Actes des Apôtres

Chapitre 3

Ici l’Esprit, par Pierre, adresse son témoignage au peuple. Dieu usait encore de patience envers son peuple insensé, il usait de plus que de patience: il agissait en grâce envers son peuple comme tel, en vertu de la mort et de l’intercession de Jésus; mais hélas, en vain! — les chefs du peuple, incrédules, ont réduit la Parole au silence1.

1 Il est frappant de voir les conseils de Dieu et leur accomplissement en grâce — dans la mesure où cet accomplissement avait lieu alors — si clairement distingués de la responsabilité de ceux auxquels Dieu s’adressait. Au chapitre 2, Pierre dit: «Sauvez-vous de cette génération perverse». Dieu rassemblait les siens, selon Sa connaissance de ce qui allait arriver. Au chapitre 3 il dit: «Dieu l’a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de vos méchancetés». Il l’avait envoyé dans ce but et Sa patience attendait encore, quoiqu’il agît actuellement en grâce, selon le résultat connu de Lui. On rencontre souvent cela chez Jérémie. S’ils s’étaient repentis, Dieu aurait certainement détourné le jugement, comme Jérémie aussi nous l’apprend.

L’attention du peuple est attirée par un miracle qui avait rendu la force à un pauvre estropié connu de tous ceux qui fréquentaient le temple; et la foule se précipitant pour voir celui qui venait d’être guéri, Pierre leur prêche Christ. «Le Dieu de nos pères», leur dit-il, «a glorifié son serviteur Jésus, que vous, vous avez livré et que vous avez renié»; «vous avez renié le Saint et le Juste» quand Pilate avait décidé de le relâcher. Ils avaient renié le Saint et le Juste, demandé qu’on leur accordât un meurtrier, mis à mort le Prince de la vie; mais Dieu l’avait ressuscité; et son nom, par la foi, avait guéri l’homme perclus. Or la grâce pouvait estimer qu’ils l’avaient fait par ignorance, ainsi que leurs chefs. Ici nous voyons le Saint Esprit répondre à l’intercession de Jésus: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font». Débiteurs des dix mille talents, le grand roi leur fait grâce en envoyant le message de miséricorde qui les appelait à la repentance. C’est à cela que Pierre convie les Juifs: «Repentez-vous», dit-il, «et vous convertissez... en sorte que viennent des temps de rafraîchissement de devant la face du Seigneur, et qu’il envoie Jésus Christ, qui vous a été préordonné, lequel il faut que le ciel reçoive, jusqu’aux temps du rétablissement de toutes choses dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes de tout temps» (vers. 19-21). Pierre propose ainsi la repentance aux Juifs, comme nation, en leur annonçant que s’ils se repentaient, Jésus, déjà monté au ciel, reviendrait, et que l’accomplissement de la pleine bénédiction dont les prophètes avaient parlé aurait lieu en leur faveur. Le retour de Jésus, à cette fin, dépendait et dépend encore de la repentance des Juifs; en attendant, Jésus reste dans le ciel.

Au reste, dit Pierre, Jésus est le prophète que Moïse a annoncé, et quiconque ne l’écoute pas sera exterminé d’entre le peuple (vers. 22, 23). Sa voix retentit encore, en grâce spéciale, par la bouche de ses disciples; tous les prophètes ont parlé de ces jours. Vous êtes, vous, les enfants des prophètes, les héritiers naturels des bénédictions que ceux-ci ont annoncées pour Israël, ainsi que des promesses faites à Abraham d’une semence en laquelle toutes les nations seront bénies; à vous aussi, par conséquent, Dieu ayant suscité son serviteur Jésus1, l’a envoyé pour vous bénir, en détournant chacun de vous de vos méchancetés (vers. 24-26).

1 Ceci se rapporte au temps de sa vie sur la terre, bien que, sur son intercession, il y eût un renouvellement de grâce en témoignage à un Christ glorifié qui reviendrait s’ils se repentaient.

En un mot, le peuple est invité par Pierre à retourner à Dieu par la repentance, et à jouir de toutes les promesses faites à Israël: le Messie lui-même reviendrait du ciel pour faire jouir le peuple de la bénédiction. L’apôtre s’adresse à toute la nation comme aux héritiers naturels des promesses faites à Abraham.