Actes des Apôtres

Chapitre 2

Le récit de ce chapitre, en réponse à l’esprit de dépendance qui se manifestait dans les communes prières des disciples, nous révèle l’accomplissement de la promesse qui leur avait été faite.

L’Esprit vient d’en haut, dans sa propre puissance, posséder et remplir la demeure qui lui était préparée.

Ce fait, d’une importance au-dessus de tous les faits, quant à l’état de l’homme ici-bas, a ici un caractère très simple, parce qu’il ne s’agit pas des causes de ce don merveilleux, ni de l’œuvre dont il dépend, ni de la gloire avec laquelle il est en rapport et qu’il a révélée, et de laquelle il a été les arrhes, — mais ici, nous avons seulement le fait de sa puissance. Les disciples étaient maintenant, par ce don, «revêtus de la puissance d’en haut».

La forme toutefois sous laquelle il est apparu, est caractéristique. Sur Jésus, l’Esprit saint est descendu sous forme d’une colombe, parce que Jésus ne devait pas faire entendre sa voix dans les rues, ni briser le roseau froissé, ni éteindre le lumignon qui fume. Mais ici ce qui descendait, c’était la puissance de Dieu en témoignage, la parole, semblable au feu consumant qui juge ce qu’il trouve devant lui. Néanmoins la puissance du Saint Esprit était en grâce, et son action sortait des limites étroites des ordonnances juives pour annoncer les merveilles de Dieu à toute nation et langue sous le soleil. L’Esprit est comme un souffle impétueux du ciel qui se manifeste aux disciples et vient se placer sur eux sous la forme de langues de feu, chacune divisée en plusieurs. Cette merveille attire la foule, et la réalité de cette opération divine est constatée par le fait que des personnes natives de beaucoup de pays différents, entendent, chacune dans la langue du pays d’où elle était sortie pour venir à Jérusalem, ces pauvres Galiléens leur annoncer les œuvres merveilleuses de Dieu1. Les Juifs qui ne comprenaient pas ce que les disciples disaient, se moquent d’eux, et Pierre, dans la langue de ses compatriotes, déclare, selon leurs propres prophéties, le vrai caractère de ce qui était arrivé. L’apôtre, dans son discours se fonde sur la résurrection de Jésus prédite par le prophète-roi, et sur son exaltation par la droite de Dieu. Exalté en haut, ce Jésus qu’ils avaient crucifié, avait reçu la promesse du Père et répandu ce qui produisait les effets qu’ils entendaient et voyaient. Ils devaient donc savoir que Dieu avait fait Seigneur et Christ, ce Jésus qu’ils avaient crucifié.

1 L’idée rationaliste que c’était une espèce de baragouin, produit de leurs cerveaux excités (ce que pensaient précisément les assistants juifs incrédules), est absurde au-delà de toute idée. Représentez-vous Paul, rendant grâces à Dieu de ce qu’il baragouinait plus qu’eux tous, et Dieu donnant un don pour interpréter ce baragouin!

On peut remarquer ici le caractère de ce témoignage: c’est essentiellement le témoignage de Pierre. Il ne va pas plus loin que d’affirmer le fait que Celui qui avait été rejeté, a été fait, dans le ciel, Seigneur et Christ. Il commence par Jésus, connu des Juifs sur la terre, et établit la vérité de sa résurrection et de son exaltation à la position de Seigneur: Dieu l’a fait tel. Pierre ne le proclame pas même comme fils de Dieu; et nous verrons que si Pierre ne le fait pas dans les Actes, Paul, au contraire, le fait dès l’instant de sa conversion. Pierre constate le résultat en puissance à ce moment-là, et ne parle pas du royaume: seulement il rappelle que le Saint Esprit était promis pour les derniers jours; il fait allusion au terrible jour du jugement qui devait venir et qui serait précédé par des signes et des prodiges effrayants. Sans parler de l’accomplissement de la promesse du royaume, duquel le Père gardait l’époque par devers lui, Pierre met le fait du don du Saint Esprit en rapport avec la responsabilité d’Israël envers lequel Dieu agissait encore en grâce en lui annonçant un Christ glorifié et en lui donnant les preuves de sa gloire rendue maintenant sensible à tous par l’envoi du Saint Esprit. C’est la présence du Saint Esprit selon les versets 26, 27 du chap. 15 de Jean. Cependant le témoignage, comme un tout, est fondé sur la mission de Luc 24 et en est l’exécution. Seulement en Luc nous n’avons rien du baptême. Voyez Luc 24:47-49 auquel tout ceci correspond pleinement. Le témoignage était adressé aux Juifs, cependant il ne se bornait pas à eux1 et appelait à la séparation d’avec un peuple qui se hâtait vers le jugement: «Sauvez-vous de cette génération perverse». Cette séparation se fondait sur une œuvre réelle et morale: «Repentez-vous»; tout leur passé devait être jugé; cela était démontré publiquement dans leur réception parmi les chrétiens par le baptême, en vue de recevoir la rémission de leurs péchés et de participer au don céleste du Saint Esprit. «Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés: et vous recevrez le don du Saint Esprit». Cette œuvre est individuelle. Il y avait le jugement sur tout le passé, l’admission au milieu d’eux par le baptême et, en conséquence, la participation à l’Esprit Saint qui demeurait là où venaient ceux dont le cœur avait été saisi de componction. Nous voyons d’emblée la différence entre le changement moral déjà opéré, la repentance produite par une affliction selon Dieu, et la réception du Saint Esprit. Cette réception était la conséquence de la rémission de leurs péchés à laquelle ils étaient amenés. Le don du Saint Esprit dépendait d’une manière générale de leur admission parmi les chrétiens, la maison où Dieu habitait, bâtie au nom de Jésus. Ensuite l’apôtre déclare aux Juifs que la promesse appartient à eux et à leurs enfants — à la maison d’Israël comme telle — à eux, et à leurs enfants après eux. Mais l’intention de Dieu dans le don du Saint Esprit, dépassait les limites de l’ancien peuple de Dieu. La promesse appartenait aussi à ceux qui étaient loin, car elle s’accomplissait en rapport avec la foi en Christ; elle s’étendait à tous ceux qui par grâce entraient dans la nouvelle maison, à tous ceux que le Seigneur, le Dieu d’Israël, appellerait. L’appel de Dieu caractérisait la bénédiction. Israël, avec ses enfants, était reconnu; mais un résidu était appelé d’entre eux. Les Gentils étant appelés, participaient à la bénédiction.

1 Le témoignage est rendu en des termes qui, tout en s’appliquant aux Juifs de Jérusalem et à ceux de la dispersion, ouvrent cependant la porte aux Gentils, selon la souveraineté de Dieu: «À tous ceux qui sont loin», dit l’apôtre, «autant que le Seigneur, notre Dieu en appellera à Lui». Dieu est toujours le Dieu de l’homme; mais il appelle qui il veut.

Le résultat de ce don ineffable du Saint Esprit, nous est raconté. Ce n’était pas seulement un changement moral, mais une puissance qui mettait de côté tous les motifs qui individualisaient ceux qui l’avaient reçue, en unissant ceux-ci comme une seule âme et dans une seule pensée. Ils persévéraient dans la doctrine des apôtres; ils étaient en communion ensemble et avec les apôtres; ils rompaient le pain, et passaient leur temps en prière. Le sentiment de la présence de Dieu était puissant au milieu d’eux; et des prodiges et des miracles s’opéraient par les mains des apôtres. Les croyants étaient unis par les liens les plus étroits, ils ne parlaient pas de leurs droits individuels, mais ils partageaient les uns avec les autres et selon le besoin de chacun, ce qu’ils possédaient. Chaque jour ils étaient dans le temple, lieu où tout Israël accomplissait en public ses services religieux, et ils avaient leur propre service à part entre eux — rompant le pain journellement dans leurs maisons. Ils mangeaient avec joie et simplicité de cœur, louant Dieu et attirant sur eux la faveur du peuple qui les entourait.

Ainsi l’Assemblée était formée, et le Seigneur y ajoutait chaque jour le résidu d’Israël que Dieu voulait garder des jugements qui devaient fondre sur un peuple coupable du rejet du Fils de Dieu, leur Messie, et d’une ruine future encore plus terrible. Dieu transportait dans l’Assemblée, ainsi reconnue de Lui par la présence du Saint Esprit, ceux qu’il épargnait en Israël1. Un nouvel ordre de choses caractérisé par la présence du Saint Esprit avait commencé2. C’était dans l’Assemblée qui en constatait l’existence, que se trouvait la présence de Dieu. Cette assemblée formait la maison de Dieu, quoique l’ancien ordre de choses subsistât toujours jusqu’à ce que le jugement fût exécuté. Elle était formée jusqu’ici en rapport avec Israël, dans la patience de Dieu, mais mise à part, en puissance, comme l’habitation de Dieu.

1 C’est la force du mot sôzomenoi.

2 Jamais Dieu n’a demeuré avec l’homme — sans excepter Adam ou Abraham — que sur la base de la rédemption (comp. Ex. 29:46).

L’Assemblée donc était formée par la puissance du Saint Esprit descendu du ciel, et fondée sur ce témoignage-ci, que Jésus Christ qui avait été rejeté, était élevé au ciel, étant fait de la part de Dieu Seigneur et Christ; cette assemblée se composait du résidu juif, de ceux qui devaient être épargnés d’entre ce peuple, sauf à introduire les Gentils quand Dieu en appellerait.