Actes des Apôtres

Chapitre 5

Hélas! le mal se montre là aussi. Si le puissant Esprit de Dieu est dans l’Assemblée, la chair se trouve aussi en ceux qui la composent: on veut avoir le crédit que donne le dévouement produit par le Saint Esprit, et on veut l’avoir sans la foi en Dieu et sans le renoncement à soi-même, qui font toute la valeur de ce dévouement, toute sa vérité. Ce n’est là toutefois, qu’une nouvelle occasion pour manifester la puissance de l’Esprit de Dieu et la présence de Dieu au dedans de l’Assemblée comme rempart contre le mal, de même que le chapitre précédent avait montré son énergie au dehors et les fruits précieux de sa grâce. Quand on ne trouve pas le simple fruit et la puissance du bien, tels que nous les avons décrits plus haut, on trouve la puissance du bien contre le mal. L’état actuel de l’Assemblée comme un tout, n’est plus que la puissance du mal surmontant le bien. Dieu ne supporte pas le mal, là où Il demeure, même encore moins que là où Il ne demeure pas. Quelle que soit l’énergie du témoignage qu’il fait rendre envers ceux qui sont au dehors, Dieu use de toute patience jusqu’à ce qu’il n’y ait point de remède au dedans. Plus sa présence se réalise et se manifeste (et dans la proportion même dans laquelle cela se fait), plus Dieu se montre intolérant à l’égard du mal. Il ne peut pas en être autrement. Dieu juge au milieu des saints; il y veut la sainteté, et cela dans la mesure de la manifestation de lui-même. Ananias et Sapphira, méconnaissant la présence du Saint Esprit dont ils prétendaient suivre l’impulsion, tombent morts devant le Dieu que dans leur aveuglement ils voulaient tromper en l’oubliant (vers. 1-10). Dieu était dans l’Assemblée.

Puissant quoique pénible témoignage rendu à sa présence! La crainte pénètre dans les cœurs au dedans et au dehors. En effet, c’est une chose sérieuse que la présence de Dieu, quelle qu’en soit la bénédiction. L’effet de cette manifestation de la présence d’un Dieu demeurant avec les hommes qu’il reconnaissait comme siens, est très grand: des multitudes se joignent par la foi à la confession du nom du Seigneur, au moins d’entre le peuple, car les autres ne l’osaient pas. Plus la position dans laquelle on est placé dans le monde est élevée, plus on craint le monde qui nous y a placé. Aussi le témoignage rendu par les miracles à la puissance de Dieu agissant au milieu des disciples, se montre d’une manière encore plus frappante qu’auparavant, de sorte qu’on venait de loin pour en profiter. Les apôtres se tenaient constamment ensemble dans le portique de Salomon (vers. 12).

Mais hélas, ces manifestations de la puissance de Dieu se rattachaient aux disciples méprisés de Jésus et s’opéraient en dehors de l’ornière dans laquelle l’importance propre des principaux sacrificateurs des Juifs se trouvait nécessairement engagée. Le progrès que faisait ce qu’ils rejetaient et l’attention que les miracles attiraient sur les apôtres, excitent leur opposition et leur jalousie: ils jettent les apôtres en prison (vers. 17, 18). Dans ce monde le bien agit toujours en présence de la puissance du mal.

Une puissance autre que celle de l’Esprit dans l’Assemblée se montre ici. La providence de Dieu, veillant sur son œuvre et s’exerçant par le ministère des anges, confond tous les plans des chefs incrédules d’Israël qui mettent les apôtres en prison: un ange de l’Éternel leur ouvre la prison et les envoie poursuivre leur tâche habituelle dans le temple. Les huissiers envoyés à la prison par le sanhédrin, la trouvent fermée et tout en bon ordre, mais les apôtres n’y sont point.

Pendant que les sacrificateurs se livrent à l’inquiétude produite par cette circonstance inattendue, on annonce au sanhédrin que les apôtres sont dans le temple, enseignant le peuple. Le sanhédrin, confondu et alarmé, les fait chercher, mais avec douceur, craignant le peuple; car Dieu quand il veut rendre un témoignage tient la bride de tout jusqu’à ce que ce témoignage soit rendu. Le souverain sacrificateur interroge les apôtres, leur rappelant la prohibition qui leur avait été déjà faite (v. 27, 28). La réponse de Pierre est plus courte cette fois que la précédente, et annonce un parti pris, plutôt que l’intention de rendre un témoignage en raisonnant avec ceux qui ne voulaient pas écouter et qui se montraient adversaires. La substance de sa réponse est la même qu’auparavant: il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes; — opposés à Dieu, les chefs d’Israël n’étaient plus que des hommes; et en les caractérisant ainsi tout était décidé, leur opposition à Dieu était évidente. Le Dieu de leurs pères avait suscité Jésus que les anciens d’Israël avaient crucifié; les apôtres étaient ses témoins, ainsi que le Saint Esprit donné à ceux qui se soumettaient à lui. Tout était dit; la position relative des chefs d’Israël et des témoins du Dieu d’Israël clairement annoncée. Pierre, au nom des apôtres, prend formellement de la part de Dieu, de Jésus, celle de témoin, en accord avec le Saint Esprit qui, comme sceau donné aux croyants, rendait témoignage au nom du Sauveur. Cependant il ne se trouve chez Pierre ni orgueil, ni volonté propre: il devait obéir à Dieu; et il prend sa place en Israël encore — «Le Dieu de nos pères» dit-il; — mais la place du témoignage pour Dieu en Israël. Le conseil de Gamaliel prévaut pour écarter les projets du sanhédrin (vers. 33 et 35), car Dieu a toujours ses instruments préparés, peut-être à notre insu, quand nous faisons Sa volonté; cependant ils font battre les apôtres, leur défendent de prêcher, et les renvoient; et ce fait que leurs persécuteurs n’ont su que faire, ne rend que plus évident que leur volonté était opposée aux voies de Dieu. Combien, au contraire, le chemin est simple quand on est envoyé de Dieu et que l’on a conscience de faire Sa volonté! «Il faut obéir à Dieu».

L’objet de cette dernière partie du chapitre est de montrer que les soins providentiels que Dieu déployait, soit miraculeusement par le moyen des anges, soit en disposant des hommes pour accomplir ses desseins, s’exerçaient en faveur de l’Assemblée, de même que son Esprit y rendait témoignage et y manifestait sa puissance. Les apôtres, nullement effrayés, reviennent heureux d’être trouvés dignes de souffrir pour le nom de Jésus; et chaque jour dans le temple et dans les maisons, ils ne cessaient de prêcher et d’annoncer la bonne nouvelle de Jésus, le Christ. Quelque faibles qu’ils fussent, Dieu lui-même maintient son témoignage.