ne le reconnaît pas plus qu’il ne reconnaît les sacrifices qu’on veut y offrir. Il regarde au cœur débonnaire et brisé. L’espérance d’un cœur pareil excitait la risée de plusieurs, qui disaient: Que l’Éternel montre sa gloire. Mais il paraîtra à leur confusion et pour la bénédiction de ceux qui s’attendaient à Lui. Sion sera comme la mère d’un peuple béni de l’Éternel et heureux. La distinction du résidu est ainsi faite dans ces deux chapitres, de la manière la plus formelle et la plus frappante.

 

Ici retraçons l’application du mot serviteur. Il est appliqué premièrement à Israël, puis à Christ lui-même, seul vrai serviteur au milieu du peuple, et enfin au résidu qui écoute les paroles du Christ comme serviteur; elles sont l’Esprit prophétique, car l’Esprit de prophétie est le témoignage de Jésus. Ce sont ceux du résidu qui sont ici serviteurs. Ils seront consolés dans Jérusalem, comme quand une mère caresse son enfant pour l’apaiser; la main de l’Éternel se fera connaître envers ses serviteurs, et son indignation envers ses ennemis. Car il viendra, et il exécutera le jugement contre toute chair; à toute chair aussi avait été annoncé le salut. Les Israélites infidèles et idolâtres sont là, confondus avec les nations; Dieu les rassemblera toutes; elles viendront et verront sa gloire. Dieu exercera le jugement sur la multitude par l’épée et par le feu. Mais il y en aura qui, par grâce, échapperont. Dieu les enverra vers les nations lointaines qui n’ont jamais vu sa gloire ni entendu sa renommée. Il ne s’agit pas ici de l’élection de la grâce pour le ciel. Ils annonceront non cette grâce, mais la gloire qu’ils auront vue. Les nations amèneront les dispersés d’Israël comme une offrande à l’Éternel en la montagne de sa sainteté; la race de Jacob et les sacrificateurs que l’Éternel en aura choisis, seront comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre devant l’Éternel; toute chair viendra se prosterner devant Lui. Ceux qui auront été les objets du jugement de l’Éternel, les pécheurs contre Lui, et spécialement, à ce qu’il me paraît, les Juifs apostats, seront un témoignage permanent du terrible jugement de l’Éternel. Car si la pleine bénédiction de sa présence doit luire sur son peuple, elle sera introduite et conservée par le jugement, qui est dans ces temps le principe de ses voies.

Il est une remarque générale qu’il convient de faire ici. L’état de péché qui est ici jugé existait déjà du temps du prophète. La patience de Dieu usait de support, mais le principe qui devait amener le jugement était agissant, témoin le chapitre 6. Jusqu’à la réjection du Christ, et dans un certain sens jusqu’à l’acceptation de l’antichrist venant en son propre nom, le mal n’était pas absolument consommé, ni le jugement final exécuté. Mais Achaz avait déjà fourni l’occasion de le prononcer. Ainsi l’état entier d’Israël, la grâce qui recevait les gentils, le néant des formes et des cérémonies, en un mot tous les grands principes moraux de la vérité sont constatés dans cette partie de la prophétie; et nous voyons Étienne, Paul, le Seigneur lui-même, citer les passages qui les proclament, en les appliquant aux temps dans lesquels ils vivaient. Le Seigneur en fait l’application à l’endurcissement du peuple; Étienne à l’inutilité d’un système de formes déjà jugé; Paul à l’état de condamnation des Juifs et à la grâce envers les gentils. Ce qui reste à venir, c’est l’accomplissement du grand résultat où ces choses seront mises en évidence devant le monde par le jugement et la bénédiction souveraine de Dieu.

Quant à la venue de Jésus en abaissement, nous l’avons vue aussi clairement révélée que sa venue en gloire. Somme toute, les voies de Dieu dans le gouvernement de son peuple, eu égard à sa conduite sous la loi, aux promesses faites à la famille de David, et enfin à sa conduite envers Christ, l’Éternel, abaissé et venu au milieu du peuple; le gouvernement, dis-je, et les voies de Dieu à l’égard d’Israël sous tous ces rapports, sont développés de la manière la plus claire et la plus merveilleuse dans le cours de cette prophétie. Le jugement que le prophète prononce ici, fut suspendu par la patience de Dieu pendant près de huit cents ans; il ne fut accompli que lors de la réjection de Christ.