Aggée

Chapitre 2

Mais le témoignage de Dieu s’occupe en même temps de l’effet naturel de la chétive apparence de ce qu’ils pouvaient faire pour Lui, car il pense à tout ce qui concerne son peuple. Il était aussi fidèlement leur Dieu qu’au plus beau moment de leur histoire. La preuve même en était plus grande. Il était avec eux. La parole qui était sortie de sa bouche lorsqu’il les avait fait monter d’Égypte, il la maintiendrait; son Esprit demeurerait au milieu d’eux. Ils ne devaient pas craindre. Or, tout en soutenant la foi de ce faible résidu par sa grande bonté, il va beaucoup plus loin. S’il ne pouvait pas se manifester au milieu d’eux, durant leur chute et l’établissement d’un autre ordre de choses, le temps viendrait où il interviendrait Lui-même par sa propre puissance. Il ébranlerait tout, puisque la création ne pouvait pas soutenir le poids de sa gloire, et établirait par sa gloire cette puissance, et en remplirait sa demeure sur la terre.

Non seulement la terre serait ébranlée, elle l’avait souvent été; mais l’ennemi qui exerçait la puissance des ténèbres, qui avait toujours entraîné les hommes à corrompre et à dégrader tout ce que Dieu avait établi en bénédiction, sentirait la puissante main de Dieu; car maintenant, le ciel, la terre, la mer, l’autorité en haut, ce qui était organisé en bas, tout l’ordre établi, tout ce qui flottait informe dans ce monde, et toutes les nations seraient ébranlées; l’objet du désir de toutes les nations viendrait, et la maison qu’on rétablissait avec tant de peine, si mesquine à leurs yeux en comparaison de son ancienne gloire, serait remplie de gloire par l’Éternel.

L’expression que j’ai rendue par «l’objet du désir viendra», est très difficile à traduire. Il me semble, qu’en vue du contexte, ce que j’ai dit donne le sens1, et que l’Esprit de Dieu a voulu s’exprimer à dessein avec un langage vague qui, lorsque l’Esprit saisirait ce qui ferait vraiment la gloire de la maison, embrasserait le Messie. Le but du passage est d’assurer que la maison serait remplie de gloire2; en attendant, la gloire extérieure lui serait accordée; l’argent et l’or étaient à l’Éternel. Mais les nations bouleversées, opprimées et s’opprimant l’une l’autre, ne sachant où trouver le bonheur, la force et la paix, trouveront en Celui qui seul établirait la gloire de l’Éternel et donnerait la vraie paix, trouveront, en un mot, en Christ seul, le bonheur et la délivrance. Il serait la gloire de la maison que bâtissait ce pauvre résidu.

1 La traduction anglaise le rend ainsi, et la traduction italienne de Diodati qui a la réputation d’être très exacte. De Wette traduit: «les choses précieuses». Mais l’expression employée n’est pas celle dont on se sert habituellement pour exprimer des choses simplement précieuses, quoiqu’elle ait la même racine. Ici, c’est «Chemdath», là c’est «Chamudoth». La difficulté est que le «viendra» est au pluriel. C’est peut-être pourquoi De Wette dit «choses» prenant chemdath («vahu» venant premièrement) comme description des choses à venir. L’italien a la scelta verrà, l’objet choisi des nations viendra.

2 S’il n’en est pas ainsi et que le sens doive être déterminé par le verset suivant, le passage se rapporterait aux choses désirables des gentils, qui glorifieraient la maison; mais je préfère ce qui est dans le texte.

La dernière gloire de la maison serait plus grande que la première même. Ce n’est pas «la gloire de la dernière maison», la maison est toujours considérée comme la même maison. Dieu y mettra plus de gloire à la fin qu’au commencement, et la paix de l’Éternel lui-même aurait là son siège. C’est ce qui sera accompli aux derniers jours. Celui qui la remplira de gloire est bien venu, mais, tout en faisant la paix éternelle pour nos âmes, le monde était dans un tel état, qu’Il a dû dire au peuple: « Ne pensez pas que je sois venu mettre la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée». Ayant ébranlé toutes les nations, il mettra, en venant dans la gloire, la paix sur la terre1.

1 Il est remarquable que, dans Luc, lorsque Christ entre dans Jérusalem, il soit dit: «Paix au ciel» (Luc 19:38). La bénédiction sur la terre ne peut être réellement établie, jusqu’à ce que Satan soit précipité des cieux après la guerre finale avec les puissances célestes. Jusqu’alors la terre a toujours été corrompue et gâtée par la puissance du mal ou par la malice spirituelle dans les lieux célestes. Alors, tout cela sera passé pour toujours. Satan peut se montrer dans le monde, si cela lui est permis, comme un adversaire, mais sa puissance céleste, comme méchanceté spirituelle, est finie à jamais: c’en est fait du chef de l’autorité de l’air; sa place ne fut plus trouvée dans le ciel.

Deux autres prophéties terminent le livre de ce prophète, se rapportant, comme tout son contenu, à la maison. Le peuple qui négligeait l’Éternel, était comme profane. Ce qui est sanctifié ne peut pas sanctifier les choses profanes; mais ce qui est souillé profane ce qui est saint, car la sainteté est exclusive à l’égard du mal. La présence du mal la détruit par le fait même qu’il est là, à moins que la sainteté ne soit celle d’une nature qui, par son existence même, exclut tout ce qui lui est contraire; ainsi que le fait celle de Dieu. Mais Dieu, admis et reconnu, peut bénir par la puissance de sa présence; ainsi, dès le jour que le peuple a cherché même à reconnaître et à réaliser cette présence dans son sein, la bénédiction en découlait.

La seconde prophétie revient à l’ébranlement de toutes choses; alors le gouverneur de Juda, héritier de David, serait comme un cachet sur la main de Celui qui les ébranlerait. Ceci est dit en même temps qu’Aggée encourage le peuple auquel il s’adresse, époque à laquelle le peuple en avait un si grand besoin. Cette prophétie, en nommant Zorobabel, a en vue Celui qui, lorsque Dieu ébranlera les cieux et la terre, sera la vraie postérité de David et l’héritier de sa couronne selon Dieu, le Christ de Dieu, l’Élu d’entre le peuple.

Le jugement indiqué, verset 22, me semble non le jugement du chef de la bête, mais celui des nations qui viendront contre Jérusalem dans ce jour-là. Tout ce qui s’élevait contre les droits de l’Éternel, établis selon ses conseils à Jérusalem, droits qui s’identifiaient avec la maison qu’on bâtissait, serait renversé de fond en comble. Ceci est vrai en général, sans doute, de l’empire de la bête; mais les conditions de son existence sont tout autres. Dieu avait placé Jérusalem sous sa puissance; les forfaits qui appellent le jugement sur elle, sont encore plus audacieux et plus intolérables que ceux dont les nations sont coupables.