Aggée

Chapitre 1er

Le sujet dont Aggée traite, est le temple. Dieu ayant ramené les captifs, ceux-ci s’occupent immédiatement de leurs aises, au lieu de rebâtir la maison de l’Éternel. Était-ce donc temps de rebâtir les leurs? Il y avait assez de paix pour cela, cela n’exigeait pas la foi, le monde n’y était pas opposé. Le prophète en fait voir l’effet pratique, les châtiments sensibles de Dieu, même à l’égard de leurs intérêts temporels. Et pourquoi ces châtiments? Ils négligeaient Dieu, en abandonnant sa maison. Effectivement, s’ils avaient pensé à Dieu, sa restauration aurait été le premier objet de leurs cœurs.

Le peuple, mû par la crainte de l’Éternel, écoute les paroles de son serviteur le prophète; mais il y a une autre difficulté pour la foi: l’infériorité pénible de ce que peut établir le résidu ramené par Dieu de la captivité. Ce qui se fait n’est rien au prix de la manifestation que Dieu avait faite de sa gloire au milieu de son peuple au commencement. Tout se ressent de la chute du peuple et de la captivité qu’il a dû subir. Dieu ne peut pas identifier sa gloire avec une autorité autre que la sienne, qui s’exerce sur son peuple et qui doit y être comme effet de son juste jugement, de son gouvernement sur la terre. Il peut les relever, les restaurer, car il les aime; mais ce n’est plus la même chose. Il ne peut pas rétablir ce lien direct qui entraîne avec soi la manifestation de sa gloire et de sa puissance. Cette relation avait pris fin par le jugement. La conscience de cette infériorité tend à affaiblir la foi. La grâce de Dieu répond à cette difficulté par le témoignage du prophète. C’est une chose bien douloureuse que de voir la ruine de ce que Dieu a établi en bénédiction, et la faiblesse et l’imperfection de ce qui s’élève sur ces ruines, quoique ce relèvement s’opère par sa grâce précieuse.

Le prophète, sans s’inquiéter des dispositions du roi, encourage le peuple, en dirigeant ses pensées vers l’Éternel lui-même, et lui faisant voir que c’était l’Éternel qui gouvernait, s’occupait d’eux, et voulait qu’ils agissent en vue de ce qu’il était pour eux, et qu’ils s’occupassent de sa gloire; car il voulait, tout faibles qu’ils étaient, être ainsi en relation avec eux.