Daniel

Chapitre 12

Le chapitre 12 traite plus particulièrement de l’histoire d’Israël même. Au milieu de tous ces événements, Michel l’archange s’emploie en faveur du peuple de Daniel. Il y a un temps de trouble, tel qu’il n’y en a jamais eu et qu’il n’y en aura jamais de semblable. Le peuple, cependant, sera délivré, c’est-à-dire ceux qui sont écrits dans le Livre, le résidu de Dieu. Jérémie nous a déjà parlé de ce temps, et de la délivrance, chapitre 30:7. Le Seigneur en parle aussi (Matt. 24), en attirant l’attention des disciples sur l’abomination de la désolation dont il est question dans ce chapitre, nous montrant clairement qu’il parle de Jérusalem, des Juifs et des derniers jours, lorsque les Juifs seront délivrés. Il montre aussi comment les fidèles échapperont pendant la durée de la tribulation. Ces passages, pris ensemble, rendent l’intelligence de chacun d’eux assez facile. Le second verset s’étend au-delà du pays d’Israël qui, jusqu’ici, avait été la scène de la prophétie. Mais la condition de ceux dont le verset parle, est exposée de manière qu’on ne reconnaisse pas les pays de leur dispersion. Plusieurs de la race d’Israël se réveillent de leur long abaissement, quelques-uns pour la vie éternelle, mais d’autres pour l’infamie perpétuelle. Les sages brilleront comme la splendeur de l’étendue, ceux qui ont enseigné la justice à la multitude comme les étoiles; (comp. l’armée des cieux et les étoiles, ch. 8). Dieu revêtira de l’éclat de sa faveur ceux qui auront été fidèles pendant ce temps de rébellion et de détresse.

Ensuite, un des messagers de Dieu demande à celui qui se tenait sur le fleuve combien de temps s’écoulerait pour arriver à la fin de ces merveilles (savoir de la tribulation), par l’intervention de Dieu en délivrance en faveur d’Israël? La réponse est, trois ans et demi, soit douze cent soixante jours, et que, lorsque Dieu aurait mis fin à la dispersion du peuple saint, toutes ces choses seraient finies. Daniel veut quelque chose de plus pleinement révélé à l’égard de la fin; mais jusqu’au temps de la fin l’oracle est scellé; il y en aurait plusieurs qui seraient purifiés, éprouvés et blanchis, et les méchants agiraient méchamment. Hélas! il faut s’y attendre, aucun des méchants ne comprendrait, mais les intelligents comprendraient, c’est-à-dire ces «maskilim», ceux dont l’Esprit nous a parlé.

Or, depuis le temps que le sacrifice perpétuel serait ôté et que l’abomination qui causerait la désolation serait placée, il y aurait douze cent soixante jours; puis, pour celui qui attendrait l’accomplissement de mille trois cent trente-cinq jours1, il y aurait pleine bénédiction. Daniel lui-même aurait sa part dans ce temps glorieux.

1 J’ai cru possible que cette supputation pouvait provenir de ceci: un mois intercalé, ajouté aux douze cent soixante jours, ou trois années et demie, puis quarante-cinq jours, si les années étaient des années ecclésiastiques, nous amèneraient à la fête des tabernacles: mais je ne prétends pas avoir une opinion sur ce point. Quoi qu’il en soit, il nous est positivement dit que, alors, le sanctuaire de Dieu à Jérusalem sera purifié.

Il est à remarquer que Daniel ne dépeint jamais le temps qui succède à celui des gentils; il présente l’histoire de ces monarchies, les oppresseurs et séducteurs des Juifs aux derniers jours, la délivrance du peuple, mais là il s’arrête: il est le prophète des temps des gentils jusqu’à la délivrance.

 

Il se peut que le lecteur, pour avoir une intelligence plus complète du sujet, ait la pensée de combiner l’action des instruments que la prophétie de Daniel nous présente comme agissant dans le pays d’Israël aux derniers jours, et de les identifier, s’il y avait lieu, avec d’autres instruments nommés par d’autres prophètes. Mais ce serait faire un système de prophétie et non expliquer Daniel. L’Esprit de Dieu ne le fait pas dans ce prophète, et je me borne à l’étudier; je ne ferai donc qu’indiquer quelques points saillants.

Le chapitre 7 nous donne le caractère de l’empire romain, spécialement sous son dernier chef; c’est la fin de l’histoire de la puissance des gentils. Le chapitre 8 (quoique j’aie souvent pensé que le roi qui y est dépeint pourrait être l’instrument de l’empire de l’Occident dans le pays d’Israël) me semble, en bien pesant ce qui en est dit, donner à la corne un caractère différent1 de celui que revêt, dans ses actes, la puissance occidentale, soit comme petite corne, soit par quelque instrument local; c’est une puissance orientale s’élevant d’un des quatre royaumes en lesquels l’empire d’Alexandre s’était divisé. Il tire cependant sa force d’autrui; c’est une puissance à part agissant en Syrie. Dans le chapitre 9, nous trouvons celui qui agit au milieu des Juifs, à Jérusalem même, en rapport, à ce qu’il paraît, avec l’empire romain, quel que soit l’instrument de cette puissance pour l’accomplir. Peut-être cet instrument est-il ce roi du chapitre 11, qui se trouve placé entre les rois du midi et du nord? Il est très possible que la petite corne du chapitre 7 agisse elle-même; cependant il y a une autre puissance qui dépend d’elle, qui agit au moins religieusement sur les Juifs qu’il entraîne dans l’apostasie, un personnage qui ne vient pas en son propre nom, et qui ne se soucie point du Dieu de ses pères.

1 On peut comparer les Psaumes 74 et 83, qui confirment la pensée qu’il y aura une destruction à Jérusalem, outre la cessation forcée du sacrifice continuel accompli d’une manière religieuse par le prince à venir, le Romain du chapitre 9, qui se trouve au milieu des Juifs, et qui jusqu’alors s’est comporté au milieu d’eux en ami.

Le roi du chapitre 11 est un roi en Judée, méprisant la religion de ses pères, agissant dans le pays sans frein moral, rétablissant l’idolâtrie et partageant le territoire entre ceux qu’il favorise. Le roi du midi et celui du nord sont l’Égypte et l’Assyrie aux derniers jours, qui attaquent le roi qui s’est établi dans la terre sainte. Je suppose que le roi répond à la seconde bête de l’Apocalypse, sous un autre point de vue, comme la première à la petite corne du chapitre 7.