Ésaïe

Chapitres 2 à 4

Ainsi rétablie, Sion, la montagne de l’Éternel, sera le centre de la bénédiction et de la paix pour toutes les nations (ch. 2:1-4).

Ceci met dans la bouche du prophète l’invitation à marcher dans la lumière de l’Éternel. Pourquoi a-t-il abandonné son peuple? Parce que son peuple a appris les voies des païens. La journée de l’Éternel sera contre toute la gloire de l’homme et toutes les idoles. On cessera de s’appuyer sur l’homme, car le peuple de Dieu lui-même sur la terre, le lieu de son repos, sera jugé et frappé par son Dieu (chapitres 3 et 4). Mais alors le rejeton de l’Éternel sera glorieux et la terre bénie. Celui qui frappe bande la plaie en introduisant le Messie et en bénissant par lui la terre. Le résidu sera saint lorsque la purification de Jérusalem aura été effectuée par le jugement et le feu de l’Éternel; Jérusalem sera protégée et glorifiée par la manifestation de sa présence, comme le fut le tabernacle au désert. Tel est le cadre dans lequel l’introduction à cette prophétie se présente avec beaucoup de force et de clarté.

Après cela, l’Esprit de Dieu entre en compte avec le peuple, en se plaçant sur deux terrains différents, savoir: ce que Dieu avait fait pour son peuple, et la venue de l’Éternel dans la personne du Christ en gloire. Le peuple avait-il répondu aux soins que l’Éternel lui avait prodigués? Était-il en état de recevoir l’Éternel au milieu de lui? Le chapitre 5 traite la première question, qui touche à la responsabilité du peuple, au point de vue des soins et du gouvernement de Dieu. Qu’aurait pu faire Dieu pour sa vigne, qu’il n’ait pas fait? Cependant elle ne Lui rapporte que du verjus. Il annonce ce qui doit en résulter pour elle, selon son juste gouvernement. Sa haie, la protection dont il l’avait entourée, sera ôtée, et elle sera laissée en proie aux ravages des nations. Dieu, en plaidant contre son peuple, lui montre ses péchés en détail. Ensuite il étend la main sur lui, et de terribles châtiments surviennent. Cependant sa colère n’est pas détournée: «sa main est encore étendue». Il fera venir des étrangers pleins de force, que rien n’arrêtera, et qui emmèneront le peuple captif. Le deuil sera sur la terre, et la lumière sera obscurcie dans les cieux. Il s’agit premièrement ici de Nebucadnetsar et même de Salmanéser, mais bien plus encore des nations qui viendront contre Jérusalem aux derniers jours, et qui la prendront après avoir envahi et parcouru tout le pays. Nous aurons plus tard les détails de ces événements.

Mais il était dans les desseins de Dieu que sa présence s’établît en gloire au milieu de son peuple; c’est ce qui s’accomplira en Christ, à la fin des temps. C’est pourquoi le témoignage du progrès des jugements est interrompu après le premier exposé général, et, au chapitre 6, le prophète voit cette gloire. Néanmoins, le premier effet de celle-ci est judiciaire, et opère de manière à aveugler et à condamner le peuple. Le jugement précédent (chapitre 5:24) avait eu affaire à la transgression de la loi et au mépris de la parole du Saint d’Israël. Mais l’inimitié contre Christ et sa réjection sont accompagnés de l’aveuglement judiciaire du peuple, et de la séparation d’un résidu. Que ce soit la gloire de Christ qui est manifestée au prophète, c’est ce que Jean nous enseigne au chapitre 12 de son évangile. Le prophète sent de suite que la manifestation de cette gloire est incompatible avec l’état du peuple. Des lèvres souillées ne sauraient la célébrer. Mais un charbon ardent pris de l’autel purifie les siennes, et il se consacre au message de l’Éternel et à ce qui concerne la gloire de Christ. Le cœur du peuple est engraissé, et il le sera jusqu’à ce qu’il soit frappé d’une entière désolation. Cependant il y aura un résidu, une sainte semence qui sera comme la sève d’un arbre qui a perdu ses feuilles1.

1 Une traduction plus exacte jette beaucoup de jour sur cette prophétie. «Mais il y aura encore là un dixième; et il reviendra, et il sera brouté comme le térébinthe et le chêne, dont le tronc reste quand ils sont abattus; la semence sainte en sera le tronc» — (chapitre 1:9); c’est-à-dire, le résidu même sera assujetti au jugement et à la consomption, lors de son retour; mais il y aura une sainte semence, d’où la vie poussera comme d’un arbre coupé.

Le prophète nous présente donc ici le jugement du peuple sous deux rapports: premièrement, celui du gouvernement de Dieu: à ce point de vue le peuple, étant entièrement coupable, est livré aux gentils; secondement, celui de la gloire de la présence de l’Éternel selon ses conseils de grâce: le peuple était incapable de la supporter; mais puisqu’il s’agissait du propos arrêté de Dieu, il y aurait un résidu selon l’élection, en qui la gloire serait rétablie. Il ne faut pas perdre de vue cette distinction, lorsqu’il est question du gouvernement de Dieu et de ses voies extérieures.